‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 34 sur 86 · DEAR · texte numérisé non relu

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du Roi, qui par un cri unanime ont proclamé les nouvelles invasions qui menacent l'autel et le trône au sujet des ordonnances du 16 juin et du 21 avril. Saint Hilaire vous aurait répondu : Quels temps sont les nôtres ; rap het aures Plebis quäm corda sacerdotum.

» J'ai la confiance, monsieur l'Abbé, que ma fran: chise ne vous déplaira pas. Je vous ai cru capable d'entendre la vérité et de vous y soumettre. »

Les événements se précipitaient, ils allaient presque aussi vite que les circulaires administratives, Le Clergé se sentait blessé au cœur par la dispersion des

Jésuites et par les défiances qu’un ministre de Char-

les X lui témoignait. Rome ne s'était pas encore prononcée ; l'Episcopat et le gouvernement faisaient appel au Saint-Siége. Lambruschini était pressé des deux côtés ; mais déjà, comme dans tous les cas épineux.le Clergé de France tournait les yeux versRome. » On vient de me mander de Paris, écrivait Soyer, Evêque de Luçon. à l’Evèque de Nancy, que le respectable Nonce de Sa Sainteté près la cour de France avait compté sur la noble démarche qui vient d'être faite auprès du Roi par les Evêques de son royaume, et qu'elle a consolé son cœur, navré de douleur à la vue de ce qui se passe aujourd’hui et de l'avenir dont nous sommes menacés. L'on ajoute que le Souverain Pontife én aura été sans doute pleinenement satisfait, et que son cœur paternel doit avoir éprouvé une bièn vive et bien douce jouissance æudisant dans le mémoire les consolantes paroles par desquelles lès Prélats de son Eglise chérie” montrent

‘tant de respect et de soumission- pour sa divine au-

torité. Ah! mon cher Seigneur, entrons chaque jour encore plus avant, s'il se peut, dans la barque de Pierre, et jamais nous ne ferons naufrage. »

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L’'agitation arrivait cependant à son comble. Afin de l'apaiser, on jugea que l'intervention du Souverain Pontife serait nécessaire. M. Lasagny, conseiller à la Cour de cassation, fut envoyé à Rome, sans caractère officiel, mais avec mission de faire secrèlement connaitre au Pape le véritable état des choses et d'obtenir de lui qu'aucune censure émanée du Saint-Siége ne vint, sur les instances des Evêques, attiser le feu de la discorde. Le choix de M. Lasagny était une garantie pour les deux partis. Léon XIT, à l’infaillible autorité de qui le Roi et les Evèques avaient recours dans ces circonstances, devait écouter la voix de son Nonce à Paris; le 15 septembre, Lambruschini adressa cate dépêche au cardinal Berpeti :

.« Quofue jusqu'à ce jour je me sois borné à informer Votre: Eminence, comme il était de mon devoir, des démarches faites par les Evêques contre les ordonnances et de l'impression qu’elles avaient produite dans l'esprit du Roi et dans celui du gouvernement, toutefois d'aprèsles observations semées cà et là dans mes dépêches précédentes, Votre Eminence aura pu remarquer quelle était ma manière de voir.et mes sentiments à l'égard de ces fâcheux événements. Dès qu’ils eurent lieu. je n’ai pas négligé d’en étudier esprit, ef, après avoir fait avec calme et maturité les observations convenablessurles deux ordonnances malheureusement publiées par le Roi, j'ai bien dû m’affliger pour des actes si déplorables ; mais je n’eus pas, et je n'ai pas encore le courage d'engager le Saint-Siége à se prononcer sur cette affaire, Il me semble que le moment n’est pas encore arrivé où Notre Saint-Père le Pape puisse ou doive parler, Dans tous les cas, afin de pouvoir décider avec maturité et sagesse quel parti il faut prendre, il

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servira Persconp d'atoir-sons les yeux'les renselgnements rélbtifé au divit'ét ut Miiqui peuvent faire appréeier la présente controverse: contfroverse quf, par Is consétmencesqu'éllbiest dé nature à produfre; dévient aussi délicate qu'elle est grave: Fexposerai ici avec’ liberté” ces conséquences ; af que "Votre Eninence-enfusse: P'usage-qu'élle:jügera à propos.

» Et'd'abord, quand au droit que‘ puissance latque pèut avoir où'ne pas avoir de’s'mgérer dans les petfts Séminaires, if fhut'en premier’ lieu se rappéter’ la différence: que l’ên met’ici entre les grands et ce qu'on appelle les’ perifs Séminaires. Dans lès premiers, on enseigne les sciences sacrées seulëment ; tandis qu'aux seconds appartient Pénseigneniènt des langues jusqu'à la philosophie inclusivement. L’ori gine dés premiers fut toujours’ et est'encore {même après les ordonnances) regardée'en° France comme purement ecclésiastique; et, par conséquent, totrt à fait indépendante ‘dur gouvernement. Les seconds, au contraire, doivent leur existence à l'xntorité royale, qui, è divers temps; en décréta ou’en perrhit l'établissement. T'convient de‘dire ‘qu'au temps de Bouis XIV il y'avait bien peuide ees petits Séminaires en France, puisque, d’après une ordomnance dé ce temps“l&;,’an voitique cé Souverain’ antorisa lés Evéques de son roya vie à ériget” des petits Séminaires, et appliqua # ces établissements plusieurs bénéfices ecclésiastiques pris parmi ceux que posséduit alorsen si grand nombre’ l'église de France. Cest aussrun fail que depuis ce Rôf jusqu'à Louis'X VIII, qui reurit sa famifie en possession du‘trôme dé Fronce, les Souverains intervinrent toujours avec leurs ordonnanees dans l'érection: des petits Séininaires Les Evéques, de leur côté; non-seulement ne s'opposèrent jamais à l'intervention: de l'autorité royalecen pareits'cas mais

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DE LA COMBAMA DE JÉSUS. vé

ils l'iavoguaisatau:contraire, la jugeant nécessaire: pour, consesver l'ensaignement. den petits Séminaires indépendant de ke juridiation: de L'Université. Catte longue ‘possession dans, laquelle était. la; puissance, laïque d'intervenir pour l’établissement.des petiés Sé-: mivaires, et, db la partdes Eyèques, lxnesonnaissance du bon droit de cette; méme puissance, me semblent dignes de: beaucoup d'atschtion..

» Mintenant pour la première fois les Evègues. ont senti la nécessité de réclamer contre le prinçsipe admis jusqu'ici par autorité laque. touchant.les pe-. tits Séminaires, savoir, qu'ils ne peuvent.exister sans. son bomplaisir. La réglamation, est certainement juste, el fondée sur les. bonnes maximes:; mais malheureusewentceite réclametion..est, dominée par une. çontradielian évidende, qui la. vicie.: eneffet la dagtrine des Evèques développée dans le Mémoire, et précisé: men£.dans. le paragraphe, qui comménge : — l'une et l'autre ordonnance, 7 jusqu'à. ces. mols : — anee quelque: précision, -»neste pour ke. moins. beauçoup saffaiblie par Fexpasition des, droits qu'ils accordent, ays. priuee dans le paragraphe qui vient après celui que j'ai indiqué, lequel commence. par çea mots : — Que de prènee, —- où ils disepé.en propres termes, qu'awSowesain appartient. la. droif d'in spegtion:el da.surveilenca néçassaire sur les éça: les ecclésiastiques, pour assurer l'ordre publie " empéaher Lstransgressions.des lois et maïinienir les droits. et. l'honneur. de la sourerainelé. I me parait que: cenPrélats, en admettant.un Lel principe, ont œuiné leus,.çause . d'une, manière irréparable, puisque. le Roi peut. maintenant, faire tomber toutes leurs remontrances avec 6ç raisonnement très-simple : vous. admettez, qua.c'est à moi de surveiller les écoles eaclésiastiques pour. empêcher la. transgression des

lois; mais j'ai remarqué que la manière dont étaient organisées les écoles secondaires dites petits Séminaires était équivalente à une véritable transgression des lois qui sont en vigueur dans le Royaume : donc j'ai dû les réformer. ÿ |

» Ainsi Votre Eminence voit que, d'après la doctrine établie par les Evêques, toute la controverse peut maintenant se réduirè, dela part de la puissance laïque, à une pure question de fait, savoir, si la maniére: dont sont réglés les petits Séminaires est ou n'est pas contraire aux lois. Or chacun sait que, dans ces questions de fait, le Souverain a toujours beaucoup d'avantages sur des sujets; et puis comment en proposer, et comment en obtenir même unsimple examen ? La réclamation des Évèques aurait pu être plus forte et leur raisonnement plus serré s'ils s’é-

taient appuyés sur le texte du Concile de Trente. Si,

avant de présenter leur travail, ils me l'avaient communiqué, je n’aurais pas manqué de leur faire goûter mes observations, et je les aurais également priés de ne pas prononcer le terrible non possumus, vour éviter aussi de se mettre dans une position À se, d'où ils n’auraient pu ensuite sortir sans compromettre leur honneur. Mais la chose est faite, et ces Français, Dieu les bénisse! aiment peu la discussion, ils commencent par agir, et ensuite ils réfléchissent.. Sk

» Quant à nous. il convient de ne pas perdre de vue les dispositions des derniers Concordats que le Saint-Siége a faits avec la France. Votre Éminence sait que malheureusement le Concordat de 1817 (dans lequel rien ne fut stipulé pour les petits Séminaires) n’a pas été sanctionné par les Chambres : de sorte que le seul Concordat de 1801 continue à être en vigueur, et le Saint-Siége le tolère. Or l'article 11

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de ce Concordat n'acéorde aux Évêques qu'un seul Séminair@par diocèse, et, de plus, décharge le gou- -wernement’du poids de toute dotation. Sous Napoléon, on'ne pouvait obtenir davantage, et c’est beaucoup que, dans ces temps très-difficiles, on ait tant obtenu. Mais cependant, même sous les Bourbons, les choses vont de la même manière, et ce Concordat est aujourd'hui encore la seule convention qui ait force de loi: Cela soit dit pour la partie qui regarde le droit dont la puissance latqué pourrait se prévaloir, ‘et qu’elle prétendrait soutenir en:sa faveur dans la question présente.

» Pour ce qui concerne Île fait ou le mode dé la destination actuelle des petits Séminaires, on ne peut nier qu'ils servent encore plus à l'éducation des jeunes séculiers que de ceux qui ont des dispositions ou l’intention de se consacrer à l’état ecclésiastique. Ce système: de convertir les petits Séminaires en colléges d'éducation fut adopté par les Évêques pour deux raisons : |

» Av Pour procurer aux familles verlueuses les moyens dé faire élever religieusement leurs ‘enfants, et de les: spi ‘ainsi à l'infection universitaire, ‘ où, autrement, ’ils"auraient été contraitits de cher-

cher l'instruction nécessaire ;

»' 2° Pour 'avantage économique des pétits Séminaires eux-mêmes, parce que le profit qu’ils tiraient des pensions des élèves nobles leur fournissait les

LT tusire. Tel est le fait dont la conservati aläté souverainement désirable pour l'avant

» Toutéfois le ” l faible. Ilne veut point le mal, et l’on croit communement qu'il a de bonnes intentions; et qu'il profitéra

du. premier momant £svoxable pour: adaueïn le système adapté:sar les petits Séminaires, et gème pour le faire.cemer entièrement. IL.est certain Que:le. roi a dit à nmonseigneur l'Archevèque et à d'autres-qne,:si la. très-imprudeme publication du. Mémaire. des. Prélats n'avait pas eu.lieu. les trois dérmendexqu'il:cantient auraient été admises.

..". Qr,maintenantil. convient d'aitendne.encererun

4eu pour. voir le. parti. auquebs' arrétesontiles Prélats. J'incline.à penser que, si plusieurs, d'entre eux pexséxèrent. à ne pas vouloir exécuter Les. ordonnances, d’autres ‘cépendant, pour ne pas perdre: lue ll Séminaires, y adhérerout .

» Dans.cek état de: choses, iLme: paratt que le: ponti le. plus sage: auquel: le. Spiné-Siége puisse : s'arnèter pour le.moment,:c'est.da suixre. Le cours, des événements. et d'attendre les développements.altérisurs, ane la: pensée de profiter du premier moment faxorable.paur parler: à propos et.avee ptilitésn

Cette lettre de Lambruschini, si pleine:de:dmmi-

neuse.madérationt entrait. dans.le but dela: mission de: M. Lasagny. Le. magistrat. Ja remplit ravee tant

d'intelligente prabité, que... chose. assez: rare dans

Hhistoire; da: la diplomatie; À, mfirilailes éloges des

deux cours. Le cardinal Barnetti passa le: mnte:sui.

vaate au:comte Postalis, ministre, dasu ires étran. gères:par: la retraite du. cante de la nhAÿs : | «Sa Sainteté;, se louafiant. d'un até: em. Ja: haute piété du fils ané.de l'Eglise,.et.de Fat | du détouement sans, réserve des E ensersi Se: Majesté et: de: leur: tel paix et pounitous les: xéritable sainte: Religion, ne: sait pes: pré . stancesmalbeureuses puissent lliger:à noté priiun silesee: sil conforme sax tœu ne: Sai Majesté itrès-

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arrivait, j'ose répondre que, le, Saint Père; ne s'adresserail asslrétient à personne sans avoir auparavant indiquéà Fr nouvelle position que son devoir sacré pourrait la avoir marquée, ;et.ikn'oubliera jamais tout ce qu’il doit an, maintien de l’ordre et de, la tranquiftité en race. ainsi. qu'à. la dignité du trône de saïnf

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