BISTÔIRE
gissaient pour entraver la recomposition de la Societé de Jésus, et qui glorifiaient son passé pour la tuer dans le présent ou.dans l'avenir, elle avait su mattriser les entraînements comme le découragement. Elle s'était résigné aux combats ainsi qu'à la persécution ; la lutte ne l'effrayait pas plus que la calomnie. Ces inimitiés permanentes, dont le caractère, depuis trois cents ans, n'avait jamais varié, ne laissaient-aucune incertitude aux Catholiques sur le but de tant de clameurs. Les révélations abondaient de tous les côtes : les indiscrétions de la victoire expliquaient des attaques pour ainsi dire périodiques.. Les Jésuites n'étaient que le cri de ralliement donné: aux passions irréligieuses, le mot d'ordre pour battre en brèche l'Eglise universelle et les principes de Foi. Nous avons dit comment l'Institut repoussa celte guerre, sans dignitéet sans justice, que des Barbaresauraientrougi d'entreprendre: et de soutenir. Il' faut maintenant voir quel fut le plan d'existence que les Jésuites se tracèrent dans l'intérieur de leurs Maisons.
En dehors de la prière et des œuvres de piété on de charité, qui sont un secret entre Dieu et le Prètre, les disciples de Loyola, à peine rendus à la vie religieuse, cherchèrent à offrir à l'édugation un puissant levier. Hommes de leur siècle par le savoir, ils com. prirent, dès le premier jour du rétablissement de leur Ordre, qu’ils devaient populariser l'instruction. C'était un des trois grands buts que le fondateur leur assigna. Leurs devanciers l'avaient atteir.…; les nouveaux Pères de la Compagnie ne voulurent pas se trouver en arrière, Le mouvement des esprits, l'impulsion donnée aux connaissances humaines, les découvertes signalées dans les arts; et dans les sciences, les brillantes théories enfantées par la liberté, tout leur faisait une loi d'étudier les innovations et de les
ocieté a tuer naitrit. Elle ution; je. Ces is trois jucune de élacôtes ; ss attaes n’éassions brèche IS AVORS €, Sans ntrougi tenant iles se
piété on Prètre.
ie reliuissant ls coment de uction.
ur leur ès nOlpas se s, l'in-
les dé-
jences, é, tout t de les
appliquer dans ce qu’elles ont d'utile et de réalisable. Laipratique chez eux; vient toujours avant le précepte. Les Pères les plus versés dans l’enseignement s'étaient, durant plus de quinze années, consacrés à suivre pas à pas les améliorations que l'expérience Jeur. conseillait d'adopter. Afin de former de’ bons
élèves, ils furent unanimes pour déclarer qu'il importait.avant tout de créer d'excellents professeurs. Ce.
fut de ce point que l’Institut partit. Cette base posée, il ne songea aux difficultés que pour les vaincre ; il se mit à l'œuvre avec une patience qui est la plus féconde de toutes les activités. ; Dès 1814, plusieurs royaumes, s’associant à la pensée de Pie VIT, réclamaient les Jésuites comme
‘ Jes:instituteurs des générations nouvelles. Les Jé-
suites répondirent au vœu, des peuples catholiques. Le premier soin des chefs de l'Ordre fut de préparer dans le silence les maîtres qui plus tard apprendraient
à la jeunesse à être chrétienne et studieuse. Le Père.
Bzrozowski, Général de la Compagnie, et les Supérieurs de Rome s font une occupation spéciale de ces. labeurs de l'intelligence. La disette des régents est signalée dans beaucoup de Provinces; cela n’empêche pas Bzrozewski de recommander avec instance
que les jeunes gens admis dans la Société subissent
leurs deux années de noviciat avant d'être employés à l’enseignement. Il faut qu'ils soient faconnés aux
vertus de leur état pour qu'ils puissent initier les
autres à la science. Ce n’est pas assez de demander aux Novices vingt-quatre mois de réflexion et de s0litude. Lorsque ce temps de probation est écoulé, les chefs de la Compagnie exigent que le Scolastique se renferme dans une, maison d'études, et que là il travaille à la littérature, aux mathématiques, à la théologie, à la philosophie’et à la physique. Ces maisons
d'études sont fort rares encore. Bzr'oz0wski presse les Provinciaux d'en oûvrir'surles points les plus:favorables; il veat meme qu’on sacrifie dés établisbe: ; ments déjà fondés à ce besoin de l'avenir. :« Les éta: blissements, mande-t'it dé Polotsk le 7 septembre 1817 au Père dé’ Clorivière, font-graud bien; ijétn'en doute pas, mais je crains que le bien que:hous faisons à pré: sent ne nous mette hors d'état d'én faire par lasuite. Il n'ést pas d'homme si: pressé par la famine qui ne sacrifié une’ partie de son grain pour énsemencer:ses terres dans la vue de l'avenir. —-'Muis, comment en: tretenir une maison d’études sans avoir de fonds assurés? C’est là; je le vois; la plus grande difficulté. Je ‘ répondrai cependant ‘que, toute grande qu’elle ‘est, elle ne doit pas nous arrêter, puisqu'il ‘s'agit d'ane œuvre qui tend évidemment à la-gloire de Dieu. Notre Compagnie n’a point d’autres desseins::tâchons de nous rendre digne des soins de la divine Providence, et elle ne nous manquerapas. »
Le 18 juin 1817, le Général, écrivant au Provincial! de France, faisait une conäition obligatoire pour les : jeunes Jésuités du'travail et d’une solide instruction. Nous ne devons pas perdre de vue, lui mandait-il, que noüs voulons former des Jéstites, et: que dans ! un Jésuite la ‘science est absolument ‘nécessaire, presque aussi nécessaire que la piété même. Je: voudrais donc qu'avant de penser à dé nouveaux établissements, on s’occupât efficacément à créer une: maison d'études, où nos jeunes gens pussent successivement acquérir le savoir que demandent nos Con: stitutions. Nous devons travaillér solidement'et penser : à l'aveni:.… Notre Saint-Père a jagé devoir; dans les circonstances-où nous nous trouvons, rétablir a : Compagnie; et ce 'n'a pas été sans une direction par: ticutière du Saint-Esprit, nous dévons le présumer :
d'un'si saint Pontife. C’est donc à nous à coopérer à ses desseins en faisant fous nos efforts pour rétablir
effectivement la Compagnie de Jésus, c'est-à-dire une:
Compagnie de saints et savants ouvriers évangéliques. Mais, pour'joinüre la science ‘à la sainteté, il faut né-
cessairement que‘nos jeunés'gens’aient le temps et le
moyen 'de faire de bonnes et solides études. Ce point est décisif èt fondamental. » :
‘Da fond dé la Russie-Blanche, le Général de l'In-
stitut :s’est rendu compte des besoins de la société |
moderne : il désire que ses frères d'Europe puissent les satisfaire. El'presse donc ses subordonnés de créer une école normale dans chaque royaume, afin d'avoir une pépinière de professeurs distingués. C'est'le vœu le plus ardent de Bzrozowski ; le Père Rozaven, Assistant de France, n'est pas moins explicite. Rozaven sait par expérience que’ dans sa patrie tontes les idées ont eté faussées, et qu'il est plusurgent que jamais de faire pénétrer quelque déduetion logique: dansces têtes incandescentes. Le 29 décembre 1831, il écrivit au Père Richardot, Provincial :
« Sans dout=-qu'il est important d'avoir de bons professeurs de théologie: mais, à mon avis, la première/nécessité ‘en ce'genre est d’avoir un ‘bon professeur de logique, et je vous avoue que, si je n'avais qu'un sujetégalement propre à enseigner la théolo: gie et la logique, je 'n'hésiterais pas un seul instant à lui: faire enseigner la logique. Une bonne logique: est le fondement nécessaire de toutes les sciences supérieures, et: sans ce fondement «elles ne peuvent
avoir aucune solidité. Un jeune homme qui a fait '
une bonne logique pourra bien faire sa théorie sous un professeur très-médiocre, et même sans professeur;.mais celui qui.n'a pas ce fondement.ne. sera jamais un grand théologien, eût-il pour professeurs
Suarès et saint Thomas. Il pourra acquérir des c23naissances, de l'érudition; mais il n'aura jamais ce jugement sûr et cette exactitude de principe et d’expression qui sont indispensables à un théologien.» Rozaven conclut ainsi : «Il faut faire en sorte que les jeunes gens ne soient envoyés dans les petits Séminaires, soit pour régenter, soit pour surveiller. qu'après avoir fait leur philosophie. La régence faite avant la philosophic ne leur sera jamais aussi avantagense que s'ils la faisaient après. Dans ces commencements tout cela est difficile, mais il faut y tendre
persévéramment, et aux dépens même de quelques:
inconvénients, car, autant que j'en puis juger, la science du gouvernement ne consiste pas seulement à éviter les inconvénients, mais aussi à les permettre à propos dans la vue d'un plus grand bien. »
Tel était le plan des Jésuites pour les professeurs que la Compagnie allait former dans son sein. Ce plan-ne manquait ni de prévoyance ni d’étendue ; il fut accepté et suivi partout, On créa dans la plupart des capitales, centres de hautes études, des maisons pour préparer les scolastiques à l’enseignement. On voulut qu’ils assistassent à tous les cours des hommes célèbres dans les lettres ou dans les sciences. À Paris, l’on fonda même une maison où les jeunes Jésuites, sous la direction du Père Dumouchel, se livrèrent spécialement aux mathématiques et à la physique. Binet, Leroy, Cauchy, Ampère, Haüy (1)
(1) La plupart de ces savants connaissaient les auditenrs que la Société de Jésus envoyait à leurs couts. Ces savants voulurent donner à l’Institut de Loyola une preuve de leur estime et de leur dévouement. Ils offrirent donc des leçons particulières aux jeunes gens qui plus tard devaient propager le goût dès sciences, et c’est à cette proposition que l'abbé Haüy avait faite que répond use lettre du Père Richardot en date du 17 novembre 1821 :
réssais procu:
Christ murqu sans b scienc.
perpét le mun ticuliè
et Querret devinrent, avec Cuvier, leurs maîtres de prédilection, Ces jeunes gens n'étaient distraits de leurs travaux intellectuels que par. la pratique des bonnes œuvres. Ils se récréaient en visitant les hôpitaux et les malades, en instruisant les prisonniers ou, pendant les vacances, en s’initiant aux labeurs de l’Apostolat.
L'Ordre de Jésus avait demandé des professeurs dignes de continuer ceux qui avaient, dans l'éduea- . tion des siècles précédents, élevé si haut le nom de la Compagnie; les Scolastiques d'Italie, d'Allemagne . et de France se présentérent. Mais depuis long-temps Chacun exprimait le désir de voir le système des études acquérir de l’uniformité dans les colléges. Tous souhaitaient qu'on fit concorder les règles tracées par les Constitutions de saint Ignace et le Ratio studiorum avec les besoins modernes. Les deux Congrégations générales tenues depuis 1814 . s'étaient occupées de ce grave sujet. La vingtième, par son décret X, déclare que, sans rien changer d'essentiel au Ratio studiorum, on pourra y introduire les
« Monsieur l'abbé, j'ai appris par M. Dümouchel votre extrême bonté pour lui et pour les élèves quæje lui ai confiés. Il est de mon devoir de vous témoigner ma vive reconnaissance pour unc offre aussi bienveillante. Je n'avais jamais eu la pensée hardie de porter mes vues si haut, quoique je connusse déjà votre sèle pour l'honneur de la Religion et votre désir de voir te Clergé réssaisir la considération que les sciences lui avaient autrefois procurée. Mais le zèle ne vicillit pas, et la charité de Jésus- Christ vous presse, Croyez, monsieur, que je sais apprécier une murque d'affection aussi distinguée, et que ma gratitude est sans bornes. Ces jeunes gens, que je destine à professer les sciences dans la suite, pénétrés eux-mêmes de ce sentiment, le perpétueront parmi leurs élèves, et votre nom, si célèbre dans le munde savant. sera révéré parmi nous d’une manière particulière. »
574 "HISTOME
légères modifications exigées par le progrès dés dônnäissances humaines. Le: Général. fût même-thargé de‘réunir à Rome quelques Jésuites dé savoir et d'èx périence pour retouéher leur code! d'instruetion publique, en'laissant‘äux' Provinces le temps et le‘droit de faire les observations qu’elles jugeraïentutiles: Des règles provisoires sont données en ce sens. La vingt ét unième Congrégation émit le même vœu que la précédente, et par son'décrét XV ‘élle'irrouvela:la dèematide de révision pourle Rafioistudiorum. Ee Père Roothaan s'empresse de nommer une comimission afin de remplir ‘cét ‘important travail. L'Italie y fut représentée par Manera, la Siéile par Garofato, la/Francepar Loriquet, l'Allemagne par Van 'Hétke, PEspagné par Gil. Ces cind Perés, déjà célèbres dans l'éducation, étalerit une garantie pour ‘Compagüte ét pour les familles. | A'la'fin de 1830 ils se mirent à l'œuvre: ils rétrans chièrent, ils modifièrent, ilsiajoutèrent. Léur travail porta ‘sur'toutes lès études, depuis les plus hautes jusqu'aux inférieures. 'La philosophie’et la physique
d'Aristote avaient vieilli; le nouveau Raëio studio-
rum.dut élaguer les, règles, 11, 1,:1V, V..et vi, recommandant .au professeur de philosophie, de, s’appuyer sur: ces prineipes de l'antiquité; Ce-qui venait de’se réaliser à l'égard du péripatétisme, on le:tenta pour quelques mâtières théologiques tirées de la Somme de saint Thomas. On ne prohiba point leur enseignement ; mais on. crut qu'il ne fallait:pas y astreindreé:les maîtres, afin de leur laisser:la faculté: de traiter-un certain nombre d'autres quéstions dont le bésoin des esprits et-dés ternps faisait une loi. Les mœurs avaient subi de notables changements, La différence des siècles aurait. présenté commeinàcceptables des pratiques bonnes ou utiles , mais quisn’é-
s'étaic que, | d'une des'a
taient plus en rapport avec les usages actuels ; ces pratiques furent omises. Le théâtre avait été un puissañt moyen pour propager les langues grecque et latine, ou pour former des poètes, des savants ét des: hommes diserts. La règle xnr du Recteur, où is'agit de tragédie ot de comédie, fat supprimée. Ce retranchement n'indique niordre ni défense.
"L'enseignement moderne était en véritable progrès, suttout daus les mathématiques. Par d'ingénieuses modifications ou par des corrections qui répondaient aux nécessités de leur époque, les Jésuites tracèrent de nouvelles règles au professeur'de mathématiques - Ces règtes furent appropriées ‘à la splendeur que les hautes sciences ont conquise dans le ‘monde; elles ouviirent un vaste champ aux découvertes ou à l'applicition.
‘Cé ‘n'était pas assez d'avoir retranché; il fallait ajouter dans une juste mesure, faire avec sobriété la part des innovations utilés et savoir trouver dans les: systèmes les plus opposés le‘bien et le’ beau. Cétte’ tâche fut sans contredit fa plus ardue. Le Ratio studiorum n'a pas seulement pour objet de’ favoriser telle ou telle’ branche d’études; c'est un système: complet qui doit créer ides érudits et des orateurs, des maîtres habiles: et des écoliers dignes d'eux. Il embrasse dans sa généralité l’ensemble ‘dès connaissances humaines. Îl importait donc d'y mettre à profit Les bénéfices du temps. L'étude dela Religion et les sciences sacrées avaient été cnez les jeunes Jésuites un devoir dont lé génie ou le travail savait faire une gloire. Les langues:mères, l’hébreu et'le chaldéen, s'étaienttoujours enseignées dans l'Institut ; on'jugea que, pour les besoins des Missions comme pour ceux d'une éducation plus'forte, il fallait ajouter l'étude des‘autres langues orientales. La règle’vr du Pro:
vincial.et la même du professeur d'hébreu ne laissa rien à désirer.
Dans l'origine, la Compagnie n'avait point de leçons publiques d'histoire ecclésiastique et de droit canon. Ceux qui se sentaient altirés vers ces études s’y livraient en particulier; d'immenses travaux d'histoire et de jurisprudence, furent accumulés ainsi.. Néanmoins. long-temps avant la suppression, les Pères de la Compagnie crurent devoir établir descours publics de droit canon. Jadis c'était une œuvre de surérogation, la règle 1x du Provincial, $ 2, la rendit obligatoire pour tous les Scolastiques. Des instructions furent adressées dans le Ratio au professeur de droit canon. Les annales ecclésiastiques, même au point de vue chrétien, permettent le doute sur quelques faits de peu de gravité, mais que les légendes ont popularisés. La discussion arrivait en même temps que la crédulité s'affaiblissait. L'Eglise appela la lumière sur des événements qui n’avaient- -jamais été soumis à une judicieuse critique. Elle songea à dégager les âges futurs de ces récits mystérieux dont les adversaires du Catholicisme se forgeaient une arme. L’Eglise se prétait à la controverse; elle ouvrait même : le trésor de ses archives, afin que “les savants pussent débrouiller le chaos entretenu par l'ignorance au ” détriment de la Foi. Les Jésuites s'associèrent à cette idée et la règle vi du professeur d'histoire ecclésiastique accorda toute latitude à l'impartialité des jugements. « En examinant, dit cette règle, l'autorité des écrivains et la valeur des actes contestés, le professeur appliquera une critique exempte de tous préjugés, équitable et modérée. »
.Cet .éclectisme dans les faits, recommandé aux Scolastiques qui plus tard répandront les lumières de l'instruction sur la jeunesse, tendait à leur inspirer
laissa
leçons anon.
s'y listoire Néanres de ublics urérot obliictions
une piété solide, mais éclairée, afin qu'il leur fût plus facile de prémunir les autres contre un naufrage dans la Foi et dans les mœurs. La même précaution est prise pour les professeurs de métaphysique et d'éthique. Là, il ne s'agit plus de discuter humainement des dates, des récits, des croyances populaires ; c'est la morale philosophique, ce sont les plus hautes questions qui se traitent. Dieu, son existence et ses attributs ; la nécessité de la frévélation : la vérité et la crédibilité de la Religion chrétienne; la fin ou la béatitude de l'homme ; la moralité des actions humaines; la loi naturelle ; les devoirs de l’homme envers Dieu, envers ses semblabes et envers lui-même sont les textes que le professeur est appelé à débattre. Comme les devoirs de l'humanité restent plus immuables que ses passions, l'enseignement de la philosophie ne subit donc pas les variations continuelles auxquelles les sciences, les arts et la littérature se voient exposés. Ce qui fut jeune et beau la veille se
trouve souvent vieux et laid le lendemain. Ce quiétait
vrai dans son essence demeure toujours vrai. Ce
vrai, éternel comme l'Etre, domine toute la discus-
sion ; mais la discussion avait engendré l'esprit d'argutie. L'Ecole s'était jetée dans un monde de problèmes qui rendait à peu près inaccessible le terrain de
‘Ja science philosophique. Avec tous les hommes de
leur époque. les anciens Jésuites passirent sous le joug de cette loi proclamée dans les chaires des mattres les plus renommés d’Allemagne, de France, d'Italie et d'Espagne. Une révolution s'était opérée dans les idées. On simplfiait l’enseignement; on se détachait de toutes les vieilles traditions de l'école; on rompait avec un passé gros de dilemmes, de jeux d'esprit et de syllogismes inutiles. Les Jésuites s'empressent de faire un sacrifice qui ne dut pas coûter
à leur raison. À toutes les règles données au professeur de philosophie on en ajouta une x1v° ainsi conque : « Qu'il ait soin dans les disputes que les élèves ne présentent que des objections sérieuses et solides; qu'ils s'expriment en. termes clairs. et. précis, qu'ils évitent les subtilités et les vaines arguties. »
. Cette: séparation. consommée , les. Pères entrent dans un nouvel ordre d'idées. Par la règle xxvur° ils établissent que le professeur de morale philosophique « donnera à ses élèves les principes généraux du. droit public.» Ainsi, aucune des. grandes questions qui tiennent en éveil lesintelligences ne restera étrangère aux.Jésuites.et à. leurs.disciples..Ils les élaboreront avec maturité; ils les développeront avec sagesse, car l'examen de. ces principes est. fécond en révolutions..
Gi La révision du, Ratio studiorum amenait de notables changements dans le système d'éducation re- Jigieuse et philosophique de la. Compagnie. Elle en introduisit de non moins remarquables dans le plan tracé aux professeurs. de physique. Autrefois la physique.n’était que. l’accessoire.de la philosophie. L’étude des sciences se. trouvait. en. progrès réel, les Jésuites s'apprètèrent. à:le seeander. Dans la règle xx" dù Provineial.on ajouta que les:Pères chargés de l'examen des. aspirants au degré de Profès devraient se souvenir du dix-huitième décret de la xx1< Congrégation générale touchant l'aptitude du sujet à enseigner la physique. Dans la règle xx°. l’étudé des mathématiquesest spécialement recommandée comme préparation. à la physique, et.il.y est enjoint de fayoriser.le goût .dé.ceux qui: désireraient se consacrer à cette science... La règle xxxux ordonne:de fournir aux. Scolastiques, tous, les ouvrages et instruments nécessaires. à, l'étude de. :la.physique..et de l'histoire naturelle.
rofesji conélèves plides:
, qu'ils
ntrent vue ils phique u.droit DS qui angère >reront agesse, 1 r'évo-
de noon .re- Efe en e plan Ja phye. L’éel, les règle hargés ès dela xxs° sujet à dé des prime e fayosacrer purnir ments istoire
L'état des classes élémentaires. ne:s'était pas aussi sensiblement amélioré. Les Universités, comme tous les corps privilégiés, s'opposaient au progrès ; elles
demeuraient stationnaires par tempérament :et: par calcul. La réflexion cependant démontrait aux Jésuites que, sans trop innover dans le système d’édueation première, il existait des abus qu'il devenaiturgent de réformer. Ainsi, au fond des Colléges, personne ne songeait à l'étude, de. la langue maternelle, On parquait les enfants dans une classe de latin; on les
trainait année par, année sur. les auteurs grecs. ou
romains’; on leur enseignait par routine les idiomes morts, les faits et gestes, la géographie.et l'histoire des peuples anciens ;.on. les façonnait à l'admiration pour Sparte ou pour Rome. Ils savaient les révolutions d'Athènes et de Perse; mais ils ignoraient les événements dont leur propre. patrie fut. le théâtre. Ils connaissaient, toutes les fables qui se. rattachent aux héros de l'antiquité ; Les annales de l'Europe ainsi que celles du monde moderne restaient pour .eux.un livre fermé. Cette incurieétait déplorable; les Jésuites l'avaient compris. Dès qu'ils eurent.un Collége à leur disposition, ils s'efforcèrent de prendre une:heureuse initiative. Les règles x, xvui.et XXVIL, CONcernant:les professeurs des, classes inférieures, rompent'avec tant de vieux. usages. Elles recommandent létude de la langue, du, pays. la. purèté du. langage dans: les. traductions; une. bonne. prononciation: la lecture et le commentaire à-haute voix des meilleurs auteurs nationaux. Ce qui a ‘été obligatoire: pour les enfants le. devient. pour les jeunes gens; et la:règle première du professeur. de, rhétorique: prescrit. les
mêmes tendances.
L'expérience avait. conduit los. Jésuites à: innover ;
ils désirèrent que l’expérienceencorestationnètieurs
580 G HISTOIRE * innovations. Elles ne durent avoir force de loi qu’après avoir'été soumises à l'essai, Eorsque les cinq Pères de la commission eurent achevé leur travail sur le Ratio studorium, ce travail fut examiné, discuté par le Général et par ses assistants; puis, lé 26 juitlet 1852, Roothaan adressa là nouvélle édition à tous les enfants de Loyola. Il leur écrivait en mêmetemps pour expliquer les motifs qui avaient amené l'Institut à conformer son antique mont aux circonstances présentes.
‘» Pourrions-nous en ‘effet, leu disait-il dans sa lettre, approuver et adopter pour nos écoles tous les systèmes nouveaux qui, depuis cinquante années, se sont ‘our à tour partagé le champ de l'instruction et de l'éducation de la jeunesse? Comment dés méthodes qui se combattent, qui s'excluent les unes les autres deviendraient-elles la règle de nos travaux? » ‘ Et, développant les tristes résultats obtenus par cette variété infinie de systèmes dans les études supérieures, systèmes qui ont fait prendre en dédain la saine logiqué’êt la sévère dialectique, et qui, dans les classes secondaires. ont pour but unique d'apprendre artificiellement beaucoup en peu de temps et vec le . moins de peine possible, Roothaan ajoute : « Ce sont moins là des méthodes nouvelles que des inventions funestes, funestes à la Religion. funestes à l'Etat, funestes à la jeunesse. S'il ne nous est pas permis, s'il ne peut nous convenir d'admettre ces méthodes nouvelles en ce qu’elles ont de contraire à la vraie, à la solide instruction de la jeunesse et aux fins que l'Ordre de Jésus se propose en la donnant , il nous serait impossible, même en acceptant ces systèmes, de contenter les amateurs de nouveautés. puisqu'ils ne diffèrent pas moins entre eux qu'avec les anciens, et qu'ils exigent des choses opposées et s’excluent en-
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. ss :
tre elles. Toutefois, sur certains points qui ne touoheñt ‘pas à l'essence d’une instruction saine et droite, … l'éxigence des temps rious fôrce à renoncer aux usages de nos Pères. Cette sagé manière d'agir né nous est'point interdite; ellé est au contraire très en rapport avec le but de notre Aistitution, est la plus grande gloire dé Dieu.‘ |
«Ainsi, dans les hautes sciences , bésuédip de points qui n'étaient pas contestés autrefois sont maintenant attaqués avec véhémence; ils doivent être fortifés par des preuves et par des raisonnements solides. D'autres questions qui jadis servaient plutôt à exercer les esprits qu'à faire triompher la vérité, ont été mises de côté pour s'occuper de ce qui est vraiment utile et nécessaire. Il faut consacrer plus de temps aux sciences physiques ét mathématiques. Notre Société n'a jamais regardé ces études comme étrangères à son Institut; mais nous conviendrait-il de les négliger aujourd'hui que sans elles nos écoles ne pourraient soutenir teur réputation ét dignement répondre à l'attente publique?
La plupart des prescriptions du nouveau Ratio studiorum étaient déjà mises en pratique ayant de se trouver formulées en lois. Dans les Sçolasticats et dans les Collèges, on avait beaucoup accordé au progrès ou à la nécessité du temps, sans se relâcher en rien de ce qu’exigeait une instruction pure et réelle. Comme par lé passé, les jeunes gens qui se vouent à la Société de Jésus sont soumis à une épreuve de deux années. Cette épreuve, entièrement consacrée aux exercices de la vie ascétique, a pour but principal de jeter dans leurs âmes les fondements des vertus religieuses. On ne leur demande pas les sentiments ou les apparences d'une piété extérieure ; on les appelle au vrai courage catholique, à l'abnégation chré-
Hiet. dela Comp, de Jésus. —7%. vi. 25
#82 om HISTOIRE.
tiegne.. Quand. ces. années de silepne et:de, rer traite sont.écoulées, le Novice, devenu Seolastique, se livre avecune nonvellearueur.au travail de L'inteh ligence, Les Supérieurs ont mission de Le préparer. à le, xertu ainsi.qu'am savoir 3 mais, sans songer. à. les jeter teus dans le méme moule, ilslaissent àchacun son caractère et la phisionomie partieulière.de.son.ta: lent. Durant.les douse.premiers mois.qu scolasticat, le Novice reprend, ex, sous-Œuvre ses, études. chassi, ques à peine ébeuchées dans les Coilléges.. Après. il s’adonne. à celles qui.offrent le plus de.charmes: à son esprit: il développe: sous. les.yeux.de, maitres éprouvés.les talents qui doivens-le pousser vers la li: térature où les,sciences. Ce temps qui, dams la. Go” pagnie..se. nomme le. Juyénat est à peine aecompu, .que le jeune Jésuite commence son cours de régence. S'il annonce des dispositions pour l'élaquenee, de la chaire. s'ik fait, pressentir qu'il est né grateur.au qu'il a tout.ce qui,pst indispensable. pour. le deveair, on lui confie durant deux qu.trois années au: plus une, classe d'humanités ou de.chéforique,, Basuite.on L'ap-. ue à, la ;théologie,..et: les. Srpériaurs. la Jui font professer A quatre ans,paun mûnir saraisonet le fortifier. dans les. études sagrées. Les. Pères. de l'ançienne, Compagnie avaient. par de. longs essais, acquis la: preuye. que çetle: laborieuse solitude. était la gançtion. à donner..à; l'éloquence. . Bourdaloue. et. tous les princes de. la. parole. l'avaient expérimenté: les nouveanx Jésuites, .marchèrent. dans la: même voie. HP : Une:derniène annéeestlaissée aux: erateurs futurs, pour se nourrir des Saints Pères et. des madèles, qui 'es-ent: dévaneés; Ces préliminairas remplis, l'homme d'énergie-et de eonvictien:se révèle. H:a.en.le.temps ds méditer, d'apprafondin les wénités éternelles qu'il
DE LA COMPAGNIE, DE JÉSUS. . 685 doit annoncer, H.ne,se, jette pas en enfant perdu de
l'inspiration, dans une.chaire qu'parfois le culte du
beau.et du vrai. est sacrifiéà de chimériques impossibilitésou àdesutopies d'alliance fraternelle, L'orateur fésuite:est plutôt. pleins. d'enseignements, pratiques que de théories ; ilne se:liyre. ni.aux écarts du zèle vi;aux. intempérances. de. l'improvisation. Chez lui, chèque parole,s.sa portée: on:ne.saisit pas, dans son
discours, une, phrase un mot, un geste peut-être,
qui puisse. préter à fausse interprétation. Sûr de lui, comme. de. ses préceptes, il se domine avant de.vouloir damier les autres. C'est cette force, intime qui rend les disciples de l'Institut si puissants en présence de tant. de passions religieuses, politiques ou liltéraires, qu'i leur serait facile de soulever pour s’attirer les applaudissements de la foule, … ee Le chemin des prédicateurs est tout tracé; la route des.antres Novices n'offre pas.plus de diffcultés.Les Scolastiques qui finissent leurs quatre années de théologie. et.qui, n'ont. d'aptitude. marquée pour aucune
science spéciale subissent encore de. nouvelles épreu-
ves.de travail ou. de méditation, puis enfin. Je ministère pastoral leur .est ouvert. Ils 5e chargent de ces redoutables fonctions. dans. la maturité de l'âge ; ils n'ont ni besoins ni ambition. à satisfaire, Les dignités de l'Eglise leur sont interdites; ils y renoncent par leurs vœux.; ils peuvent donc apparaître dans le monde comme les guides du Chrétien et les modèles vivants du Prêtre. rt
Les Pères de la Société de Jésus..en entrant au Noviciat, s'astreignent à un plan d'études et de conduite auquel ils ne doivent apporter aucun, changement, aucune modification. Le Rafio séudiorwm est le Code des professeurs ; il sera'en méme nt célui des.élèves qui fréquentent Tes. Collégés. de Tinstitut.
Dans un siècle où les principes sont, comme les
royautés. remis chaque jour en question, la méthode
adoptée par les Jésuites offrait aux familles des avantages incontestables. En ne la supposant pas meilleure que celle des Universités ; cette méthode renfermait néanmoins ‘un gérme de salut. Elle a pour base une stabilité qu ’on cherche inutilement ailleursselle ne dédaigne ni les'aréliorations ni les perfectionnements ; elle les fait au contraire servir à son unité de vus, à son
unité de plan, à sa persévérance dans la mémeroute.
Les derniers venus profitent des lumières et de l'expérience de leurs devanciers., Il y a tradition de famille pour les moyens à employer; et les hommes comme lès idées, tout tend an même point, tout marche du méme accord vérs le méme but. Les Jésuites, dans leurs Noviciats ainsi que dans leurs maisons d'éducation laïque, n’ont aucune vanité à satisfaire, aucun intérêt à contentér: ils ne s’exposent à aucune oscillation de parti ou de système ; ils né sont pas pressés d'assurer le tr iomphe de leurs idées bonnes ou mauvaises, parce qu'ils savent que le temps se\""les légitimera. Ils n'arrivent point au pouvoir pour renverser ce que leurs prédécesseurs édifièrent et ce que ces
prédécesseurs, héritiers hypothétiques du gouverne-
ment, chérchent à maintenir dans des tiraillements continuels. L'autorité, qui a toujours besoin d’être une et respectée, ne se laisse ni discuter, ni absoudre, ni condamner publiquement. Elle agit avec réserve, sans se compromettre ; elle est prudente, parce qu’elle se sent forte ; elle inspire confiance aux autrés, parce qu'elle sait ‘en avoir en‘elle-même.
‘Les Jésuites connaissent le monde des enfants ; ils n'ignorent pas que, pour dominer ces volontés étourdies, il faut tenir en respect leur turbulence n‘turelie et celle qué l'instinct des ré 'olutions développe. Dans
vouer jeune oblige Collég périot sitaire rité de toujou des pr
les siècles de calme.et de repos, ils avaient ainsi gouverné les générations qui ne. sont plus. De nouveaux errements les ont rattachés plus énergiquement que jamais. à:ce grand principe de sécurité, L'éducation pour eux ne fut pas un métier, ou un moyen ide fortune, mais un besoin social. Ils voulurent améliorer l'humanitéet nontrafiquer du désirque chaque homme a de voir ses enfants participer au bienfait de: l’instruction publique. Débarrassés de tout souci terrestre et trouvant dans. cette jeunesse, venue .de tous les points à !a fois, une famille et des amis, les Jésuites. ne portèrent pas leurs vœux au .delà.de l’horizon qu'ils se limitaient. Suivantle précepte d'Horace, ils circonscrivirent une longue espérance dans un étroit espace. Sans arrière-pensée comme sans ambition personnelle , ils s'efforcèrent d'étendre le règne de la vertu en propageant l'amour des devoirs et des belles-lettres.
: C'était une tâche difficile; ils ne restèrent jamais au-dessous. Au quatrième volume de cette Histoire -nous avons raconté les moyens et les ingénieuxartifires qu’ils avaient su mettre en œùvre pour changer en plaisir ce travail aride auquel l'enfance est condamnée. À peine la Sociélé de Jésus est-elle reconstituée, qu'on voit ses membres les plus distingués .se vouer avec un indicible bonheur à l'éducation de la. jeunesse. Ceux qui leur succédèrent se firent une obligation de marcher sur leurs traces. Bientôt les Collèges de l’Institut acquirent une incontestable supériorité. À mérite égal dans les professeurs universitaires et dans ceux dela Compagnie, cette supériorité devait évidemment résulter et de la perfection toujours progressive du plan et de la stabilité même des principes. Au Collége Romain ainsi qu’à Saint-
486 ville 4 “'AISTOIRE
AGReT{T)L E PHbobrg et à Etongowes, à Brogétette
comme: Médrid! à Naples et/à Stonyharst: à Türin eta PetotMh; à Oenes ét À'Farnopot! If ne dévisient jenvais de là volé tracée ‘Cette apparence d'Immbbi.
hité; qui devient pour lès: éttfaëtts unie force attractive à taquelle ils n'osent se soustrairé;'n'e ii rl l'Enstftat de: prendre Vimitiative “dés”
Les diseiples de‘Loyola foarnirent bte nos sité de France des préceptés'que le‘philoséphe Cousin alors ministre: dé linstraction publique, s'empress d'adopter, tout-en cachant aux yeux profanes la: source où it ‘puisait ces: modétes. Les Jésuites appliquaient sans bruit les innovations quetèur expé- fencejugeait utiles. Fls n'én‘tiraient parti que pour te Bien de ta Jeunesse; d'autres exploitérent leurs
Q) Sous des maitres aussi habiles que les Jésuites) len classes des divers établissements oanfiésà l'Anstitut de Layola s'élerèrent rapidement à un haut degré, de prospérité. Nous avons entre les mainsbeaucoup de compositions sur tous lessujels etdans toutes. les langues qui, prouvent juequ!à Févidence:cespregrès. Nous n'en aitons an ’unesetelleremonte: à l'année: l8ES.; C'est V'Oiseau : en.classe qu'un élèxe de. rhétorique, de Saint-Acheul, aujourd’hui le Père Albin Eeroux, de:la Compagnie de Jésus, écrivit presqueen se jouant et que l'Hermèse romanus recueillit comme. une bonne fortune : (‘ette pièce de vers latins, que beaucoup de professeurs:ne désavoueraient: pas, ef qu'an:plas:grand nombre ne saurait peut-être égaler, fut faite à: l’accasion d'un moineaw entré: per. une fenêtre, dana la salle d'étude. :
« At diversi aoimi trabunt ter Pars, séd rara tamen, fugit labores:.
Si què forte oeulos severus argus Avertst, leve vulpav æstuare, :
:Rauos parcere netiloquaciteti ::: -
At: vie. respiciat, sileus, residunt. :
Sed pars multa libris jibenterasres, Sudant ; nam aulices, genus molestum, Nequicquam volitant per ora circum :
''etnanes uites xpépour leurs
érent tre les toutes.
Nous janasé| jour-
écrivit
omme, p de D mbre bineaau
| bd priftation doit anbur péopre ts.
ur 1834 és Péres du Cotkgé dé Bhugébitts el Bétéidue Hévitiilétérit ui nôtvent bar détédess rire Men en 1899 . Le voñtf datts tütite’ sa sine
US L'éhuérgtément se‘ aisé "én trois ours pitié.
patx”:
» 2B dotés piébihtètre, qui ébtiprend testées ét dé gratinatre française, l'histoire, de géogra:
Phi; d'arithiniétiqué et les prenriers britieipes del
langue tatitie. dütele térnps nécessaire pour s'asi surer que l'enfant suitéerire sh lahgüe correttentent,
et'que sof' intelligence assez dévéloppée: est eapable . de l'étudeidés lettres. Lésjeunes élèves dé ce cours
site Pegemnene apré Aller Age.
‘Tllos: :MArmOra stare dura credas.
Tüm decepta locos per iasuetos Circomfertur-avis vulsssvagansque.
: l'Fleotit mille: vias, fugamque:tentat:
:; Mendages, malesand, per fenestras.:
Peteba vitro pipilens, et ungue .
Et:rostro, trepidantibusque pennis.
: Vülgus, tunc operim fmmemor, volucrein,
::Nestigans obulis; htabat or:
: Neenonundiqes:pasbrem ad: miseluen
+. Perthæ, pileoli, libri volahent,
Et per scamna susurrulus atrepebat,
At custos rigiduscathedr ab altä,
Vultu, voce münu inorepat, bintiué,
Incassenk ; ora'animosquecaptat ales.
Romenum populumtomultuantem:
Frustra non secùs.ipse sæpè. consul
Tentabat retinere, jactitando,
Sævas terribili manu secures.
En passer pueri in sinum, vigore Effæto, cadit,. :
BISTOIRS
«Lecours des Lettres, qui comprend la sms la poésie et l'éloquence. La grammaire occupe l'élève pendant trois ou quatre années, selon sa capacité et ses progrès. Il apprend alors les. ‘langues française, latine.et grecque. Les deux années suivantés sont consacrées à la poésie et à l'éloquence. On enseigne l'arithmétique dans les classes de grammaire, les éléments d’ algèbre et de géométrie dans celle d'humani(is, l’histoire :et la géographie. dans toute la durée du :cours. Des maitres de. langues modernes sont donnés à ceux. qui, désirant se livrer à cette étude, sont jugés en état de le faire avec fruit.
« Le cours des sciences , qui est de deux ans. II comprend des cours de. philosophie, de mathématiques, de physique, de chimie, d'histoire naturelle, particuliers à chaque année et des conférences sur la Religion, l’histoire et la littérature, communes aux deux années.
« Un cabinet de physique, un laboratoire de chimie, des collections de minéralogie, de conchyliologie, de zoologie, offrent aux élèves le moyen d'étudier avec autant d'intérêt que de fruit les sciences” physiques et naturelles.
« S'il se présentait un nombre suffisant de jeunes gens pour former une troisième année de philosophie, on leur ferait suivre des cours spéciaux, tels qu'ils sont indiqués dans le programme général du Cours d’études du Collége. »
M. Cousin, grand-maître de l'Université, était l'antagoniste systématique des Jésuiles ; mais, ce plan si sagement conçu et présenté d’une. manière si lucide, frappa son esprit ; il résolut de le cacher sous des mots plus sonores. Il l'avait donné comme étcut son œuvre. M. Villemain, qui lui succéda à l'instruction publique, n’eut rien de plus pressé que de briser l'é-
difice dont son prédécesseur avait emprunté l'idéemère et les détails aux disciples de Loyola. Le 27 août 1840, M. Cousin adressa aux Recteurs des Académies une. cireulaire, par laquelle. il fait connaitre le nouveau règlement des études dans les colléges royaux et dans.les colléges communaux de plein exercice. Cette circulaire, paraphrase affaiblie du plan des J+suites de Brugelette, est ainsi conçue :
« Monsieur le recteur, je viens appeler toute votre attention sur les modifications. apportées au règlement des études des Colléges par l'arrêté que je vous communique. :
« Il est incontestable que l'éducation n’est ni vraie ni complète, si elle n'embrasse pas, avec les études classiques proprement dites, de suffisantes connais-
. sances de mathématiques, de physique, de chimie et d'histoire naturelle, Mais comment l'enseignement scientifique doit-il être combiné avec l’enseignement littéraire dans l'économie du Collége ? C’est un problème- souvent agité et diversement résolu. Voici la pratique actuelle :
« Dans les Colléges de Paris, l'histoire naturelle est placée en sixième et en cinquième ; dans les Colléges de département en troisième. L'arithmétique est enseignée à Paris en quatrième, et en troisième dans les départements ; la géométrie en troisième et en seconde à Paris , en seconde seulement dans les départements; la chimie en seconde à Paris seulement ; la cosmographie en rhétorique, dans tous Îles Colléges. Enfin partout l'enseignement de la physique est renvoyé dans l'année de philosophie : car il ne vous échappera point, monsieur le recteur, que les classes de mathématiques élémentaires et de mMathématiques transcendantes sont particulièrement réservées aux élèves qui se destinent aux Ecoles spé-
ciales., et sont plutôt annexées qu'intimement unies au Cofége. À Ta rigueur, il ne faut donc pas tes compter dans lé cadre ordinaire des études , dont fa fin commune est le baccalauréat ès-tettres. Or, il'est évident, méme en théorie, que cette combinaison des études scientifiques et des études classiques est entièrement défectueuse. La chimie enseignée deux années avant la physique est une véritable anomalie.
L'histoire en sixième est au moins inutile, et elfe est oubliée quand on’ arrive à la physique et a philosopliie. L'enseignement de larithmétique et de la géométrie en troisième et en seconde surcharge les études si variées de grec, de latin, de français, d'histoire et de langues vivantes , auxquelles ces deux classes suffisent à peine. Enfin, après la seconde, tout enseignement de mathématiques cesse, au moment même où l’âge des élèves et les forces croissantes de leur esprit leur rendraient cet enseignement convenable et utile.
» Telles sont les objections solides que fait la théorie à la combinaison actuelle ; et l'expérience de bién des années confirme ces objections: Deux points sont aujourd’hui mis hors de doute par les rapports de . MM. les inspecteurs généraux et par ceux de MM. les proviseurs : 1° Les portions d'enseignement scientifiques réparties depuis la sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement ne produisent aucun bon résultat; 2 cet enseignement accessoire , infructueux en luimême, nuit considérablément aux études classiques. I à donc fallu, monsieur le dr chercher une autre combinaison.
» C'éstun principe reconnu qué les études doivent ètre proportionnées à l'âge dés élèves. C'est un autre principe également reconnu que, dans un même äge, toutes les études doivent être‘analogues pour pro-
duire une impression forte et durable, Voilà pourquof l'expérience générale a placé d'abord les études classiques, si bien appelées humanités; paves qu'elles forment l'homme: et cultivent à la fois le mémoire, l'imaginetion, l'esprit et le cœur: La philosophie, les mathématiques, les seiences physiques ‘et naturelles doivent venir après : elles s'adressent à la réflexion naissante. Tel m'a paru le plan vrai et régulier des études du Coltége. Je n’al donc:point hésité à supprimer'tous les accessoires scientifiques répartis depuis la sixième jusqu'à la rhétorique; afin de:fortifier par là l'enseignement clessique; et j'ai rassemblé dans l’année de philosophie tout l'enseignement scientifque, qui alors devient lui-même plus important et plus sérieux. Les mathématiques auront trois classes par semaine ; la chimie ‘est annexée.à la” physique, ainsi que l'histoire naturelle ; et ces divers enseignements, joints à celai de la philosophie;.se préteront un mutuel appui et prépareront directement au baccalauréat.
» Ce plan, monsieur le recteur, serait aehevé et définitif s’il instituait deux années de philosophie, au lieu d'une seule. Alors les divers enseignements: rassemblés dans cette seule: année, se dévelepperaient mieux et pourraient devenir obligatoires. pour tous les élèves. Cétte addition d’une année pourrait:être utilement compensée par le retranchement d’une de: ces classes élémentaires, dans lesquelles on apprend peut-être le latin: de: trop bonne heure. H me paraît que six années d'études , depuis la sixième jusqu’à la rhétorique, avec la classe préparatoire de septième, sont parfaitement suffisantes. Les classes qu'on: a établies dans plusieurs colléges sous le nom: de: huitième, de neuvième même; doivent être complétement dégagées de toute étude latine,'et offrir une iastruc-
tion primaire d’un ordre élevé pour les familles qui ne veulent pas envoyer leurs enfants aux écoles Prir: | maires ordinaires. »
Entre ces deux plans d'éducation il n'existe qu'une différence, et elle n'est pas à l'avantage de M. Cousin, mettant son éclectisme à la suite des idées de quelques obscurs disciples de saint Ignace. Au lieu de supprimer totalement les leçons de mathématiques. de physique, de chimie et d'histoire naturelle dans les classes inférieures et de les renvoyer à la philosophie, les Pères de Brugelette veulent qu'on donne aux enfants des notions élémentaires d'arithmétique usuelle et degéographie. notions indispensable à tout âge. À part ce léger changemeut, qui fut peut-être un calcul, le projet de M. Cousin est servilement celui des Jésuites; et, s’il n'y a pas eu contrefaçon, il faut au moins avouer que les Pères de la Compagnie ne, sont pas si arriérés en fait d'éducation, puisqu'ils précèdent même dans cette voie de progrèsle grandmaître de l'Université et l'éloquent traducteur de Platon, leur adversaire.
Le ministre de l'instruction publique en France rend. aux Jésuites un hommage tacite. Dans le mois . de mars 1845, la Gazeite de l Instruction publique ne. craignit pas d'avoir son jour de franchise, En examinant le cours d'études du Collége et du pensionnat de Fribourg, elle osa dire : « On verra qu'il ne manque ni d'étendue ni de variété. Si, d’un côté, les ouvrages théoriques adoptés pour l’enseignement des langues sont peu connus et ne sont point suivis . dans nos Colléges, d’un autre côté, il faut reconnaitre que ce cours d’études offre dans son ensemble quelques bonnes améliorations et qu'il remplit plu-
” sieurs lacunes de notre enseignement universitaire. » Ainsi, on peut voir quelle attention les Révé-
rends Pères apportent à l'enseignement de la langue et à l'étude de la littérature française. Dans toutes les classes, ils ne cessent d'exercer les élèves sur l'ortographe, l'analyse logique et grammaticale, et les divers genres de composition française; ils ne bornent pas leur enseignement aux stricts préceptes de * la grammaire et de la rb:torique. Dès la troisième, les élèves apprennent les règles du genre épistolaire, et y sont façonnés par des excrcicrs fréquents. En seconde, ils reçoivent des notions :ymplètr; de littérature, et on leur fait passer en revue ces cifférents genres en prose et poésie. En rhétorique, ils étudient avec étendue les préceptes de l'ait oratoire, ei cn particulier l'éloquence de la chair s, du barreau et de la tribune. Des talents trop négligés et dont les résultats peuvent être précieux pour l'avenir des jeunes gens, la lecture à haute voix et la déclamation sont l'objet d'études spéciales .dans chaque classe. Les principes d’après lesquels l'histoire est enseignée sont indiqués par les livres mêmes portés au programme,
» Le cours de la philosophie de l'histoire, dit le prospectus, eu présentant les événements historiques dans leur enchainemes: ":oral et providentiel, donne une connaissance approfondie d'après les vrais principes. »
“Quant au choix des auteurs d'explications, il se compose en grande partie des auteurs français, latins et grecs, suivis dans nos Collèges, et surtout pour le baccalauréat. Quelques auteurs, qu'on ne voit pas dans nos établissements, Juvénal , Perse, Tibulle, . Cetulle, etc. sont expliqués dans les classes supérieures. »
De l’aveu des Universitaires de France eux-mêmes, la Compagnie de Jésus, dans ses.Colléges de Suisse
5pt 7 aérom
et'de Betgique; marche an moins de pair avec eux; un autre Universitaire va venir, le 42norcmbre 1846: nous apprendre: que l'enseignement donné par tes Jésuites-dans les'Deux-Sicilés ne le cèdé ni-en‘amés liorations nien succès à celui qui est imposé'et vendtt aux sujets du Royaume trés-chrétien. On'a proclamé sur mille tous différents que l'Itilie moderne était une terre de plaisir et d'ignorance. Naples surtout x eu sa large:part de ces invectives cosmopolites., Sans se’ préoccuper des mœurs du pays, lés touristes et les romanciers l'insultérént parce qu'il n’adoptait pas leurs lois, leurs usages ou leurs préjugés. Les uns maudirent le soleil versant ses plus généreux rayons sur ce peuple de princes et de lazzaronï; les autres déplorèrent l'abrutissement intellectuel des habitants de la vieille Parthénope ‘qui refusent de secouer le joug des Bourbons et des Prètres. On plaignit ou on calomnia les Napolitains. Ils'se montraïent peu empressés de mettre leur bonheur à l'enchère des révo: lutions ou de l’impiété dont ïls avaient fait une assez triste épreuve. Ils étaient trop voisins du Vésuve pour laisser fermenter dans le sein de leurs villes d’autres volcans constitutionnels, plus dangereuxque le Mon- : gibelo. L'Eurcpe libérale tes dota d’une paresse vo: luptueuse ; elle'ne les vit qu'à travers l'ätmosphére de ses préventions ou de ses mécomptes, qu'ils ne consentäient plus à nartager.
À lafin de 1845, M. Petit de Baroncourt, ‘chargé: par le Ministre de l'instruction publique en France de'visiter les divers établissements d'éducation dans le rryaume des Deux:Siciles, adresse son rapport au grand-maitre, Le Français est ‘appelé à comparer les résultats obtenus par les Universitaires napolitains: et par les Jésuites, et il s'exprime ainsi : « L'Université est subordonnée au ministère de l'intérieur; et
| n'atpresque aucune infltence dans la nomination de À 45; ses membres ; elle confère seulement les grades dans hs Ac: 3 les’diverses facultés; "et tient sons sa juridiction ‘les L: mé ? collèges éttes écoles privées. À la tête se trouve un D. nd président de l'instruction publique , un conseïl géné: 2 amé ral (giunta di publica instruzione), un secrétaire te était général de l'Université, des inspecteurs généraux et fi NES particuliers. Les cours pubfes des facultés durent L Sans sept mois; ceux-de la facuité de lettres n'ont qu’un à t les cours de littérature grecque.et un de littérature ita- “. ‘pas liénne ; il n’existe pas de chaire d'histoire, lacune pi UNS assez significative. Là yons » Les Colléges de’ Université sont au nombre de | tres dix-sept : quatre portent le nom de lycées, parce ae | tants qu'on y enseigne un peu de philosophie et les élé- ne er le ments des sciences physiques et mathématiques; les 4 of autres, voués exclusivement à l'étude du latin et du ï Le - grec, conduisent les élèves jusqu’en rhétorique; en- ad rÉTO: core l'étude du grec est-elle à peu près facultative, je assez et ne l’exige-t-on dans les examens que des candidats se pour qui se destinent à certaines professions spéciales, ni utres telles que la médecine. L'étude et Ja littérature ita- 4 on: : lienne, la langue française, un peu de géographie et à > VO: d'histoire sainte, complètent les: indications précé- k hère dentes. f ne » L'administration intérieure des colléges est con- f À fiée à des ecclésiastiques dont le chef prend le nom à de Recteur; les professeurs seuls sont ou peuvent Êk être laïques. Si l'on prend pour exemple le lycée de/ Se Salvatore, qui est placé dans la capitale, on se fera ni des colléges de l'Université de Naples une idée mal- 4 heureusement peu satisfaisante. ï » Ce lycée ne semble pas avoir une existence pre- 1
pre; il n'a aucun bâtiment qui lui soit spécialement affecté ; les élèves pensionnaires sont relégués :au-