‹ Histoire résumée d'ItalieChapitre 315 sur 338 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

sans immixtion du gouvernement, et l’administration à Home des académies, séminaires, universités et collèges d’instruction ecclésiastique. Dans la seconde partie, l’Etat renonçait à tout droit à la disposition des fonctions ecclésiastiques, à la formalité de Yexequatur et du placet regium, vis-à-vis des publications de l’autorité ecclésiastique, à l’exigence du serment des évêques nommés par le pape; et, en revanche, il refusait de prêter son bras aux jugements ecclésiastiques, nuis dans leurs effets, quand ils étaient en contradiction avec les lois de l’État. C’était à peu près l’Église libre dans l’État libre. Le pape repoussa la loi comme une atteinte à ses droits, une convention faite sans sa participation ; elle n’en eut pas moins son plein effet dans le royaume.

Dans le courant de l’année, à quelques jours de distance, Rome était témoin de deux faits dont le contraste était bien caractéristique. Le 16 juin, on célébrait à Saint- Pierre la fête du jubilé pontifical, c’est-à-dire la vingt-cinquième année de son pontificat. C’était le premier exemple d’un si long règne depuis l’apôtre-pape. Pie IX n’assistait ♦ pas à la fête, mais il recevait au Vatican avec les ambassadeurs de tous les princes catholiques des députations de presque toute la terre. Le l«r juillet, les ministères s’étant déjà installés à Rome, Victor-Emmanuel y faisait son entrée solennelle, à la tête de 8000 hommes de troupes et prenait, au milieu de fêtes splendides, sa demeure au Quirinal. Le 27 novembre suivant, le premier parlement italien s’ouvrait dans la nouvelle capitale de l’Italie. « L’œuvre à laquelle nous avions consacré notre vie est achevée », dit dans ces deux circonstances, Victor-Emmanuel II, que tant de circonstances avaient bien servi, « L’Italie est rendue à Rome et Rome à l’Italie. Leurs destinées sont maintenant inséparables. » La même année on inaugurait la première voie ferrée entre la France et l’Italie, grâce au percement du mont Cenis, à travers ces Alpes que les Français avaientfranchies douze années auparavant pour délivrer la péninsule; et l’on disait à Turin, à l’occasion de cette solennité qui paraissait compléter tous les bonheurs de l’Italie : « Il n’y a plus d’Alpes».

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