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ses yassaux entraînés dans l’hérésie; à Prague, le baron Joachim de Kolowrat rentrait dans le giron de l'Eglise. beaucoup de Luthériens suivaient cet exemple, d'autres envoyaient leurs enfants étudier dans les maisons de la Compagnie. Pour les noyateurs, cette confiance accordée aux Jésuites était un acheminement vers les doctrines d'unité. L'hérésie essaya de perdre les Pères dans l'esprit de Maximilien ; on les accusa d'exciter une sédition contre lui.
Ce fut alors que Canisius, de retour à Dillingen de sa pérégrination apostolique, rencontra au Collige des Jésuites une consolation inattendue. Persécuté par son frère aîné, qui s'opposait à ses penchants religieux, un jeune gentilhomme polonais sallicitait Ja grâce d'être recu dans Ja Compagnie. Stanislas de Kotska avait seize ans à peine, et, pour réaliser son pieux désir, il venait d'entrevrendre à pied un voyage aussi long que pénible. La vocation de Stanislas était marquée par des signes sj visibles que Canisius ne balança point à le recommander au Général, Le jeune Polonais arrive à Rome, il est reçu au noviciat de Saint-André; mais l'ange devait bientôt remonter au ciel sa patrie ; Stanislas de Kotska mourut le jour de l'Assomp-. tion de Ja Vierge ( 15 août 1568 ),
Les Jésuites d'Allemagne gagnajent un hienheureux au ciel; par l'apostasie du Père Adam Heller, la Société de Jésus et et l'Eglise se voyaient délivrées d’un hemme dont le caractère instable les compromettait. Heller, recteur dy Collége de Prague et secrètement lié au Protestantisme, devenait un sujet de soupcon et de sgandale pour ses frères, lorsque tout-à-coup il trahit son Ordre, ses vœux et le sacerdoce. Heller ne se contente pas de se faire hérétique, il se marie, il est reçu ministre luthérien.
La peste sévissait alors dans le Collége de Prague ; l’Archevèque, le vice-roi, le chancelier, les provinciaux des Dominicains et des Franciscains, portaient aux Jésuites les secours de Ia charité et de la fraternité cléricale.
Dans ce dévouement de tous, Adam Heller seul cède à la peur. Le lâche abdique ses titres en face du danger que des princes et des rivaux de Ja Compagnie de Jésus affrontaient avec tant de généreuse hardiesse, Il va mendier un asile chez
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Ces événements se passaient en 1569. La même année Pie V ordonne à Canisius de répondre aux Centuries d'Illiricus et des autres ministres de Magdebourg. Les Centuries 1 étaient de gigantesques pamphlets historiques dans le goût du siècle, nourris de science et d’âcreté, et cachant la calomnie contre l'Eglise sous le sel d'une mordante satire. C’est la dialectique de Pascal unie à l'esprit sarcastique et à la mauvaise foi de Voltaire. Le libelle in-folio, tour à tour profond et moqueur, ne respectait rien et prenait à tâche de saper tous les principes. Il frondait la puissance du Saint-Siège, il attaquait celle des monarques, il dénaturait les faits pour les arranger au gré de ses haines, il ravivait les fables des premiers persécuteurs du Christianisme, il en inventait de nouvelles, et, appelant les hommes à l'indépendance, il jetait dans les âmes d’éternels ferments de révolte.
Le Pape Pie V savait qu'il n’y a pas de meilleur remède contre la publicité que la publicité elle-même ; il résolut de réparer par la plume le mal que la plume enfantait. Un écrivain concis dans son audace et versé dans la polémique était néces-
* Mathias Flach Francowitz, théologien protestant, plus connu sous le nom de Flaccus Iliyricus, parce qu'il était né en Jliyrie, a été le principal collaborateur de l'histoire qui prit le titre de Centuries de Megdebourg ou d’Illyricu:,
Les trois premières Centuries parurent en 1539 On les réimprima avec des additions en 4562. Les autres Centuries parurent successivement jusqu’en 4574 que fut publice la treizième et dernière, se terminant à l’an 4300, parce qu’ainsi que le titre l'indique, chaque centurie embrassait un siècle, L'édition la plus complète est celle de Räle, de 1644.
Les Centuriateurs de Magdebourg, dans cet énorme pamphlet sur l’histoire de l'Église, prirent à partie le Catholicisme et s’acharnèrent à présenter tous les faits saus le jour le plus favorable aux Protestants,
Les principaux collaborateurs d’Illyricus, qui coordonna le travail, sont Jean Wigaud, Matthieu Judex, Basile Faber, André Corvin, Thomas Holzhuter, Marc Wagner et d’autres théoloÿiens de l'École d’léna. Le cardinal Baronius continua la tâche du Jésuite, et opposa aux Centuries les Annales ecclésiastiques en 12 volumes in-foliv. Le premier parut à Rome en 1588, et l'ouvrage valut à son auteur le titre de Père des Annales ecclésiastiques.
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