SERTORIUS ET PÊRPB5NA
les mêmes ordres, les mêmes trttvatiî que les Lusilaniehs* ? j» De telles plaintes sont le jplus bel éloge de Sef toriUs ; cette furieuse avidité de richesses et de plaisirs n'étdit pas à Taise autour de lui , et nul chef de parti ne pouvait plus tenir à cette condition : Sylla n'avait ôtô si absolu que parce qu'il avait proscrit , donné du sang et de rof. Comme on n'osait pas tentef une rébellion ouverte ttu milieu des Espagnols dévoués , on s'appliqua d'abord à détruire leur affection en les accablant de vexations et d'impôtâ au nom de Sertorius ; des séditions ^'élevaient , et au lieU de les apaiser , selon ses ordres, on empirait et On multipliait les troubles. Aigri par un changement qui lui semblait de l'ingratitude, Sertorius s'emporta, de son côté, à des Représailles cruelles sur les enfants réunis à Qsca; il fit mourir les uns et vendre les autres.
tîne conspiration s'était formée; quand les conjurés jugèrent qu'ils pouvaient impunément attenter à sa vie , ils l'assassinèrent dans un repas ". IIS se trompaient j la mort de Sertorius les fit plus haïr et plUs mépriser que Jitmais. terpenna prit le commandement et voulut se donner du relief, en profitant des préparatifë de Sertorius pour tehter une victoire (72) ; mais la déroute se mit aussitôt dans son armée. Prisonnier de Pompée, il eut la lâcheté, pour racheter sa vie, de lui livrer toutes les lettres que SerloriUs avait reçues de Rome. Pompée brûla ces lettres sans les lire ^ et fit exécuter sur-le-champ Perpenna et ses complices*. L'Bspagne rentra ainsi tout d'un coup sous la domination romaine , et le jeune proconsul reprit le chemin de l'Italie (74).
Il ne pouvait y reparaître dans Un moment plus favora-
» V\nt.,Sert,f a8.
• App., V/A^,, I ; Wur., Sni,f «9, 3o.
■« Plut., Sert., 3i.
SSOO BISTOIRE ROMAINE.
ble. Le sénat , mécontent , avait révoqué les deux consuls battus par Spartacus ; aux comices prétoriens , Grassos avait seul osé se présenter pour continuer la guerre. Bientôt il partit avec six légions nouvelles (71) , il décima les troupes consulaires qui s'étaient laissé battre de nouveau, et cette sévérité, depuis longtemps négligée, rendant qudque vigueur à l'armée romaine, il poursuivit Spartacus.
Cet intrépide capitaine , délaissé par les pirates, qui avaient emporté ses présents, s'occupait dans la presqul; de Rhegium à construire des radeaux pour traverser le détroit. Crassus entreprit de l'enfermer par un fossé et une muraille de quinze lieues entre les deux bras de mer; cet ouvrage, sans cesse troublé, souvent comblé par des attaques soudaines, n'excitait que le mépris de l'ennemi; on s'indignait à Rome d'une guerre si longue avec des gladiateurs, et , puisque Crassus demandait lui-même qu'on rappelât à son aide Terentius LucuUus de la Thrace et Pompée de l'Espagne, on ût partir Pompée. Heureusement pour Crassus, les ennemis manquant de vivres, et ayant forcé le passage, se divisèrent encore une fois ; le préteur, dans l'espoir de vaincre seul , et dans le regret d'avoir deniandé des collègues, se hâte de combattre : il vainquit, en effet, un premier corps mal commandé ; ses deux lieutenants suivaient l'autre. Spartacus se retourna brusquement, et en deux coups se débarrassa d'eux. Mais il ne lui était plus possible d'avancer sur Brundusium, où Ter. Lucullus abordait, ni de contenir ses soldats, qui voulaient une bataille: il vit que son destin était fini. Au moment de l'attaque, il tua son cheval : « J'en trouverai assez d'autres, dit-il, si j'ai la victoire : si je suis vaincu, je n'en aurai plus besoin. » Il se jeta dans la mêlée , cherchant Crassus, qu'il ne put joindre. Couvert de blessures, il vendit chèrement sa vie : percé d'un trait à la cuisse, appuyé sur les genoux, il combattait encore. Il tomba au milieu des siens , qui périreni