‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 284 sur 338 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

par le serment de se défendre à toute extrémité. Au milieu du siège de Rome, le fort de Malghera, après avoir subi un bombardement d’un mois, avait été abandonné. « On ne peut se faire une idée, dit la Gazette d’Augsbourg , de l’état auquel le fort était réduit; c’était un monceau de ruines; aucune troupe au monde n’aurait prolongé plus longtemps la résistance. » Des deux plus vaillants défenseurs de la lagune, Ulloa et Rosaroll, le dernier fut emporté d’un boulet de canon au fort Brondolo, le 28 juin. Après la chute de Rome, l’Italie devait perdre tout espoir. Venise résista encore. Le 7 juillet, Pepe fit chasser l’ennemi d’un pont de la Brenta, et quelques jours après ordonna une sortie hors de Brondolo pour ramasser des vivres. Mais le nombre des soldats réguliers et des volontaires italiens diminuait chaque jours; on était obligé de mobiliser la garde civique. Sur la fin de juillet, les tranchées furent poussées tout près de la ville, et les boulets commencèrent à atteindre la place Saint-Marc; on abandonna la partie de la ville la plus exposée. Mais bientôt le choléra se déclara dans les quartiers où la .population s’était entassée; le 8 août l’Assemblée fit savoir à Pepe qu’il n’y avait plus de pain et de poudre que pour quinze jours. Celui-ci prolongea encore la défense jusqu’à ce qu’on obtînt une capitulation honorable. Le 25 enfin, après avoir assuré le départ des débris des milices, il s’embarqua lui-même avec le gouvernement révolutionnaire et l’état-major; et, le 28 août, Venise, après avoir agi comme aux jours de sa puissance et de sa gloire, vit de nouveau le drapeau autrichien flotter sur la place Saint-Marc.

Page 1