‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 13 sur 338 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

sûreté, mémo à Ravcnne; ù Ronce le sénat et le peuple effrayés de l’éloignement d’Aétius tremblaient. Ils furent sauvés par une intervention toute nouvelle, celle de l’Église, seule puissante dans la déchéance de toutes les institutions civiles de l’empire.

Les premiers personnages du sénat et l’évêque de Rome, Léon Ier, avaient été chargés d’apaiser le barbare. Rome, au milieu des ruines mêmes qui se faisaient chaque jour, commençait à se transformer. Des vieux monuments du culte païen tombé on élevait déjà Saint-Paul hors des murs, après Saint-Pierre du Vatican et Saint-Jean de Latran; et, près des sanctuaires de ce culte nouveau, les riches et les puissants se faisaient bâtir leurs mausolées. L’évêque de cette nouvelle Rome, Léon I"r, par ses qualités personnelles autant que par la dignité de son siège, jouissait alors d’un grand crédit en Occident; déjà, comme archidiacre de l’Église romaine, il avait été chargé par l’empereur de terminer une querelle survenue en Gaule entre le patrice Aétius et le préfet du prétoire Albinus. Au moment où l’autorité politique de l’empire allait s’amoindrissant tous les jours, il avait soutenu, étendu dans plusieurs occasions, l’autorité spirituelle du siège de Rome. Il avait transporté, par exemple, d’Arles à Vienne la dignité métropolitaine, et obtenu, à ce sujet, un rescrit de l’empereur Valentinien qui engageait l’Église, dans l’intérêt de la paix, à reconnaître son chef universel. Tune enim demum Ecclesiarum pax nbique servabitur, si rectorem suum agnoscal universitas. En 451 le concile de Ghalcédoine reconnaissait implicitement la suprématie de l’évêque de Rome au-dessus de toutes les Eglises. L’autorité des pontifes romains semblait croître en proportion de la décadence du pouvoir des empereurs romains. Rome pouvait presque dire déjà, avec Prosper d’Aquitaine, que « ce qu’elle ne possédait plus par les armes, elle le retenait déjà par la religion. Sedes Roma Pétri, quid quid non possidet armis Relligione tenet. »

Le moment était favorable pour agir sur l’imagination d’Attila. Le climat meurtrier de l’Italie commençait à

décimer les Huns. Aétius approchait à la tête d’un renfort envoyé par l’empereur d’Orient, Marcien. Frappé do l’aspect vénérable du souverain pontife des chrétiens, déjà respecté de tous; effrayé par le souvenir d’Alaric, qui n’avait pas survécu longtemps au sac de la ville éter nelle, et peut-être par l’approche d’une armée venue do l’Orient, Attila se laissa désarmer par la promesse d’un tribut et se retira au delà du Danube où il mourut bientôt. L’Italie, dans la faiblesse de l’empire, fut pour la première fois redevable de son salut peut-être à la papauté (452). Elle la sauvadu barbare qui effrayait la barbarie même.

Valentinien III crut alors pouvoir faire le maître. Les empereurs voyaient bien que leurs chefs de la milice ne sauvaient l’empire que pour le garder. Aétius, par ses mercenaires dévoués et ses relations avec les barbares, effrayait Valentinien comme autrefois Stilicon avait effrayé Honorius. Importuné par les demandes du sauveur de la Gaule, qui voulait pour son fils, Gaudentius, une fille de l’empereur, Valentinien III, cette femmelette insensée (semi-vir amens), tua Aétius de sa propre main et précipita les dernières convulsions où s’éteignit l’empire.

On vit alors comment l’empereur et le sénat entendaient le gouvernement et la défense de l’Italie. Valentinien, tout à ses criminels plaisirs, attire dans un piège, pour la déshonorer, l’épouse du plus illustre des sénateurs, Maxime. Celui-ci, oubliant la patrie pour venger sa femme, morte de honte, assassine l’empereur, prend violemment son trône et sa veuve Eudoxie, qui met le comble à cette suite de crimes et de vengeances, en appelant contre son nouvel époux le barbare Genséric et en lui livrant Rome (4551. En présence du Vandale débarqué à Ostie, le peuple romain n’a que le courage de tuer, au milieu d’une émeute, son nouvel empereur Maxime. Saint Léon ne peut arrêter l’arien Genséric aussi facilement que le roi des Huns, barbare qui n’adorait quo son épée. On promet seulement aux habitants la vie sauve. Rome est encore (455) livrée au sac et au pillage, cette fois, pendant quatorze jours et quatorze nuits. Les églises

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