LIVRE III
apportaient leurs images comme des dieux pénates, en même temps qu’il éleva des cloîtres et des églises, comme Saint-Chrysogone et Saint-André, pour les recevoir; à l’école des Grecs fugitifs, la peinture et la mosaïque italiennes commencent à protester elles-mêmes au moins contre l’iconoclastie. L’art consacre Rome comme capitale de l’Église latine.
Le successeur de Grégoire III (741), Zacharie, Grec de naissance, lit beaucoup plus par sa prudence et sa politique, pour l’avenir du saint-siège. Il obtient de Luitprand la paix et même la restitution des terres qui avaient été prises à son Église. A son instigation, le clergé lombard, après la mort de Luitprand (744), éloigne du trône Hildebrand, dont les antécédents ne promettaient point la paix, et fait élire à sa place Ratchis, duc de Frioul, guerrier pieux et docile à la voix des prêtres. Enfin, en décidant d’un mot au delà des Alpes l’élévation au trône des Francs du fils de Charles Martel, Pépin, en le faisant sacrer roi de la main de Boniface, Zacharie trouve le moyen d’intéresser à sa cause la première puissance politique de l’Occident et assure pour les mauvais jours une protection au saint-siège. Grand service! si ses successeurs étaient assez forts et assez habiles pour ne pas le payer de leur indépendance et de celle de l’Italie! Ne fallait-il en effet secouer le joug byzantin, et se soustraire à la domination lombarde, que pour tomber avec la péninsule sous une troisième puissance?