‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 283 sur 338 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

rieux commença le 14, et la municipalité capitula le 16; Rome était maintenant découverte et menacée par quatre armées. Le 25 mai les Autrichiens étaient devant Ancône; le 26 les Espagnols, commandés par Fernando de Cordoba, débarquaient à Gaëte et recevaient la bénédiction du pontife ; enfin les Français occupaient le Monte Mario, en face de Porta Angelica.

Mais la France, dont l’armée s’était depuis peu montée à plus de vingt-cinq mille hommes, se réservait l’entrée dans Rome. Les trois autres puissances catholiques en étaient prévenues, le moment décisif approchait; la France, quelles que fussent ses sympathies, ne pouvait rester simple spectatrice de l’événement. Le 29 mai l’envoyé extraordinaire, de Lesseps, était parvenu à obtenir du triumvirat romain une convention par laquelle « l’appui de la France était assuré aux populations romaines, et l’occupation du territoire consentie. » Mais le général Oudinot refusa la convention, exigea que le gouvernement romain « réclamât la protection des armes françaises », et, en cas de refus, annonça la reprise des hostilités « contre la place » pour le 4 juin. Il y avait maintenant accord dans les pouvoirs en France; la nouvelle Assemblée législative, qui venait de prendre la place de la constituante, voulait, avec Louis- Napoléon Ronaparte, l’entrée dans Rome. Le siège recommença.

Déjà le 3, dès le matin, en dehors de la ville, le général Sauvan s’était emparé de Ponte Molle, au sud de Rome, pour s’assurer le passage sur la rive gauche, et le général Mollière, des villas Corsini et Panfili. Le lendemain, l’armée française entama les parallèles devant le mur qui court sur le Janicule. Les travaux, très-habilement dirigés par le général Vaillant, furent achevés le 12, et le bombardement commença, mais dirigé principalement sur les fortifications. La France voulait témoigner de son respect pour la ville éternelle. On put compter les projectiles qui s’égarèrent par malheur sur quelques monuments. Cependant l’assemblée romaine resta en permanence. Le triumvirat multiplia les mesures d’enthousiasme, et les Romains, les

actes de courage contre la science stratégique et la valeur de l’armée française. Le 21 trois brèches furent ouvertes; les Français et les Romains se rencontrèrent en face. Enfin le 29, un combat décisif eut lieu. C’était le jour de Saint-Pierre : l’action dura jusqu’à la nuit. Le gouvernement romain fit allumer, comme à l’ordinaire, cette magnifique girandole de lumières qui n’éclaire habituellement qu’une fête. Elle illumina cette fois une défaite. Les Romains, après une longue résistance, cédèrent à la valeur française deux bastions et la partie du Janicule enfermée dans la ville, pour se retirer sur Montorio derrière de nouvelles fortifications. Du Janicule le bombardement pouvait être terrible pour la ville; les batteries ne furent dirrigées que sur Montorio et sur les combattants. Là encore la résistance ne pouvait être longue : Garibaldi et les siens voulaient abandonner Transtévère et se borner à défendre le reste de la ville. Mais ils apprirent bientôt qu’un mouvement insurrectionnel tenté pour changer le gouvernement français avait échoué à Paris (13 juin), et qu’Ancône était prise ; ils se convainquirent que tout était fini. Garibaldi sortit pendant la nuit du 1er au 2 juillet avec sept mille hommes; le triumvirat donna sa démission et la municipalité alla régler avec Oudinot l’entrée pacifique des vainqueurs. Pendant que l’armée française entrait dans Rome le 2, l’assemblée discutait les derniers articles de la constitution, qu’elle proclama le lendemain 3, du haut du Capitole. Mais le 4, au soir, un bataillon français vint occuper les abords de l’assemblée, pénétra dans l’enceinte, et en fit sortir les députés, malgré une protestation qui fut remise entre les mains du colonel.

La chute de Venise fut le dernier acte de la révolution et de la guerre d’indépendance. Depuis dix-sept mois, l’héroïque cité sous les ordres de Manin et de Pepe déployait le plus grand courage et s’imposait toutes les privations. Elle défendait pied à pied les canaux, les îles et les forts de la lagune. Les Autrichiens n’avançaient que tranchée par tranchée. Après la bataille de Novare, Manin, devenu dictateur, avait répondu à la lettre de Haynau

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