‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 76 sur 86 · LT CRETE DES EH · texte numérisé non relu

LT CRETE DES EH

596 ju HISTOIRE

dessus des salles de l'Université, au troisième étage : ils couchent dans de vastes dortoirs, au milieu des: quels sont placées les selles d'études; de telle façon que le bout des tables touche au pied des lits. Les classessefont au premier étage, dansdessalles qui font suite aux bureaux de l'Université et donnent sur une arrière-cour. Celui des Jésuites renferme de vastes jardins, une haute église qui touche à quatre rues différentes et dont la principale façade est une des plus. belles de Naples après le palais du Roi. Et, si l'on regarde au nombre des élèves, la différence n'est pas moins frappante. L'un des Colléges est en pleine prospérité, tandis que l’autre se traine et lan: guit, bien qu'il ait réduit le prix de la pension à six ducats par mois. »

Le ptrallèle établi entre l'Université sicilienne et la Société de Jésus continue; il s'étend jusqu’au corps enseignant de Frauve. Le plan suivi. par les enfants de saint Ignase est le même que celui de tous les Colléges fde l’Institut. A Naples seulement, il agit

sur des natures que la beauté du climat doit rendre

Plus efféminées et moins propres aux sciences. Petit de Baroncourtajoute :

« Arrivons maintenant aux établissements qui ne

sont pas placés sous la surveillance de l'Etat.

» Ce sont d’abord les deux Colléges dirigés à Naples par les Pères Barnabites et celui qui appartient aux Frères des écoles pies (Sco/opü), mais les plus dignes d'attention sont les établissements gouvernés par les Pères de la Compagnie de Jésus. Ceux ci possèdenS quatre Colléges dans le royaume de Naples, savoir : à Naples, à Lecce, à Aquila et à Salerne ; ils ont en outre quinze Colléges en Sicile. Celui de Palerme, entre autres, est un établissement magnifique, dont les richesses sont considérables et dont la bibliothèque fait l'admiration des étrangers.

privil piété.

deven grès li les en minis!

etler

Ee

niéren sage. « Sociét:

en All ment |:

pée. Né seurs.

.»-La maison de. Naples (1) contient environ quatrevingts élèves pensionnaires ; on lui donne.le nom de Collége des Nobles, parce qu'on n'y admet que des enfants appartenant aux premières familles. Elle. admet:en-outre dans les classes plus de. douze cents externes’ qui suivent les cours gratuitement. Cette année même, au dire d'un des Pères, savant professeur de: l'établissement, ils ont refusé d’en recevoir plus de cinq cents, faute de place. À quelques pas de là, le lycée universitaire del Salvatore n’a pas cinquante.exlernes.

» Les-classes sont divisées en closéé élémentaires et en classes supérieures; les premières s'étendent

(1) Le Collége de Naples dont il est question dans le rapport universitaire s'appelle #4: Convitio des: Nobili: il fut ouvert le 3 décembre 1823, C'est un ancien couvent de Basiliens que le roi François Ier accorda aux Jésuites par décret du 15 septembre 1826. Sa munificence fit restaurer l'établissement ; le Monarque voulut que la maison fût dignement appropriée à V'üsigé auquel il la destinait. Le roi Ferdipand IE l’a prise sous sa protection, et il ne cesse d'encourager les Pères dans la mission qu’ils s’imposent. Afin de leur témoignerla bienveillance spéciale qu'il porte auxlettres, aux sciences et aux bonnes études, lc Roi accorde des priviléges aux élèves quise distinguent parleur travail ou par leur piété. Sous la directien du Père Latini, cet établissement est devenu un modèle de régularité, de perfectionnement, de progrès littéraires etscientifiques. Il compte parmi ses élèves actuels les enfants des plus grandes familles du royaume et les fils de trois ministres du Roi, le chevalier de Santangelo, le prince di Trabis et le prince di Comitini,

Le Collége, quelque parfait qu'il soit et que nous avons derniérement: visité, ne l’emporte cependant ni en science, ni en sage administration, sur un grand nombre d'autres que la Société de Jésus possède à Rome, en Piémont, en Angleterre, en Allemagne et en Belgique. La beauté du local établit seuleinent la différence, car l'instruction y est partout aussi dévelop. pée. Née du même principe, elle se répand par les mêmes professeurs.

jesqu'èlarhétoriqueinclusitement Efcscomifireanent thois années ou quatreau:plespour: iles -chidtes dites de grammaire, quiembrassentl'é triés phiacipes du latin, du greciet de l'italien; une hhniéo poutt la etatse dite d'humanités, qui correspond à'lalsécotdel de #64 coHéger et uno année: pour'la rhétorique: en tout cinq uns ow six ansau ‘plus: Les elasses supérieures comprentient deux ans peñdant lesquelt les élèves étudiënt la philosophie, les principes du éroit naturel'et dudroit eivil. la physique; MH:chèmié et les ma: thématiques élémentaires. Il existé ‘aie! troisième année pour les clabses'supérieures, dans laquelle on étudie la langue hébratque, l'éloquence et:les lettres sacrées, le droit canon, la théologie et les mathématiques transcemantes: mais presque toujours le cours des études est règardé toriié fini au: bout'de la secônde année, surtout pour les élèves qui doivent entrer. daas les carrières civiles. Cette distribütion des études, comparée à celle. des. elasses dé l'Université de France, contient, comme on le voi, des différences notables : l'étude des langues anciennes et comprise dans un espace de cinq ou, à la rigüeur, de six an-

nées. au lieu de sept et même de huit années .em-

ployées au même.objet dans nos Colléges.; secondement, à partir de la philosophie, l'étude élémentaire des sciences est concentrée en deux années pleines, au lieu d'être interealée dans lé coùrs des lettres anciennes, à partir de la quatrième classe.

» Quant à la force des. études, les élèves dans.les classes d'humanités peuvent:soutenir la comparaison avec ceux de nos Colléges pour le latin ; mais if n’en est pas de même pour la langue grecque. La seule langue moderne, qui y soil enseignée est la langue française carla France, selon. la pittoresque -expression d’un révérend Père du Collège, de Salerne,

seme créai

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. ‘#p9

8 Th secenide-patrie de tout le monde. À lathétoqucest ‘joint un cours d'archéologie’ et d'architettüre'grec et romaine. Quant’ aux cours svientifiques, iksont. vis-h-vis des nôtres, d'une’supériorité icon: téstible. lei

:Les motifs dé x guerre acharnée que les Universités de tous les pays ont déclarée’à fa Compagnie de Jésus se trouvént dans ces aveux. Longtemps avant de soulever ‘un coin du voile, ‘elles savaient, aussi bien ‘que les familles chrétiennes, à quoi s'en ténir ri les:aaisons d'éducation dirigées par les enfants

e Luyola. C'étaient de redoutables rivaux : les Unipt ‘se coalisèrent pour les étouffer: Elles ne pouvaient plus accuser ‘les maîtres d'ineapacité'et jeter un'brevet d'ignorance aux élèves. Ilétait démontré que,'sur' tous les points de l’Europe, lés Collèges des Jésuites se plaçaient, sans le chercher, sans le proelâmer, à Ta tête du mouvement intellectuel et scièntifique. On laissa donc de côté les vieilles imputations d'obscurantisme ; pue on essaya d'en faire surgir de nouvellss.

Le fractionneément des partis, les inimitiés entretenues par la‘politique, les utopies des uns, les crimes dés’ autres, lés’'flagrantes violations delaloi mises var tous et chacun à son tour au compte de la nécessité, avaient introduit dans les pays constitutionnels un‘esprit d'exclusion qui tôt ou tard! brisera l'unité de ces Etats. ‘Les partis commencèrent par s'atta-

quer'les armes à la main; ils finirent par se'calom-

nier. De tous Tes camps à la fois, il s’éleva la plus triste des imprécations. Chacun accusa son ennemi politique de ne plus aimer le pays où il était né. Personne n'osa comprendre qu'après tant de bouleversements la différence des drapeaux: ou . des. idées ne créait pas d’une manière irrévocable la: trahison en-

vers:la patrie. Il convenait à quelques-uns de dominer.et destromper les r:asses en s'aitribuant le monopole du dévouement civique : ils s «ffrirent comme le type de cette veriu qu'ils allaient sxploiter, Leurs adversaires de la veilie, leurs ennemis du jour, leurs

antagonistes. du. lendemain. ne furent plus que des ciloyens coupables dont. le pays devait redouter les perfdies et flétrir les noms. La Révolution française avait ainsi procédé M. Thier:, qui s’est constitué l’héritier direct de ses doctrines et l'avocat de ses forfais ne pouvait manquer de suivre cet exemple. Tous les Français qui ne fléchissaient pas le genou devant la probité de ce Fabricius administratif devinrent suspects à ses yeux; il les accusa de ne pas aimer la pairie. Quelques-uns d'entre eux, pour soustraire leurs fils à l'éducation de l'Université, se privaient de leurs caresses ; ils les envoyaient à Fribourg, à Mélan, à Brugelette et à Chambéry étudier sous les. Jésuites. M. Thiers saisit: ce prétexte pour prouver que les disciples de l'Institut étaient les Pitt et les Cobourg de la France libérale. Dans l'éducation si large qu'ils donnaient, l'historien-orateur découvrit un complot

tramé. contre le pays. Le rapport de M. Thiers, sur .

le projet de loi d'instruction secondaire, formula l'accusation en ces termes ; il dit (1). : « Qu’autrefois à Saint-Acheul et aujourd'hui dans des établissements: semblables l'esprit était et. est encore con-

traire aux lois du royaume ; que les maximes morales

des maîtres, leurs doctrines sur la puissance spirituelle et temporelle, mettent en péril la moralité et les sentiments nationaux de la jeunesse; qu'il est nécessaire de savoir si les enfants ne viennent pas de

(1) Rapport de M. Thiers Première hs sidi p.29; deuxième question, p. 35 et 50.

Bel bou notr n'y | lité triot au n

. dem:

dep de la dest comr pesé et qu pour puté blait la So forme main, gran tions :

aux b

(1) « (Monit

lomi- ) MOmme Leurs leurs e des èr les 1çaise : l’hés for-

zenou

DE LA COMPAGNIE DE sÉSUS. 601

ces écoles placées à nos frontières, dans lesquelles

oninspire la haine de nos institutions et un très- faible amour pour la France. » |

Le 29 janvier 1846, M. Thiers, à la Chambre des Députés, renouvelait ces attaques : «Il y a, proclamait-il, à Brogelette età Fribourg des établissements mauvais, dangereux pour tout citoyen qui doit vivre sous les lois de la France. Que des Suisses, que des Belges envoient leurs enfants à Brugelette ou à Fribourg, où on enseigne le mépris de nos lois et de notre gouvernement, à eux permis; mais je dis qu’on n’y fait pas de bons Français. »

M. Thiers se posait en juge suprême de la moralité des autres; il traduisait au tribunal de son patriotisme les jeunes gens élevés par les Jésuites, ; et «u milieu de cette dérision parlementaire, il ne se

demandait pas à lui-même s’il trouverait beaucoup

de pères de famille consentant à lui confier l'avenir

de la jeunesse: il ne s'interrogeait pas pour savoir si. des milliers de ses concitoyen® ne le regardent pas

comme un des génies les plus malfaisants qui aient pesé sur Ja patrie. Cet homme, qui a tant calomnié

et qu'on vit un jour verser des larmes à la tribune.

pour effacer les poignantes inculpations dont un député ministériel, M. Desmousseaux de Givré, l'accablait (1), cet homme déversait un bläme immérité sur la Société de Jésus. Il accusait les enfants qu’elle forme de sentiments antifrançais. et, dès le lendemain, la calomnie était confondue. Ces ‘enfants avaient

grandi ; ils occupaient dans l'Etat d'honorables fonc-

tions ; ils se livraient au commerce, à l'agriculture, aux belles-lettres ou à l'industrie. Plus de six cents

(1) Séance de la Chambre des Députés du $ décembre 1840 (Moniteur du 6).

CS = PT ee ns ER AVE EN De UD + UNS TPM TEST ET ET LD ET TP eee TN USE PT = ET SE ET A D ces MR ne en EE

nn

parmi eux vinrent, dansune protestation rendue publique. donner à M. Thiers, un éelatant démenti. Ils disaient : « C’est en abreuvant.nos àmes.à.ses sources les plus pures, que nos»maîtres-nous..qnt élevés. Histoire. . philosophie, kngues,, littérature, sciences, taut.passait par ce sites AA pour arri ver à nor.

« Nous appresions ainsi :,

.», Qu'à Dieu.et à ‘la Religion établie par lui il apr partient. d'éclairer la raison, de Hi commander. pur fois et de régler la gonscience ;

» Que tous les hommes..sont;: égaux. devant Dieu, et. doivent l'être, par conséquente dexant. daileiqui en est l'image

» Que les pouvoirs publics sont pour les peuples et non les peuples. pour les pouvoirs publics; |

». Que taute noblesse, toute. dignité, tout.emploi, la simple qualité de citoyen obligent: à.se dévouer par tous. les sacrifices, celui même de.ia. fortune..et :du. sang. au bien de la patries.

». Que les trahisons et, les:tyrannies. sont. des crimes contre Dieu, des attentats centre, la société, »

Les élèves des Jésuites ajautaient, avee:autant. de

courage, que de. prévoyance:

» Mais, que l'on ne s'y trompe pas, ces ealomnies qui semblent. nous atteindre :seuls, frappent. bien réellement, dans l'intention de leurs sauteurs. toute éducaticn vraiment catholique.

». Telle.est notre convietion, les dénégations,. les clameurs,ne l'affaibliront poiat ; tout homme sérieux et sincère pense comme nous, et. en . protestant, comme anciens élèves des Jésuites, nous. sommes bien réellement les représentants de tout homme formé à l’école de la Foi, les représentants de l'éducation croyante en France.

avait. d

due.

enti.

À. S0$ Qt ture; arrk

il ap- Û par Là Dieu, i,qui

es et

», Nous avogs voulu faire comprendre à cette chène Frenae; que surison:30k toué genou. ne fléchit point, que toute bouche ne se:tait painloonenre) derank: les hardiestes de le rouerie;

. æ. Queila entomnie. lâche et-facile LUE doit point, à ses yeux; prévaleir contre la vérité.

». Nous :.avons voulu qu'elle :sût-que gatte. éduenr tion calomniée. est, profondément et uniquement catholique, et qu'en: apprenant ainsi à unir la Foi catholique à la, Foi patriotique, nous ne pouvons en être.que medias citoyens etplus vrais amis, de; nos: vraies libertés

.muL'euteur duroppert. avait dressé un:acte d'aoeur sation, préparé une-liste de suspects; en laissant pour le moment les noms en blane;.nous,sommes:xenus remplir.ee vide-et nous inserire nous-mêmes. :

»Bepueoup d'autres, quedes gonsidéralions.nespectables-:empêghent. de :s'unir.à. nous dans. cette manifestotion pubiique. mais dont nous avons entre les-mains les adhésions sincères, partagent, toutes

-nos.conuictions,:.et.confiwmeront notre parole de-

vant tous ceux qui voudront. Anlerrogér leurs, conr sciences. :

m; Quant:à nous, maintenant nous attendons. sans crainte:le. jugement du,pays.; luismémeil dira s'il est juste..s'il est sage. s'il eat: français. de. jeter l'insulte à de:jeunes hommes naurris..depareilles lecons,, et que chambre, :les conseils; élus, le sacerdoce, Ja magistrature, l'armée, lerharreau. la.presse.. toutes les professions libérales, l'agr iculture, l’industrie, le commerce, voient. chaque. jour offrant leur sang, leurs veilles:et.leurs:travaux pourla gloireet la.prospérité de la France. »

Devant cobte protestation : M; Thiers setuk, car il avait derrière lni un. passé de deux siècles etdemmi

ARE RE 2 ee —— -

EE à

Page 1