‹ Histoire romaine de m. B. G. NiebuhrChapitre 1 sur 14 · Histoire romaine de m. B. G. Niebuhr · texte numérisé non relu

Histoire romaine de m. B. G. Niebuhr

Nous donnons, avec le cinquième volume de THistoire romaine deNiebahr, la prefacç dont M. Glassen a fait prëoéder cette publication posthume. Il est inutile de reproduire ici les explications que donne cet habile élève d'un si grand maître.

Le sixième volume est déjà sous presse et paraîtra sous peu de mois^ Il renferme la partie la plus importante des conceptions de Niebuhr : nous citerons par exemple le cha<:

pitre sur la censure de Fabius et de Decius, celui sur Pyrrhus, celui sur la tactique romaine comparée à celle des Macédoniens; puis un fragment sur la première guerre punique.

Dans un dernier volume nous réunirons divers morceaux de critique philologique,

(vj) que Fauteur a publiés à diverses-époques sur des ptfiilts essentiels de THistoire romaine , par exemple la restitution d'un fragment de Dion Gassijis, découvert par M. Fabbé Mai, et fort heureusement expliqué par Niebuhr.

Nous y joindrons une analyse de ce que , depuis sa mort , on a imprimé de plus remar<quable sur les divers points quHl a traités, et nous donnerons, en entier, le chapitre fort ërudit du célèbre HuUmann, quant à la ré^ volution que subit l'organisation des centuries au cinquième siècle de Rome. Le système de ce savant, étant tout différent de celui de l^iebuhr, doit être connu : nous ne n^ligerons pas non plus les idées de Franck sur le même sujet. Enfin, le lecteur possédera un aperçu rapide, mais complet, de l'état actuel de la science en Allemagne.

Le volume sera terminé par une table al« phabétique des matières, résultat de la fusion des tables que Niebuhr avait pris soin de composer lui-même, * •

PRÉFACE DE M. CLASSEN.

Lorsque, pénétré d'un sentiment de mélancolie profonde, Niebuhr termina son second Tolniae^ il consigna dans sa mémorable pré&ce le Toen d'obtenir quelque repos, pour hâter enfin l'adieu yement du troisième. Quatre mois plus tard commença pour lui rétemël repos , et il kissafouTrage qui doit éterniser son nom, tel encoro que lui-^ même lavait dépeint dans cette pré&oe; «La pari> tie de ce volume comprise dans le^limites^ de l'an-* cienne édition du second, est écrite,'le reste s'étend jusqu'à la première guerre punique!, et n'attend plus que la dernière main. " Pom* les hommes de son intimité, pour ceux auxquels sa dernière volopté avait confié le soin de ses papiers, il ne restait donc plus qu'à remplir un pénible devoir, celui de conserver ce précieux legs dans toute sa pureté, et de le livrer aux contemporains et à la postérité comme le seul dédommagement possible à ui|a irréparable perte^ J'ai été chargé par ces

I Les tomet 01 el lY de la traductioii. '

(viij) personnes respectables de veiller à la publication de ce volume. Elles ont cru que je serais digne d'une aussi grande confiance, parce <jue pendant les quatre dernières années de sa vie j'avais eu Je bonli(3ur d'approcher avec amour et respect celui qui vient de s'endormir de l'ëternel somjn^il. LVttachement et la vénération pour la mémoire de Niebubr sont sans doute des titres } mais ja ne puis me dissimuler que, pour m'aoqfuitter de cette tâcbe avec' succès, il me faudrait encore d'autres qualités; et si je n'ai pas reculé defvant la responsadbilité de cette entreprise, c'est grâoe àla* bienveillante ccdlaboration de M. le pro|eswm?^^estên, qui a biai voulu parcourir avec mbi tout ce manuscrit; e'est grâce aux salu« tat^eiïcoiiragemâis de<M* le conseiller Savigny,. 3am l'avir duquel je n'ai voidu résoudre aucun dottte. Mais Im principes que je me sub tracas de concert avec ces deux illustres savans, ont plus que toute autr^ chose allégé le poids de ma resk ponsabilitd Être soigneux et fidèle, ne rien omet^ tre, teiles sont 1^ lois qui ont dirigé l'impressiour Il ne pouvait être question d'emploi ni de remanienient de simples matériaux. Qui eut osé eon« duire plus loin l'ouvrage commencé de la main de ÎXiebubr? — . Le devoir que nous avipi^ à remplir aux yeux de l'univers, était de réunir tous les débris de 3<m Histoire romaine, et d'en

fiure le dooiame commun de tous les lecteurs» eit les leur liTraut dans la forme la plus propre à conTaîncre tous ses amis, tous ses admirateurs, de lautlienticité de ces précieux restes. Loin de nous ces Taines tentations de polir cette ébauche pour lui donna: une apparence de perfectionnement; car on ne pouvait l'attendre que de la main de Tauteur, Je n'aurai donc point à rendre compte de l'exécution d'un travail; je ne dois que des renseignemens sur l'ensemble ^e ce livre , qui s'est formé d elémens de différentes natures.

Ce que nous offrons au Public dans ce trobième volume^ de l'Histoire romaine, comprend tout ce qui, dans les papiers de l'auteur, était susceptible de publication. C'^t partout le travail de Niebuhr, sorti de sa plume et rendu d'après son manuscrit aviec une consciencieuse fidélité. Mais c'est i'œuvre de trois périodes différentes de sa viej elles se présentent en ordre inverse de la marche des époques dont il a retracé l'histoire. La der« nière partie a été écrite le plus anciennement, et n a plus été remaniée. La première, qui était au^ trefois entrée dai^ la première édition du second volume, avait été revue et considérablement changée ei^lnéme temps que ce volume, et par con^uent peu avant la mort de l'auteur. Elle

1 Tomes V et VI de la traducUon.

comprend les neuf premiers chapitres de notre publication, jusqu'à la page 473 ^ Nous en avons £iit rimpression d'après un exemplaire de l'ancienne édition, qui avait été revu par Niebuhr avec un soin extraordinaire, et corrigé presque à chaque page. Quaùd les marges ne suffisaient pas à l'écriture des changemens, le texte était rédigé de nouveau sur des feuilles séparées. C'est ainsi que l'auteur avait procédé pour ses nouveUes éditions des' tomes I et U^. Nous dirions donc que cette première partie peut être regardée comme achevée, comme répondant entièrement aux intentions de l'auteiu*, s'il n'était à/peu près certain que, fidèle à ses habitudes, Niebuhr e&t fait de sa main une copie du tout, afin de rectifier encore, avant l'impression, les inadvertances légères et pom* en faire disparaître les inégalités. J'ai fait remarquer à la page 6a ^ un passage où cette révision eut été désirable. C'est dans ce sens qu'il faut entendre le mot esquissé (erU^ worfen)j dont se sert Niebuhr dans sa préfatce du second volume au sujet de ce débris de l'ancienne édition; il l'aurait encore revu et écrit de nouveau.

1 Page 206 de notre tome Y.

9 Nos quatre premiers.

3 Puge 75.

La dernière section de ce volume découle d'une source toute différente. Cest celle qui commence au chapitre intitulé : Première guerre punique. Elle surprendra tous ceuic qui se rappellent les paroles de la préjEace de Niebuhr : „ Le reste, qui va jusqu'à la première guerre punique, n'attend plus que la dernière main j ^ car dans cette expression il semblait avoir marqué le terme auquel étaient parvenus ses travaux. Sans contredit il l'entendait ainsi, et la partie de l'histoire qu'il a élaborée s'arrête où finit le chapitre intitulé : Histoire intérieure jusquà la première guerre punique. Si la Providence lui eut permis d'achever son ouvrage, il eût infailliblement composé de nouveau tout ce qui suit ce chapitre. Mais il s'est trouvé dans ses papiers un cahier écrit avec soin, lequel, conformément au but indiqué dans son introduction, était destiné à reprendre le cours qu'en 1811 Niebuhr avait donné à Berlin sur l'histoire romaine. Ce cahier contient, en une narration serrée , presque toute l'histoire raisonnée dans ce troisième volume, depuis la soumission du Latium jusqu'à la fin de la première guerre punique. Il n'y avait pas à s'occuper de sa publication , quant à ce qui concerne le temps pour lequel nous possédons une rédaction plus récente et plus détaillée; bien que de la comparaison de ces deux espèces de travail il résultât

que )e cahier a été souvent consulté pour écrire le volume. Mais là où cette histoire complète se tait, nous avons fait usage de ce cahier; car il n'y a plus d'espoir de jamais retrouver quelque chose de plus complet de la main de Niebuhr. Cependant c'est là que le lecteur ressent le plus vive^ ment le besoin d'être guidé par une main aussi sûre, et d'arriver avec ce puissant appui jusqu'à l'époque Ja plus belle et la plus animée de Thistoire de Rome. Nous n'avons donc point agi contre les intentions de Tauteur, en faisant usage, Autant que possible, des matériaux qui étaient k notre disposition, et nous avons cru devoir joindre à ce volume, dans un appendice visiblement distinct, l'ébauche de l'histoire qui suit immédiatement l'époque qu'il devait embrasser. Nous la présentons rapide et succincte comme l'avait écrite l'auteur. Nous donnons même ces

' fragmens dépourvus de suite, où le texte se résout en simples annotations (page 7:21). Quiconque ^connaît le génie et la touche de Niebuhr, les retrouvera jusque dans ce travail incomplet. Tout ce que nous puisons dans ce cahier primitif, est relatif à l'histoire extérieure. Dans le ma-*, nuscrit elle est suivie de l'ébauche des change-

^ mens que subit l'organisation des centuries quand elles furent réglées par tribus, innovation qu'autrefois Niebuhr plaçait après les frentencinq tri*

(xii)) bus^ et par conséquent après la première guerre punique (voyez pagie 4^4 )• ^ ^)^^ ^t mainta* nant traité à un autre endroit (page 374 jusqu'à 409) avec une profondeur qui ne laisse rien à désirer. ^

Cest à Bonn, pendant lliiver de 1824 à iSsS, peu après son retour d'Italie ^ que Niebuhr a écrit la plus grande partie du volume que noua donnons aujourd'hui, celle qui en est comme le corps et le noyau. Alors il n'avait pas encore conçu la résolution de remanier les deœt premiers, et il se livrait avec un bonheur que depuis il s'est toujours délicieusement rappelé, à l'esquisse de la période la plus vive, la plus animée de lliistoire de Rome t tçl était à ses yeux le ciU'*. quième siècle. Éloigné de sa bibliothèque, il n'a* vait que peu de livres ; mais il se confiait en là richesse de son savoir, en la claité de se» vues; en ia chaleur de ses sentimens. On reconnaît celle supériorité dans toute la partie de ce vo^ lume, à partir de la page 174 à la page 656''y c'est-à-dire, de l'an 416, selon la chronologie ùt^* din£^re, ju^qu^ 4^* Bans le manuscrit, qtûA se compose de dnquanie feuilleë, on reconimiii

1 Dans Je chapitre sur la censure de<Q. Fabius et deDecius*

(Noie du traducteur.\

2 Page 206 du tome Y jusqu'à Fendroit du tome VI où commence l'ébauche que rioûs devons- à son cahier.

liicilemmit cette unité, cette hoiHK^àiéité de premier jet. Jamais dans les sept années suivantes^ Nîebnhr n'a retQÙdbié à cette partie du travail; à la fin de sa vie seulement il en a £atit faire uiie copia

Destinée à continuer immédiatement les deux premiers volumes de la première édition, cette

' composition ramène souvent son auteur vers des objets qu'il j avait traités, et sur lesquels il avait conçu des vues nouvelles. Dans ses remaniemens des premiers volumes, INiebuIur a fait un usage constant de ces cliangemens^ et les a mis en har-r monie avec le reste. U fallait donc, pour publieir le ^troisième volume , éviter les répétitions Jon-» ffm et textuelles de ce que l'auteur avait fait entrer dans ses deux premiers, car il n'y a pas dé doute qu'il ne regardât ces divers points comme désormais épuisés. No^s ewia^ surtout l'occasion d'appliquer cette loi que notis Acniis étions faite, quand il s'agit d'étàUir une trapsi^ . tion entre le reste de l'ancien tome II S ^ 1^ ^uite

"de l'histoire, et nous en devons compte à nos lecteurs. Sw le nouveau maniiscrit^, on Ut pour titre : Histoire intérieure jusqu'à, ia paix > djs Câudium; mais ce chapitre était précédé d'un

I Page ao6 de noire tome Y.

a Vojez page a 06 de la tradactîon.

<xt)

autre ^ intiliilé : L'État romaii^ après 50K cnioif ATEC us Latium; iiou8 ravoiis omis dans rim« pression. Il se compose en efiet de trois parties, qui toutes trois avaient été intercalées déjà en d'autres endroits. C'étaient d'abord les principaux traits de la théorie sur les colonies» l'isopolitie et le municipium ^ qui aujourd'hui font le cinquième chapitre du tome second * ; puis ve* naient les vues que l'auteur avait déjà dévdoppéés page 78^, sur les recensemens comme me* sure des droits d'isopolitie; enfin, il y traitait des rapports avec le Latium et ses difierentes villes, sujet que lui-même avait fait entrer dans le chapitre de la guerre latine, tel que nous l'avons imprimé page 16a ^. Ck>mme il était possible de retrouver phrase pour phrase tout ce chapitre, - il m'a paru qu'aux yeux d'ui?L public nombreux, la différence ^e la forme ne justifierait pas assez la répétition de plusieurs feuilles d^impression, bien que quelques amis de Niebuhr aient paru la désirer.

J'ai d'ailleurs pris soin d'indiquer dans les r^^ marques les autres passages en petit nombre, que, sans préjudice de l'ensemble, j'ai cru devoir

1 Notre troisième, a Tome m , pag^e ^.

3 Tome Y, page 192.

( xvj ) omettre, parce qu'ils avaient précédemment trouvé place dans les preniiers volumes. Toutefois, cjuand la liaison avec le reste était trop étroite pour que la suppression en pàt avoir lieu sans de grands changemens, il m'a paru plus conve^ nable de répéter que de détruire arbitrairement k liaison des idées. Cest pourquoi aux pages 204; 349 i 4<>9î 5^6 et 537 '^ on a, sans rien changer, Jurement et simplement renvoyé aux passages corre^ndans des premier et second volumes. .

Nous nous sommes prescrit la mâme loi dans les'Cas plus difficiles^, ou nous avons remarqué dans les observations et les pensées de ce volume, des différences tranchées^^ avec celles consignées dans les deux premiers. Il y avait, pour juger ces contrastes, Une règle bien sure; c'est que la préférence était due à la forme: et aux idées qui , après un plus mùr éxaùieii ; ont passe dan^ lés dernières éditions des premiers voltuneis, et même dan& les premières page^ de celui-ci^; car il était évident que telle avait été eh dernier

I ToW. V, remarques 3ï 7, 607, et tom* VI , remarques jisf ,

2- Page 2o5 de la traduction. Oest ainsi qu^il fout appr^ cier les divergences des récits sur Archidamns, qui existe entre la page 99 (119) et la page 188 (223), aiilsi que de leurs relations à l'ancienne Vescia, remarque s55 (Un 16me Y), et 628 (tom. VIremarq. 160). *

( xrij ) lieu la volonté de Fauteur. Toutefois il ne fallait pas &ire disparait;re la forme de premier \fit , il ne fallait pas enlever à l'ouvrage le caractère de son origine. En un seul point, il y avait lieu d'accorder, aux recherclies plus neuves des pre* miers volumes, de l'influence sur ce troisième, et ce point, c'est la chronologie. Au tome II, page 635 et 654 S l'auteur a annoncé l'intention de mettre en pratique sa chronologie rectifiée; il l'a £sdt non*«eulement pour la fin de ce second volume, mais aussi pour la partie qui n'était pas encore rémprimée. Il y avait donc lieu de s'y conformer, quoique, dans son manuscrit, il eût suivi rère ordinaire de Rome. Mais pour ne pas trop heurter, par cette innovation, les habitudes de nos lecteurs, nous avons toujours placé, k c6té des chiffres rectifiés par Niebuhr, les chiffres de Fère Catonienne. Jusqu'à la onzième année de la seconde guerre samnite, la différence est de cinq ans; ici la chronologie ordinaire a encore intei^ calé ime année parasite (voy. pag. 267 9 remarque 4^1 ^). En nous unissant à la conviction manifestée par l'auteur, page 637 et 654^ du tome II, nous déplorerons toujours l'ahsence de

n^fSpfne ly^ page 345 et 346.

i^toÀïe Yf page 3i6 , remarque 4oi* " Tome lY^ page 33; et 346.

( xviïj ) rechei'ches, qui, au tome III, pag; 321 et 367 ^, euss^it pu conduire à ce même résultat. Il nV a plus maintenant de concordance parfaite entre Fexamen critique de Thistoire, tel qu'il est dans le texte, à la chronologie adoptée.

Il s'est présenté, pour une seule fois seulement, un autre genre de difficulté, celui de choisir dan» le manuscrit, entre deux morceaux également élaborés sur le même sujet; je veux parler du l^hapitre intitulé : FÉpire et Pprhus. L'histoire de 'la jeunesse de ce prince se trouvait, de plus, cssquissée ailleurs. Une preuve remarquable de la prédilection de Niebuhr pour cette portion de l'histoire et pour le héros qui en est l'objet, c'est que dans ses papiers nous avons trouvé encore^ trois ébauches diverses du même sujet. Nous donnons ici le travail qui est le dernier dans l'ordre des dates ; c'est en même temps le meilleur et le plus complet : les autres dès -lors ont dû être écartés.

Malheureusement, par un vice contraire, il est arrivé parfois qu'il manquât dans le manuscrit te qu'on devait s'attendre à y trouver. Il est siuv tout un passage où ce genre de lacune se Sait péniblement sentir (page 641)^. Après avoir

1 Tome V, page 262 et 5 16.

2 On l'a signalée dans le tome YI^ remarque 4^ de la

(MX)

annoncé des recherches sur la constitation qui, pour la première fois, réunit l'Italie en un seul État, on ne rencontre <jùe ce signe de i:envoi : tt Cahier. Nous espérions dès4ors y trouver les développemens du sujet, mais en vain; nous avons fait les plus scrupuleuses recherches. Il ne peut être question dans ce renvoi que du cahier dans lequel nous avons puisé la section sur la première guerre punique, de celui qui servit de préparation aux cours de Berlin : ce qui prévient toute supposition que ce pourrait être un renvoi aux cahiers écrits pour servir de hase aux cours de Bonn, c'est que tout, le manuscrit du troisième volume était achevé avant que Niebuhr conçût le projet de faire ce cours. D'ailleurs, il y a d'autant plus de raison d'appliquer le renvoi au cahier de 1811, que JNiebuhr s'y est souvent référé dans les chapitres précédens. Par malheur, ainsi qu'on peut le voir de ,1a page 724 a 737^, on ae donne, sur l'organisation de l'Italie, que des renseignemens si peu satisfaisans , qu'il est évident que Niebuhr se réservait d'approfondir ultérieurement cette importante question, en sorte que sa note n'avait d'autre objet que de lui rap-

traduction; il j manque toute la fin du chapitre sur l'entière soumission de l'Italie.

1 Dans les dix dernières pages de la traduction au tom. VI.

(xx) ^

peler les principau:*- traits de son ancien travail; En général, îl n'est pas rare de voir, en marge du manuscrit, des souvenirs de ce genre; ils devaient servir à faire entrer, dans le remaniement définitif, de nouvelles vues ou de nouveaux matériaux. Nous avons partout indiqué ces signes ^ avec le douloureux sentiment de ne pouvoir faire autre chose que de signaler tant de fâcheuses lacunes. Voyez remarques 287, 486, 497> 499» ^^5, 5o5, 549 et suiv. »

Sans compter ce qui, dans le corps de ce vo-; lume, a besoin d'être mis en harmonie avec les premiers, le lecteur, en portant ses regards sur l'ensemble, ne pourra s'empêcher de se deman*^ der ce que Niebuhr eût conservé de cette histoire du cinquième siècle, et combien la révision eût apporté de changemens dans ce qu'il aurait livré au public. Mais <^ui oserait répondre à cette ques^ tion au borcT de sa tombe? Toutefois, qu'on me permette d'exposer les raisons pour lesquelles je ne crois pas qu il eût opéré des changemens considérables. Rappelons-nous d'abord une expression employée par Niebuhr, peu de mois avant sa mort, dans la préface du second volume : aie reste, jusqu'à la première guerre punique, n'at-

1 Tome V, remarque^ 287, 4B6, 497 > ^99 > So3y ôoSj tome VI ^ remarque 1 et suivantes.

(xxj)

tend plus que la dernière main. ^ Certes, c^ n'annonce pas Tîntention de remaniemens essen^ tlels^ on peut, ayec non moins de raison, soutenir que le caractère de l'histoire renfermée dans le trmsième volume et la nature même des sources ne pouvaient comporter une refonte. Celle qu'avaient subie les volumes précédens, était rendue nécessaire par des résultats nouveaux^ fruits de recherches toujours reprises, toujours infatigables et sur des époques fort obscures. Ici, au contraire, on réconnaît la vivacité, la fraîcheur de la composition; tel est le caractère indélébile de ce premier jet. J'ajouterai que les leçons que Niebuhr donnait à l'université de Bonn , étaient complètement d'accord avec cette composition; deux fois j'ai eu le bonheur de suivre ce cours jusqu'à la fin, sans y remarquer d'autre différence que celle qu'il y a toujom^ entre une histoire écrite et une exposition orale. Dans ces leçons, il ne donnait jamais qu'une compte indication de ses recherches les plus importantes quant à l'histoire intérieure : c'est à peine s'il disait quelques mots du changement de la constitution et du remaniement des centuries sous la censure de Fabius et Decius; chapitre qui cependant fait Fomem^ent de ce volume.^^

i . C'est le premier du tome YL

( «ij ) Mais ce qui doit prouver que, tel qu'il est, ce chapitre contient les vues tien arrêtées de Nie^ buhr, c'est que dans les derniers temps il en a communiqué le manuscrit à plusieurs amis. Ce n'est pas sans émotion que je citerai mon propre témoignage :> il me 'donna cette marque de sa bienveillance une année seulement avant sa mort, vers Noël 1829. Et, pour le remarquer en passant , ce n'est point d'après une simple conjecture que dans la note S^o j'ai ajouté le nom de l'illustre ami dont parle Fauteur. Quiconque sait de quel attachement, de quelle admiration, il était pénétré pour l'ancien garde des sceaux de France, aurait deviné son nom. Il aimait à raconter comment M. de Serre reconnut la position de talaepolis , pendant les excursions qu'ils firent ensemble aux environs de Naples. C'était toujours avec une indicible émotion, avec un sentiment qui tenait de la piété, que ses souvenirs se reportaient vers l'ami qui l'avaitprécédé dans la tombe. Après avoir ainsi rendu compté des différentes parties dont se compose ce volume, il ne sera S£fns doute pas nécessaire de déclarer que nulle .part la rédaction de Niebuhr n'a été altérée par une main étrangère : la seule chose que les éditeurs se soient permise dans l'intérêt des lecteurs, c'est de compléter les citations contenues daiis les notes. Ainsi qu'on Ta déjà dit, quand Pïiebuhr a

(xxiij )

écrit la plus grande partie de ce volume, il n'avait à sa disposition que fort peu de livres; il ne devait donc la plupart de ces citations qu'à son excellente mémoire. Souvent il se contentait du nom de Fauteur, et n'achevait point l'indication. Autant que j'ai pu le faire avec certitude , j'ai marqué les passages auxquels il se référait. Il est néanmoins des citations qui sont restées incomplètes, notamment celles de Zonaras; d'autres sont accompagnées d'im> point d'interrogation, pour marquer qu'elles étaient incertaines. Un inconvénient auquel je n'ai pu remédier, c'est que pendant mon travail je n'ai eu à ma disposition ni le Denys de Sjlbourg, ni leStrabon d'AImeloveen, éditions que l'auteur cite toujours dans ses deux premiers volumes : pour Strabon^ la désignation du chapitre laisse d'ailleurs beaucoup de vague. Dans la dernière partie, les citations sont plus rares; mais il a &llu y suppléer presque partout : la marche de l'histoire rendait ce travail très -facile.

Le petit nombre de remarques qui ont pour objet d'établir des rapports entre ce volume et les premiers , ainsi que celles qui sont destinées à fournir quelques explications stu* le travail de l'éditeur, sont enclavées entre parenthèses, pour les distinguer de celles* de Niebuhr.

Dans la supposition que la plupart des lec-

( Mdv ) leurs possèdent, avec les deux premiers Tolumes, la table des matières à laquelle il trayaillait encore dans les derniers mois de sa vie, j'ai jugé convenable d'en faire une semblable pour ce nouveau volume. Il valait mieux abandonner à cbacun la faculté de les réunir , que de refondre ' l'index pour les trois volumes, et de forcer ainsi le public à acheter deux fois la même chose.

Quant à l'orthographe, il était naturel que ce volume adoptât celle des deux premiers. S'il apparaît çà et là quelques Itères divergences, nous prions qu'on veuille bien nous les pardonner, en considération de ce que, dans le manuscrit livré à l'impression, on avait arbitrairement ramené à l'usage général tout ce que l'orthographe à d'inusité : aussi les plus soigneuses corrections d'épreuve n'ont-elles pu réussir à restaurer et à reproduire complètement la forme que Niebuhr avait adoptée.

Berlin, la Novembre i832.

J. CliASSEN.

ROMAIXE.

Les rogations de Lidnius.

CL licinius Stolon et L. Sextius sont les restaurateurs de Rome; et cependant c'est à peine si nous savons d'eux quelque chose de plijis que leurs noms; nous ne connaissons ^ême qu'imparfaitement les dispositions de leurs lois; mais il est des choses qui nous donnent la mesure de leur génie et de leui; caractère* H y avait dans leur lé^slation de la gran-* deur et de Taudace^ et ils étaient d'une infatigable persévérance : n'employant jamais que les voies légales pour l'exécution de leurs projets, ils ne s'exposèrent à aucun reproche de violence , ni eux-mêmes ni la commune romaine; cela est d'autant plus digne de remarque , que long-temps encore la rédaction des annales appartint exclusivement au parti contraire. Grâces à leur conduite mâle et vigoureuse, on vit s'accomplir, en cinq ans^ une révolution qui dans les républiques grecques ou à Florence, eût réussi ou échoué en moins de quelques mois, mais qui eût

coûté beaucoup cle sang et exilé beaucoup de citoyens. Celle dont îY s'agit ne troubla la paix d aucun Roumain. ^

Cest une méchanceté ausâ déplorable que Êimilière aux ennemis des grands hommes et des grandes actions, de rechercher toujours les causes de ces actions pour leur en assigner dignobles ou de contraires au noble but. qu'ils se proposaient. N'a-t-on pas répété jusqu'à nos jours et en dépit de toute conviction 9 que Luther n'opéra la réforme que pour obéir à l'envie dont étaient possédés les reU^eux de son ordre, et qu'avant tout il voulait épouser m religiedse. Il faut, sans hésitation» attaquer et démasquer ces mensonges partout où ils se présentent; car on ne saurait en extirper la racine; oUe &^enfonce dans ce que la nature humaine a de plus bas; je veux prier de cette vile passion de tout dégrader. Cest ainsi que le parti vaincu a jugé l'entr^rise que C. lâcinius avait conçue avec grandeur et exécutée avec fermeté r il alla en rechercher la oause dans ce que la vanité d'une femme peut offrir de plus puéril ; anecdote ri^cule, qui s'est si bien établie dans l'histoire, que Perizonius lui-même n'é* leva aucun doute sur son exactitude. Beaufon fut

> M. Niebahr transcrit ici une strophe da vieux poète Opitz, sur le peu de vdeur dès choses qui s^obtiennenf trop aisément ; flous ne la fnduifom pas.

(3) lè premier à dévoiler la fraude^, et cependant elle est si éyidente, que personne aujourd'hui ne voudrait se déclarer le défenseur dé cette absurdité.

M. Fabius Ambustus, tribun Consulaire de Fan 3749 avait deux filles. L'une était lùariée à Servîus Sulpicius, qui devint tribuû coÂstilaire eu 5'f8\ l'autre atu plébéien C Licinitts StoloÉf. On rapporte' que la plus jeufté Fabia^ rendant une visite à sa sœur, ftit saisie ê^etftdi au bruit que firent les licteurs qui précédaient leur maître à son retour du Forum. Sa scieur, dît-on, ëé moqoat d'une tei^reur qui décelait trop le rang^ inférieur auquel elle était descendue par son mariage. Piquée au tif de cette ofiensé, cette ifemme afU^ait obtenu de son mari et même de son père, la promesse de ne se réposer que quand sa maisott tfûrait brillé de la même splendeiir4. Cela parah étrange^- car Fabia avait dû connaître l'usage des lictedr^ dans la maison pMernelk, puisque

* Beauforty sqt l'inoertitade de l'Histoire romaine. II,* lo*

3 Cette yertion n'appartient pas seulement k Tite-Lire et ceax qui l'ont copié, elle vient aussi de I£on. Yojez Zoaa-

ras , YH, 24-

4 U parait qucf Deû^s ^'admettait point dé récit : ùon-seuleménf il n*y ^ û- pas teistige dan4 Plutarqiie, qui ne Fauraît certes pas négligé, mais il nous reste de lui un fragment^ Exe. VaL, pag« 23i3, R, dans lequel il parle de Suipicius comme d'un modéré. Il est donc érident qu'il le regardait comme un médiateur, et qu'aux jeux de cet auteur ce n'était pa3i dans sa maison qu'étetit ûée' la discorde.

quatre ans auparavant Fabius Âmbustus avait été' tribun consulaire. EUe ne pouvait donc s'étonner d'une cérémonie qui lui était familière: Ce qu'elle souhaitait sans doute, c'était de n'être plus désor* mais inférieure à sa sœur, et pour cela il fallait que son mari parvînt au tiibunat considaire. Si celui-ci eût borné là son ambition, cette dignité ne pouvait guère manquer d'échoir au gendre d'Ambustus, surtout d'après les évènemens qui avaient signalé les deux dernières années. Déjà la famille Lîcinià comp tait trois images d'ancêtres, et l'année précédente, 377, un C. Licinius ^Calvus avait été tribun consulaire : sans doute ce n'était pas le tribun du peuple, ce qui rendrait inutile toute recherche ultérieure. Le tribun militaire dont nous parlons fut ensuite général de la cavalerie en Sds, tandis que Stolon, comme auparavant, comme dans la suite, exerçait la charge de tribun du peuple, incompatible avec celle-là. Peut-être il faudrait aller plus loin que le récit, il faudrait admettre que la jeune Fabia voulait effacer la splendeur de sa sœur. Cependant depuis la prise de Rome il n'avait plus été question de consulat^ des circonstances plus favorables encore n'avaient pu en rendre Taccès aux plébéieiis : il faut donc en conclure que ce n'est point au consulat que s'adressaient les vœux d'une femme aussi vaine; mais cette distinction pouvait, dans un lointain d'espérance ^ briller aux yeux de l'honune

<5) «aciâacîeiix 6t grand , ce pouvait être pour lui le prix d'une lutOB dans, laquelle il s'agissait de vaincre ou de périr.

Stolon, le nom de famille de C Licinius, avait sans doute été donné au premier qui le porta (peut^ être à lui-^méme), à raison du soin avec lequel il d^cinait les rejetons et les troncs d'arbre^. Quant à lui, il descendait probablement de C licinius, que, 120 ans auparavant, on trouve parmi les premiers tribuns du peuple. Les succès de sa maison dans les candidatures p€>ur te tribunal consulaire prouvent de quelle considération elle jouissait, et les posse»- ^ons territoriales du tribun annoncent qu'il était fort coulent : dans la suite les Licinius figurent parjBÀ les Romains les plus riches. Toute une lé^sk- 4ion porte son nom; la tradition Findique comme ayant soutenu toute la cbaleuF de la lutte. Nous pouvons donc regarder lâcinius comme l'ame de cette entreprise, quoique L. Sextius, qui s'y était associé, en ait reçu la récompense avant lui heuxt législation s'étendît à toutes les réclamations de In république : sur les anciennes hases de la coostitu* tion, et sans toucher en rien aux coutumes et aux

*■ ■■ ■ lÉ— ■ .fil ■■ I-I^ ■ ■!■ ■ ■ mn

5 Pline, jtf. N. , XVn, 1 > et Varroû, (è re rust., l, 2. Ce dernier parle de deux Stolons, dont l'un détermina la m^ sure cte la possession , et Tautre présida à la distribution des lots de sept jugéres. Quant au dernier^ il est évident que le «^iÉite de râQBée ^1 mal indiqi|é«

(6) traditiQiif, jilil «{^stimèpwt un owy«l f^fin et çkomi U Iwr fiHt d'iin^ i^§ul4 d^[K>iiooii pour mettre fin à l'arbitraire et à la dominatioii de» p»triçiem, ppftp rfp4re à fe eommunç fla lilmt^» pour détniire ^ jaoaab ce^ 4îm^UQn3 tow h» ms reaour T^Sf yàiu^i .Rqip^ »'av{ub^ psi$ 91 pa^» quoique sou^^ ^^m ^vfèt4é ^m» m mm^, yer» v^m p«rfe<Aion dont ell9 était gl9r§ him iHoisf^f eit bientât cette tendance au bf^n d?^n{ irrésistible t elle mtretint lon^^ temp epcore ce% heur^usp: 4g^ do U jeunesse de» ftociétés; elle m a^siirA Iç prpgràs. Une aeeimde loi retira à l'oUgarchiQ la paf^^j»lon t^olusive du domaine publiai elk en ât k Aourc^ opmmune du biçn^ètrç 4^3 çttpy^s, Un« troisième pourvut aux nM^ères prfs^nws, m s'atUebant À feire disparaître les efets de h dnr«té é^ lois mtérienros. Ce fui donc en prenant 1q niai dans sa racine ^ qu9 les trîr» buns entreprirent de le guérir ; mais la commune avait piBn de sonci de son propre bien-^^tre; tot^ I«nrs epUIgne» l«nr résistèrent, Cette ciraonstance pleut faire pen{$er que, si ces lois euss<^t été soumises au vote des tribus, celles-ci les eys^ent rejetées. Il se peut qu^à cette époque le plus grand désordre ait ' régné dans les registres des censeurs, et qu'ils aient" inscrit dans les tribus beaucoup d^bomnies sans droit Néanmoins le nombre des créatures des puissans ne doit pas avoir été fort grand: spis^ante-quinze ans s'étaient écoulés depuis le décemvirat, et dans

il)

ttt inicrvdle beawoiqp de dîm» ^ W9imi été dMiés dam k p/flif» MropidevMM indépe^dim pMrl'exuocùoii dea fmSùmâe Imn patrom. Il ânt donc regarder l'espru de scanuinon da peuple commt le résultat de la comniuie ou d'un déeoim^ gment que ne raniiDaît aucune lueur d'eapéraaoai Dans les commencemeua on ne yoyaii encore du» ke propodtiona de liciniua que de yanes tentaUTea» ^ pouvaient perdre leui* auteur sans ayoîr phie de succès cpoie les précédentes, et beaucoup de per* sonnes se seront flattées d'obtenir de leors créan«f cimB plus de douceur, et de s'attirer la fiiTeur des grands» ea ae déclarant les adTersaires des boounca qui défendaient tout Tordre plébéien. D'autres ai»* ront été effrayées, parce qu'on les menaçait de proi» «éder à leur ég»rd selon» toute la rigiienr du droite cm de leur retirer certains avaMiges. Biais les léfor* mateura savaient qu'à diaqne réfection les cfaaneee denendraient plus laTorables, et que, pour nucnener les indifférens, A suffisait de prouver que le ancei» était possible : ils n'ignoraient pas qu'une partie de^ fînudes viendrait k eux, lorsque gcandinat leur pàisfaance; enfin ik prévoyaism qu'une fois l'espérance de réussir devenue générale^ nn verrait lès pfaia abattus, les jdus opprimés prendre courage et brav^ la mauvaise humeur de leurs créanciers, et d'autant plus aisément que les tribuns l^r promettaient kur

Ti

If $â Fou compare Home avec ce cpi'ellè était avau

<f èlr0 prise par les Gaalms , on peut regarder conifiite une drconstaDce très^favorable à la cause poptiaàrti la' perte du Latiuâi, des Berniques et des YolsqueflL Du moins les patriciens n'avaient pas de sujets ni d'alHés auxquels ils pussent mettre les armes à Ift main contre le peuple. Les villes étaient en posse^ sion de l'indépendance au priï de laquelle on avah autrefois aqheté l'assistance de tout' le Latium. Elles désiraient ardemment que Rome ne pût ressaisi!* son ancienne puissance, et cette disposition les poi^ tait à rejeter toute proposition qui pouvait avmr ee résultat , lors même qu'on l'eût accompsignée de csonditions avsortageuses. Les patriciens nepouvaicm^ sans le secours de ces auxilisdres, menacer de la guerre civile; d'un autre côté les diens', par leét fusion avec les plébéiens, avaient cessé d'être dèâ înstrumens aveugles dont on pût déposer sans ré^ ^rve. il y eut. donc dans l'entreprise de Licinius et dù^S&LÛXiS da courage, mais non de la témérité, eè même, autant que le permettaient les prévisions hiTmaines, ils pouvaient se tenir assurés de la vic^ toire. U leur suffisait pour cela d'acquérir ^ dès le coiraméncsnient, assez d'influence et. d'action siû" lealimides, pour être réélus malgré les intrigues et les menaces. , -^

La première loi de Licinius ordonnait qu'à l'ave* nir on ne nommerait plus de tribuns miEtaires, vtms

(9) des consuls pris dsns les gentes ei dans la com* ^mune^, Ftm d'eux' devant nécessairement appartenir à cette, dernière. Sans cette disposition on aurait vu se renouveler» chaque année, les efforts des patrie dens pour anéantir, dans l'application, le drou consacré par la législation. Les artifices employés pour y parvenir se seraient perpétués, ils auraient entretenu l'exaspération mutuelle; enfin la paix eût été impossible.

'On pourrait croire que la constitution décemvi-* raie était la plus propre à conduire à ce partage égal du pouvoir; mais des raisons graves purent détemnner à l'abolir à jamais. Il n'en aurait pas moins fidlu séparer la censure de la préture urbaine; car on avait compris quelle énorme puissance résultait de leur réunion : d'ailleurs on n'avait point encore oublié comment la perfidie de quelques plébéiens abandonnés à l'arbitraire avait, dans le sein du collège, créé une majorité tjranniqoe. Bésormais, il est vrai, on aurait joui de la proteo-

iL— 1— — — ■ I I I I I II II I iimi ■■■■■■! I

'^ Nos aïeux, guidés par le souvenir des révolutions que subirent les constitutions des États libres, conii[>rirent parfaitement la position des patriciens et des plébéiens) ils s'en firent une tout autre idée que les savans , que leurs propres descen* dans, et que ^eurs contemporains étrangers à des villes libres. Ainsi on lit dans le Tite-Live de Majrence pour l'an 4oo : Lorsque Lucius ComeUus Scipion était bourgucmcstre des gentes, et Marcus PtfUius Lenas de h commune.

(lO)

tîoD du tiibaDat} mm on troiivak plus de gamiiie dans la personne d'un senl consul Le pouvoir égkt des tribuns militaires avait eu souvent de très^-mauvais effets dans la guerre; quoique dans les damgeni le remède fut la création d'un maître unique, et que Von y fàt habitué, le gouvernement le plus ea barmonie avec le^rit du peuple devait être cefa» qui se rapprochait le {dus de la forme royale, ea^ , tant que des précautions étaient prises pour qu'il ne devint pas tyrannique. Enfin, les patriciens auraient résisté avec bien plus d'obstination à un ordre de choses qui eut partagé les pouvoirs dans toute» leurs branches, et qui eut conduit surtle^hamp axt but que la république n'atteignit qu'une génératioa plus tard. Du moins le vague de la proposition permettait de poser des bornes au consulat, et de réserver pour leur ordre une partie de ses attribu-^ tions primitive». Il y avait même pour eux un avantage marqué à accepter ces conditions, surtout si on réfléchit au. partage égal et inévitable des places du tribunat militaire et de ses attributions telles, qu'elles avaient été déterminées par la transaction de 35o7; or, on n'aurait pu se dispenser de l'ad*mettre. Il &ut considérer de plus Timportance et la splendeur du consulat. Beaucoup de patriciens, ceux-là même qui ne prétendaient plus qu'eux seuls

7 Tom. IV, pag. u3.

poamt«iil prendre lés auspices, étaient eneore les esclaves d'un préjugé enraciné depuis Tenfance;- ils aaraîent consenti au renve^onent de l'État plutôt qu'à l'acceptation d'une réforme, quoiqu'elle ne fk que rétablir ce qui déjà avait été formellement proclamé comme un droit. Cétaient d'ailleurs des honlmes d'un noble caractère, bienveillans, incapables d'abuser du pouvoir, ou même de nier que ks leurs n'en eussent fait un fort mauvais usage. Il n'y avait pas moins de droiture dans la conduite des plébéiens : pour eux >et pour les leurs ils n'attendaient de cette amélioration que des avantages ^us ou moins éloignés; mais dans la convic^n intime qu'elle était indispensable à la république, ils étaient prêts à sacrifier pour le succès leur fortune et leur vie. Il arrive souvent que l'ei^périence seule démontre la sagesse d'une loi. Tite-Iive &it frire par son tribun une objection en apparence trè»-forte; si dans un danger pressant de la patrie^ le plus grand homme de son époque demandait le consulat pour sauver son pays, et qu'il fût un patricien (son Âppius ne pouvait nommer que Camille, notre pensée s'attachera plus justement àScipion), si ce patricien avait pour concurrens d'autres patriciens de mérite, et qu'il se trouvât parmi les candidats un plébéien, un démagogue sans considération, ne serait-il pas absurde de voir son él^iiop contestée et peut-être manquée,- tandis

que le plébéien n^aurait qu'à attendre tranqoSkmeot k sienne.

L'historien n'aurait pas dû reproduire cette objec* tion sans y répondre ; car ses lecteurs auraient pu regarder comme incontestable ce qu'il ne réfutait que négligemment Tite-Live aurait dû faire dire par Licinius, que pendant long*temps encore Rome ne verrait parmi les candidats au consulat que des lommes éprouvés à la guerre, et que le concurrent plébéien du plus grand capitaine ne serait pas inférieur à son concurrent patricien, lors même qu'aucun des deux ne pourrait s'élever à sa hauteur. Il fâ^it ajouter qu'un plébéien pouvait, comme tout autre, devenir le héros de son temps, pourvu qu'on ne lui enlevât point les rayons vivifians de la souveraine puissance. Mais les patriciens ne voulaient point qu'il se présentât un plébéien de cette trempe, ils préféraient en priver la république : on ne l'eût admis que dans les rangs inférieurs, heureux qu'um consul patricien voulût bien condescendre à l'interroger et à l'écouter. Cette disposition sur le partage du consulat, cette mesure tant critiquée, n'était de^ venue nécessaire que parce qu'on avait acquis l'expérience d'une mauvaise volonté incorrigible. Il n'est pas douteux que si le premier ordre eût été de bonne foi, l'élection du.plus digne, sans distinction de caste, eût toujours prévalu. Cependant à toute constitution libre il Ëiut des garanties écrites; et qui pouvait

( i5 ) encore croire à la bonne foi des patriciens? Heureuse la république, si du moins cette loi saintement jurée et scrupuleusement pondérée, eût été désormais à l'abri de toute audacieuse infraction ! L'esprit de caste se fut perdu dans un sentiment universel d'amour pour la patrie, et si des jours d'épreuve et de maHieurs étaient venus, il eût été permis à une postérité meilleure de s'affranchir pour un temps des entraves de la loi. Une défaite est moins funeste que la servitude, que l'engourdissement , que l'anéantissement des forces vitales. D'où viennent ces craintes sur l'incapacité 9 sur le défaut de vertu chez les plébéiens? Certes elles n'étaient pas inspirées par l'expérience; quand les patriciens ne réussissaient pas à les exclure du commandement, les tribuns consulaires plébéiens remportaient des victoires sur le terrain même qui avait été le théâtre de la dé&ite de leurs prédécesseurs patriciens. N'étaient-ils point patriciens, ceux qui avaient conduit l'armée à la journée d'Alia? D'ailleurs la constitution elle-même n'offrait-elle pas un remède assuré? N'avait-on pas la dictature affranchie de toute condition de caste? Du sein du peuple aussi devaient surgir des hommes qui, devenus dictateurs, sauveraient la patrie, sans la menacer, et qui ne tourneraient pas contre les citoyens des armes destinées à frapper l'ennemi.

L'historien aurait dû ajouter encore, qu'autrefois l'Eut avait agi bien sagement en faisant de commu-

Hautes entières cfes eitoyetis romains; car c'est ainsi qu'une bourgeoisie s'étendit au point de devenir une grande nation. U aurait dû dire qu'une plus grande extension de ce système deviendrait nécessaire, si l'on voulait atteindre à un but plus élevé que celui qu'on s'était proposé (lepuis la domination exclusive des patriciens. Pourrait- on attacher à leur patrie adoptive les peuples nouvellement admis, si tous les honneurs étaient refusés à leur noblesse ? Qu'ar^ riverait-il si les maisons patriciennes venaient à s'é« teindre dans la même proportion que par le passé, si l'on continuait à repousser les plébéiens de tome entreprise noble et élevée^ si leurs riches étaient renvoyés à s'occuper uniquement d'affaires d'argent, si on se refusait à renouveler, à restaurer le premier ordre de l'État en y incorporant ce que l'Italie avait de plus pure noblesse, tandis que d'autre part l'admission d'affranchis viendradt altérer la substance de la nation? Les forcer intellectuelles et la vertu de ce qin restait de patriciens seraient donc désormais la seule condition, la seule mesure des destinées de la république. L'expérience prouve que les oligarchies déteignent moins rapidement encore par la dimimmion du nombre de» personnes qne par k dé&ut de capacités. Que seraient devenues dèslors tomes ces promesses de grandeur fiiture, qu'à la naissance de la ville et à la fondation du Capîtole les dieux avaient faites par l'intermédiaire des au-

gares? Getei pouvait paraître indifférent à quiconque ne vpulait de puissance et de richesse que pour la durée de sa vie; mais comment empêcher ce qui était arrivé dans la plupart des républiques grecques, où une oligarchie toujours plus tyrannique succom* bait ordinairement sous une sanglante démocratie ou fléchissait sous un tyran? Dans Tite-Iive, Tora* tèur aurait dû dire que cette rérolution peut-être était plus voisine qu'on ne le pensait; que depuis long-temps dé)à la république souffrait et languis* sait; mais qu'une foid affranchie de »^ entraves, une fois la concorde rentrée dans son sein, rien désormais ne serait au-dessus de sa noble vocation, licinins aurait pu dire tout cela sans être doué de l'esprit prophétique; et puisque Tite-Iive jugeait convenable de traiter la question en stjk oratoire, voilà ce qu'il aurait dû lui laire répondre. L'histoire a prouvé que sa loi, en opérant un bien infini, n'a pas amené le plus léger préjudice* Les Deôus, qui se firent victimes expiatoires pour tout le peuple, étaient plébéiens ^; ce furent des plébéiens qui, les

^ Jayenal, TIII, 254 ^t suîy.

Pkherœ âeehram anhnœ , piehera fueruni Nomina s -pro faits kgiombus M tamen et pro Onmièvs auxtUû afçue amnî pohelatina Sujghiani dis itiftrms , fenwfue parenti Plans tnim JPlrriJ, fEuiifr qui serçantur ah ilUs.

premiers, arrêtèrent Pyrrhus et le défirent : un plé-, béien soumit les Gaulois d'Italie; le même mit un terme aux victoires d'AnnibaL Un plébéien, général rustique, sorti d'une chaumière 9, détruisit les Cimbres et les Teutons ; le consul qui sauva Rome de la conspiration de Çatilina, était plébéien $ et plébéiens aussi les Gâtons. Le grand Scipion, il est vrai, était patricien, et il domine sa nation comme Ânnibal s'élève au-dessus de tous les peuples. Les £n;iilius, les Valerius, les Sulpicius, les Fabius, et, sans parler des Scipions , d'autres branches des Gome^ lius, comptaient des hommes qui furent les premiers de la république. Leurs images figurent majestueusement à côté de celles des plébéiens illustres : chacun, prenant pour point de départ les actions de ses devanciers, s'élevait à de nouvelles hauteurs; mais la dégénération se mit partout, quand le pouvoir et la richesse vinrent corrompre les esprits. Les

9 Juvenal^ VIII, v. !&45--*253.

Arpinas alius Volscoram in monte soiehat

Pascere mercedes aliéna lassus aratro;

Nodosam post hœcfrangehat vertice vitem

Si ientus pigra muniret castra dolahra

Hic tanun et Cimbros et summa pericula rerjim

Excipit et solus trepidantem protegit urhem

Atque ideo posiquam ad Cimbros stragemçue anJabant

Qui nunquam attigerant majora cadaç^ra corçi

Nobilis omatur lauro colkga secundo*

'(17) xnunictpes rajeunissaient là nation, en lui fourniscant de nouvelles familles; enfin, k Texc^ption de quelques maisons, dont l'éclat n'en fut que plus grande les patriciens tombèrent bien bas. Catilina lui-même, Lentulus et CethegUs, les chefs de la conjuration, furent tous patriciens ; aussi Cornélius Severus lui donne-t^ib l'horrible nom de crime patricien» ^^

La seconde rogation contenait la loi agraire de licinius; elle est beaucoup plus citée que celle qui fit participer les plébéiens au consulat; mais on nç la connaît guère que comme la source des. restrictions qui réduisirent à cinq cents jugères ce que l'on pouvait posséder suf le domaine public. Que ceux qui veulent tout^ comprendre et qui tiennent à se &ire des idées claires et précises , se soient refusés à reconnaître qu'il. ne s'agit point ici de propriété, mais uniquement deVager publicus y cela est tout simple : toutefois il est un fait qu'ils ne peuvent nier^ c'est que la loi Sempronia, qui évidemment a pour objet ces terres énigmatiques, n'était que la reproduction de la loi Licinia sous une forme plus dpuce. Aujourd'hui que la nature de cette possession est expliquée de manière à ne pa» laisser de doute, on reconnaîtra que dans Titelive ce domaine est suffisamment indiqué par Tem-

"^ Pairkium n^fàs, M. Seneca Suasor^ 6, ..

< t8 ) ploi du mot possiderâ^^ : bien que dans son récit il ne nomme pas loger publicuSf à supposer même que de son temps il ne fdt pas évident pour tout Romain qu'une loi agraire ne pouvait concerner que Yager publicus.

Cependant cette prohibition était nécessairement accompagnée de beaucoup de dispositions, dont quelques-unes furent fécondes en conséquences; en général, la loi liônia devint la base du droit agraire futur. On reconnaît plusieurs de ses points principaux dans ce qui fut observé plus tard, et je crois pouvoir les retracer.

Vager, le domaine du peuple romain, aura des limites déterminées. On revendiquera pour la république les terres usurpées par des particuliers. Les pièces dont la propriété est en litige, seront vendues, afin que le droit décide entre particuliers. ^^

" Jfl, ZS, Ne cuis plus D jugera agri possideret. T. III, pag. igi, reoiarq. 297.

>* Il est bien certaia que Denjs n'a point inrenté ce $énatusconsulte , qu'il dit avoir été concédé au peuple au lieu de la loi de Gassius (YIII^ 76)$ mais Fauthenticité de cet acte est plus que douteuse^ fi Ton considère qu'il n'y eut jamais d'axé* «utiouy et qu'a,vant Fm 3o5 les archiyea du sénat étaient 8e« crêtes. Chacun me concédera le peu de valeur des discours. Il me paraît qu^ici encore les annalistes ont complété un fragment en j introduisant des matériaux d'une époque plus récente. Ils auront puisé dans la loi Licinia, qu'ils connaissaient fort bien; d'où il suit que sur ce point le texte de

Toute possession qui n'excède pas les timhes fixées par cette loi , et qui n'est ni violente, ni cachée ^ ni précaire, doit être garantie contre les tiers.

A Fégard des terres nouvellement conquises, si elles n'ont point été laissées en la possession des anciens propriétaires, si on ne les a pas distribuées à la commune, si on n'y a point établi de colonie, tout Komain est autorisé à en prendre possession à charge de ne point excéder les limites déterminées par la présente loi. ^^

Nul ne possédera sur le domaine plus de cinq cents jugères de terres arables ou vergers; il n'enverra pas au pâturage plus de cent têtes de gros bétail, ni plus de cinq cents de menu bétail. Qui-

Denjs nous fournit de quoi la rétablir. L'usnrpation offrait un appât dès l'époque où le domaine ne pajait point d*impôt, parce que la propriété particulière, offrant sûreté dans toutes les circonstances, derait toujours avoir une valeur vénale plus élevée. Cet appât devint plus puissant quand le domaine fut aussi soumis à Fimpôt^ quelque indulgence qu'on mit a le percevoir.

>3 II n'j a nul doute que depuis la loi Licinia le domaine ne fût aussi possédé par des plébéiens, puisque G. Stolon lui-même enfreignit sa loi. En admettant que cela ait eu lieu au mojen de la vente, et qu'antérieurement déjà de riches plébéiens aient acquis de ces terres par ce mojen, il n'en sera pas moins vrai que la noblesse du temps des Gracques était pour la plupart plébéienne, et que sa possession se fondait sur Voccupaiion de ses aïeux.

conque contreviendra à celte défense, sera citédevant le peuple par les édiles, pour y être condamné à ramende. Il sera, déchu de la portion de terrep qu'il possède au-delà des prescriptions de la loi, et on en agira de même à l'égard du bétail, pour aur tant qu'il aurait dépassé le nombre, ^^

* «4 Rien tfest plus connu que la mesure de la possession, liés restrictions au droit de pâturage nous sont indiquées par Appien {de hell «V., I, 7). En 449 (454) les édiles plébéiens poursuivent avec succès des possesseurs qui ont outrepassé la limite (Tite-Live, X, i3), d'autres qui ont abusé du pâturage {ihid., X, 23, 47; XXXni, 425 XXXV, 10; OvideV fasUy V, y. 283 et suiy.). 11 j a lieu de supposer que M. Popilius Lenas était édile plébéien, quand il convainquit rawteur de la' loi lui-même, de l'avoir éludée au moyen de l'émàncipalion de son fils. M est toujours parlé d'amende en pareil cas* G. Licinius Stolon fut condamné à dûi^ mille as^, parce qu'il possédait mille jugéres. ^on que cette somme eAt été fixée, ou qu'il j en eût une déterminée par chaque jugère d'excédant; le, caractère essentiel de toute amende infligée était de varier selon les circonstances aggravantes ou atténuantes. Au surplus, la douceur de la législation de Sem promus indique qu'il n'j avait confiscation que de Texcédant^ .€t non de la mesure légalement possédée; • ^']^

Cinq cents ^ugères' font plus de 70 rubbio , ce que dam Vagro Romano l'on regarde comme une ienuta di grano^ bien assez considérable. Les administrations de main-morte et les intendans les donnent à un fermier qu'ils veulent favoriser^ pour 20. scudi par rubbio , ce qui «st un immense avantage poyr les mercanii di campagna. Les terres très-fertiles, comme l'est par exemple la vallée d'Aricic pour le chanvre , rappor-

' Le possesseur du domaine acq[ukt6ra la dUne du produit envers la république pour les terres arables,' et le cinquième de celui des vergers et vignobles. Il paiera une redevance annuelle par chaque tête de gros ou menu bétail pour droit de pâturage. ^^ Les censeurs vendront les revenus réservés au

tent au propriétaire de 60 à ^o scndi de fermages par mbbio» A Rome 9 les grands propriétaires poliraient en joair par rintermédiaire de leurs cliens. Les plantations d'oliriers et les vignobles sont encore bien plus producUfs. On se con-. vaincra que la loi n'avait pas pour but de gêner la richesse Bi les grandes exploitations^ si Ton considère la fertilité ex« Iraordinaire du midi , et celle du Latiiim en particulier ; ei M Fo» réfléchit que les 5oo jugères consistaient en terres, labourables ou en plantations 9 tandis que les t^res vagues servaient de pâturages. Les Athéniens auraient r^[aidé cette étendue comme fort grande : l'héritage d'Alcibiade ne com^ portait pas 5oe pléthres^ ce qui ne fait pas même lao ]u* gères (Platon, AUih,, pr., pag. laS, c). Remarquez d'ailleurs que la restriction ne 1 s'appliquait qu^à la possession^ non aux acquisitions de propriétés, soit romaines soit étran-* gères. Pour cela il n'y avait point de liq^tes*

^^ Il est prouvé que long- temps avant la loi Lî<nnia 1» redevance était rétablie ;^ mais il j a lieu de eroire que cette loi en fixait bien Passiette> en confiait la surveillance au» autorités plébéiei^nes , et que, par conséquent, cette oidon** nance, qu'Appien nous a conservée, en faisait partie (App.,. hêlL eiçil, I, 7> pag. 10). Les fruits et les vignes pouvaient pa^er un plus fort impôt que les blés , parce qu'il n*jr avail point de semailles, et que d'ailleurs la culture en est moins chère et moins pénible; elle n'exige pas, en eifet, ces labou<4

peupk romain sur Yager publicusj au plus offrant et pour un lustre. Les publicains donneront à la république caution de bien et fidèlement remplir leurs engagemens. En cas de calamités imprévues.

rage» réilércâ jusque dans les jachères ^ terra rura, ni ces t?ayaux, pour expulser la mauraise herbe. C'est pour cela que le mezzafuol donne trois seaux de v!n sur quatre, tandis qu'il ne paie que moitié du blé. Ainsi la* Judée donnait aux rois de Syrie la ïnoitié de ces fruits, et ne pajait que le tiers du blé (i Maccab., lo, Sg). La dîme élait une contribution fort modique. L'Égjpte pajait aux Pharaons le cinquième (Gen., 475 2i^f 16}. Les Indiens donnent d'un quart jusqu'à trois quarts, et dans ce cas il faut qu'ils empruntent au fermier en chef les semailles, et jusqu'au grain nécessaire à leur nourriture. Ces tributs en nature furent dans toute l'Asie la source des im« menses richesses des princes. C'est ce qui explique l'opulence de DaTÎd et celle de Salomon. Il parait que Carthage levait sur l'Afrique soumise un tribut d^un quart ; car dans la première guerre punique, lorsqu'on doubla le tribut des yilles, on perçut pour la campagne la moitié des récoltes en grains et en fruits (Poljbe, I, 72). Les Arabes ne prenaient que le dixième {aschera). Ce fut un grand soulagement pour l'Orient épuisé par le système financier de Bjzance, et bien certainement il ne payait pas moins que la Syrie ne recevait des juifs; car Rome, autant que nous pouvons le savoir, ne diminua qu'une fois les charges qui pesaient sur les pays conquis» Les sujets des califes purent donc se consoler des contributions de guerre qu'ils avaient souflfertes lors de la conquête. La condition des vaincus ne devenait cruelle que quand le souverain faisait valoir le droit de propriété qu'il avait acquis par la conquête.

(35) la sénat pourra leur fiôre remi^ «foM panie de la somme. Le produit sera appli<]ué à la solde de l'armée. ^^

Les puMicaius s'<»itendrom avec les possesseura sur la portion de revenus que ceux-^ doivent pajrer à l'État Le bétail ne pourra être envoyé au parcours qu'après avoir été inscrit et quand les droits seront payés. Ce qui sera frauduleusement dérobé à c^te prescription, retombera au pouvoir de l'État^?

Les possesseurs du domaine sont ténus d'employer» comme ouvriers , des hommes libres dans une proportion déterminée , eu égard à l'étendue de leurs biens. 1^

Jusque-là les dispositions de la loi que nous avons pu retrouver sont générales et d'un effet durable. Ce qui suit avait un caractère de circonstance.

Ce que des particuliers possèdent maintenant audelà de cinq cents )ugères de terres arables ou de ■ ■ "^ ■ —

>^ Vendre^ par mandpationy loje^ looi. ÏB, pflg# i89$ sur la caution et la remise, yfùjcÊ Poljbe, YI, ij^ fwa Temploi, joyet le séoatiis-consulte daas DsBgts, YUI, jZL • >7 II faut bien distinguef ceci de l'excédant de posiemo» dont il a été parlé peg. 19; Cioéfon, 2, Vetr.fium., ftif Varron f de re rusU, II, 1.

- *^ Appien, L cit., cite cette difpositîon, et il n^;f a pai de doute qoA Salluste n'en Ht mention dans le passage aucfael appartient ce fragment èaanè par Servîoa, ad Gtorg*, II, ^09, et Fronto, ad Antanin, de orat., pag. 25o, edii» A•^ fag. 3oy cdit» £.

vergers, sera réparti en lots de sept jugères él assi*^ gné à tous les plébéiena en toute propriété. '9

'9 Aucun histoirieti^ f en conviens^ ne parle de cette atdgna^ tion$ mais elle éfait indispensable, le droit de prendre part; k des conquêtes futures était bien vague } c*eût été une trista consolation pour ceux qu'il s'agissait de soulager sur4e-cbamp. I)ans Golumelie^ i^ 5 y il est parlé de jugères liciniennes de cette dimension^ ce qui prourerait que* la loi continuait ces assignations de lots plébéiens : il parait que cette locution passa dans l'usage du discours; l'auteur^ au surplus^ se mon/tre ignorant de l'histoire^ au point d'attribuer l'assignation^ des terres à un tribun du peuple^ qui l'aurait faite après l'ex* pulsion des Tarquins : ce tribun serait Licinius. Il j a lieu de supposer qu'il avait sous les jeux le passage très -obscur de Yarron, de.re rusU, i^ 2, sur les deux .Stolons^ et qu'il prit le chiffre qui, vient après les mots post reges extictosy pour^ l'indication erronnée dé l'année de la révolution^ et par con». séquent pour CCXLV, tandis que ce chiffre était tout autre dànà son manuscrit.^ Le nombre CCCLXV qu'on lit mainti>ûant dans Yarron, doit être rejeté. Je ne puis prouver comment il faut le corriger; je ne puis que donner de la vrai* aembUnce à une^ conjecture; je la réserve pour l'époque à laquelle appartiendrait ce second Stolon ^ entièrement diffé-^ rent du réformateur. A, ce^nombre près^ le passage est en« tierèment sain : seulement il faut ainsi rétablir là ponctuation qui maintenant la défigure : ckem Romanum: et, çui^^ puis : appellabant, ejusdem.

' Une disposition générale siir les lois de sept jugères à assigner à. chaque eilension de territoire^ est, quoiqu'on eii £isse, mention, chose peu vraisemblable. Quoique les lois liciniennes fussent en vigueur, on n'en trouve pas* d'exemple jusqu'à M' Curius. Les assignations générales, sont fort rares,

. (i5) - Pour Texéeuiion de cette loi ii sera nooimé àed triumvirs.»^

'. Ces dispositions seront confirmées par le sermeni des deux ordres, et vaudront comme une transaction conclue à perpétuité. ^^

Ceux qui ont bien compris ce qu'était le do»* niable romain, n'ont pas besoin que l'on s'attache à justifier la loi de licinius, pas plus que le tribun

et quand elles ont lieu, la mesure est plus petite. Une fois qu'on eut reconnu aux plébéiens un droit égal à l'occupation^ ces distributions, bonnes pour le temps de Cassius^ purent 'paraître superflues , peut-être même trop favorables. L'expérience prouya néanmoins qu'on ne pouvait s'en passer : la plupart manquaient de moyens pour exercer l'occupation sur des terres éloignées, tandis qu'ils pouvaient affermer la petite propriété qui leur était assignée* Les choses changèrent quand on ne considéra plus la différence des ordres, quand lia nation fut divisée seulement en pauvres et en riches, en puissans et en faibles, et les conséquences des lois de Lici«^ nias j conduisirent promptement.

Sans doute que pour une pareille assignation la loi aura institué et organisé des fora et des conciliahuîa.

*** On nommait, pour l'exécution de chaque loi agraire, un collège de plus ou moins de membres^ le plus souvent ^'étaient des triumvirs, et je l'admets ici d'autant plus volon* tiers, que des triumvirs furent nommés pour constituer la république d'après les lois liciniennes. Le soin de mettre en, vigueur la loi agraire, aura été leur principale affaire. Les décemvirs du séna tus-consul te de Denjs, les decemprimi, trèsbons pour le temps de Cassius, n'auraient pas convenu ici.

^* Appien, 1. cit.

lui-même ne jugeait nécessaire de fiire à ses audi* leurs une longue déduction du droit et des avan* tages qui en découleraient. L'équité de sa mesure fut sans doute contestée : il en est de cela comme de la diminution de l'intérêt de la dette, publique; car ce qui opère un bien général peut blesser quelques particuliers. Alors il a pu arriver qu'un patricien se prévalût d'anciennes prétentions exclusives, mais le tribun lui aura répondu qu'à partir du décemvirat, les gentes et les plébéiens ne formaient plus qu'une bourgeoisie ; que depuis son origine l'ordre plébéien avait droit à l'assignation,, et ne l'avait jamais obtenue sans violence. Il aura ajouté que les plébéiens combattaient pour la république. Il aura fait remarquer à son avide adversaire combien s'ouvriraient pour les patriciens d'autres sources de gains, d autres genres de possessions, une fois que la république serait sainement constituée, le peuple dans l'aisance, les finances dans la prospérité, et que par conséquent la république pourrait s'agrandir par des conquêtes. Il pouvait dire encore qu'il fallait fonder l'État sur une innombrable quantité de petits propriétaires, et en rehausser l'éclat par les vastes possessions des familles nobles. Il &ut déplorer l'erreur de Tib. Gracchus. Il se fit illusion; il crut que les principaux citoyens ne seraient plus désormais insensibles à la honte; qu'on ne les verrait plus , comme les plus infâmes , se livrer enûè-^

(^7) rement à leur avarice» dédaigner le droit, l'équité^ le salut public* S'il n'avait eu cette trompeuse pensée, il ne se serait point appliqué à guérir un mal qtii avait pénétré déjà jusqu'à la moelle cet ÈUX dégénéré. Sans l'erreur de cette ame généreuset Rome n'aurait point souffert les secouçses qui^ après d'indicibles souffrances, amenèrent un état de choses plus mauvais encore . que l'oligarchie qui allait s'accomplir quand Gracchus voulut y porter remède. Mais personne ne niera que, si la loi de Lîcinius eût été observée, elle eût empêché cette dégénération qui rendit impossible le maintien de la constitution antique, et que Rome ne se fût point partagée entre quelques milliers de riches et une innombrable quantité de misérables. C'est une asser* tion sur laquelle il n'y a point d'erreur possible; et sans avoir le don de la prophétie , C Licinius pouvait annoncer avec une entière assurance tout le bien qui résulterait de sa loi ; il pouvait prédire dans quel abîme tomberait la république, si la cu-> pidité agissait toujours sans frein; il pouvait sup-/ plier la commune de ne se point laisser tromper, de ne point abandonner sa rogation. ♦Heureux l'État dans lequel on pouvait rétablir, ne fût-ce que pour un siècle, au moyen d'une loi Licinia, une population de cultivateurs libres! En Grèce, au contraire, les distributions' de terres créaient une propriété nouvelle, qui jamais n'avait de con-^

C ^8 ) sislànce. Les phîlo^pfaes les approuvaient, sans eir excepter celle opérée par Timoléon, comme un mal inévitable.

Le pape Léon IV eût été reconnu par les Romains des meilleurs siècles comme leur véritable concitoyen; on Teût jugé digne d'agrandir le pormjeriumy lorsqu'il fonda une colonie à Portus pour protéger la ville contre les Sarrazins, et qu'il lui donna non-' seulement des terres du Saint-Siège et des couveîis, mais encore de ses biens particuliers. Un historien dit ; il aimait trop la patrie, et attachait trop de prix à la conservation du peuple qui lui était confié» pour tenir à la possession de quelques biens périssables : il savait que la cupide détention de ces biens avait coûté la vie a beaucoup de monde. ^^

La troisième rogation Liqinia portait que Ton déduirait du capital des dettes le total des intérêts payés jusqu'alors, et que le reste serait soldé par portions égales en trois termes, d'année en année. ^ Cette loi, sans doute ^ faisait violence au droit; mais c'est ainsi qu'en agit Sully quand il décompta avec les traitans qui avaient prêté leurs capitaux à l'État du temps de la ligue; il retrancha aussi du capital Les îhtérêts usuraires, et fixa l'intérêt à un taux usift

" Anast., de vîtis Pontifie, pag. 283, éd. MogunU ^ Nous ne pouvons pas dire quel fut le sort de ceux qui n'étaient pas mcme en étal de s'acquitter dé la sorte.

(^9) de son temps et qui paraîtrait aujourd'hui fort exagéré. L'appréciation morale des faits anciens ne doit pas se faire d'après notre manière de voir : U faut se conformer aux idées dt( temps. L'antiquité condamnait l'usure avec presque autant d'aversion que l'église primitive ou l'islamisme; de fréquens exemples avaient accoutumé les esprits à l'interven-*' tien de l'État dans les affaires entre créanciers et débiteurs. Néanmoins Fauteur de ces sortes de loi^ n'était pleinement justifié que quand leur application lui causait à lui-même des pertes de quelque importance : s'il se dérobait à leurs coups, il était presque aussi méprisé que s'il en eût tiré avantage» Il ne fallait guère attendre de Licinius qu'il se sacri* fiât comme Sol on , la cupidité l'égara au point de lui faire enfreindre sa propre loi sur la possession ; mais il n'est pas supposable non plus qu'il ait péché comme les amis de Solon et de Cléomène. Eûtron gardé le silence sur cette faute plus grave, tandis qu'on nous parle si souvent de l'autre infraction ? Ce silence et ses possessions mêmes prouvent qu'il n'y avait point sur sa réputation de tache de ce ^enre; Le peuple romain n'eût point choisi pour interprète rhomme accablé de dettes. L'insolvabilité était un déshonneur; elle pouvait conduire à l'esclar vage, ou, d'après la loi Petelia, à la dégradation ' civique» En général, la nation romaine ne se confiait qu'à des hommes aisés et d'une conduite régur

Hère. Il ne manquait rîen à Curius ni à Fabricius. Dans les États modernes, toute atteinte à la législation sur les dettes blesse non-seulement ceux qui sont à même de supporter la perte, mais encore la classe bien plus nombreuse de ceux qui ne le peuvent pas; la spoliation frappe des veuves, des orphelins, pour ne soulager que le propriétaire obéré de biens considérables. Ce n'est point ce qui arrivait à Rome : il y a dissemblance complète entre ce qui 5e passe sous nos yeux et l'état des débiteurs romains. Le négociant n'empruntait guère pour ses profits et ses spéculations qu'à la grosse aventure, et Rome n'était pas une ville de commerce. L'agriculture améliorait sa terre par le travail; le prix des biens se payait comptant, et lorsqu'un héritage advenait à plusieurs par succession, et qu'il était impartageable, on continuait à en jouir en commun. Il en résulte que les dettes que frappait la loi Licinia n'étaient que la moindre portion de ce qui fait aujourd'hui la masse des obligations; qu'elles n'avaient d'autre origine que le besoin, et qu'elles étaient dignes de commisération , la prodigalité et l'inconduite n'y étant pour rien; somme toute, elles ressemblaient à ces dettes usuraires qui ne trouvent de protection que dans un fanatisme de légalité poussé jusqu'à la superstition. Les lois sur la banqueroute permettent la conservation de quelque fortune; dans les saisies de biens nobles le dissipa-

(5. ) teurle moins consciencieux est encore traité avec quelque libéralité. La loi licinia garantit la liberté personnelle et conserva à la république dès citoyens qui, sans elle, eussent été vendus à l'étranger, et qui eussent péri de misère. La déduction des intérêts n'eut aucune dès suites qui chez nous seraient inséparables d'une pareille loi, c'est-à-dire que plus d'un capital en serait absolument anéanti Quelque élevé que fut le taux de l'intérêt, il n'y avait point de si anciennes dettes. Je SÊÊt voir^ quand je traiterai ce sujet, que la duréç ordinaire du prêt devait être l'année de dix mois : si au bout de cette année le débiteur n'avait pas personnellement le moyen de se libérer, il cherchait un nçuveau créancier H qui lui donnât capital et intérêt , ou bien il fallait qu'il conclut avec l'ancien un autre arrangement. La perte que le créancier souffrait en diminution de capital n'était donc jamais bien considérable. Si les intérêts avaient été cumulés, il est évident qu'on les retranchait; mais dans ce cas le capital demeurait intact On perdait les intérêts de deux ans, cela est incontestable, puisque le remboursement se faisait sans intérêt, comme celui de la dot, qui était réparti en trois années, et comme ces années étaient cycliques 9 il en au^a été de même des termes accordés par les tribuns. Il est remarquable que les tii-

'4 Festus , 5. V. Versura.

Digiti

bunfi n^adoQcirent point la sévérité de l'anèienni^ législation sur les dettes, et ne rétablirent point de dispositions contre Fusure. ,

C. Licinius et L. Sextius promulguèrent leurs rogations sous les tribuns consulaires de l'an- 3 78; ils avaient pris possession de leur charge quatre jours avant les ides de Décembre, et les tribuns consulaires conservèrent la leur jusqu'aux kalendes de quinctilis. Les patriciens tenaient beaucoup à en empêcher radoption||kis le concUium de la commune, de peur que, si le refus venait du sénat et des patriciens, il n'en résultât une révolte ou une sécession. Ils gagnèrent donc les huit coUègues des deux tribuns pour faire avorter, dès ce premier pas^ ces propositions si redoutées. Ces huit tribuns inter-^ dirent la lecture qu'on en devait faire avant de voter; or, il n'y avait* qu'un greffier qui pût valablement y procéder, et s'il passait outre, au mépris de l'opposition , il pouvait encourir la peine de mort si le tribun opposant le voulait. Ce fut une atteinte à la force de l'intercession, lorsque dans ces derniers temps de la république C. Cornélius lut en personne un projet de loi que son serviteur n'osait pas lire par respect pour la défense qui lui en était faite.^^

Aucun tribun ne pouvait refuser la lecture à la commune ; car il n'était que son représentant : il

^ Asoonius^ dans rarg^um. du diaoou&poorGoiBdias.

né pouvait ctireetement rien interdire à son coy^tie^ mais^ jusqu'au moment où les tribus se séparaiem, il pouvait empêcher de voter, en arrêtant et en rendant impossibles les actes qui devaient préalablement être accomplis par des subalternes.^^

Les auteurs des lois furent donc invinciblement arrêtés dûns leur entreprise , et n'ayant pas la témérité de Cornélius, ils devinrent la risée de leurs ad* versaires. Us ne se montrèrent point blessés dans leur amour-propre, mais quand Tannée fut révolue et quand vint le jour de nommer les tribuns mili-* taires de l'année suivante ^ ils empêchèrent 1 élection*

Pendant cinq ans que dura la lutte, ils renouve^ lèrent leur opposition chaque fois que les pouvoirs des magistrats expiraient. Il n'y eut, dans cet intervalle, que quatre collèges de tribuns militaires, et dans les Fastes on a compté pour une année pleine» le temps qui s'écoula sans magbtrature entre les deux premiers et les deux derniers ^7. Ces intervalles eurent des interrois : dans l'antiquité , l'administra* * ■' ■ ■ "1 • ■ ■ ■ ' ■

^ Cicéron,^^. CorPteUanœ, et Ascoûias dans le corn* itieniaîre*

>7 Tom. ly^ pag. 338. Ainsi Ton a quelquefois considéré, la somme dont on acqtiittait la dime^ comme étant elle-même la dîme. Il ne faut donc pas être surpris si Ton a regardé comme quatre ou cinq années d'anarcbie continue les quatre années de magistrature ou les cinq de la Ijitte ; de la sorte on aura attiibué aux législateur» dix tribunats. V. 5

(34) lion était en géiiéi*al peu affairée, elle n'en marcha pas moins. L'interroi avait juridiction^^, mais il est douteux ^ue les tribuns aient permis ^'exécution d'aucune sentence portant atteinte à la liberté d'un plébéien. Us auraient même pu empêcher les tribus de se réunir pour nommer ces magistrats : le permettre, fut de leur part acte de douceur et de mcH déralion. Quand il y avait nécessité de résister aux peuples voisins, l'opposition cessait et l'on nommait des tiibuns militaires. Cependant leur charge se renouvelait d'année en année, et bien que l'influence des gantes pût opérer des réélections ou Êiire nom-^ mer d'autres partisans de l'aristocratie, la cause de la liberté plébéienne se fortifiait de la prolongation même de la lutte entre les deux partis. On nommait tribuns du peuple, les partisans des propositions liciniennes, tandis qu'on voyait s'affaiblir de plus en plus le nombre de leurs adversaires. Dès leur troisième ^9 tribunat, 38o — 38i , il n'y avait j4us dans le collège que cinq opposans assez embarrassés et assez humbles. Il parait que l'élection suivante amena des tribims unanimes. Titè-Iive le dit en termes très -clairs dans' son récit des troubles de l'année 682 ^^j quoiqu'il parle quelques lignes plus

»8 Tile-Live, XU, 9.

>9 Dans Tite-Iive, qui rére cinq ans d'anarehie^ c^t la buitiéme.

3* Cum tribus voçarmtur, — nu wUnissio coUegantai hUo-

bas de la contestation des tribuns avec leurs collègues bpposans, assertion que réfiite Fetisemble des évènemens. Dès le commencement de Tannée^ les tribuns poussèrent à l'adoption de leurs propositions; comme il arrive toujours qu'on se hâte quand on se voit enfin débarrassé d'un obstacle qui nous a long-temps importuné. Le sénat eut recours aut moyens les plus extrêmes» à des moyens qu'il avait pu négliger tapt qu'il avait la ressource dé l'opposition tribunicienne.

Camille fut nommé dictateur » et se mit à lever une armée au jour indiqué pour l'adoption des lois.'^ Il ordonna, sous les peines les plus sévères, que la commune se retirât du Forum où elle avait déjà commencé à voter^ enfin il commande aux licteurs d'employer la violence. Ce vieillard croyait, à l'aide de cet appareil de force » se rendre aussi puissant que l'avait été autrefois Cincinnatus; mais les temps étaient changés : les tribuns lui opposèrent une conduite calme et réfléchie* Ils promulguèrent une rogation portant : quiB si CamiUe agissait en qualité de dictateur, il encourrait une amende de 600^000 as; ou bien ils annoncèrent par un édit qu'en vertu du plébiscite junien, ils poursuivraient Camille en

rtbusohsiaret , irepidi Patres ad — uhima auxiUa -^ dèùummU Tile-Iive, VI, 38.

^> Plntarquc) Càmtîl, pag. i5o ti suiVi

( 56 ) paifiment de cette amende, quand il aurait déposé SSL dictature, pour réparation de ce qu'il avait troublé l'assemblée de la commune. Dans le ppemier cas la {Commune n'aurait pu rien résoudre ayant la troi^ sième nùndine ou jour de marché , et ce nouveau vote aurait également été empêché par Camille. Qu'il y eût édit ou rogation, peu importait : cela devait lui paraître une coupable violation de la majesté de sa charge. Mais la dictature ne possédait la toutepuissance que par l'obéissance libre et respectueuse de tous. Dans cette circonstance, au contraire, la tempét,e fut si violente,, que, cédant aux conseils de tous les hommes sensés, Camille abdiqua. ^^

^^ Tite-Live a bien raison de dire, que si les tribuns ont pu prendre une pareille décision, il notait donc pas possible non plus de les empêcher d'adopter les trois rogations. Cette remarque aurait dû le conduire à rejeter comme une malencontreuse addition les motspiebes scini, dans lesquels git tonte la difEculté. Quant au doute qu'il émet sur cet excès d'audace de la part d'un tribun et sur le succès qu'il obtint, cela est bon pour des temps ordinaires. Il écrivait les Annales d'après les anciens au fur et à mesure de la marche du temps; mais s'il eût bien connu les événemens des années qui suivirent presque immédiatement, il se semit souyenu qu'en Z^% (397) le dictateur L. Manlius fut forcé par les tribuns d'abdiquer (Tite-Live, VU, 5); c'était probablement aussi par une menace d'amende. La rogation n'avait d'ailleurs rien d'ill%al : celui qui était menacé ^ s'il voulait s'exposer à paj^ l'amende après l'expiration de sa cbaige, pouvait agir en dictateur tant qu'ilitait au pouvoir ; il avait la faculté 4'çmpé-

 quelques détails près, les deux historiens sont d'accord sur ce récit 55, et il ne faut tenir aucun compte d'une hutre version rapportée par Tite-Live, et selon laquelle Camille aurait abdiqué par respect pour les auspices. Mais il existe un renseignement digne d^attention, quoiqu'il soit presque monosyllabique : il contredit directement une bonne partie de la narration reçue, et il ne peut èlte concilié avec elle qu'au moyen d'additions^ qui supposent que lés choses se passèrent tout autrement que ne nous le dit l'histoire. D'après ce renseignement, Camille n'aurait point été nommé dictateur pour ces troubles, mais pour la guerre; il aurait abdiqué pour obéir à un sénatus-consulte, à cause d'un édit rendu contre les soldats ^4. C'est ce que nous disent, dans leurs fragmens, les Fastes appelés capitolins, que Fon a réunis sous Auguste. Quoiqu'on y ait procédé avec peu de critique, ils sont dus a d'anciens dôcumens. D'ailleurs, qui donc aurait inventé cette version humiliante pour le héros qui fut déifié comme un autre Romulus? Les anciennes divisions

cber les tribuns de mettre leur bill aux voix ; mais il fallait bien qu'un jour il abdiquât, et dès -lors les conséquence» de la menace Istaient inévitables. '

^^ Nous retrouvons Denys dans Platarque.

^4 Rei gerundœ causa ob edîclum in mUiies ex Se. ahdka^ naît* Le complément est de Panvin, il n'jr en a pas d'autre possible.

de pam étaient oubliées : ces querelles étaient de-* venues inintelligibles. Il faut donc regarder cette mention comme empruntée aux anciens Fastesj c'est un vieux débris de la plus pure substance de l'histoire. Il s'ensuivrait que ces contestations avec le& tribuns sur leur loi, ne seraient qu'une transposition des faits de sa dernière dictature i la sédition que l'on voulut apaiser par la nomination du dictateur p. Maïilius, aurait été J)rovoquée paîr un édit de l'orgueilleux général; son abdication aurait été corn-» mandée pour éviter de plus grands maux, et l'a-^ mende dont il fut menacé par les tribuns pour le cas ou il agirait comme dictateur, n'aurait eu d'autre objet que de le contraindre- à obéir au sénatus* consulte.

Ordinairement, dans sa lutte avec la classe oppri«* mée^ le sénat d'une aristocratie en décadence se montre plus sage que les autres honmies du même ordre, quoique ceux-ci n'aient que peu ou point de part aux grands et séduisans privilèges qu'il s'agit de conserver. On est toujours disposé à écouter la voix de la justice, quand il faut délibérer au milieu de difficultés de tout genre, et quand l'expérience nous éclaire sur les suites de l'obstination ; au con* traire, ceux qui n'ont aucune responsabilité sont les plus violens; on les entend répéter sans cesse, qu'il faut que le gouvernement se montre fort, qu'il n^ doit pas faire la moindre concession, etc. Dans le

(39) sénat romain, une circonstance encore venait accroître la sage modération qui Tanimait; plusieurs plébéiens y siégeaient déjà, et beaucoup de patri» dens des plus illustres avaient contracté des alliances avec le second ordre. Tel M. Fabius Ambustus, beau*père de liciniufs; tel P. Manlius, que le sénat appela à la dictature pour apaiser la fermentation. U est évident qu'il se fit médiateur de la pait, puis* qu'il désigna pour général de la cavalerie C. Liônius Calvus, plébéien, qui éuit à la* fois son parent et celui du législateur. 3^

Une décision dont la proposition était peut-^tre contemporaine des autres rogations , créa un préjiigé très -favorable à l'adoption des lois; ce fut la rogation qui porta à dix le nombre des gardiens des livres sibyllins, en ordonnant que la moitié de ces gardiens serait prise parmi les plébéiens. C'était un sacerdoce grec en l'honneur d'ÂpoUon; il n'avait rien de commun avec les auspices, et il n'y avait aucun prétexte de le refuser à la plebs; néanmoins cette décision lui reconnaissait une part égale

^ C'est ce qne dit Tite-Liye. C'est le tribun militaire de 5yjy àïeal de Taimable poète. Plut., CamilL, pfig* i5o, dit que c'était Stolon le tribun, et Dion rapportait la même chose. Yojczfr. 33 Reim. , où il j avait certainemeni le mot SifjLtiLfXov avant le mot orra. Maigre tout cola, il n'est pas snpposable que le tribanat du peuple fût compatible avec aucune autre chaige. •

au destin du gouvernement. U paraît qu'alors on essaya de transiger ^^. Le sénat se montra disposé .à céder pour ce qui concernait le domaine public et les dettes, mais il se refusa absolument à accorder le consulat plébéien; le peuple allait voter (le dictateur ne s'y opposant plus) les rogations qui rin* téressaient immédiatement , faisant pour le surplus preuve de cette légèreté, de cette ingratitude que la multitude apporte toujours dans ces sortes d'af» Êdres. Mais les tribuns rédigèrent les trois rogations en une seule, pour qu'il y eût adoption ou rejet du tout; probablement c'était bien plus encore pour empêcher le sénat et les patriciens de gagner la foule par l'adoption de deux des trois rogations. Ainsi, lorsque la chambre des pairs était d'accord avec la couronne, celle, des communes, dans des temps difficiles 9 avait soin d'incorporer dans un b3l financier, les résolutions pour lesquelles il n'y ^vait pt>int à espérer de sanction de la chambre haute. Quelque étrangères que ces résolutions fussent aa bill, il n'y pouvait rien être changé, il fallait adopter ou rejeter. On rapporte que Licinius répéta au peU'* pie une antique plaisanterie : s^ik ont envie.de boire j ii faudra qu^ik mangent^7. Les deux chefs du peuh

36 Oio», l. cit.

^7 eiç ovK etv Trionv, tl fM payouv , d'après la oorreotipn 4e H. S. Reimar, dans lefl^À^^in. de Dioo ,33. f

GoogI(?

fie n'acceptèrent d'ailleurs rlëar réélection que saSk l'assurance que la commune était résolue à tool

OS«il

L'année 583 (388) ramena la paix; malheureok sèment l'histoire ne parle qu'en termes fugitib dés lottes terribles^ qui vainquirent en&n l'obstinatlcRa du sénat et du dictateur. Les rogations étaient com^i {Aétement adoptées; il ne manquait plus que la sanction du sénat et des gentes. Mais au Heu de l'ao-^ corder, on nomma Camille pour dictateur contre le peupla II n'y a nul doute qu'il n'ait essayé d^ troubler sa liberté par une levée de soldats. Il est tout au moins fort vraisemblable que le plan était.» comme l'avait autrefois voulu Gncinnatus, de tenir en dehors de la banlieue de Rome une apparence d'assemblée dé centuries à laquelle le pouvoir diouvtorial imposerait la révocation des lois déjà votées. Cette fois encore la puissance , qui devait servir a de si mauvais desseins, demeura sans effet C'est à ces 'ëvènéïnens que se rapporte ce que mt Plutar-? que^S de l'exaspération des tribuns, qui. auraient ordonné de retenir Camille prisonnier au Forum. Cet auteur entasse ai quelques jours des Êiits qui probablement ont rempli des mois entiers.

Enfin les lois étaient confirmées dans toutes îés'

^ Ingeniia cértamwa. TitepLive^ VI, 42« ^ Pii^t.» CamUh, pag. iSi, 4.

formes, et déjà L. Sextius Lateranus était élu consul plébéien ; mais les patriciens réunis en curies refusèrent de ratifier son élection 4o. Cette démarche mconsidérée ralluma toute la fureur de la discorde. lite-Iive se contente de dire qu'il y eut des menaces terribles, et que le peuple fut près de se re* érer, Ovide qui, pour ses Fastes, recherchait avec soin les vieux récits, peut être regardé comme une autorité; or, il va encore plus loin4i. n q^ serait pas étonnant que Tite-Iive, impatienté de ces Ion* gués querelles, eût adouci dans sa précipitation ce qae les anciennes Annales racontaient unanimement Ovide ne se borne point à une sédition d'un caractère menaçant; il raconte que le peuple avait pris les armes et s'était réuni (^ns doute sur l'Âventin). Mais Camille lui-même était fatigué de ces funestes différends^ il désirait s'endormir en paix. Soixante ans s'étaient écoulés depuis la bataille où, sous le dictateur A. Postumius, il avait, selon la tradition, commencé sa réputation militai)re et reçu ses premières blessures. Il se fît l'arbitre de la paix

4o PainiM se auçtofxs fiUuros negabant. Tite-Lire, 1. cif«/ jSans doQte ^llef exerçaient oe droit pour chaque élection $ mfâs s'il éUit déiQontré qu'à cbaque nouveau choix elles repousseraient tout plébéien , l'adoption des lois n'était plus qu'une dérision.

4' Ovide, Fasi.,lf y. 643 : cattài quod a Patrtbus sumptis ^casserai armU Vulgus, ci ip$a suas B^ma iiméiai opes*

entre les deux ordres, et promit d'élever un temple à la Concorde, s'il réussissait Les plébéiens çonsen-^ tirent à ce que la préture urbaine demeurât au premier ordre comme magistrature curule, et les patri* ciens accordèrent qu'à Pavenir le pouvoir judiciûre serait exercé alternativement d'année en année. En récompense de ce traité, le fils de Camille fut le premier élevé à la préture. D'après cela, les curies sanctionnèrent à l'avance tous lès choix de l'année, et probablement toutes les lois delicinius furent jurées comme une transaction par les deux ordres. Quant à la Icu agraire, on nous l'atteste formellement^.

Les nowelles charges curules de Fan 3S4*

Le rétablissement du considat aurait, à moins âtt changemens formels, reproduit toutes ses attribvrbutions telles que les exerçaient encore les consuls dont Télecûon était quelquefois illégalement obtenue, en dépit de la constitution, qui voulait des tribuns militaires; De la sorte la préture eût été constamment réunie au consulat ; mais en l'absence des consuls , le cuslos urbisy le gouverneur eût-il été désigné par eux ou par une élection populaire? c^est ce que nous ne pouvons deviner; car depuis le djècemvirat il n'apparaît de vestiges de cette m^^ gistrature que dans les années où il y d des tribuns consulâres»

De la sorte le consulat eût été, à la censure près, pètabU dans toute la puissance dont quatre-vingtdix ans auparavant on demandait avec instance la restriction et le partage. U était tout simple que désorraûs les partis eussent des idées toutes différentes ; smtrefôis, en effet, les devanciers dçs patriciens conndéraient chaque diminution de Tautorité consulaire comme un attentat à la souveraine puissance , et maintenant que le consulat était partagé , ils réclamaient cette diminution avec autant d'ardeur qu'autrefois leurs adversaires, parce qu'ils voulaient que sous un autre titre la portion d'autorité ôtée au consulat leur restât connue un privilège. Les plébéiens , dans la vue de ce résultat, regardaient l'accumulation des pouvoirs comme un mal fort supportable. Cependant on trouvait, en faisant cette concession aux patriciens,* un heureux moyen de rapprochement; d'ailleurs, si c'était pour le moment un immense , sacrifice, il était trop absurde pout* qu'il pût être de qbélque durée. Oh renouvela la charge de gou-' vemeur sous le nom usité déjà depuis (ort longtemps de pretor urbanusj mais de telle sorte qu'il eût juridiction même en la présence des consuls. Les. curies autrefois avaient conféré cette ma^stràtore, mais il était bien entendu que désormais ce* serait l'affaire des centuries.

Dès qu'ii ne fut {dus question de privilèges de caste, la dépendance dû le peuple avait vécu à Fé-

. . (45) gard.da sénat ne 'se conserva cpiVn un seul point: c'est que le bien-être, le malheur de chacun pour vaient dépendre du sénateur que, dans les contesta* tions, le préteur lui désignait pour juge. Ce qui plus tard fit la force d'une branche du pouvoir, avait été fondé anciennement sur la prépondérance de Tordre Le nombre des sénateurs plébéiens, quoique fort peut, s'accroissait de jour en jour, et déjà il y avait parmi ies patriciens des honmies plus bienveiUans, plus équitables; mais réunis aux. premiers, ce n'é* tait encore qu'une minorité. Dans ces circonstances il n'était pas indifférent de savoir à quel parti appartiendrait le magistrat qui indiquait arbitrairem^it les juges.

De plus , il importait beaucoup aux patriciens que le tribunal arbitre d'équité en matière de possession sur Vager publicus , appartînt à un des leurs, afin qu'il pût préserver de toute recherche les infractions à la loi de Licinius. Parmi, les rai? sons à donner pour colorer cette prétention, il y en avait une très-spécieuse, c'est que le maintien dé la possession était la principale attribution de la préture, et que long-temps encore le premier ordre aurait à la possession un intérêt prépondérant.

Le partage des attributions du consulat fut donc fort inégal; les patriciens s'en étaient réservé plus des deux tiers. Le préteur était le collègue des consuls, nommé sous les mêmes auspices et sous la pré-

^dence de l'Un d^eux^^. Aussi est-il fort vrasem^ Mable que dès l'origine il eù( six fiiisceaux, tandis i|tie les consuls ensemble n'en avaient que douze. 4^ Bien que la juridiction fût conservée à cette charge, elle demeura auœi au consulat comme y ayant été primitivement comprise, et même il est arrivé par-* fois que, sur l'appel, les consuls ont réformé des sentences du préteur sur la possession. 44

De la part des plébéiens ces concessions n'eurent point un caractère rétrograde* Us trouvèrent une compensation dans l'organisation de Tédilité curule; elle les admit désormais d'année en année à l'exer^ cice d!un pouvoir qui parait ne leur avoir jamais été concédé antérieurement, si ce n'est pendant la courte durée du second décemvirat Les patriciens n'en retirèrent qu'un peu d'éclat, mais les plébéiens

4* Tite-Liye, Vil, i.

^ Poljbe indique toujoars celte magistratare par les six faisceaux, et non-seulement pour les préteurs enyqjës en pro« Tince^ naais encore pour celui de la ville (XXXlII, i> 5)« Gela est trop précis pour comporter aucune conciliation avec beaucoup d^autres passages connus, dans lesquels on ne donne an préteur de la ville que deux licteurs; sans cela on aurait pu dire qu*il en prenait plus quand il sortait de Rome. Je ne puis résoudre la difficulté. Dans Gensorin, c. 24 , la loi Pie* Umst paraît en établir deu^t: on ne peut admettre le chiure de Poljbe $ car il faudrait une interprétation forcée pour écarter le passage de TËpidicus de Plante, I, i , 26, duquel il résulte que de son temps il j en avait deux4

^, Valère Maxime.

en jouirent aussi U est^vrai que le fécit conservé par Ute-Iive semble indiquer que l'avantage fitt tout entier du côté de la jeunesse patricienne » eu moins quant k h vanité satis&ite. D'après^ee mêmi récit, un sentiment de dâicatesse les aurait enga^ gés à y faire participer les plébéiens 4S; mais il a été imaginé dans un temps où Timportance et le» principales attributions de Tédilité étaient déjà tOB»t bées dans ToubU Que l'auteur de cette indication se complaise à vanter la chevaleresque générosité des jeimes patriciens ^ qui s'offrirent à supporter les frais du quatrième jour de fête, de celui que vota . en l'honneur du rétablissement de la paix la pieuse reconnaissance du sénat; qu'il nous dépdgne l'ava* rice des édiles plébéiens et la bassesse de sentimens qui leur fit refuser ce surcroît de dépense, je le veux bien; mais de quel droit exigeait- on d'eux de plus fortes dépenses que par le passé, sous le prétexte que le sénat avait institué un jour de sup^ plications au nom de l'État tout entier? D'ailleor» l'esprit d'ordre qui repoussait lés prodigalités était bien préférable à l'avarice et à l'usure. Ce qu'il y a de plus maladroit dans cette invention , c'est que les jeux romains ou grands jeux dont on augmenta la dépense, ne regardaient en rien les édiles plébéiens, attendu qu'ils étaient donnés pour le pa-

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