‹ Histoire révolutionnaire contemporaineChapitre 44 sur 92 · de Kératry, p · texte numérisé non relu

de Kératry, p

f Pendant six semaines, j'ai du suffire à la police de la capitale avec soixai te-dix agents de sûreté et moins de trois cents sergents de ville que j'avais baptisés du nom de gardiens de la paix. 0.». a blâmé leur nouveau nom et leur costume inutfensif. Les laisser armés dans Paris, c'était les exposer à une mort certaine tant était grande la fureur, méritée vis-à-vis de certains, imméritée vis-à-vte de la majorit\ que ressentait la population parisie ne à 'eur égard. Plusieurs avaient failli être égorgés chez eux \ ar les agents des clubs, h s 5, 6 et 7 septembre ; leurs mai.- ors étaient pillées et leurs femmes traquées; pour les sauver ei > n rtiêtae temps pour réserver à L'avenir une OTfcanisatioo de police municipale, dont, soit dittn passant, je n'ai jamais proposé la suppression, je résolus de les former eu un régiment de marche subdivisé en bïx bataillons : 32officiers de pais L5 inspecteurs principaux, 80 b.iigadiers, 529 sous-briga ai'erè i 644 argents de ville et 4Ô1 auxiliaires; tel était 1\ i-

feclif d nt je ne retins qu'une minime partie, indispensable à l'ordre public. J'eus le r -gret, aprè* avoir formé un magnifique régiment, composé de solides soldats, après avoir passé deax auits à leur remettre des chassepots et à les organiser dans l'Ecole milita re où je les avais réunis, après les avoir offerts au g'ouveraeur de Paùs, j'eus le regret de découvrir que, malgré l'invitation du générai Trochu, presque personne ne voulait utiliser leur service et leu'* dévoueme'...t. Je fus obligé de les conduire moi-même a a Point-du Jour, en costume de bourgeois, caries anciens costumes, abandonnés comme trop dangereux n'étaient pas encore remplacés. Je 1. s ai nieués hors des fortifications ; là, ils étaient exposés à la fois aux coups de fusil tirés des rempart-s par méprise ou rancune et aux projeciiles des Prussiens. L'amiral Chaillé, le premier, avait pris avec pi isir 1.500 gardiens de la paix et l'éloge qu'il e a fit dès L-spremiers jours ne contribua pas peu à leur faire recouvrer le droit de cité. Les services qu'ils ont rendus pendant le siège ont été éclatants et, certes, si cette force avait été désagrégée et désorganisée par mon incurie, si cîs b itaillons n'avaient p js été formés, vous ne les au iez pas eus eatre Clamarc et Meudon pour parât les premiers coups dd la Commune après le 18 mars, et aujoird'hui vous n'auriez plus de police dans la capitale.

M. de Kératry, p. 661.

M. de Kératry se fait honneur d'avoir organisé militairement et d'avoir envoyé au feu les sergents de ville; mais il ne rappelle pas la circulaire suivante qu'il a adressée à tous les commissaires de police, et qui prouve que l'on traitait les sergents de ville bien autrement que les émeutiers de Belleville. Ceux-ci n'allaient jamais à l'ennemi, et gardaient leurs fusils pour dominer Paris; ceux-là étaient désarmés ignominieusement quand ils revenaient des avancées où. ils avaient bravement prodigué leur vie.

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