LIVRE V
par Charlemagne; de leur part, les Romains promirent de ne point élire le pape sans la présence des envoyés de l’Empereur et de recevoir dans leurs murs les représentants de son pouvoir. Le premier usage que fit Otton de son autorité fut de demander la nomination de ses créatures aux premiers sièges épiscopaux de l’Allemagne, et de se faire donner la dîme des pays slaves et païens à convertir.
L’alliance tentée par Charlemagne entre le saint-siège et l’Empire fut ainsi renouvelée après plus d’un siècle et demi, mais dans des conditions sensiblement changées. Encore une fois l’Église transmit à un roi du Nord les droits de l’empire romain, et le nouvel Empereur garantit au saint-siège son pouvoir temporel sur Rome et sa domination spirituelle sur l’Occident. Gela pouvait être un bien pour la papauté. L’Orient en effet, profitant de son abaissement, venait de commencer à se détacher d’elle à la suite de l’affaire de Photius; Rome ne lui obéissait plus; encore un peu de honte, et l’Occident lui échappait peut-être. Mais, au lieu d’une alliance, comme sous Charlemagne, la papauté n’allait-elle pas trouver une servitude, et, elle-même, l’Italie ne tombait-elle pas sous une nouvelle domination étrangère bien plus redoutable?