‹ Histoire romaine de m. B. G. NiebuhrChapitre 2 sur 14 · VI · texte numérisé non relu

VI

(43) pubês. Ce qui le pouve^ . c'est que les places y étaient assignées par curies 4^. La division des castes ifélendait mèQie aux jeux più>lics. Les édiles de la eovÊmme présidaient aux. jeux plébéiens j et il est efaâr aussi que ces jeux ne pouvaient être célébré» dans le grand cirque; c'est pour cette destination ipi'on aura bâti le cirque flaminien à l'endroit même .00 se tenaient autrefois les assemblées de la commune^7. Lors même que les édiles plébéiens auraient présidé aux grands jeux, que leur im^portait qu'on e^ prolongeât la durée. Le témoignage de Fabius ne BOUS apprend-il pas que jusqu'à la première guerre punique la. république assignait par an Soo^ooo ae^ pour les frais de la célébration 4§* Si cette célébration se convertit en une litur^e a la £içon de celles de l'Âtdque, ce fut sans doute la conséquence du' mauvais état des finances de TÉtat; du reste cela était tdut-à-fait contraire aux habitudes de Rome, quipuisait dans I le trésor tout ce qu'il fallait pour les d^enses et ppur soutenir la dignité des ma^trats.49 -^-- — ■■ -" — ■- ■ — '-^ — ■ — - . i. . — . ■ - - - ■ , ^^^^

46 Tome II, pag. i65.

47'Tom.n, 1. cit.

48 Dcnys, VH, 71.

49. Quelque peu de méiiageinens qu'on gardât envers le» plébéiens, il n'est pas supposable qu'on exigeât de leurs ma-* gistrats de donner à leurs frais des spectacles anx gentes, comme aujourd'hui les pauvres juifs sont tenus, dans la Rom« moderne, de fournir le Pallium pour le prix de la conise^

' Bst-il'possîUe.de raçopter sérieàsemeni qm 1^ sénat, voyant les pàtriciensr envahir trois niag^stmtures cùrules pour une qui était concédée à la com« mune , en fut. blessé comme d'une chose peu équitable ^o, et que ce fat pour ce motif qu'il décida ^ dès la seconde année, que l'édifité alternerait entre les deux ordres? Ne se souvient-on plus des efforts du parti qui dominait encore cette assemblée pour enlever à la plebs le seul avantage qu'elle eût obtenu?

•Mais ce récit lui-même (et tel est le caractère particulier de l'histoire romaine) repose sur un fond de vérité que l'on peut encore découvrir. L'addition d'un jour aux grands jeux^^ est de tout autre nature que là prolongation ou la répétition de fêtes que l'on ordonnait parfois dans des circonstances de )oie ou de deuil. Ce fut une innovation pentiapente: le quatrième jour était. ajouté pour la commune, comme autrefois chacune des trois tribus avait eu successivement le sien; aussi, quand fat abolie la dignité royale, le tribun des chevaliers plébéiens forma avec ceux des trois tribus un collège de quatre représentans de la souveraine, puissance. Il est même probable que dès -lors un qua-

^^ Tite-Liye, YII^ i.. Verecundia indeimpcsita est semauiex pairlbus jubendi œdiles curuhs creari,

^' On voit clairement dans Tite-Livé de quelles fêtes il est question : l'opinionr de:PliEtarqiie>* quHl s'agit de fite» latines, est une berne.

triènie jour avait été ajouté, puis supprimé; et que, rétabli après la paix entre les deux ordres, il avait disparu de nouveau, tine fête qui fht visiblement instituée dans le temps qu'on signale comme l'époque de Tarquîn l'ancien , ne pouvait manquer d'attribuer,' sur-Ie^cbamp , le même honneur aux trois tribus. Comment supposer que les Titiens û'y prirent part qu'à dater de la création du consulat, les Lucères seulement après la réconciliation avec lâ pkbs? L'institution du quatrième jour ftit donc la reconnaissance solennelle des droits de la plêbs^ qui désormais fit partie intégrante de la nation romaine; c'était dire qu'elle touchait d'aussi près, aux grands dieux pour lesquels on célébrait les jeux^ que les trois anciennes tribus. La conséquence en était qu'à leur tour ses magistrats pr^ideràient Le partage de l'édilité curule fut donc une nécessité , non une amélioratioti amenée par des dispositions plus sages. On ne nie pas que dès la seconde année on n'ait élu des plébéiens. S'il n'en eût été décidé ainsi dès le principe, il eût fallu des années de lutte pour y parvenir.

Au surplus, le^ plébéiens n'auraient gagné à tdA qu'une distinction honorifique, si Tédilité curule n'avait eu que les attributions qu'elle avait du temps de Cicéron, ou si elle n'eût été que ce qu'il l'a faite daiis son eipos^ de k constitution ^K D'après cela

5* Gccron, de kgîb., IH, 3 (7).

ik n'anraieiit guère acquis d'autorité, qu'en ce point que leur surveillance sur la ville et le inarché s*éten-> drait désormais aux patriciens. Depuis la législation décemvirale les édiles plébéiens avaient exercé leur police sur toute la ville, comme dans les plus anciens temps sur leur commune ^^. Toutefois cette attribution n'atteignait point les patriciens. Il y avait compensation pour ceux-ci, en ce qu'un magistrat pris dans leur sein exerçait tous les deux ans son autorité, non plus seulement sur leur ordre, mais dans un cercle dont il avait été exclu jusqu'ici. Si, dans le commencement, Tédilité curule n'avait eu que la surveillance de la ville, du marché aux grains et des }ettx, elle n'aurait jamais été que le premier degré des honneurs; personne ne l'aurait i^cherchée pluneuTs fois; on ne l'aurait point briguée après avoir rempli les fonctions les plus élevées, pas plus qu'on ne la brigua dans les siècles suivans. Et cependant M. Yalerius Corvus, qui avait été consul dès sa vingttroisième année , la demanda qbatre fois. Dans les anciens jours, T. Quinctius, après trois consulats, fut nommé juge criminel ^4; et l'esprit de cette questure, jusque-là exclusivement patricienne, était d'apparlenir alternativement aux deux ordres par l'élec-

^^ Le soin de veiller à oe qu'on ne rëyéràt que des dieux romains (Tite-Iiye, IV, 3o), était éyidemment une attribution générale.

' ^ Tité-Iâre, JR, a5.

ttôn des centuries. ^ L'orgaoisatîoB de cdte édîUté était uiké partie essehtiellé de la législatioB de Liei*niùs; ce fut un grand progrès vers là liberté générale.

Il est impossible de dire en quelk cas on donnait , -pour juger les crimes non manifestes, un juge du sénat, ni quels étaient ceux où Taffaire éisçit sou«* mise au tribunal de la nation ou des tribus. Mab on sait assez que le perdadlio^ l'accusé de trahkoDy quand il ne dédaignait pas un vain sursis , quand ï n'aquiesçait pas au jugement des duumvirs, en ap^ pelait à la juridiction du populus. Dans toutes les affaires qui ne portaient pas sur des crimes d'État proprenient dits, lorsqu'une autorité romaine étak -chargée de l'accusation , on suivait évidemment la même marche. La déclaration de culpabilité émane préalablement de cette autorité, et le jugement du peuple n'intervient que parce que le condamné -a droit d'en appeler à ses pairs, c'est-à-dire à la nation. Peut-être n'est-il plus possible de dire en quel temps est né le droit de plainte générale, drok dont l'abus a donné naissance à l'institution dés quadruplateurs , espèce d'accusateurs publics. Tant que l'amendé multiplç fut poursuivie au nom: du fisc, la plainte a dû être poursuivie au nom de l'État.

Les édiles curules nous apparaissent comme une magistrature intermédiaire entre les questeurs aocu-

(53) dateurs; et les iriunwiri capùales^^, magistraturecri** mindle^ investie du droit de juger, et fiiisant valoir ses arrêts devant l'assemblée du peuple : d'après cela, un récit fort abrégé a pu la représenter comme n'exerçant que les fonctions du fiscal. C'était encore* la questure qui avait fait nK)urir Manlius. Après cela on n'en voit plus de trace dans tout ce qui nous est resté de Tite-Live. Ils recherchaient les crimes,. «fit Varronj comme aujourd'hui les triumviri capitales^^. La création de ces triumvirs était racontée> dans le XL® livre de Tite-Live. Les derniers livres de la première décade sont les ^uls qui puissent nous montrer Finstruction criminelle entre les mains des édiles curules , telle que l'avaient eue autrefois) les questeurs. La réorganisation de cette charge ne fit pas plus périr cette juri/jiction, que la juridiction du préteuç n'éteignît celle des consuls. Dans, une circonstance où les triumçiri capitales n'auraient, pu intervenir, M. Marcellus eut recours aux anciens, ^oits de l'édilité dont il était revêtu, et poursuivit le. coupable devant le peuple^?. Le titre même de

^^ Si cenx-*ci n'ont reçu ceUe charge que dans des limites plus restreintes et avec moins de dignité, cela ne fait rien à ma remarque. Les édiles la reçurent entière.

56 De 1 1 V, i4 (IV, pag. 24). Il n'eut pas l'occasion de dire que dans l'interralle leur charge avait été remise aux édiles; il ne fait qu'expliquer le nom des questeurSi^

57 Yalére Maxime, VI, 1, 7. Plnl., MaralL, pag. 298, e.

k nouvelle tnagislralure indique qu'elle ne pouvait être compétente pour poursuivre, devant le peuple, des crimes dont la punitioa n'était que Tamende. Les édiles demeurèrent donc chargés du maintieiiL des lois sur l'usure. La juridiction relative à une possesâon trop étendue du domaine, pourrait n'avoir été que plus tard transférée, des édiles plébéiens^^ à ces triumvirs.

Les faits suivans attestent les attributions des édiles comme instructeurs et comme accusateurs.

On dénonça à l'édile curule Fabius , les empoisonnemens commis par les matrones. ^9

Les douze Tables prononçaient la peine de mort contre celui qui, par des enchantemens, attirait sur son champ le blé des voisins : l'édile curule, Sp. Postumius Albinus, porta devant lé peuple une accusation de ce crime ^. On ne saurait donc soutenir que cette magistrature était restreinte à la po* lice de la ville.

Les anciennes lois, expression fidèle de la pureté des anciennes mœurs, punissaient de mort l'attentat à la pudeur de tout citoyen qui n'était pas déclaré in&me par la loi; elles punissaient de même les faits honteux, commis de son consentement, et les sim«

^ Les édiles plébéiens firent encore prononcer qndques , condamnations de ce chef. Tite-Liye, X, u3,

59 Tite-Live, VIII, i8.

60 Pline, H. N., iB, 8.

(55) pies propositions. Les iriums^iri capitaiesi agissaient aussi d'après ces lois^'. M. Marcellus, édile curule, poursuivit devant le peuple celui qui avait essayé de séduire son fils^^. Une chose non moins extrar ordinaire, c'est que l'on admit une accusation contre un tribun du peuple pendant la durée de sa charge, c'est que le peuple se contentât du genre de preuve qu'on lui présenta. Le coupble fut condanmé uni- , quement à raison de la vertu de son accusateur; la rougeur et le silence de l'enfant, qui ne pouvait articuler cette infamie, achevèrent de le confondre.

L'atteinte à la chasteté de femmes nées libres^, était punie au nom de la bourgeoisie, dont l'honneur en était blessé; on la poursuivait tant sur elles^. mêmes que sur leurs séducteurs. Pour les femmes c'étaient de grosses amendes, pour les hommes c'étaient peut-être des peines plus fortes. Les édiles curules poursuivaient l'affaire deva^nt Iç peuple contre les unes ^4 et contre les autres. ^^

Je conjecture aussi que Pullius et Fundanius, les

6» Valcre Blaxime, VI^ i , n.*" lo.

6» Val. Maxime, VI, i , n.* 7. Plut., MarcêU., p- 1198-, e*

^ Les mœurs des affianeliies étaient aba^données à elles*

mêmes, et la présomption leur était tellement contraire, du

moins en ce qui concerne le temps passé dans Fesclayage,

que l'union d'un citojren avec l'une d'elles portait atteinte à

sa considération civique , et peut-être le d^adait.

64 Tite-Live, VIII, 22. Valcre Maxime, Vin, 1, n.** 7.

65 Tite-Iive, X, 3i. De ce que l'amende fut emplojée à

(56) àdcttsateurs de RClodius, qu'ils poucsuivirent . à 'cause de la déÊiite de Drepana^^, n'étaient pas, comme les appelle le scoliaste par: lequel nous coa* naissons cet événement, des tribuns du. peuple, mais des édiles curules.^?

Quand la majesté d'une magistrature sduffrai^ quelque atteinte, c'était un édile ^^ qui citait devant

la ccmstmction d'un édifice sacré ^ Pighius a justement- conclu que Q, Guiiges était édile.

^ Le scoliaste sur le discours. in Clodium et Curionem, pag* 79, éd. MeâioL

^7 D'abord parce que le nom de Pullius se présente rarement^ et qu'il est fort yraisèmblable que le Clivus Pal lins ^ comme le Clivus Publicius^ aura été établi par cet accusateur au moyen de l'argent provenant de l'amende, peeunia miiUati* tia, infligée à Glodius, et qui s'élevait à douze mille as; a.® parce qu'on trouverait difficilement un autre exemple de deux tribuns accusant en même temps , tandis que les édiles agissaient ordinairement en commim, diem dicehant; 3.® parce que le scoliaste, oubliant qu'il les avait qualifiés de tribuns^ parle ensuite de l'opposition des tribuns comme s'il était question de tout le collège, et non de la majorité opposée à deu:^ tribuns ; 4-^ à cause de l'expression dies dicta perduelUonis est. C'était donc comme successeurs des duumçiri perduelKoms qu'iU agissaient. • Une pareille accusation à diriger contre un consul excédait dé beaucoup les pouvoirs des triunwiri capitales.

^ Les Publicius ^ui^ pour prix de la multa, établix^t. sur l'Aven tin le beau Clivus de ce nom , sont appelés par. Varron et Ovide édiles plébéiens , et par Festus édiles curu-*. les. Nous ne pouvons décider entre ces autorités , et spriout il ne faut rien cbauger dans Festus^ au mot PuUichmt et VeHa

(57) le peuple, souvent Us citaient les usuriers^; plus tard ils remplacèrent les édiles plébâens dans les pKkirsuites pour abus de pâturage, et poursuivirent aussi des patriciens ; car il y avait long-temps déjà que leurs riches n'étaient pas plus disposés que les patriciens à frauder les droits de la république.

Les peines prononcées n'entraient point daosje trésor public; on les employait toujours à h, con^r traction d'édifices, à desembellissemens ou. à des jeux; et quoique annuellement la somme totale dûl, beaucoup varier, et le plus souvent demeurer audessous des besoins , il se pourrait qu'on l'eût destinée à la célébration des grands jetix. Toujours, estil certain que les amendes que faisaient rentrer les édiles plébéiens , s'appliquaient aux dépenses dea jeux de leur ordre. Ces anciens édiles étaient juges et portaient des accusations devant le peuple, leur, dbarge était une sorte de questure. Aussi y avait-il des rapports entre l'édilité et les fonctions de juges patriciens, du moins en ce qu'ils faisaient rentrer de l'argent pour la célébration des fêtes. Si. les ques-

doit r^ter. Si tonte la région entre le Celins et le Palatin eu Élisait partie, il est certain que le Cliçus pubiicius Tendait de ce càté FAventin accessible aux voitures, tandis qu'autrefois il fallait faire un grand détour, sortir de la yille et regagner la montagne en rentrant par la porte Trigemina. «9 Par exemple, Tite-Live, VU, iSj X, 23. Pline, H. N.,

xxxin, 6.

leurs eussent ainsi dirigé les jeux, la quesjture eûf été la véritable édilité de leur caste; mais plus pro* ]»ablement c'était une prérogative honorifique des eonsuls, quelquefois des gouvernans de la ville; prérogative que leur fit perdre h fondation d'une magistrature nationale, embrassant a la fois les deux ordres; on échangea pour un titre plus humain le titre sinistre d'une juridiction terrible.

U n'est pas douteux qu'alors on n'ait aussi changé les attributions des édiles plébéiens : toute trace de leur ancienne juridiction s'évanouit , si l'on en excepte les poursuites pour délit de pâturage. Mais les rapports que les deux édilités eurent entre elles dans la suite, constituent l'une des plus insolubles énigmes des antiquités romaines.

Tite-Iive dit assez clairement que, dès la seconde année, on commença à alterner pour l'édilité curule entre les plébéiens et les patriciens 7^. U n'est pas moins certain que dans sa pensée cette mesure ne fut pas de durée, et que, selon lui, on choisit bien* tôt librement dans les deux ordres 7i ; mais c'est une

^^ Tîte-Liye, YII, i, 5^ 6. Assurément Gains n'a cité le consulat de L. Genucius et de Q. Seryilius (585) que pour indiquer en quelle année parurent les premiers édiles curales choisis dans la plehs. Ljdus, après avoir mutilé cette indication au point de la priver de sens^ l!a jetée dans ses décombres {de magisir*, I, 46).

7» Tite-Live, 1. cil. Primo ut alUmîs annis ex pkbefiererU, convenerat; postea promiscuum fmL

(59) erreur : parmi ce peu de mentions d'édiles curules ^ pour sa première décade, les deux de la même année sont toujours du même ordre* L'on peut m convaincre, en jetant les yeux sur les années marquées de nombre pair, puis sur cdle de nombre impair, que l'usage d'alterner s'était maintenu. Dans les Didascalies sur Térence?', les.édiles apparaissent dans le même ordre vers Sgo , époque pour laquelle déjà les livres de Tite-Iive nous manquent Po* Ijrbe, dont l'ouvrage parut pour la première fois au commencement du septième siècle, dit qu'un usage traditionnel veut qu'on nomme deux patriciens à la fois 7^. On observa donc la séparation des ordres pour l'édilité curule long-temps après qu'il* avait cessé d'en être question pour le consulat

L'époque qui reproduisit ces deux noagistratures sous une nouvelle forme curule, en fît naître aussi . une troisième, qu'ensuite on ne revit plus jusqu'à

7* L'Andrîenne est représentée pour les édiles M. Fahios^ M. Glabrio, plébéiens, 58 1 (586); FHeautontimoramenos pour L. Laitulus, L. Flaccas, patriciens, 584 (^89); l'Euniiqae poat L. Albinus^ L. Merula, patriciens, 586 (S^i). Dans les livres de Tile-Iire, les cbiffres pairs sont pour les écKles patriciens, les impairs pour les plébéiens. Il j a encore ponr FHé^e deux couples d'édiles dont les années ne sont pas indiquées. Tan de patriciens, Tantre de plébâens.

7' Pdijbe, X, 4* tiovç orroç Juo wetTfntiovç K^iffTOfftat* Si cela eût été changé quand il écrivait, il j aurait ajouté alors, TÔT*.

k^ ehnie de la liberté. Janius Gracchanus avait fait une hifltoirolile la constitution romaine : parmi beau-, eipup d'iiidications encore plus défigurées, il nQU& est resté .un. renseignement qui est évidemment ua fragment précieux de cet ouvrage : il nous apprends ijli'après les cinq ans d'agitation et d'anarchie occa-. âonées par les lois liciniennes, on nomma, poun aq^ser les troubles, trois juges législateurs 74. C'est de cette magistrature sans doute que parlait Yarron, quand, parmi ceux qui avaient droit de convoquer? k^ sénat', il nomme, avec les décemvirs et les tribuiis» consulaires, ks triumvirs chargés de constituer 1» r^ublique?^. Il ne peut y avoir de doute sur leuri existence : une autorité extraordinaire avec droit de juger, était absolument nécessaire pour mettre a»

74 Ljdus, de magistr., I, 35. rpuç voixodératç i^ Si^aurtêt^

ffTAffUÇ*

, 7^iAiilu-Gelle,Xiy, 7. aJdii — item trimwirosnt pop: Rmu ctmsiiiuendœ causa crmtos jus consukndi senatum habuisse^ Ht ne serait pas impossible que Yarrôn n'eût écrit qu'après 700* (706) la, lettre par laquelle il voulait remplacer la perte Avlx livre adressé, à Pompée^ mais personne alors n'aurait cité lesi tyrans qui venaient de s'élever; d'ailleurs dans ee pasisage ies> trinoivirs, ajinsi que les deux autres magistratures évauo^ies depuis, long -temps, sont' nommés par opposition i^vec. les autorités existantes. Au surplus je me suis encore ipoins écarté de la leçon; jde tous, les manuscrits rei p> reçon^. que J. F.: Gronove, qui sans nécessité écrivit rei publicœ pop. R.

«xéeuiioii àes lois ^qpame Gdle$ me Vagêr putUeus et s^Ur tes dettes. Ainsi Tiberios GracDhus ii»«ûittAy pùujc toute la durée de son adiiiiiiistration, un tiiuttv vicat dont les attributions outrepassèrent de beattr coup celles des collèges ordinaircimeiil instttufo^oui ce nom pour le partage des terres. Sans doute C licmûus se sera &it notnmer membre de ce triwn* i^rât, ce qui ezpUque pourquoi il n'apparadt cqmine consul que deux ans après 7^. La mission de vâUir à ce que ses lois ne fussent pas une lettre mon^ dépourvue d'effet, lui importait bien plus que le» hùnneiirs qui eussent été incompatibles avec cett« mission*

Histoire intérieure Jusqu'au complet affenmissement du consulat plébéien*

Quoique la fermeté de Licinius eût opéré toutes les améliorations, accordé tous les bienfaits qu'il avait promis, il ne pouvait s'établir de paix sincèrç «t durable que par le bénéfice du temps et par k force de l'habitude. C'étaient les seuls remèdes pos*sibles. L'aveuglement des patriciens ne leur permit pas d'apercevoir combien seraient vaines leurs ten-

7^ A moins toutefois que cette dignité ne lui ait été attii- J>aée dam la suppoûtion qu'elle n'a pu manquer aux auteqxy de la loi. Les Fastes capitolins donnent à sa place G. Ucir nîiis Q^ths; ^ '

( 6a ) tBilves pour ressaisir leurs privilèges perdus : pour que la république pût enfin jouir du repos et de la ftberté) il fallut que les choses en vinssent au point de la mettre en danger. Vingt-cinq ans se passèrent au milieu de sourdes mais violentes agitations, avant que ce but fât atteint.

Cette révolution, qui était enfin devenue possible par le maibtîen de la pair à Textérieur/ fiit suivie d'un long calme, pendant lequel le gouvernement s'occupa exclusivement de la mise a exécution des lois. U se pourrait aussi que le sénat ne voulût point de guerre, pour que le consul plébéien de^ meurât daiis une obscure inaction 77. Des calamités physiques empêchèrent Rome de retirer aucun avantage de ce repos : la peste régna 7^, et le fleuve inonda

77 Tite-Liye, VII, i.

* 7^ GeUe maladie mérite bien le nom de peste, puisqu'elle enleva un censeur, un édile curule, trois tribuns du peuple, et que dans la nation elle sévit dans la même proportion. Alors mourut M. Camille dans un âge fort avancé^ à moitu toutefois qu'il n'ait été encore enfant à Fépoque où âéjà la tradition lui attribue des exploits béroïques. L'histoire romaine aussi démontre que la grandeur militaire conduit à une longue vieillesse; rien ne soutient les forces Vitales comme Taocomplissement d'idées fécondes, et cet avantage est surlont donné au grand général. L'ame est d'ailleurs excitée par une activité infatigable, par une passion sans relâche. L'uniformité ne la frappe jamais de sa lahguetir. Le poète aussi se soutient toujours profond^ toujours jeune : ainsi dans l'anU-

(65) la plaine. Tautef<HS il s^était opéré, «n inoiii$ d'une ^nératîoh , un tel changement dans les e^prîls, que eette fois on ne put en imposer aux comices » en prétextant que les dieux étalent irrités de^ce que Ton avait choisi. les magistrats parmi des familles indignes : alors germa dans l'esprit des patriciens le projet d'anéantir les efifets des lois de Licinius, en renouvelant les terreur^ de la dictature, et en ordonnant une levée. L. Manlius, superbe et violent» fut créé dictateur en S87 (^g^)$ uniquement pour accomplir la cérémonie annuelle du clou79, quoiqu'il n'eût pas d'autre mission, il commença à fiûre des levées contre les Herniques, mab les tribuns le contraignirent à renoncer et à son entreprise et à sa charge.

, L'année suivante, quand la guerre éclata, quand le consul L. Genucius fut surpris par les Berniques, quand il périt en combattant, tandis que les légions fuyaient^, les patriciens s'inquiétèrent peu des mal* heurs de l'armée, et se réjouirent du désastre du général plébéien. On créa Un dictateur; on en nomma encore dans les deux années suivantes, et, chose inome jusque-la, quatre dictatures se succédèrent.

çnitë TÎTaît rhomme d'État. Il n'en est pas de même de rhomme d'affaires de nos jours ; le fl|iyant même est épaisé par tm travail, qui rarement l'anime.

79 Tîle-Iire, VU, 3.

»• JWA, vn,6..

(64) Ce fut sans doute potir lés ekèuoné, faîelti qu'on ne fit encot^ aucune tentative. Le prétexte était qae« Hneapacité des plébéiens pour prendre les auspioesi metiaçant de quelle calamité, la dictature était le seul moyen d'y remédier. Mais en Sgo (SgS), le mérite et le' bonheur du consul Pœtelius réfutèreM cette absurdité. L'année suivante 591 (Sgô), il y eut entre les deux ordres àae grande division ; eU^ fut apaisée par la terreur qu'inspira la guerre centre les Tiburtins^^ C'est probablement cette dangereuse sédition, cette fermentation de la commune, qui fit^ kccoiirir le consul M. Popillius; il ne prit/pas même le temps de se dépouiller du vêtement de Flamen de Carmenta, et quitta brusquenient le -sacrifice qu'il accomplissait, pour haranguer.au foirum les citoyens irrités^^^ Ainsi, du Êdte dé la ptûssanice^ les plébéiens se montraient les garans, les conseil vâteurs de la paix : il leur suffisait que les oligarques voulussent bien s'abstenir de la troubler.

En 394 (599); le consul M. Fabius ayant été battu par les Étrusques, C Marcius Rutilius, consul plébéien de rànhée précédente, fut revêtu de la dictature au gratid déplaisir des patriciens. Il est hôr9 de doute qu'il fut nomme par le consul plébéien

«' tile-Lite, VH, i;2.

^ GicéroD, Brutus, 1^ (^6)« ^ \k It noto de Iitenafti ainsi il fut le premier du nom. Les circdnstaneiâi<de ses au* très consulats s'accordent moins avec celles^i* 1

(65) , M. PopîlUus t toutefois il n'est pas probable <]ue ce Qonsul ait fait autre chose que le prodamer. Au se* nat) le parti de la raisdû pouvait être assez fort pour qu'il eût été choisi dans son sein. L'indifférence des oligarques pour le salut de la république, leur pafr* sion pour les prérogatives de leur ordre, étaient telles que, Tarmée étrusque ayant pénétré jusqu'aux salines , près de Temboi^hure du Tibre, les patriciens refusèrent au dictateur tout moyen de former une année ^^. Cependant on avait affaire à un ennemi qui, deux ans auparavant, avait sacrifié trois cents Romains captifs.

Dans la suite, quand le génie prophétique du grand Scipion promettait de sauver et de venger la patrie,. l'envie et les factions lui en refusèrent les moyens; par une cruelle ironie, on lui promit d'accomplir ses plans, mais oi^ ne lui donna de. forces que ce qu'il en fallait pour se tenir dans une dése^ pérante inaction, ou même pour succomber. Alors lé peuple, et tout ce que l'Italie avait de fidèle, prodiguèrent au héros beaucoup plus de ressources que le sénat n'aurait pu lui en décréter. Dans la circons^ tance qui nous occupe, il en fut de mémej la bonne volonté des citoyens fournit à C Marq^us tout ce

*3 TiterlÂTe, Vil, 17. Chmi ope impediehant {Paires) y ne çmd dictàion ad id Mhrni ^cemereiur parareturçe, Eo ptomptius cuncta^f trente dictaiore, populus (les centuries) /i»jiV« T. 6

qu'il aurait pu attendre de lois votées dans la forme. Les propositions fur^it agréées par les centuries : il fiiut donc qu'il ait eu pour lui le sénat; c^r cette oircQuataïKâe suppose un sénatus-consulte préalabké PeiHt'tertt même oe corps le secondait-il, quand, £ie retour de sa glorieuse campagne, il triompha sans l'assentioient des paires^^. Mais dans les assemblées divisées en deux partis hostiles, une majorité qui n^ se compose que de Taccession de quelques in* certains ou d^ quelques timides, est toujours très* flottante. Il Êtut que le sénat ait accordé tonte la prépondérance de son autorité aux oligarques ,. lorsqu'en la même année ils entreprirent de roAverser les lois de Licinius. Us avaient donc ressaisi une puissance qui leur manquait douze ans auparavant, quand ils n'avaient pas osé engager \me lutte sét lieuse avec la commune. Depuis deux ans, TalliaBce avec les Berniques était rétablie, cdUe des Lalâis l'avait été auparavant : l'un et l'autro peuple avait obtenu des conditions aussi fevorables qu'il pouvait les désirer, l'un et l'autre peuple offrait aux domiiia* teqrs un appui assuré.

Les élections furent confiées à des inlerrois, qui n'admirent .point de suffrages pour des candidats plébéiens. Les tribuns résistèrent long-temps. Ce ne

^ nte-LÎTe, yil, 17. Sbu auciwiiate Painm, p^puUjussUj irim

(6?) fai que le onzième interroi^' qui pùi enfin prodamer les deui^ patriciens qui avaient obtenu le plus de voix. Il disait ironiquement que, d'après les douie Tables, la dernière résolution du peuple apéantistait les lois plus anciennes, et que l-éleçtion (l'œuvre de sa violence) abrogeait celle de Licimus, Ainsi ilauze ans après cette loi, en 5g5 (4oo), les faisceaux reyinr^^t à deux patriôens^^. Ceux-ci regardèrent comioée un devoir d'honneur de conserver à leur OftJre, auxileaiioBS suivantes l'avantage qu'il venai( de reconquérir. Gomme ils refusaient avec obstina*tikm jtoutes les voix données a des candidats {dé^ bi^i»is, le peuple .e<; lep tribuns s'en allèrent, et les causals consommèrept, au ofioyen des voix des islien«9 une apparence d'élection^. Qqelques AnnS'* l§^ 9 au lieu du deuxième consul patricien , nommiâent m PopiUius^^, et l'ipidiquaient, sans doute, comme ie oopAul légalement nommé, mais non proclamé, eomme celoî que le populus n'avait pas reconnu* , Pour k troi^me année 697 (40:2), les patriciens

*5 ^. Fabius Ambustus : certainement ce n*esl pas le beau<* père de Licinius; celui-ci est dcsïgni par les initiales K. F,; oduMà par ff. F. Du r^^te, il n'y aurait que trop tPexemples dtfVf^ fwmlls 4ifectl^ et d'ao «èle aemblabU pour reconff^pnr, f^ tfi^\^ sprtafi d'i^p9wfqufi»cç$, Is p^rtî ^^fl^fl op se données Tite-Live, VH, 17, 18.

87 ftirf.,Vn, 18.

^ lUd., 18, infinÇf

se maintinrent encore dans leur possession illégale» Mais la fermentation en était venue a ce point qu'ils ^ ne se fiaient plus à la puissance du consulat : pendant cinq années consécutives (Sgy — 40^)9 ^^ J eut toujours des dictateurs, bien que la paix régnât ou que les guerres fussent insignifiantes ; le but était visiblement de dominer les élections. Cet accroissement de violence provoqua une plus vigoureuse résistance. T. Manlius, dictateur, avait résolu de laisser plutôt périr le consulat que d'accepter un consul plébéien ^9; mais les tribuns ne lui permirent pas de tenir l'élection. Il y eut un interrègne : Tobstination des deux partis le fit durer jusqu'au onzième interroi; enfin le sénat ordonna qu'on suivît les lois de Licinius : cependant ce ne fut qu'une concession arrachée pour une seule fois, un sacrifice à la concordes^. L'année suivante, les patriciens l'emportèrlent au moyen de deux interrègnes : pour 4oo (4^^) le peuple donna force à la loi, et la puissance de l'opinion irritée alla si loin, que C. Marcius Rutilus, celui qui le premier avait introduit dans son ordre la dignité dictatoriale, fut accepté comme éligible à la censure, et qu'il fallut, malgré leur répugnance» que les patriciens le reconnussent Mais telles sont les vicissitudes de la victoire entre les partis daiis un État libre, que le dictateur L. Furius Camillus

«9 Tîte-Livc, Vn, 21.

. 9« Concordiœ causa* Tite-Iire^ L cit« '

(69) put décider, des élections de Tannée suivante selon les vues de sa faction. Contrairement à un ancien séna tus -consulte, qui interdisait la réélection des magistrats curules , et contre toutes lès convenant ces y il se nomma lui-même avec un collègue patricien , en extorquant les suffrages , et les patriciens ne rougirent point de ratifier ce choix, qu'ils avaient favorisé de tous leurs efforts 9^ Son mérite était estimé si haut et le besoin de recourir à la dictature étai tellement ima^naire, que, quand son collègue Âppins Claudius mourut, non-seulement on ne nomma point de consul, nomination qui aurait nécessairement amené un nom 'plébéien , mais le sénat ne. fit pas même de dictateur 9^ €e sont des manœuvres qui devaient inspirer du dégoûta tout homme d'hour neur, et ce sentiment a pu contribuer à ce que la loi liônia fût observée pendant trois ans : on la viofa de nouveau en 4o5 (4io) et en 407 (4^2), çt cette violation fut la dernière. Parmi treize consulats, à partir de SgS (4oo), année où Ton s'écarta pour la première fois de la loi Llcinia, jusqu'à celui dont il est question, il y en eut sept entachés de cette illégalité. Rome était sans cesse dans un état d'anxiété et d'agitation violente : il fallait en finir. On n'avait aucune espérance de voir les patriciens cesser leurs

9« Tite-Live, VII, 24.

. 9» Ibid., 25. ^

(70) tracasseries. En rappelant un grand événement mé^ connu jtisqu*à ce jour^ je dirai comment la répu^ blique trouva son salut sur Ulie voie qui eût en-^ traîné à leur perte presque tous lés Ëtats libres , mais que les vertus du peuplé romain changèrent en une voie de salut J avant de le faire ^ je parlerai encore de quelques lois et de quelques événemens de cette époque.

Lorsqu'en 588 (SgS) l'éleclion de six tribuns des soldats fut transférée aux centuriesS^, ce fut incontestablement une extension des libertés publia ques, soit que le tribunat militaire eût été conféré par les consuls, depuis qu'il n'était plus tnagistra-»lure, "soit que les cùriesf prétendissent au droit d'eu disposer^ malgré l'abolition des anciennes tribiisf.

En 5g5 (SgS) le consul patricien Cù. Maùfiùs fit établir uii impôt de cinq pour cent sur la valeur des esclaves affranchis. Cette taxé fut votée dans sort armée ) ^ui était cdt&pée sur la frontière- d'Étrurie et divisée par tribus. Ce singulier plébiscite fut confirmé par le sénat et la bourgeoisie OK il n'y avait -■- ' ~ ...•.■>■- «^ ■ . ,- . ...... . • .. .. • w. " , -• ' ■ '

ô* Tîte-Lîve, TII, 5. Il lïe peut être question des tribus j car ce sont prééisément les classés qui formaient les centuries. Dans la suite aussi les tribuns militaires à nommer par le peuple Pétaient dans les mêmes comices que les consuls , et par conséquent par les centuries. Poljbe, VI, 17.

9l Tite-Live, VU, 16. Legem novo exemplo in càsirU trthu^ tim — iulii. Paire$ — auctores fuerunt»

(71 ) nea à objecter au fond, parce qu'il rmdait pfuà difficiles les afiranchissemens, qui peuplaient d'étran*^ gers la nation, et par conséquent faisaient abus du droit de cité. D'ailleurs, c'était un nouveau revenu pour rÉtat; mais on aurait pu facilement atteindre ce bat, en procédant régulièrement On saisit donc le prétexte de &ire une chose louable pour essayer de créer un précédent, qui autorisât à former des assemblées délibérantes sous Tinfluence du serment inilitaire et de l'obéissance passive. C'est ce qu'un siècle auparavant Cincinnatus avait tenté pour par^* venir à l'abolition du tribunat Aussi les tribuns établirent-ils, dès la même année, la peine de mort 9^ pour quiconque suivrait cet exemple.

En la même année, C licinius Stolon fut condamné d'après sa propre loi, parce qu'il possédait mille jugères de terres, dont la moitié sous le nom de ^n fils émancipé pour la forme. C'est un triste exemple de la puissance de l'avarice, même sur ceut que l'honneur devrait mettre le plus en garde contre

^ Tite-Lîve, Yll, 16. Mais pourquoi cette défense disait-e]]e{ ne fjuis populum sCifocaretF Gela pouvait être indifTërent aux tribuns. La cotitoeatign des génies dans le bois de Petelius n'ëfait-elle donc pas une seçocaiio popuUF La loi n*àiirait^le pas plutôt interdit à tout magistrat possédant une cbarge puruk ayec mperium de séparer le popuius de la commune , et de traiter en ce sens qu'il traite les affaires devant la commune seulement. Si l'on fit voter par tribus^ non par centuries^ c'est sans doute parce qu'il n'j avait pas de senatus-consulte.

(72) eïîc} pu, si Ton veut, cet exemple prouve que lés bienfaits né partent pas toujours des mains les plus pures, et que la meilleure cause est souvent mal représentée, tandis que les hommes sans reproche négligent^de la servir.

En 397 (402) ou créa deux nouvelles tribus. 9^ Ainsi qu'on peut le présumer, d'après le nom de la tribu Pomptina, elles se composaient deVolsques, qui devinrent* Romains, tandis que d'autres villes volsques passèrent aux Latins. Ainsi se maintenait l'équilibre enjtre les deux alliés.

Comme toutes les lois qui portent atteinte au crédit, celle de Licinius sur les dettes ne procura aux débiteurs que des avantages incomplets. Quoi-* que le paiement du capital dût se faire sans intérêt, quoiqu'il fût divisé en trois termes, il fallut le plus souvent recourir à de nouveaux emprunts , et piar conséquent se soumettre à payer de forts intérêts; car les créanciers avaient à s'indemniser de leurs pertes. En supposant que l'abandon de terres assignées eût éteint Une partie des dettes, les demandes d'argent ne pouvaient manquer d'excéder ce que les remboursemens rendaient disponible pour de nouveaux prêts. L'endettement général est un véri' table tonneau des Danaïdes : aussi les plaintes se firent-elles bientôt entendre plus pressantes et plus

' - . I I ■ I II I ■ I l 1 1 ■ ■ , ■■

96 Tile-tiTc, VII, 1 5.

(75) nombreuses que jamais, et Texpérience ayantprouvé qu'on ne pouvait se passer de lois contre l'usure, on rétablit, dix ans après la loi de licinius, le taux de rintérèt au douzième, pa^ un plébiscite que les curies acceptèrent avec répugnance. Nous ferons voir que pour l'année civile cet intérêt était de dix pour cent Sans doute aussi qu'on établit une amende quadruple contre les contrevenans, et c'est cette peine dont il est question quand on parle des condamnations de l'an 406 (4^ 0* ^^ ^^ ^^^^ bien gardé assurément de stipuler ouvertement ce qui était défendu : ainsi ce genre de délit n'était pas de ceux qu'on appelait manifestes ^ et n'était pas du nombre de ceux qu'un seul juge peut décider par un oui ou par un non : la connaissance en appartenait au peuplée, véritable juge et juré.

Sur rintérèt du 12.^

Tacite97 dit que le taux du douzième fut établi par les douze Tables; Tite-Live avance qu'il fut fixé en 393 (398) au moyen d'une rogatlon. Il paraît donc évident que les intérêts n'étaient pas restreints au moment où passa la loi de Licinius; des créanciers impitoyables n'eussent pas manqué d'outrepasser le taux fixé, et il n'aurait été besoin que d'abandonner aux débiteurs l'amende quadruple re-

97 Aimai., VI, 16.

^ (74) venant à l'État. D'un autre côté, comment supposer que Tacite, qui n'était pas indifférent aux antiquités de l'histoire romaine^ n'ait pas même lu les douze Tables, qu'il les ait cdtées à l'aventure. Le respect dà a sa mémoire s'oppose à cette hypothèse. Un honorable iiiterpk*ëte à voulu mettre les deux historiens d'accord; il à pensé que la disposition dés douze Tabler étant toihbée en désuétude, il fallait une innovation j mais cela n'est point admissible. Il s'était écoulé trop peu de temps entre les douze Tables et les lois de lidniùs^ pour que l'endettement général pût élre lé réstdtat de la désuétude des douze Tables. J'aiffierài£^ mieux soutenir que la disposition a été formelletnent abrogée. Ce qui prouve qu'eUe a existé dans les douze Tables, cW qu'avant l'invasion gau^ loise il n'est pas question de plaintes pour dettes. D'ailleurs, s'il n'y avait eu pour l'intérêt un taux légal, sur quoi donc portait la quadruple amende prononcée contre l'usure? Cation savait les douze Tables par cœur; eh bien, il regarde cette amende 4^omme une partie de la lé^lation des anciens^ de même que }es dispositions sur le vol. Ces sortes de récits, avec indication d'année, ont, quand ils sont incorporés aux Annales, beaucoup plus de poids qu'une mention fortuite et fugitive, Idrs même qif elle serait due au plus grand des écrivains. Il y a de même une immense. divergence d'opinion sur la manière d'entendre l'intérêt du douzième; toutes

( 75 ) dettx néanmoins se réunissent en ce point, que le calcul des intérêts , selon l'usagé dominant à Home dans les derniers temps, se faisait par mois dès le principe. L'une de ces opinions regarde la cenlé-sima^ l'intérêt d'un mpis, comme l'unité dont lé dooâème constituait le taux légal de llltitérét, qui par conséquent eût été pour l'abnée d'un pour cent 9^. Les autres arrivent à ceht J)OUr (jeflt par an j pour eux, l'unité, c'est l'as, Vi'est-à-dîféf, lé cSapital* et prenant l'intérêt par tnois, ils le Supposent d'un douzième 99. Cette dernière opinion ne peut se présenter que comme hypothèse $ il n'y a nitl passagcf d'auteur dont on puisse s'appuyer, pour eu faire ressortir une preuve ni même une analogie. Il fab-

lÉiif.l I ihMtofi,^

^ Yoyez^ dans la Tacite d'£me3ti, le« noms célèbres de «ux qui, désespérant de toute solution, ont adopté celle-ci.

99 La réfutation qu'on ya lire ne devait point être rëimpri-i mée, ainsi que le prouve la note suivante écrite par Riebuhr.

t La première édition de ces recherchetij s'arfétait à tne tout f «otre hjrpotbèsel savoir i que l'once devait être entendue dq « docfaoème par mois, ce qui portait les intérêts à cent poufv t cent par an. H nie parut convenable alorit de signaler l'imn « possibilité de cette supposition. D n'j avait pas de preuves « à réfuter. Aujourdliui que personne ne s^en fbra le défen^ c seiÉir^ il suftt de dite {>trth^udi nous licf reproduisons pâ< c nos argnmensi ^

Je ferai remarquer qu*à la mort de l'illustre auteur, le re« maniement du texte en cet endroit n'était pas encore asse« ârancé poiir que l'on ait pli éip.ô^et ^e^ véritables intentions ixm se livrer au hasard de l'arbitraire. {Note de M. Classen.)

il6) draît donc qu'elle pût se prévaloir d'une vraisem* blance intrinsèque. Jamais cependant on ne vit Tintérêt s'élever si haut. Il est évident que celui qui possède assez de biens pour offrir une garantie au créancier, .pourrait vendre à moins de cinquante pour cent de perte, et cette opération, comparée à mi emprunt de ce genre, serait encore un bénéfice. Quand on prend de l'argeht pour des spéculations, il est possible de payer de gros intérêts, surtout quand il s'agit d'un prêt à la grosse aventure; mais si les affaires les mieux conduites, si Içs expéditions les plus lointaines ajoutent un •capital au capital, c'est toujours un rare bonheur. Cela est absolument impossible quand on circonscrit ses affaires dans l'enceinte du pays : autrement il faudrait que le prix de toutes choses ne dépassât point leur produit annuel, tandis que d'un autre côté Taccumulation des capitaux amènerait une concurrence capable d'élever beaucoup les prix. Remarquez qu'il s'agit ici de la règle générale, et non de quelques cas spéciaux d'une exorbitante usure. Considérez d'ailleurs que ce que le peuple obtenait à l'aide des lois et au grand chagrin des patriciens ^^, était nécessairement l'abrogation d'un taux antérieur, c'est-à-dire, que ce taux, que le peuple mettait tant d'ardeur à détruire.

»•• Tite-Lire, Vil, i6. Haudœçue lœta Pairibus — roga-^ iio i et pkbs aliquanto eam cupidius scmt. -

(77) était encore beaucoup plus élevé. Supposera-t-on que ce taux légal ou usité fut d'abord de*200 pour cent, et qu'on le diminua dans là proportion où, selon la lûéme hypothèse , on réduisit bientôt à cinquante Tin* térét ainsi rabaissé à cent pour cent ? Mais d'après la loi licinia elle-même, il fallait bien qu'il restât unepbrtion du capital après déduction des intérêts. >o* Dans le cas contraire, cette mesure eût conduit , |Kir voie de conséquence, à une usure mutuelle.

L'opinion la plus générale, celle qui, dans le taux de l'intérêt du douzième, ne voit qu'un pour cent par an , se présente sous un tout autre jour. Il n'y a pas dans toute l'antiquité un point mieux établi que cette vérité, que dans la suite l'intérêt mensuel fut l'unité dont les douzièmes exprimaient le taux légal. Mais bien loin que cet intérêt mensuel , ces cèniesimœ aient représenté le capital , l'ancien as y il y a lieu de supposer qu'il s'agit d'un taux étranger, admis seulement au temps de Sylla. Il serait imposable d'en indiquer une seule mention qui fut plus ancienne que Cicéron. On le voit fréquemiment dans ses écrits, où il est porté souvent jusqu'au quadruple au sujet des créances que quelques riches Ro* mains possédaient dans les provinces grecques ; il en est rarement question à Rome même, et c'est toujours avec toutes le)s fluctuations de l'escompte;

■"^ Platarque, qwBsi, grœe*, pag. 39$ , c.

(78) on le volt <)esceiu)re ai|-<]essoiis de Vanité et réduit jusqu'à quatre pour cetit A Athènes, cet intérêt men^ 3uel était à'nn^ d^raçbq^e par miné, et dans c^rtain^ bas, c'était légalepient, comnie pour les l»ens des femmes, un et demi pour cent ou neuf oboles« U n'y a p^s d# doqte q^'il n'en fût ainsi ai| temps d^ Solon. C^ taùx^ qui est encore usité daps le Levanti se maintint aussi sous la dominatioii romaine, et les banquiers qui disaient valoir }eurs capitaux dans le^ provinces,^ titrèrent parti de l'extrême facilité qu'on avait à l^élever, facilité qui résultait de l'expression mêine de la loi. Ét^nt.deyeniJL dfi^s l'Orient la me^ pur^ de tovtQ$ l^ ^ff^irfs» il s'établit à Rome, e( dans la suite la gén4ralit^ de Tusçi^e romain fit naître les escon^ptes par dou^èimes.^^^ . IjC taux annuel da l'intérêt à v^ pour cent, puif (i un demi, est <:bp3e absurde h l'égard des créan? f^§ii d'autre pç^it il serait impossible ai;x débiteurs

>■ Jl Jl Ml 9 » » rtJtfJ. K ' I l

io« Sans 9UCUP 4out!B les ^n^iVp u^rorun% nomiw da^is I4 L. 479 %• ^f D, d^ admînistr. et peric. , étaient un moindre intérêt que les centesimœ. La différence disparaissait par la responsabilité des tuteurs. Cest si p«u de chose qu'un pour éent^ qu^on ne roit pas poujrqaoi le testateur l'éùt réservé s^ p^eût fflk d'autre bi}t q^p 4« consenrer la capital afi mineur | maisJa difierence qui existe^ d'après moQ explication, entre Tescompte courant et J/s taux du douzième, en fournit un plus juste motif. Vncîœ est au pluriel à cause du paiement annuel. Cette explication me parait natnrdie. Du reste, les iocntions du troisième siècte ne m'Hiquiét^ ^H*

(79) de s'aequitter de cent pour cent Tite-Livé^^ cepeildapt, en priant de l'abaissement de l'intérêt, ajoute que, même sur ce pied, la plus grande partie de la jcooimuiie eut encore beaucoup à souffrir j mais que l'Eut, devant protection à la propriété, en avait tenu plus de compte de ce principe que des misères individuelles. La même loi ordonna que toutes les dettes seraient payées en trois ans et en quatre ter* mes. Et Ton aurait regardé comme un soulagement, que pour la portion qui restait due sur le agitai on ne payât désormais, s^u lieu d'un pour cent par an, qu'un demi pour cent!

Je Fai déjà dit : la fixation d'un intérêt pour lequel personne n'eût voulu prêter ses capitaux, pourrait être considérée plt(tôt comn^e ui|e r^robation symbolique du prêt k intérêt, que comme une loi sérieuse. Mais que dire du législateur qui, pour atteindre son but, fixemit d'abord un pour cent, puis, après dix ans, pour mieux mamfester son mécontentement, descendrait à un demi , et enfin , après quatre autres années, en viendrait à fonauler nettement sa pensée en imerdiss^nt tout prêt àintérêt*

Cependant ces lois étaient littéralement obliga^ toires comme toutes les autres; elles étaient confiées aux édiles ^04. I^e peuple prononçait lui-même sur

^'^ Tite-LÎTC, Vn, 27.

>»4 Voj«z remarque 69.

(8o) les accusations, et trois ans après rabaissement de l'intérêt à la demi-uncia , il prononça de sévères )u- ' gemens contre les usuriers.

Sans doute, ce n'est que dans le capital qu'il i&ut chercher l'unité, dont le douâème, et après quel-» ques années la demi-uncia, ou le vingt-quatrième, représentaient l'intérêt légal non pour un mois, mais pour l'année ^°^ et dans l'origine, pour l'année cyclique de dix mois. Si cela produisait 8j, il en résultait pour l'année civile dix, et la demi-uncia^ donnait un taux de cinq : ce qui est la règle de t,ous les temps et de tous les lieux ; car les limites tolérâbles pour le créancier et le débiteur soi^t entre trois et douze. Douze , quand les capitaux sont un objet de monopole pour quelques personnes étran^ gères à la véritable industrie, quand les aSaires sont rares, quand la valeur des propriétés est fort basse j trois, lorsque le contraire arrive. La supposition

io5 £a présente dissertation, publiée èa 1812, avait reçu Tapprobation du pubJic, quand on observa que Stroth avait a'n]5si entenda Vuncia du capital et le délai de Tannée. Si Ton' n'eût fait cette remarque, je n'aurais jamais probablement ' ouvert le Tite-Lîve de Slroth, dont je ne connaissais pas rexisteùce. Cela est exact; mais bien entendu que Strotb n'a pas songé à l'année de dix mois. Il ne donne d'ailleurs aU'* cune démonstration, et la conjecture ainsi hasardée ne poQvait s'afièrmir. Cette solution a pu s'offrir à beaucoup d'hom^ mes à jugement sain^ puisque les deux autres bj^pothèsei conduisent i l'absurde.

tfiie je viens d'énoncer fait éyaAouir toutes les difficultés : rien de plus naturel que d'admettre que le capital était l'unité, et Tannée le terme des dettes. Bien certainement, il n'y a aucun vestige dans les plus anciennes histoires romaines, de décomptes établis par mois. Au contraire, dans les lois tribumcieimes des années 385 (588), 4o5 (4o8), et dans les propositions qui furent faites au milieu des séditions vers la fin du sixième siècle ^^, tout annonce des termes distriliués par années, et la durée an^nueUe des obligations. Cest ce qu'indique aussi le terme fixé pour acquitter le legs d'une dot, qu'il fallait pajer en trois années cycliques ^°7. Il en était de même pour la vente des olives ou des raisins sur pied, ou du vin en tonneaux : le prix devait être payé au bout de dix mois i^^, e^ c'est ce qui m'a engagé à fixer pour douze mois Tintérêt non à 8j, mais ' à lo. Nous n'aurions plus de doute à cet égard, si nous possédions en entier un passage de Festus*o9,

'^ Musée du Rhin^ H, 4^ pag* ^92 et suiv.

"7 Poljbe, XXXin , i3. Quoique les années de douze mois aient été adoptées ensuite, il ne peut être question que d'années cycliques toutes les fois que^ pour les anciens temps > il j^'agit de paiement de la dot,

"°^ Gaton, de R, R., i46 — i48. Nous avons fait remarquer, tom. IV, pag. 175, que la solde annuelle des cayaliers était aussi adaptée à Tannée de dix mois.

>o9 Festos f j. V. Unciaria Ux dici cœpta est guam Z* SiJla T, 6

qui, mutilé de ses derniers mots, parle néamoDoing du dixième du capitaL Ce qu'il y a de plus vraisem-* blable, c'est qu'il y était question des intérêts; et et^, supposant que Sylla , qui rétabUssak toutes les choses anciennes, qu'elles eussent ou n'eussent pas réussi^ efk ait agi de même quant à l'usure^ il faudrait suppléer t sortis annuis usuris penderent De la sorte, c'est de l'année civile qu'il serait question. Si l'on suppose au* contraire qu'il s'agit des termes d'un capital sans intérêt, les rapports à l'année cyclique seraient les mêmes. Mais ce serait une indulgence qui dépasserait tout ce qui s'était fait jusqu'»* lors,. même par les tribuns, et cette indulgence ne convenait pas à l'esprit aristocratique de Syllai Je regarde comme entièrement impossible de présenter une troisième interprétation qui ait en sa faveur la moindre vraisemblance.

Les' peines déterminées par les lois pour être supportées par l'époux coupable, en cas de divorce, prouvent, de la manière la plus évidente, qu'à Rome le taux de Tintérêt avait été le douzième du capital, bien que le changement de délai pour la restitution des biens des femmes, et le compte par années communes, mît désormais l'uncia en rapport avec cellesci et non plus avec l'aimée cyclique. Ulpien nous

et Q, Pompejus iulenmt, qua sanctum est ut débitons decimam pe^fiem. « . • •

( 83 ) wppteîiA^^^ que la ftiame convaûictie cte graves désordre» perdait le sixième de sa dot^ qiuepoiiy les faute» mdoidres h. dëdoctioxi n'étMt çpie d'un httkîème. Le inari, ea cas de Ëuite g^afye, au Ueu â'â¥râr trois afis pour se libérer^ était obligé de res^ btfter sor-'le-dsaiDp^ et àza& celui de fiiute légère, sts terme» étÂeut rapprochés de sir mois en six mois;. Aduiettons que la législation ait vouliu rendre h pêne égale pour le» maris et pour les femmes^ ce €pe par consé<)uent le mari ait dû perdre sur les intérêts autant que la femme sur Iç capital^ et l'on se convaincra, dès le premier coup d'oeil, dakis le premier ca», que pour Tannée Tintérét était du dou*^ nèoie. Il en sera de même du second cas, si Ton concède que Fexpresston senum menswn die, que* d'ailleurs nous ne pouvons jauger par aucune autre semblable, peut slnterpréter en ce sen», que le pre^ nuer terme serait échu sur-le-champ^ et le» deux autre» de six moi» en six mois. ^^^

■■ I ■ ■ Il II I I ■■ I ■■■ Il II .éi m

»*» Ulpiea^ Ts0. de datik,, $. %2, i3.

"^ Car dans le premitr cas^ le maiî perd en intérêts amaadâ ^4.|-{^ i :s2x8^=:i6fs=| dttcapiiai^ àiaaaê le secoiatd ,. dTaprès mon ixkterprétalHn 3> + t Ht-? ss i~ x 8j =a 12^ = f du capîlaL Une chose digne de vemarqtte, fueêq^e étraagpàrer a œ calcnd^ c^eat fw Is partie Usée gagnût autant fnr lei ONipable perdait

Le professeur Schradet de TnbiogisB^ dians soi^ amour dia nai, avait accueilli avec biènyeillance et sans aucune préventMci les reeherchea de cette histoire^ alors^qu'efies n'étaient encore

Le but que se proposait la bienfaisante lé^sktion de 4o5 (408) "^, était le paiement général des dettes) ce qui suppose que Técliéance «arrivait par le seul &it de la révolution de l'année, et sans sommation préalable. Ici encore se retrouve le nom propice des Valerius, pour opérer une liquidation générale de§ dettes. P. Publicola et son collègue plébéien C. Marr cius Rutilus, font élire par le peuple cinq commisr saîres (quinquei^iri mensaru)^ deux patriciens et trois plébéiens. Ceux qui ne pouvaient payer compr

appuyées par aucune recommandation ^ tandis qu'elles heurtaient beaucoup d'idées : dans le cinquième volume du Magar sin de droit civil de M. Hugo ^ ce professeur Schrader se déclare favorable à mon interprétation; seulement il pense qu'il faut entendre senum mensum die d'un seul paiement à six mois de terme. Le résultat est le même : le coupable perd |-h|-4-| = |x8| = i2j = |du capital. Je serais disposé à me laisser entraîner à l'opinion d'un ami y mais je m'arrête toujours au senimenses, et le die au singulier ne me choque point.

C'est encore à l'amitié de Savignjr que je dois ce passage dlJlpien. Il s'attendait à j découvrir la trace d'un ancien taux de l'intérêt , mais dans le calcul il avait fait entrer les* intérêts des intérêts^ ce qui embrouilla ses recherches et fit avorter le résultat. Je puis dire que mon interprétation le satisfait entièrement, et je répète qu'en toutes choses la coïncidence exacte des chiffres doit être regardée comme la preuve la plus forte 9 tandis que la simple approximatioix serait intolérable.

»•» Tite-Live, VH, 21.

Googk

tant leurs dettes, les faisaient solder par eux des deniers du fisc, pourvu qu'ils fournissent bonne et valable caution; ou bien, si le débiteur préférait céder des propriétés, on les estimait, et le créancier ks prenait en paiement U fallait tous ces détours pour que la fortune répondit de la dette. Une autre remarque importante, c^est qu'il fallait que^ le fisc fat, devenu bien riche depuis la loi de licinius. Nous, avons déjà traité ailleurs de l'assertion de Tite-Iive sur cette extinction des créances opérée par des valeurs au lieu d'argent ^^3; elle fit sentir la nécessité d'<an nouveau cens, en ce qu'elle changea de mains la propriété de beaucoup de choses. G Marçiùs, qui le premier avait acquis à l'ordre plébéien l'éclat de la dictature, et dont le premier consulat avait vu se rétablir le taux du douzième, fiit aussi le premier plébéien nommé censeur, non sans une opiniâtre résistance de la part des patriciens, et cependant ce fut dans tme année où les efforts dirigés contre kloi de Licinius n'étaient pas demeurés sans effet

En 4o3 (4o8), quand le taux de l'intérêt fut réduit à cinq pour cent, on accorçla, pour le paiement du capital, un délai de trois ans, qui sans doute étaient encore des années cycliques. Il y avait un quart à payer sur-le-champ, et le reste en trois termes égaux. "4

•»^ Tite-Live, VII, Zi.

* »'4 ihid.; 27.

On peut bien rapporter à une êj^oqae où Fon Élisait tant pour le soulagement de» débiteurs , FajH plication d'un des remèdes les plus doux, la dimi^ nuuon du poids des es, quoique probablement ils n'aient pas encore été rabaissés à quatre onces. Mais tout cela ne profitait qu'à celui qui avait des pro^ priétés, rien ne pouvait secourir celui qui était en-^ tièrement appauvri, et ce fiit cet excès de iplsère qui fit éclater en J^o8 (^i5) une insurrection dans l'armée p événement énigmatique et sans exemple, s'il le faut prendre tel qu'il est dans k narration préférée par Tite^lAve. Souvent des sentimens no* blés, bienveillans, dégagés de tout intérêt particu* lier, donnent un libre cours à des agitations qui conduisent aux plus désastreux résultats : leurs auteurs ne peuvent plus les maîtriser et sont en proie au malheur et au repentir. Par un sort contraire, il est arrivé aussi que, du sein de la fermentation des plus mauvais jours, on ait vu surgir un ordre de choses meilleur, et que le bien se soit opéré contre la volonté des agitateurs. L'histoire romaine offre des exemples de l'une et de l'autre de ces vi« çissitudçs; mais que, dans le cours de quelques .se« maines, et peut-être de quelques jours, une entreprise, œuvre de ténèbres, conçue dans des vues perverses, soit devenue une source de prospérité, c'est ce qui est énigmatique, c'est ce qui est sans exemple.

D'après ce récit, l'abondance et les délices de la .

( 87 ) Hche Capoixe et des villes de la Campanie , firent naître, daas les légions routines qui y étaient en garnison en 407 (4^^)» ^^ coupable tentation de massacrer ou de subjuguer les habitans, et d'y fonder un nouvel État, comme autrefois les Sabelli en avaient agi à l'égard des citoyens de Vultume.

On dit qu'en 408 (4i5), quand le consul M, Rutilas vint à l'armée, ce projet était déjà devenu une véritable conspiration. Voulant empêcher les soldats de &ire un coup de main, il répandit le bruit que les troupes resteraient encore l'hiver suivant à Capoue; puis, observant en silence, il saisit toutes les occasions possibles de renvoyer les plus mutins; les uns, comme ayant accompli leur temps de service, les autres, dès qu'ils demandaient des congés pour aflcr à Rome, où le collègue du consul, Q. Serviliiis Âhala, les retenait ensuite. Cette ruse réussit pendant quelque temps ; mais bientôt les soldats devinèrent ce plan, surtout à raison de ce qu'aucun des conjurés ne revenait. Lautulae est un passage à l'est deTerracine, sur la route qui conduit à Fundi, entre la mer et les montagnes. Une cohorte y fit halte sur la voie romaine *^5; elle y fut rejointe par ceux que le consul congédiait isolément; enfin il s'y forma une armée considérable 1^^. Tite-Live

"5 Près du lieu qu'on appelle Epitafio : y a-t-il une source d*eau chaude? Le nom de Lautulae autorise à le croire. "^ Que d'invraisemblances î Le consul aurait congédié des

(88) perd entièrement de vue le consul lui-même,, et Tannée qui devait encore lui rester, après tous les congés qu'il avait donnés. Quant aux troupes réu* nies à Lautulae , il les fait marcher sur Rome sans plan et sans chef; toutefois elles s'aperçurent qu'elles n'étaient pas commandées, et résolurent d'enlever de force un noble romain, comme les paysans, depuis, se saisirent de Gœtz. Sur le territoire d'Albe demeurait un vieux patricien, T. Quinctius; il s'était retiré des affaires après .avoir été blessé au pied i^?^ et vivait tranquillement dans sa terre. Les séditieux le surprirent la nuit, et le forcèrent, en menaçant de le tuer, de se mettre à leur tête. Aussitôt il fut salué général, et reçut tous les hommages de sa dignité. Us campèrent ensuite à huit milles de Rome'*^; déjà ils se disposaient à attaquer la ville, quand ils apprirent qu'une armée marchait à leur rencontre, et que le dictateur M. Valerius Corvus la commandait

Les armées étaient en présence, et pour la pre-

cohortes entières ! elles seraient retournées dans leurs foyeré enseignes déployées à la vue de Tennemi ! les hommes isolés auraient été si nombreux, que de leur réunion il se serait A)rmé une armée !

"7 Les annalistes auront pensé, soit au coûsul de Fan 596 (4oi), T. Quinctins Cincinnatus j^ soit à celui de 399 (4o4)^ Titus Quinctius Pennus.

'*^ Par conséquent en-deçà de BoyiilsB; à l'endroit où confia raencent les hauteurs.

(89) Biîère fois le sang des citoyens allait être versé par les citoyens. Une douloureuse sensation pénétra, tous les cœurs; on demandait, on appelait de tous ses vœux une réconciliatioii. Le dictateur, animé des sentimens ordinaires a sa famille, ojQfrit la paix ; les mutins , dociles aux conseils de leurs chefs , résolurent de se confier à un Valérius. Celui-ci Retourna dans Rome pour y porter la consolation, et sur sa proposition, le sénat et la bourgeoisie, réunie dans le bois Petelius, promirent aux soldats le pardon et l'oubli le plus entier de leurs torts. On promit au dictateur que ni sérieusement ni même en plaisantant, on ne reprocherait jamais cette sédition à aucun coupable. Après cela, ajoute-t-on, on accepta et on jura la condition que jamais aucun soldât ne serait retranché des rôles contre son gré, et que nul de ceux qui avaient déjà servi comme tribun ne serait employé dans la suite comme cen<tarîon«

Le but de la première loi ne peut avoir été que de garantir le service militaire et la présence sous Les drapeaux comme un asile contre les persécutions des créanciers. On ne voulait pas qu'un consul mal* veillant renvoyât le soldat chez lui , pour que le créancier le saisit au retour. Cependant il se pourrait aussi que la loi agraire ait établi comme con-' diuon pour être habile à recevoir des terres, une durée quelconque de bons et loyaux services. On

(90) veut que les séditieux aient fait décréter la seconda loi en haine de L. Salonius, qui était demeuré étran-* ger a leur révolte. On ajoute qu'il avait été alternativement tribun et chef d'un manipule : et on ne pouvait être chef d'un manipule que de deux années l'une, parce que le centurion latin avait son tour* H semblerait, d'après Tite-Live, que l'armée eût demandé qu'après avoir été tribun, on ne pût plus être que cela, ou simple soldat Elle ne demandait donc pas .pour alternative ou l'affrânôhissement du service militaire ou le service des chevaliers. L'opinion qui voit en cela une marque d'inimitié contre Salonius, est une de ces innombrables erreurs qui vont droit au contraire de la vérité. Il est évident que le peuple le nommait toujours de deux années l'une, au nombre des six tribuns qu'il avait à élire^ et l'on conçoit fort bien qu'il n'ait pas été permis de réélire chaque année le même tribun. Les coo^ suis n'étaient pas aussi restreints : ils avaient h leur disposition un plus grand nombre de nominations, et sans aucun doute, les centurions étaient créés par eux. Mais un centurion n'était ps officier* '9, en sorte que celui qui avait été tribun, n'était pas moin» humilié d'être fait centurion, que ne l'était de de* venir simple soldat celui qui avait été' centurion. S'il arrivait donc que l'orgueil chevaleresque (pour

"9 C'est à peine si dans la suite le primipile eut ce rang.

( 9» ) ike pas parler uniquement de l'orgueil patricien) abaissât à un moindre rang le tribun élu Tannét précédente, les soldats s'en indignaient d'autant plus que l'outrage atteignait un homme sorti de leurs rangs. L'organisadon militaire romsone ignorait la monarchie qui élève les hommes de grade en grade, et ce n'était pas la moindre raison à son excellence. Quiconque avait des ailes , s'élançait d'un vol nn pide vers les plus hautes régions,

La solde des chevaliers , triple de celje de l'infanterie, fut -elle diminuée comme on l'exigeait? c'est ce que les expressions de Tite-Iive ne noua apprennent pas. Toutefois , si Ton a cédé sur ce point, il faut que dans la suite on en soit revenu a l'ancienne paie; car cette proportion existait encore au tfemps de Polybe ^®. Il est évident ici que Titô- Xive parle d'une réforme de toute l'armée : les mutins, dit-il, voulaient se venger de ce que les chevaliers n'avaient pas voulu se révolter avec eux. *2i

Telle est la conclusion insignifiante que donne lite-Iive à une insurrection qu'on nous représente comme ayant été tramée par des mal&iteurs :11s s»

"• Poljbe, VI, 39.

'»> Voyez, sur cet éyénement^ Tite-LÎTe, VU, 38 •^ 4i« Appien^ 1. c, ne sait rien de ces griefs des soldats. Il raconte tout ce qui s'est fait depuis la conspiration contre Gapo^e, comme le résultat de la misère et des dettes , et c'est à cela seulement qu'il rapporte les conditions du traité.

(92 ) CQMentent de la réparation de quelques griefs; il p'est pas même question de Capoue; on ne réclame aucun des avantages que dans la suite les vétérans exigent comme leur appartenant naturellement. Ce qui est mauvais dans sa racine» s'envenime de plus en plus; l'histoire des derniers temps de Rome en offre des exemples plus frappans qu'aucune époque de l'histoire moderne. Et l'on verrait ici une bande de brigands» à laquelle on a arraché sa proie; une troupe quji, dans sa fureur, est accourue presque aux portes de la capitale , rentrer tout à coup en elle-même» se repentir et s'apaiser, après avoir eu Li vaine satisfaction d'humilier ceux qui n'avaient point voulu prendre part à une entreprise dont les auteurs rougissaient eux-mêmes ! Et remarquez que cette satbfaction devait être la condition de leur soumission; que si on la leur eût refusée, la ré^ volte aurait continué sans aucun but Si c'est de l'histoire, j'avoue qu'un conte a plus de suite et de raison.

' Mais il est attesté quç cette sédition eut pour résultat des lois bien plus importantes que ces dispositions purement militaires. Denys, habitué à des antécédens grecs, n'hésite pas plus que dans son récit de la première sécession ^ à déclarer que Tabôlition des dettes fut consentie, te fond de cette assertion est confirmé par un écrit rédigé lard, il est vrai, mais d'après dès maiériau^c évidemment au-

(95) tbentiqueset fort anciens ^^^. Que l'on condamne ou que Ton excuse celte mesure, il y a un accord pouc le but et les moyens avec ce qu'ajoute Denys, quij partout ailleurs, suit, pour le récit des séditions^ la mÊme voie que Tite-Live. Il ajoute donc que le$ dettes poussaient les soldats au désespoir^ que sur-, tout ils craignaient ^'étre livrés à leurs créanciers à leur retour à Rome^^S, q^i auteur dit que cjiemin Élisant ils délivrèrent les ouvriers enchaînés, qui n'étaient autres que des débiteurs, et que cela porta leur nombre à vingt miUe. Mais ce nombre , fût-il écrit dans des Annales rédigées dans l'année mémo de l'événement, serait encore suspect; nous étant transmis par Denys, il ne mérite aucune foi. Ne sait-; on pas de quelle légèreté, de quelle crédulité il fait preuve quand il s'agit d évaluer les forces d'une arméo romaine?

On dit qu'alors aussi un plébiscite défendit le préj^ à intérêt ^^4. Il est possible que la stupidité publique ait formé cette prétention , et que la concession lui

^** Le traité de viris ilL se fondait, ainsi que l'établit la conjecture ingénieuse de Borghesi, sur les éloges des statues du Forum d'Auguste , e. 29 : suhîato œre aliéna seditionen^ cmpressii»

"^ Appien, Samnit. Vojez aussi l'écrit de viris ilL, 1. c.3^ cum ingens multiiudo, œre aliéna oppressa ^ Capuam occupare ientasseU

"4 Tacite, Ann,, VI, n 6, confirme le fait de la promulgation de cette loi.

(94) en ait été ibitc, sauf à Texpéneace k Téclairer. Tott^ tefois, la loi qui y au milieu du septième siècle, par^ tait la même disposition, quoique en réalité son existence ne fut d'aucun effet i^^, ne peut èire la même, elle ne peut avoir duré depuis 408 (41 3). En J^S6 (460) les dettes sont tellement nomlyreuseS) qu'elles ne peuvent s'être aind accumulées sans le trafic des intérêts; jamais les ruses dont on se sert pour éiu'> der les lois n'auraient permis d'aller si loin. Il est impossible d'ailleurs que les nexa, qui continuaient de se pratiquer jusqu'à la loi Paetelia, n'aient pro* duit que la servitude» Il est plus naturel de supposer que la loi fut abrogée précisément parce qu'on, s'sh perçut que l'abolition de l'intérêt conduisait a l'es^ clavage, et parce que l'expérience enseigna combien était vraie la fable d' Agrippa Menenius.

Mais à côté de cette loi inexécutable, il y en avait de plus salutaires. Un petit nombre de grands s'était emparé exclusivement du consulat an détn^ ment de la liberté générale; les mêmes iodiyidas Toccupaient quatre ou cinq fois, avec des intervalles d'un an ou de peu d années. A supposer qu'ils fussent plébéiens, comme C. Marcius et M. Popillius,. qui furent quatre fois consuls, ils empêchaient la m}-> blesse de se répandre dans leur ordre. Un mal encore plus grand, que jusqu'alors aucune loi ne prévenait,

'*^ Ainsi que le prouve la catastrophe du préteur Asellîo.

( 95 ) pétait le camul sur une même tète de plusieurs charges curules : ainsi il a dû arriver souvent que le consul patricien fût en même temps revêtu de la préture. Il fut ordonné que désormais nul ne pourrait être élevé à la même magistrature qu'après un intervalle de dix ans, et que jamais on n'en exercerait plus d'une à la fois.

Sans doute, il s'est à peine écoulé quelque tempa que déjà l'on trouve des nominations qui paraissent ea contradiction avec la première de ces lois, et elle^ deviemient plus fréquentes vers le milieu du cinquième siècle, jusqu'à ce qu'enfin elles disparaissent après la dernière sécession. En général cependant on ne voit guère se reproduire le même nom dan9 les Fastes que dix ans après le dernier consulat; quand les nominations se répètent à de plus courts intervalles, c'est le plus couvent en faveur d'hommes dont la grandeur sert de point d'appui à la république : nous citerons Q. Fabius Maximus ^^6, auquel ce privilège fut conféré par un plébiscite "7, Dans la guerre d'Annibal, une loi stipula le même avantage en faveur de C Marius. Il £illut que le peuple luimême abrogeât les lois qui devaient servir de bar^ rière à l'oligarchie. On peut admettre que l'exception n'était pas décrétée uniquement pour l'élection pré-

«6 Tile-Live, X, i3.

"7 Ibid., 1. cit.

G.oogle

(96) sente, mais une fois pour toutes; car les Fastes eh offrent pour les mêmes hommes des exemples réî^ térés.

On dit qu'en même temps un plébiscite déclara que légalement les deux consuls pouvaient être choisis parmi les plébéiens ^^K Si ce décret ne s'est pas évanoui comme une rogation non con6rmée par le consul et les bourgeois, le non -usage d'un pareil droit atteste une haute sagesse dans les chefs du parti plébéien. Ils auraient donc reconnu que dans l'état actuel il y avait juste partage de la puissance entre les deux ordres de l'État, et que te maintien de cette équitable constitution était la seule garantie ^possible contre une démocratie effrénée.

Il parait que la nécessité de déférer aux patriciens l'une des deux places du consulat, disparut avant l'année 635 (538); car alors on n'élevait contre l'existence de deux consuls plébéiens à la fois, qu'un scrupule religieux, et l'élection les avait proclamés ^?9. Les consulats entièrement plébéiensxommencent quarante-trois ans plus tard et se retrouvent fréquemment : alors la distinction originaire entre les ordres tombait en désuétude, tant il y avait maintenant de noblesse plébéienne. Les patriciens eux-mêmes s'en souciaient si peu , que ce fat

'»« Tite-Liye, VII, 42. Zonaras.

"9 ibid., xxm, 3i.

l'un d'eux qui présida la première élection de ce genre. ^5o

Néanmoins ils n'ont aucun titre à la reconnais* sance publique, à raison de la modération dont ils auraient &it preuve dans les premiers tçmpa qui suivirent ces transactions. Il y a une grande différence entre les couchions obtenues dans des jours de trouble et de terreur et la marche ordinaire des affaires. Si les patriciens n'avaient pas eu assez de pouvoir et d'influence pour conserver Tune des places de consul, l'usurpation et la ruse eussent été impuissantes pour leur assurer les deux. C'est à ces désordres que l'on mit un terme; car depuis ce moment on ne voit plus violer la loi licinia sur le consulat. Les tentatives ne manquèrent pas : ce n'est que de la sorte qu'on peut expliquer les interrègnes de 4i5 (420) et 432 (437)- ïl y avait encore des patriciens q|tii rêvaient le retour du passé, et qui, dans leur délire, exigeaient du grand Q. Fabius que, pour l'honneur de l'ordre, il voulût bien exclure le candidat plébéien. Appius l'Aveugle, qui ne perdait pas une occasion de s'abandonner à son orgueil, s'opposa à l'élection des consuls plébéiens; mais au fond ce n'était que bravade, et il céda à la fermeté du tribun du peuple ^5'. Il se pourrait que de nou-

'^^ L. Postumius Albinus : Tite-Liye, 4a , 9* «3» Cieëron^ Brut., i4 (55),

(98) Telles sàticdons pénales eussent renforcé la loi. Pwitêtre la peine de mort vint-^Ue mettre l'infraction sur là même ligne que le crime d'avoir créétine magistrature sans appel *^2. Si l'on objecte quéTite*Liv«m Dion 1^' ne rapportent rien de semblable dans ce qu'ils disent des élections que la république dut à cette tempête politique, nous pourrons regarder Fatné^ liot-atioh comme le résultat des évènemens t ce qu'il y à de certain, c'est que les choses changèrent eiitièfement de face.

On peut regarder comme vraisemblable que cette foi^ encore on dut à un seul homme la législation » dan^ laquelle se manifeste tant d'unité. Ainsi, lict^ nius, Duilius, Publilius, furent les seuls auteurs dé leurs lois. Le nom de L. Genucius, que Tîte-Livé cite comme l'auteur de la rogation contre les intérêts, rappelle celui du tribun qui mourut victime de son attachement à ses devoirs. Cent trente an^ après sa mort, un vengeur serait doùc sorti de sa' cendre j il aurait apaisé %s mânes en affermissant la liberté plébéienne !

Mai^ comment a-t-il réussi à dissiper, dans l'iûtérét tîe la république, ces forces indomptables de la sédition, surtout si la révolte s'est agitée avec la violence que lui reconnaît Tite-ïive? Nul martel

'3> Vojez tom. IV, pag. 78.

»35 Zonaras, Vn, 25.

«'y serait parvenu. U y a un tiutre réch, que cet hU** torien a négligé et d'après lequel tout s'explique : il aura préféré à ces sèches indications de chroni* ques, les réciu plus abondans de Yalerius Antias et de ses pareils. La vérité historique n'aurait pu paraître douteuse, si Ton possédait en entier toutes les vieilles Annales.

Or, d'après ce récit, ce n'est point dans l'année que commença la sédition; née dans la ville, elle prit le caractère de sécession. Peut-être n'eut -elle pas cette modération, cette réflexion qui dirigèrent les précédentes sorties du peuple. Les mécontens prirent les armes. Il est singulier qu'ici encore ce soit un patricien, C Manlius, que l'on entraine de force de sa maison pour le faire le chef de cette expédition. Les plébéiens seraient donc allés s'éta*^ hlir dans un camp, à quatre milles des murs. Il &ut que l'armée de Gampanie les ait rejoints en ce lieu, laissant aux Latins alliés le soin de continuer la guerre. Le récit relatif à la cohorte qui s'insurgea à Lautulae, a probablement un fondement historique: il n'est pas douteux qu'elle ne fôt restée comme un poste permanent , pour protéger et conserver libres les communications entre la Gampanie et le Latium. Il se peut que des fragmens, dont il n'y a plus aucun parti à tirer, se soient conservés sur d'autres points. On dit qu'il n'y ^ut pas de dictateur; que les con* suis conduisirent des levées contre les rebelles, mais

<}ue9 les deux années étant en présence, ceUe des consuls salua l'autre; que des deux cotés on se donna la main et que Ton s'embrassa en pleurant On serait tenté de voir dans cet événement un dernier et inutile effort des patriciens pour se servir violemment de lent clientelle contre les plébéiens libres. On ajoute que llmpuissance de combattre étant devenue évidente, il fallut bien que les consuls proposassent au sénat de se réconcilier avec le peuple.

Si je préfère ce récit, ce n'est pas que j'entende en aucune façon le faire prévaloir en tout point, ni contester, pour cela, la dictature de Yalerius, qui sans doute était attestée par les lois ^^4; mais ce que j'admets d'une manière absolue, c'est que la sédition commença dans la ville par les querdles ordinaires duForum. On conçoit alors comment le tribun conserva, dans la plus grande effervescence, le pouvoir de diriger le mouvement; comment, en se Élisant le défenseur de la misère du pauvre, il obtint de celui-ci qu'il défendit la patrie. U. n'est pas ici quesr tion de projets coupables contre Capoue : nous pouvons, nous devons même rejeter celte accusa-

>^4 U faut compter parmi les témoignages qui réclament cet honneur pour Yalerius Gorvus, Tinscription de sa statue que nous a fait connaître Borghesi [Giom. Arcadîco, I), je fais remarquer à cette occasion qu'il faut lire immard sediiiom au lieu ^inani, et descUsé au lieu de descissas*,

tion comme mensongère, comme méchante. L'es-, prit de dénigrement qui traitait les lois de Licinius ^omme si elles n'étaient que le fruit de la vanité d'une femme, n'a pas craint sans doute d'attribuer aux complots d'une troupe de brigands les évène^ mens qui affermirent et consolidèrent cette lëgis-, lation.

Guerres de 384 à 406.

Dans le cours de ces guerres, les fidts prouvent que la législation de Licinius avait délivré la république des funestes entraves qui la retenaient dans un état de Êdblesse et d'abjection. Jusqu'à présent les seuls mouvemens qui nous aient paru dignes d'attention, sont ceux qui tendaient à rompre ce joug. Désormais se manifeste et se développe la vocation de Rome, celle de régner sur les nations. On n'entend plus ces plaintes éternelles sur l'impôt j il n'est plus question de l'impossibilité de l'acquitter» car la république est rentrée en pleine jouissance de sa riche propriété ^^K Au lieu de plaintes contre les levées, on ne parle plus que des murmures de soldats congédiés contre leur gré, tant l'amour de la guerre s'était emparé de la nation, tant il se présenta

■^^ Le silence de ces plaintes si fréquentes^ si vives ayant ^^ la loi Licinia, prouve assez que oe fut celle«cî qui rétaUit ^?l'inip6t de possession.

de soldau, dès que chacun put conquérir un héii« tage libre.

U ne faut pas se laisser prendre à l'expression des historiens, qui parlent comme si les Gaulois étaient descendus en Italie pour faire la guerre à Rome : les chroniques alors se renfermaient dans le cercle trèsétroit des affaires intérieures, et l'insouciance de la postérité ne s'informa point de l'état général de l'Italie. Les Gaulois ne cherchaient point Rome,tSloignée de beaucoup de journées de marche de leurs demeures, et séparée d'eux par d'autres nations; mais, dans leurs expéditions dévastatrices, ils raya* gèrent aussi Rome et le Ladum, lorsqu'ils s'avance* rent jusque dans les contrées les plus éloignées. Sans doute ces expéditions étaient le fait de nouvelles hordes, que les tribus déjà établies engsh geaient à se porter plus loin, pour ne point par-* tager avec eux le territoire déjà conquis : quelques guerriers de ces tribus se joignirent nécessairement aux nouveaux conquérans. Ces migrations sont les premiers symptômes de l'anéantissement de la prospérité italienne : elles n'eurent lieu que fort peu de temps après les dévastations intérieures de la Grèce, et sont à peu près contemporaines de la destruction dont la Sicile et la grande Grèce ne se relevèrent jamais. D'autre part, elles préparèrent et Êicilitèrent les conquêtes de Rome : autour d'elle , tout était affaibli, anéanti; beaucoup de peuples étaient sujets v

d«s Gaulois 1^^. On r^ptee SQuvem qu'ils vinrçjrit en Campanie çt mèmet dans ^Àp^Ue. » et ai Denj« €<wa]iut avw eni^ w tr^i^é^??, ij faut que cela ai^ f!l liLçu quapd ils eurent pénétré d^s la fiasse.

Pwx fois à cette époque la te^Fe^r se répwdit âlW RomQ i^ l'approche dç^ Gaulois, Polybe auss^ fait mention de ces dangers, et dit copm^nt pn y Ôdbappa ^^9; mais c'est h peipe ci Ton peut r^on- ]i4tre ttue même série de faits dans sop récit et àiDs ci^lui de l'historien romain.

D'i^rès Polybe, apr^s l'éyaçuation de Eome, les pei]qplje» gaulois furent empêchés d'étendre leurs CO&quéte^, tant par des guerres intestines que par 1^ attaques des peuplades alp^str^s. Ces circonstances liaraissent ayoir préservé le reste de l'Italie. On ajoute que» daus la tr^nd^me aui^ée après la prise ^^ Rome ^^^9 les Gaulois parurteint à ^'improviste ^eva9t Alhe avec u^ie grande aitnée, çt que lea

»» Poïybc, H, iS.

*^ Justin^ ao; 5. Ijes mercenaùres qui le serraient ^ pomment avoir été enrâlés dans les établisaeniens qu'il avait tm^ sur tes bords de TAdriatiqu^.

*^ Oljripp. loa.

■^ Poljbe, 1. cit.

*^ Diaprés sa chronologie^ qui fixe la prise de Rome à i^mp. 98^ t : 394$ mais d'après la chronologie rectifiée ,

Romaiiis, interceptés du secours de leurs âlfiéis, èe renfermèrent dans leurs murailles. Douze ans plus tard, dit toujours Polybe, à l'époque d'une seconde expédition (en 4<^i) [406], les Romains furent avertis à temps, et de concert avec leurs alliés , ilsattendirent l'ennemi en rase campagne; mais la discorde se mit chez les Gaulois, et leur retraite em. une apparence de fuite.

Quant à Tite-Live, il a des victdires à donner aux Romains pour ces mêmes campagnes , et les Gaulois y sont repoussés. Il est tout naturel ^dè supposer que ces victoires ont été imaginées piar la vanité ; mais en distinguant ce récit des traditions^ qui y sont mêlées^ on trouve, malgré ses omemexis, qu'il est de même nature que le reste de l'histoire vraisemblable à laquelle il appartient On doit à Polybe une foi entière pour son temps; mais il n'enest pas de même des époques plus anciennes, pour lesquelles il a dû chercher dans les Annales , au rbque d'omettre les faits d'une année, comme cela paraît lui être arrivé pour la dictature de Sgi (596). Il poussait jusqu'au préjugé le mépris des exagérations de Fabius en faveur des Romains, et cette prévention a dû le porter à préférer une version qui ne parlait point des victoires romaines, bien qu'il ne les ait pas luimême anéanties par suite de cette préoccupation.

Les chants héroïques des Romains célébraient un. combat singulier, dans lequel un jeune homme^

( io5 ) C. ManliaSy vainquît et tua un géant qui étut.sord' avec arrogance des rangs gaulois pour provoquer un chevalier romain. C'était bien iin géant, selon l\ftcception reçue par les tradiliotis et la poésie, et non pas seulement un homme- que sa taille et sa force distinguaient des autres. La tradition dit que le Romain évita le teriîble coup que lui portait son adversaire; que de son bouclier il relevale boudiér gaulois, se glissa dessous, et s'approcha de L'ennemi, en lui perçant le bas-ventre. Le géant s'élevait au-dessus de lui comme un rocher; quand il. tomba, iine couvrit pas un moindre espace que l'ar^^ d'Homère. Le vainqueur s'empara du collier^d'or, et en prit le surnom de Torquatus. ^4^

Lea annalistes ont recherché Tannée et le lieu de iCe combat singulier, et l'un d'eux l'ayant placé en

•4« Ceci est la reprodaction fidèle du récit de Tite^Oye. Ici moore cet esprit poétique témoigne de <a vénération pour la vieille tradition, en faisant ressortir ae$ traits les pluspoétiques, sans s'inquiéter de les rabaisser i la* possibilité historique, comme Payait fait, deux générations ayant lui, l'annaliste Q. Glaudîus, dont Aulu-Gelle transcrit le récit avec une admiration affectée, IX, 1 3.

Chez tous les peuples la vieille poésie parie de géans : on nous indique les héros de llliade cornait des géans, mais on ne nous le dit pas formellement comme le fait assez cmement Quintus, qui copiait sans doute les Cycliques. Dans rOdjssée les héros sont de notre espèce. Polyphème méprise le pain Ulysse, et le bélier gigantesque de ce monstre l'emporte.

(io6) 388 (SgS), dans une expédition de Gaulois oit FAnio séparait les deux armées, cette indication prit une autorité historique *42, Tite-Iive avoue cependant que, selon licinius Macer, le dictateur de cette année-là ne fut créé que pour la tenue dea comices : ce n'est que par conjecture qu'il lui donne le commandement dans cette gu^re ^^^$ que lui-même dit s'être écoulée sans faits importons, si Ton en excepte ce duel.

Les Gaulois se rendirent par Tibur en Campanie* Cette ville se souipit ou même acheta leurs servicçsgi parce que Rome lui faisait alors la guerre. En l'aur née suivante S89 (394)» les Gaulois revinrent dans le Latium : toute la contrée occidentale, jusqu'aui^ murs de Rome, fut impitoyablement ravagée. Ils parurent à la porte Colline, à travers laquelle ils avaient pénétré dans la ville vingt-cinq ans auparavant, Une armée consulaire observait Tibur ; tous les autres Rommns en état de porter les armes ^ attendaient l'ennemi dans leurs murs. Après une longue et sanglante bataille, les Gaulois, plutôt repoussés que vaincus, se retirèrent sur Tibur : avant qu'ils pussent y arriver, le consul Paetelius les at-r taqua tandis qu'ils marchaient sans ordre; il compléta la victoire. Les Fastes triomphaux consacrent aussi cet exploit du consul.

•4* Tit6-Live,VI,42.

«4» J4a.,VII,9.

( 107 ) Deux ans après, en 39 1 (SgO), les Gaulois vinrcM, par le territoire de Prenesie, jusqu'à Pedum^ contrée qui avait toujours été le théâtre des guerres èques; sans doute ils arrivaLont d'une expécHdon louitaine aux extrànités de la presqu'île : ainsi, dan» leurs conquêtes, les Cimbres étaient quelquefois refimdés parla résistance ou par la fiiim. Dans ce pressant danger, Rome et le Latium renouvdèrent^eur anodine alliance. C Sulpicius , l'un des plus grands guerriers de son temps, prit avec l'armée unepo* sitton dans un camp retranché, que les Gaulois n'osèrent attaquer. U comptait fatiguer, et afiaiblir femiemi; mais impatiens de son inaction, oublieux de la discipline,, les soldats murmuraient et voulaient 6tre conduits au combat Leur impatience fiosait craindre que la bataille ne se livrât point avec ordre, et l'événement justifia l'hésitation du général. La journée ne fut gagnée pour les Romaina que par un acte de désespoir et par une ruse. Déjà les lésons étaiœt refoulées vers le camp, lorsque quelques cavaliers firent monter l^s valets de l'ar-* mée sur les bétes de somme, se mirent à leur tête et pararent prendre les Gaulois en queue avec une nombreuse cavalerie. Trompés-par l'apparence , ceuxci s'enfuirent dans les bois, où ils furent vivement poursuivis. La vérité de cette victoire est attestée par ' la mémoire d'un triomphe et par la consécration de l'argent conquis, qui fut muré dans le Capitolei

{ ao8 ) Neuf ans s'étaient écoulés, lorsque le Latium et le territoire romain furent de nouveau visités par les Gaulois, sous le troisième consulat de M. Popillius Laenas, en 400 (4o5). La terreur se répandit devant eux; le consul marcha avec beaucoup de précaution. 'Il établit son camp sur une hauteur d'un accès difficile, et, sans perdre de temps, les trialres se mirent à construire les retranchemens, tandis que les autres cohortes se tenaient en ordre de bataille^. Les Gaulois attaquèrent : ils furent rejètés dans les vallées; mais une blessure reçue par le consul, et le» troupes fraîches qui vinrent s'opposer à la poursuite des Romains y rendirent l'action douteuse. La bles-^ sure était si grave , que Popillius en fut long^temps malade après la bataille. Cependant il y était revenu, et ses nouveaux eSbrts avaient dispersé les rangs serrés des Gaulois. Us se jetèrent dans les montagnes d'Albe, dont les solitudes leur offrirent un asile sûr, comme le furent dans la suite les Apennins pour Radagaisus et les Goths *44 ; les autres sommets et les collines du Latium étaient couverts de châteaux forts. Le camp fut abandonné au vainqueur, qui ne poussa pas plus loin s^ poursuite. L'hiver était venu, que

>44 Peut-être n'a->t-on pas remarqué que Monte Sasso di Castro, au-dessus du Mugello, retient probablement dans son nom le souvenir du camp qu'j établit le roi des Goths. Gèl£( convient bien à la contrée. (Le nom qui, dans le manuscrit» n'était pas achevé ^ a été complété par conjecture.)

( 109 ) ces Gatilois n'étaient pas domptés , et faisaient en^core des incursions dans le Latium. L» Furius Ca-^ millos, aussi bon général qu'il était citoyen dangereux, fut le consul qui eut Thonneur de terminer cette guerre. Tant que les Gaulois occupaient ceâ montagnes, il n'aurait jamais osé les laisser en p^ reille position entrç Rome et lui; il ne se serait pas engagé dans les marais pomptins, où sans doute ils l'auraient suivi, tandis qu'un malheur commun liait à Roine tous les peuples du Latium, et mèn^é les Volsques. Dans ce temps .aussi, l'orgueil qui méprisait les droits des plébéiens ^ pouvait causer ^e l'inîtation ^45, et nous voyons régner la plus grande union. Il est hors de doute que les quatre légions queL. Camillus conduisit contre les Gaulob, étaient pour moitié formées de centuries latines. ^46

Quand les armées se furent rencontrées, le jeune M. Yalerius Corvus tua en combat singulier un guerrier gaulois. Le récit de cette action est tout poé* tique : un corbeau envoyé par les dieux se posa sur

^ Tit^Live, VU, aS.

>4S Quant à rindieatîon qui porte chaque légion à 4^00 hommes y c'est une malencontreuse addition d'un annaliale qui se conformait à Fusage de son temps. On a bien pu lever dix l^ons^ dont huit moitié romaines ^ moitié latines^ et deux romaines pour la réserve. La population a pu remonter à son chiffre après trente-cinq ans et par la formation de six nouvelles tnbus.

le casqàe du'Roinftiii, et chaque fins que Pfttta<joe recommençait, il volait a la figure du Gaulois^ qu'il harodait de son beo et de ses ailes ^47. Qudnd jje vainqueur voulut s'emparer des dépouilles, les Gao^ lois résistèrent, et il en résulta une bataille générak jl^ Gaulois cependant ne tinrent pas long-temps^ ils étaient déjà vaincus par les privations de l'hiver. Us s'enfuirent donc, dit Tite-Live, à travers le pays des Volsques, et arrivèrent dispersés sur le Vultume, d*où une partie d'entre eux passèrent en Api:die II est impossible qu'une armée en fuite et dispersée oii pu de la sorte traverser les contrées sabeUiques; j'admettrais d'autant moins une défaite des Gaulois, qu'il n'est pas question de triomphe du consuL Xai déjà rappelé le récit de Polybe; mais forcer les Gau* lois à la retraite, de manière à leur ôter l'idée de revenir à la charge, n'était-ce pas l'équivalent de la plus brillante de toutes les victoires? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ne revinrent jamais dans le La* iium : cela suffit pour que dans les pays les pbiS éloignés L. Camillus. fût regardé comme le vain* queur des Gaulois et le sauveur de Rome, ainsi que rappelait Amiote^^^. Cette campagne eut lieu en la

>47 Dans Tite-Iive (VU, 16) , la prière de Valerint a da rhjthme. Si Déçus, si Deçà es, çu/ viihi praépeian misidi, voUns firopUius adùio.

>48 PluUrque, Camitt,, pag. i4o et sbît. Ce n'est point Aristole qui se trompait, mais bien ceux qui, dans leur cré*

GcJogle

tiroî^èiïie atinëe de la 108.* olympiade, époque oà le philosophe vivait à Pella.

Les Romains purent donc se reposer loiig-temps des guerres gauloises. Selon l'expression emplo^réè par Polybe, pour une autre époque, ib avaient appris pendant ces guerres à se laisser tailler en pièces^ et ils en sortirent guerriers accomplis pour soutemr toutes les luttes italiques. >49

J'ai commencé par le récit de ces campagnes ^ tomes les autres, comparées à celles-ci, étant de inoindre importance. En effet, il y allait ici de l'existence, là seulement de la domination 1^^. In chronologie eàt exigé qu'il fût d'abord parlé <{es guerres contre les Berniques.

Avant la prise de Rome, ils s^étaient déjà séparés de son alHance, ou plutôt ils avaient repoussé ses prétentions ï^ï. On njB dit pas qu'il y eut un sujet de guerre. Cependant le dictateur L. Manlius la désirait >^^; car les mouvemens extérieurs fortifiaient la puissance du sénat et des patriciens. La première campagtw en 588 (SgS), fut néanmoins dirigée par un général plébéien , le consul L. Genucius. Le ré-

daUté pour lis conte inventé sur M% GaniiUus^ oi^t voula k redresser.

'49 Poljbe, I, 6 {?).

»5o Salluste, Jug., ii4.

*^ Tom. IV, pag. 365.

'^ Belîum Hemicum affectons. Tite'Lîve, VII, 5,

sultftt sembla donner force à l'opinion qui menaçait la république d'un danger, parce que les. auspices tombaient entre les mains d'un ordre qui en était incapable. L'armée romaine fut surprise; son chef tomba : une mort heureuse ie sauva des humiliations que n'aurait pas manqué d'accumuler sur sa tète une faction ennemie, peu soucieuse des malheurs de la république ^^^, pourvu qu'elle pût se réjouir de la défaite du premier consul plébéien qui commandât une armée. La perte cependant était peu de chose , comparée à la honte : le lieutenant €. Sulpicius était demeuré maître du camp , et pr ^upe heureuse sortie , il avait déjà châtié l'orgueil des vainqueurs^ avant qu^ppius Claudius, créé dictateur^ fût venu joindre une nouvelle armée à l'armée consulaire.

Ainsi renforcés, les Romains pouvaient livrer une bataille, dont cependant l'issue n'était rien moins que certaine. Pour le courage et la discipline, les Berniques les valaient : ils avaient fait usage de tous leurs moyens. Au centre étaient huit cohortes, chacune de quatre cents hommes , l'élite de leur jeunesse; ces soldats avaient double solde, et on leur avait promis libération entière du service militaire, quand cette guerre, la plus redoutable de toutes, serait terminée. Us accomplirent fidèlement les or-

«53 Tite-LÎTc, Vn, 6.

ares deJeur patrie; mais il fallat bien que l'armée vidncae se retirât la nuit qui survint, et la gran-> deur de leurs pertes, empêchèrent les Romains de profiter de la victoire; ils avaient perdu le quart de I^rs soldats et les plus nobles jeunes gens de la na-* tion, car les chevaliers avaient été obligés de mettre pied à terre, pour opposer aussi la ileur de la g^ nération romaine aux cohortes hemiques>^4. Le lendemain, les Berniques abandonnèrent leur camp, et lorsque les colons de Signia virent passer sous li;ui?s murs ces cohortes réduites à de petites bandes, ils firent une sortie et les dispersèrent i^^. La cam* p9gne suivante 38g (^94) amène toutes les suites d'une bataille perdue : le plat pays fut ravagé , Ferentinum fut prise.

Craignant pour eux-mêmes, sans doute, les Tiburtins se déclarèrent pour les Hemiques : ce fut assez du refus de passage pour que les Romains les traitassent en ennemis. Ces guerres partielles disparaissent quelque temps et se perdent dans celle des Gaulois, avec lesquels s'unit Tibur. On veut qu'en ^ 392 (397) les Herniques aient été soumis dans une

>54 II n'est sans doute pas historique que quatre fois trois cents dievaliers aient vaincu les 32 00 Herniques des cohortes d'élite.

|S5 Je lis ah Sigriinis, au lieu de ah signis, qui n'a pas^ de sens. C'est une excellente correction du docteur Krejsig : elle est du petit nombre de celles qui rendent un fait à l'histoire.

(n4) .auite àe combats, qui furent autant de victoires.*'^ On ajoute que les Tiburtins , après que deux de leurs villes eurent été prises, et voyant les autres menacées du même sort, se rangèrent en 396 (4oi) ^ous la domination de Rome >^7. Mais ces assertions ne sont que Famplification d'une antique mention, qui fixe'' à ces années les conclusions de la paix avec ces peuples. Les Berniques étaient si loin d'dbéir à Ronte en qualité de sujets avant 44 ^ (447)' qu'ils percevaient une indemnité m argent ^^^, pour remplacer le tiers du butin qui leur était ori^nair^nent accordé, proportion qui n'eût plus été en harmonie avec Fétat actud des choses. D'un autre côté, l'indépendance de Tibur pendant la grande guerre latine, est aussi bien établie que celle de toute autre ville du Latium. Comme Preneste, elle avait disparu de l'histoire depuis la mention de son alliance avec le Latium. Nul doute que sa destinée n'ait été la même, et qu'au temps où fiorissaient les Èques, die ne fôt leur su* jette ou leur alliée; qu'enfin elle n'eût recouvré son indépendance. On nous dit qu'en 696 (4^i) Rome

'^ Dericti suhactUfue sunt. Tite-Iâve, Vn^ i5.

>^7 Ad dedUiontm pugnatum — ^ : uniçersa gens, posUis armis, infidan CansuKs veniL Tite-Liye, YII^ ig.

>5S (2»e8t dans ce tens que s'explique le mieux le passage de Pline^ H. N., XXXIV, 11. Q. Mordus — qui -* capta Anagnia papubtm stipendia liberaçerat.

(1.5) coudât une trêve avec les Prenestins'^; or, c^eQ est assez de cette indication pour reconnaître des rapports suivis enire ces deux villes, et Ton peut regarder comme suffisamment attestée leur participation à cette guerre, quoiqu'elle ait échappé à lite-Iive.

Yélittvs, que depuis la loi de licinius on 110 nomme plus, et Privemum, toutes deux volsqws» se montrent hostiles à la fin de la guerre des Hei^ niques, probablement parce qu'on aMdt établi ches elles deux régions de dtoyens romains, et qu'on leur avait fait, comme on le fit plus tard envers les Èques, des ouvertures pour devenir romaines. Cette hostilité conduisit à une guerre j mais bien certainement ellene finit pas par la prise de Privemum, qui reparait dans la suite indépendante et puissante.

On termina, sans aucun avantage et par une trfcve de quarante ans, une guerre contre lesTarquiniens et les Falisques, qui en avait duré huit (de Sgt — 399), et qui, conduite mollement, avait été malheureuse dans ses commencemens. Les Tarqui* niens, dont la splendeur et la puissance sont attestées par les ouvrages d'art qu'on découvre de nos jours^ avaient entrepris cette guerre sans le secours d'au*

"59 Diodore, XVI, 45. Il était facile d'oublier les Tiburtins; mais comment Diodore aurait-il pu nommer les Prenestins , s'ils n'avaient été nommés dans lés excellentes sources qu'il consultait?

(ii6)

cuD sàlié. Dans la première campagne, ils battirent le consul romain C. Fabius , et firent des prisonniers, dont trois cent sept furent sacrifiés aux dieux/ L'année suivante SgS (SgS), les Falisques prirent ouvertement part à la guerre, et l'armée romaine se tint sur la défensive à Sutrium. Ensuite les Étrusques pénétrèrent jusqu'aux salines, 694 (599), après une bataille, dans laquelle les prêtres jetèrent la terreur dans les rangs des Romains, en s'y précipitant avec des torches et des serpens; ce qui en* flamma leurs propres soldats d'un délire fanatique. Les conséquences de la bataille en indiquent assez le succès, bien que les Annales romaines nWouent qu'une fuite bientôt arrêtée, et vengée par une victoire et par la conquête du camp ennemi.

Depuis la guerre de Tolumnius, les rives romaines du Tibre n'avaient point vu d'ennemi étrusque, et maintenant on dévastait, outre le territoire de Ycïes, qui était le plus riche parmi les possessions de Rome, Tanciehne banUe^e de cette cité. C. Marcius Rutilus, nommé dictateur, se tint d'abord avec son armée sur la rive gauche; il passait le fleuve toutes les fois qu'il se présentait une occasion de châtier des pillards. EnfiA, le temps venu, il attaqua les Étrusques, prit leur camp, et conduisit dans Rome huit mîQe prisonniers. Les patriciens refusèrent le triomphe à un si grand succès, et cependant on l'avait accordé souvent pour de petits avantages.

(»»7) Mais il s'agissait d'honorer un plébéien qui avidt vaincu contre leur gré. Après quelques campagnes, les ennemis désirèrent la paix ^^ : Rome put poser les armes; elle avait vengé ses prisonniers en immolant trois cent cinquante-huit Tarquiniens.

Jusque-là les Annales ne font menûon d'aucun différend avec Caere, qui, située sur le bord de k mer, devait avoir un territoire limitrophe de celui de Rome, et l'ancienne amitié se confirma d'un témoignage bien éclatant, lorsqu'à l'arrivée^ des Gauïbîs,' les prêtres et les choses sacrées trouvèrent un refuge à Caere. Mais dans la guerre présente, on accusa les Caerites d'avoir pris p^t aux incursions des Tarquiniens, et dans tous les cas, de ne leur avoir point refusé passage sur leur territoire. Rome se prépara à la vengeance (397) [402]. Selon Dion '^^ si les Caerites obtinrent grâce, ce ne fut point en mémoire de leur ancienne conduite, mais au prix de la moitié de leur territoire, peut-être de leurs biens coxmnunaux. On leur accorda une trêve de cent ans. %

On a perdu les Annales de Fépoque où elle expira; mais il n'y a nul doute qu'au moment où l'Étrurie entière reconnut la suprématie de Rome, Caere ne fût à son égard dans les mêmes rapports. En 54a

»6o Titc-Live, Vn, 22.

*^» lyïon y fragm* ^ i42.

(ii8)

(547)» on la nomme parmi les peuples étrascpiesi Une chose énigmatiqne, c'est qu'en 401 (4^6) il parut sur les côtes du Ladum une flotte grecque, qui y stationna tout l'été et y débarqua souyent des pillards. Cest la première fois que les Romains se liattent contre des Grecs. Les Annales ne disaient pas qui étaient ceux-ci ni d'où ils venaient, et en pareille matière, les conjectures de Tite-Iive ne sont d'aucun poids. Il impute cette expédition aux tyrans de Sicile : mais c'est évidemment une erreur ; car dans ce temps, qui précéda immédiatement l'arrivée de Timoléon, les Siciliens, divisés, étaient sans flotte et sans moyens de tenter une expédition au-delà .desmers où dominait Carthage.

, En l'année où le Latium souffrit ces pillages, ou bien dans la précédente (olymp. 108, 5), Pfaalaecns ^'embarqua pour lltalie avec les huit mille soldats pour lesquels il avait stipulé dans la Phocide la &culté de se retirer i^^. Il est vrai qu'il n'atteignit pas son but, et qu'une sédition le força de relâcher en Crète. La Grèce était alors en proie aux plus violentes agitations; des troupes d'aventuriers couraient au-devant des enroleurs : la guerre entretenait la guerre. Les habitans des villes détruites et des campagnes ravagées devenaient soldats et reportaient sur d'autres contrées les maux qu'ils avaient épfou-

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