‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 12 sur 64 · ER · texte numérisé non relu

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40 CHAV, 1 — HISTOIRE

saire à ses projets, Canisins avait le fwdean spirituel de l'Allemagne; le Souverain-Pontife prie François de Borgia de décharger le Père de tout autre soin, et de lui enjoindre de de s'occuper spécialement de l’œuvre dont la cour romaine sentait l'urgence. Canisius répond à l'ordre de son Général : « Quelque indigne que je sois de l'honneur que Sa Sainteté m'a fait en songeant à moi pour un si grand dessein, j'espère trouver dans l'obéissance, dans les prières de mes Frères et surtout dans ln bénédiction de Sa Sainteté la force de suppléer à mon insuflisance. »

Il entreprit la réfutation des erreurs accumulées dans les Centuries; mais il est bien difficile à un homme grave de répliquer à des attaques qui, dans la même page, procédent par le raisonnement et par l'ironie, et qui, sans se préoceuper de la vérité des faits on de la logique des démonstrations, s'acharnent sur leur victime avec toute sorte d'armes, Un de ces brûlats littéraires, qu'à des temps donnés là malice humaine lance dans le monde, et qui, pär son originalité caustique ou par la disposition des esprits, opère une révolution, à rarement trouvé un jouteur assez habile pour lutter avec lui de verve et d'énergie. Le mensonge a plus de prise sur les cœurs que la vérité, et, an point de vue du succès, c’est toujours une tâche ingrate que de. répliquer par la logique ou par l'histoire à des sarcasmes dont le peuple a envenimé les sanglantes morsures. Canisius n'était pas assez homme pour comprendre cette tactique, qu’au temps des Provinciales les Jésuites ne comprendront pas davantage ; mais il répondit avec dignité à ces Centuries qui, comme le Protée de la Fable, empruntaient toutes les formes pour saisir toutes les intelligences.

Au milieu des travaux auxquels le condamnait ce vaste ouvrage, intitulé : Des altérations de la parole de Dieu’, Canisius voit en 1569, les archiduchesses Madeleine et Hélène, filles de l’enpereur Ferdinand, fonder un Collége de Jésuites à Hall, dans le Tyrol. Le Pape et Borgia l'ont dispensé de tout ministère sacré, mais le Père ne peut modérer son ardeur. Les Evêques d’Alle-

1 Commentariorum de divini F'erbi corruptelis libri duo, publié à Ingolstadt

en L5N3; 2 vol. in-fol.

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