‹ Histoire romaine (volume 3)Chapitre 59 sur 102 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

KOBURS PRIVÉES.

Les moeurs publiques sont le miroir des mœurs privées. Avec ce dernier siècle , qui précéda Tère chrétienne, commencèrent ces immenses richesses, qui s'amassaient exclusivement * sous certaines mains, pour étaler tous les excès du faste et de la mollesse. Les maisons des riches devenaient de véritables palais ; plusieurs, isolément bâties, et qu'on appelait pour cette raison des iles (insulœ) , égalaient en magnificence et en étendue les places et les temples. Après l'orateur Grassus, qui, le premier, fit venir dix colonnes de marbre attique pour orner le portique d'une maison sur le Palatin ; après Lcpidus, qui construisit pour

> Cic, Deoffic, 9*3 1 : « Perniciote PliiUppus tn tribunatu (dixic): nom etse in civitate dito millia homiiuun , qui rem halterent, m A^en. Drbic., De controw. agr, : « In provinciU, praecipue in Africà... saltus non minores babent privati qiiam reipublîcai territoria. Quinimo muiti salhis longe ma* jorcAtunt territoriU. Habent autem iu saltWus privait non cxiguum populiiin, ninploi etiam vicos ctrca villam io modnm muntcipiorum. » Plio. Nul., i&«7.

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la sienne un perron de marbre de Numidie , parurent les vastes et éblouissantes demeures de Scaurus, de Lucullus, de Balbus, de Mamurra, l'intendant des ouvriers de César en Gaule *. Souvent des affranchis l'emportaient en opulence sur leurs anciens maîtres. Chrysogonus , celui de Sylla, i)ossédait beaucoup de terres autour de Rome, et sur le Palatin une maison remplie des plus beaux vases de Corintbe et de Délos. On ne pouvait compter ses tapis , ses ornements divers , non plus que ses esclaves. Pour charmer ses esprits , son oreille et sa bouche , tant d'hommes étaient employés, que chaque nuit le bruit des voix, dos lyres, des flûtes et des apprêts troublait le voisinage. Demetrius , affranchi de Pompée , se faisait apporter tous les jours la liste de ses esclaves, comme un général celle de ses soldats ; ses parcs et ses jardins étaient cités entre les plus célèbres *.

Le prodigieux accroissement du luxe ne paraissait nulle part peut-être plus sensiblement que dans les villse ; ces antiques séjours de labeur et de simplicité avaient presque entièrement disparu pour céder la place à des maisons de plaisance qui éclipsaient bien leur modèle, celle du premier Scipion-rAfricain. Yarron , rédigeant dans un traité régulier les préceptes consignés k la hâte, mais bien pratl-

' Cîc., ji Att; 7-7; JvMtlÀ^fDemagn, rom., 3-i4 ; Catulle, 39. De Ions les ofiTraget qui onc été ùût» sur le luxe de Rome , le plus curieux est celui de Bfaxois, ioiituM : Le palais de Marc. Scaurus,

■ Pline NaC, 3o-i6, 36-3; Séoéqne, De tranquilL^ 8; Plut., Pom;i., 42 ; Gc., Pro Rose. Jwier.^ 4^f ^" Ferr,, Desuppl.^ ifi : ■ Palimur en ira jam mullos aoDos et silemus , cum Tideamus ad poMcos Iiomines oranes nationum pecanias pervenitse ; quod eo magis ferre aequo animo et concedere TÎdemnr, quia nemo istorum dissimulât , nemo laborat ut obscura sua cupiditas cssc tideatur. Ubi pecunias exieramm nationum esse arbitramini, quibus nune omnes eZ'^t f cum Athènes, Pergamum , Cysicum , Miletum, Chium , Samum , 10tam dcnique Asiam, Acliaiam, Graeciam,SiciUam, in paucis villis inclusas ( videalis 7 »

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