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Histoire révolutionnaire contemporaine

Ces courtes pages, placées en tète de I'Histoire révolutionnaire contemporaine, ont pour but de mettre en lumière les moyens factices, à l'aide desquels les révolutions s'opèrent généralement en France, et d'indiquer particulièrement les causes qui ont produit celle dans laquelle, depuis trois années, se débat si douloureusement notre pays.

Ce ne serait pas, en effet, comprendre le coup de main du 4 septembre, que de l'isoler des faits de même origine, de même nature et de même forme, qui, depuis un peu plus de quatrevingts ans, ont bouleversé périodiquement la France.

Comme les journées du 14 juillet, du 5 et du 6 octobre 1789, du 10 août 1792, du 31 mai 1793, du 30 juillet 1830, la journée du 4 septembre a été un orage dévastateur formé artificiellement dans Paris, avec les éléments révolutionnaires accumulés dans cette grande ville, et qui, parti de ce foyer, s'est répandu sur la France, y bouleversant les intérêts, y méconnaissant les droits, y tyrannisant les volontés.

Trois caractères, également constatés par l'histoire, se réunissent pour marquer invariablement du même sceau la préparation, l'accomplissement et l'exploitation de ces journées sinistres,

11 THÉORIE UliS RÉ\ OLUTIONS

qui prennent le lendemain le nom de révolutions. Loin d'être l'explosion de lu pensée nationale, elles ne sont même presque jamais ni l'expression ni l'œuvre des véritables citoyens de Paris; elles ont pour mobile, non un élan spontané et sérieux du sentiment public, mais une vulgaire poursuite du pouvoir et des places. Connues par une poiguéo d'ambitieux, exécutées par une tourbe dans laquelle dominent les déclassés et les étrangers, elles usurpent d'abord l'autorité morale de Paris, pour imposer ensuite à la France de nouveaux maîtres.

Ainsi, toutes les révolutions qui ont éclaté en France, depuis le 14 juillet 1789 jusqu'au 4 septembre 1870 inclusivement, ont été, sans exception, préparées et exécutées à Paris môme, sans la participation morale ou matérielle des vrais et notables Parisiens, et toutes, œuvre factice des factions, ont laissé, dans les comptes publics de la ville de Paris ou de l'État, le témoignage chiffré du sentiment qui les avait inspirées et dirigées.

11 est donc nécessaire, pour l'intelligence du coup de main du 4 septembre, d'étudier et d'exposer rapidement les procédés matériels, toujours les mêmes, qui ont servi à la préparation et à l'exécution de ces grandes journées de Paris, qu'on appelle ensuite et qui deviennent les révolutions de la France.

Lorsque les états généraux furent réunis à Versailles, en niai 1789, les maximes générales de droit public qui portent, dans notre histoire, le nom de priftéïpeS de 89, avaient, toutes sans exception, été proclamées, depuis près de deux années par le roi Louis XVI; et, chose généralement inconnue, quoique si réeeme. l'opinion publique, les parlements et les états provinciaux avaient repoussé ces principes et combattu leur établissement, comme contraires aux traditions et aux lois de la monarchie franc aise.

Ainsi, le 22 février 1787, di\ erses ordonnances avaient prononcé : l'égalité absolue de l'impôt territorial, — l'adoucissement de la corvée, — la diminution des impôts indirects, — le dégre\ ciueui de l'impôt du sel, — la liberté du commerce îles graine, — la suppression des douanes intérieures, — fo ere.'tion de- (on commune, du district et de la pro\ince, a\e« 1 élection pont '1' ta nomination des conseillers

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