‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 211 sur 338 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

tion de l’Italie, l’empereur d’Allemagne et le roi de France, las de se battre comme sur un cadavre, terminèrent de ce côté leur différend aux dépens de la péninsule. Ils sacrifièrent ce qui ne leur appartenait pas, et détruisirent d’un commun accord la forteresse et les remparts de la place de Casale , principal objet du litige, et l’une des meilleures places fortes du pays (1695). C’était, après Mantoue, la seconde ville qui tombait dans ces agitations stériles.

La paix suivit de près ces misères de la fin du dix-septième siècle. Le duc de Savoie signa, en 1696, avec Louis XIV, un accommodement particulier, que le traité de Riswick, signé l’année suivante entre toutes les puissances, convertit en une pacification générale. Le roi de France rendit au duc de Savoie ses États à peu près intacts, et choisit sa fille aînée pour son petit-fils, le duc de Bourgogne; l’empereur retira ses troupes après avoir, il est vrai, fait payer leur retraite comme leur arrivée. La guerre de Venise et des Turcs se termina aussi, en 1699, et assez heureusement pour la république, qui répara en partie la perte de Candie par des acquisitions en Morée. Le siècle parut se clore pacifiquement. Le pape Innocent XII, avant de descendre avec lui dans la tombe, eut la consolation de célébrer un jubilé de concorde et de conciliation. Paix bien mensongère cependant pour la malheureuse Italie! Elle était à la veille de la mort du roi d’Espagne, qui ouvrait la vaste succession de Charles-Quint, et qui livrait ses plus belles provinces comme un legs à d’avides compétiteurs, comme pour autoriser encore une fois Montesquieu à l’appeler le « caravansérail » des ambitions étrangères

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