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tres restassent propriétairés où au moins viagers des revenus qu'ils posséderaient au moment de leur changement de religion.
Dans les Diètes précédentes, ainsi qu'au Colloque de Poissy, ils avaient vu qu'il était difficile à leurs chefs de lutter contre les Jésuites; ils aspiraient done à éloigner les Péres de toute assemblée. En conséquence , ils s'imaginérent d'établir une conférence libre entre les princes séculiers de l’un et de l’autre parti. La pluralité des voix devait trancher les questions.
Ces mesures ne leur paraissant pas encore assez efficaces, ils en appelérent du Concile Œcuménique à un Synode national. Là, disaient-ils, seraient résolues les contestations entre le Saint-Siége et l'empire germanique. Leur quatrième proposition consistait à rechercher les moyens de concilier et de rapprocher les deux cultes, la vérité et l'érreur.
Ce n'était pas pour faire triompher des utopies que le Souverain-Pontife avait accepté la Diète, mais pour sauver l'Allemagne du fer ottoman ; car les Turcs menaçaient encore l'Empire. Comme tous les hommes qui s’attachent à une réforme impossible afin de ne pas attrister leurs regards par le spectacle dés maux présents, les sectaires de 1566 ne se montraient [pas touchés des calamités dont l'Eglise et les monarchies allaient devenir là proie. Ils croyaient qu’une satisfaction était due à leur orgueil ; celte satisfaction passait avant les besoins dé l’Europe civilisée. ls avaient annoncé qu'ils voulaient réformer : la réforme était pour eux l'arme avec laquelle on surmontferait tous les périls. Le Turc apparaissait aux frontières , il fallait le repousser sous peine de voir l’Europe envahie par les barbares. Ces sophistes, n’apercevant que le coin d’une idée, opposaient à l'Eglise universelle un Colloque particulier, d’où, ainsi que leurs devanciers ou leur successeurs en révolution, ils exeluaient leurs adversaires. Dès ce temps-là commençait la guerre de la chose irréalisable contre le possible; le rêve se substituait à la raison.
Frédéric [E, Electeur palatin, était un prince à l’imagina= tion vagabonde, Sa haute stature, la beauté mâle de sa physio= nomie et on bouillant courage semblaient accuser un caractère
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prononcé; mais, trop faible d'esprit pour comprendre qu'il v a des époques où il est utile d'avoir des ennemis, cet homme sc créait un besoin de popularité. Il était tourmenté de l'amour du bruit; il avait soif des louanges et des applaudissements de la foule. Pour les obtenir il aurait vendu sa couronne. Les Protestants lui persuadèrent qu'il serait glorieux, à lui Electeur palatin, de se mettre au service d'une idée révolutionnaire ; la popularité lui était promise à ce prix : presque toujours, n'estee pas par le mensonge ou par l'erreur qu'elle arrive? Frédéric se luissa gagner. De Catholique il se fit Luthérien, de Luthérien il devint Calviniste ; puis, après avoir passé par toutes les phases de l’hérésie, il s'avoua que son individualité devait être un principe. Ce principe se résumait en une réforme mal définie, plus mal comprise, mais qui, avant tout, qui, par-dessus tout, était la glorification de sa personne et l’abaissement du pouvoir de Rome.
La nouvelle Diète d'Augsbourg offrait à ce caractère toujours versatile dans sa foi, mais permanent dans ses vanités, une occasion de parler et d'écrire; il la saisit. Les politiques qui intriguaient sous son égide lui avaient démontré qu'il était éloquent et qu'un mot tombé de sa bouche ou de sa plume pro-
duirait un effet irrésistible. La conciliation universelle ne dé-
penduit que d'un de ses gestes; elle allait s’opérer par un de ses regards. Tant d’adulations intéressées séduisirent Frédéric ; et Jui, souverain, il accepta, il publia, sous la garantie de son nom, un pamphlet contre l'autorité des rois et contre l’infuillibilité de l'Eglise.
Canisius fut désigné par l'Empereur et par les princes allemands pour répondre à cet ouvrage. L'homme de vanité avait voulu tout briser afin d'élever un autel à son amour-propre ; l'homme d'humilité reconstruisit tout pour écraser ses sophismes.
La Diète d’Augsbourg était convoquée dans le but de fournir à l'Empereur les moyens de préserver les frontières de l'Allemagne de l'invasion mahométsne. Espérant se coneilier les deux partis belligérants, Maximilien avait désiré de garder une neutralité coupable; il les ménageait tous. Ces ménagements les éloignaient encore davantage. La paix de Passau, conclue
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en Lo entre Charles-Quint et les Protestants, les clauses mal interprétées de ce traité, rendaient la position bien difficile, Les esprits s’agitaient dans la confusion, lorsque le cardinal-légat et les Jésuites orateurs du Saint-Siége prennent la résolution de sauver le pays sans compromettre les intérêts confiés à leur prudence. Par le fait seul de l'ostentation de Frédéric, les Protestants se compromettaient; ils s'étaient d’abord montrés d'une telle exigence qu'il devenait impossible de leur accorder même ce qui paraîtrait juste. Les hérétiques prévoyants faisaient inutilement aux autres ce calcul. Le cardinal Commendon et Canisius avaient lu au fond de la pensée des sectaires ; ils offrirent à la Diète un atermoiement, qui, en laissant les choses religieuses dans l’état où elles se trnuvaient avant le Colloque d'Augsbourg, permettrait à chaque prince de prendre en considération les dangers de l'Allemagne. Canisius, Natal et Ledesma jouissaient de la confiance la plus illimitée des Electeurs de Trèves, de Mayence, et du duc de Ravière; ils agirent auprés d’eux de telle façon que ces trois princes furent les premiers à appuyer l’idée de pacification intérieure que les Jésuites suggéraient. On ajourna les discussions religieuses à des temps plus favorables, et les Electeurs de l'Empire accordérent à Maximilien les subsides dont il avait besoin.
Le Souverain-Pontife ne devait rien à l'Emperew ; mais les irrésolufions de ce prince n'avaient pas échappé à Canisius. Le Jésuite conseilla au légat d'offrir au nom du Pape cinquante mille écus d’or pour la guerre ; Commendon agréa le conseil. Au lieu de promettre cette somme, il la donna sur-le-champ, car il n'ignorait point qu'aucun sacrifice ne coûterait à Pie V pour préserver l'Occident de la fureur des barbares d'Orient.
Natal, Canisius et Ledesma venaient de combattre en faveur de l'Eglise : ils se dispersérent afin de chercher d’autres adversaires. De nouveaux Collèges furent fondés à Olmutz, en Moravie, à Wursbourg et à Wilna. Là, selon la parole du peuple, les Jésuites, qui ne suivaient pas l'exemple des Pharisiens, enseignaient ce qu'ils faisaient et faisaient ce qu’ils enseignaient. À Prague, à Vienne, leur succès était le même. Canisius ramenait à la Religion catholiqne le comte Ulrie de Helfestein et
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