RÉSUMÉE
D’ITALIE
Déchéance politique de l’Italie, du sénat et de Rome, à la fln du quatrième siècle. — Organisation savante et décadence. — Affaissement des caractères; ruine du sentiment patriotique, de la littérature et arts. — L’armée, l’Église, la papauté.
Déchéance politique de l’Italie, dn sénat et de Bonic.
L’Italie, à la fois «la mère et la fille des nations, omnium terramim alumna eadem et parens », avait, sous l’impulsion de Rome, accompli sa tâche dans l’histoire de la civilisation ancienne. Située au milieu de la Méditer-
1. Voy., pour les histoires générales de l’Italie : Denina, Révolutions d'Ilalie; Léo et Botta, Histoire d’Italie depuis les premiers temps jusqu'à nos jours; Sismondi, Républiques italiennes ; les collections de JJuratori, Fantuzzi, etc.; Balbo, Sommario délia storia d'Italia, et les Histoires italiennes de Lafarina et Farini. Pour ce chapitre particulièrement : Savigny, Histoire du droit romain, et Karl Hegel, Slcedleverfassung von Italien. Consultez pour la constitution de l’empire, sous Dioclétien et Constantin, la Notitia dignitatum utriusque Imperii; Zeller, les Empereurs romains, caractères et portraits, et les Entretiens sur l’antiquité et le moyen âge, chez Perrin, Librairie acadénuque. hist. d’italie. 1
INTRODUCTION
ranée, au centre du Monde antique, elle avait réuni les États les plus éloignés, associé les peuples d’origine et de langue les plus diverses, révélé l’humanité à l’homme «/mmanitatem homini », et fait de toutes les nations de l’Univers une seule et même patrie, una cunctarum gentium in toto orbe palria' . Tout ce qui était en dehors de Rome, de la Romanilé, était barbare. Tous les dieux, tous les rits les plus divers étaient venus se confondre dans son Panthéon, toutes les règles de l’équité humaine s’harmoniser dans son code, toutes les cités s’organiser sur le mode de sa grande cité. Rome, qui était, on peut presque le dire, la seule ville de l’Italie, Urbs Roma , vel sola in ea, noble tête placée sur ces épaules bénies, digna tam festa cervicc faciès , avait accompli cette grande œuvre. Car l’Italie alors, c’était Rome. Mais, à l’époque où ce livre commence, cette prestigieuse période de l’histoire de la péninsule était terminée et d’autres destinées, non moins tragiques et quelquefois non moins grandes, attendaient l’une et l’autre.
A la fin du quatrième siècle de l’ère chrétienne en effet, à cette époque de crise où l’antiquité finit et où le monde moderne commence, les vices qui minaient la société antique, l’empire romain au dedans, les dangers qui l’entouraient au dehors, avaient un caractère plus menaçant, à Rome et dans l’Italie, que dans les autres provinces. Ce peuple romain qui avait, sous la république et sous l’empire, dompté et gouverné tant de nations, était tombé, à la mort du grand Théodose, en 395, dans un abâtardissement presque complet ; et l’Italie , après avoir versé sa robuste population, de l’Atlas au Rhin et au Danube, du Tigre et de l’Euphrate à l’océan Atlantique, maintenant amollie et dépeuplée, attendait avec effroi l’invasion des barbares qu’elle avait longtemps contenue , mais qui débordait maintenant, et l’irruption d’autant de peuples divers qu’autrefois elle en avait dompté.
Depuis plusieurs siècles tout annonçait cette déchéance.