II. 3f
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appmyée dans ses mains, sans v<Mr la reine, soit ressentîment, soit bonté. Un souper cependant les réooocilia an cap Ténare. Là, apprenant que toute la flotte était perdue, il envoya ordre k Tarmée de terre de se retirer sur TAsie par la Macédoine ; il distribua à ses amis les richesses encore considérables qui lui restaient, et les engagea à se cacber en Grèce pour y ait^dre la clémence du rainquear. Ensuite il fît voite vers la Libye, pendant que la reine regagnait rËgypte; mais ayant appris la défection de scn lieutenant en Libye, il voulut se tuer: deux amis fitlèk*s Yen empécbèrent, et il continua sa route par terre, seul avec eux, à travers les déserts.
Cléopàtre s^était présentée devant Alexandrie avec les insignes et les cbants de victoire : une fois rentrée en sûreté dans ses Éuits , elle avait tué tous ceux de ses gi-antls qu'elle n*aimait pas, ainsi que le roi Artavasdc; elle avait pris leurs biens et dépouillé les temples. Lorsque Antoine arriva, elle s'occupait à faire passer tous ses vaisseaux dans la mer Rouge, par-dessus Tisthmo arabique, afin de pouvoir s^enfuir et trouver au loin avec ses ricbesscs el ses forces maritimes un asyle assuré. Les AralH's ayant brûlé les premiers navires, ce projet échoua; elle fit garder seulement les abords de TÉgypte. Antoine comptait d'ailleurs encore sur son armée de terre; et, à tout événement, ils se tenaient prêts tous deux à faire voile vers TEspagne, qu'il était facile de soulever avec de Fargent. Mais tout manqua à la fois. Ils apprirent la pciie de l'armée de terre. Hérode, les autres dynastes et les peuplas d'Asie, refusaient secours ou se déclaraient pour Octave. L'honneur de la fidélité appartint à la race d'hommes la plus dédaignée: un corps de gladiateurs exercés à Cyzique pour des jeux funèbres en l'honneur de César, partit pour l'Egypte, maltniilanl sur la roula-tous ceux qui abandonnaient Antoine dans son malheur. Parvenus en Syrie, ils mandèrent à leur
DtPAITB D'AHTOim. 367
maître leur arrivée ; ne recevant point de réponse, ils le crurent mort et se soumirent au gouverneur, sous la condition de n'être plus obligés de combattre dans Tarône*
Antoine semblait insensible à toutes ses disgrâces; il reprit avec Gléopfttre sa vie de débaucbe, en remplaçant seulement les ammétobief par les ouoeiés de la mort» qui devaient quitter ensemble le plaisir et la vie. Gléopàtre essayait d'avance des poisons et des reptiles sur diverses personnes, pour s'assurer au besoin la mort la plus douce. Ils attendirent ainsi rapproche de l'ennemi ou sa réponse & leurs députations réitérées.
Octave avait trouvé ces députations en Asie ; il ne répondit rien à Antoine, Quant à Cléopàtre, qui lui envoyait un sceptre et une couronne d'or, il lui répondit publiquement que si elle quittait les armes et le pouvoir, il verrait ce qu'il aurait à faire ; et en secret il lui promit toute sûreté pour sa personne et son royaume, si elle faisait périr Antoine. Puis, craignantque cette rigueur ne leur rendit quelque courage , il fit partir un affranchi qui devait donner adroitement des espérances à la reine. AÏitoine commença & se douter de quelque trahison ; il ût battre de verges l'affranchi , et le renvoya avec ces mots pour Octave ; « Tu « peux traiter de la môme sorte Hipparque, mon afiranchi, a que tu as avec toi. » Mais sa passion était si extrême, qu'il s'abandonna avec la même confiance aux affectueuses démonstrations de Gléopàtre S
U crut un moment pouvoir gagner les troupes que le vainqueur avait fait passer en Libye ; il y courut inutilement: pendant ce temps Péluse, à l'extrémité opposée de
> Plm,, Àn9,t 4e 74 à 8t j Dion , 5| , de 5 à 11 1 Uor„ Qd,, i-3| ;
Meoiemqae Ijmphatam mareotioo Redegit m veros timorés Caesar, ab ItaliA votantem Remit adurgene
n^'/jt, fa: Lrp» à Oc .4T*. B Trr=i ani U€ ^-mr ép-
t\i,îïBt cnù'Ji drv:t:sy^ à criay^'- «^«^a:. et fu: vainnii dns
nu rxnnîrtU (TinfîinVTie. E Sr^:iJ .iit î*r**r€tLrT àt sc« smpâdr ^L-^M^'iss^'îDiiil ; il r^Â Jt ^ kc:er à b Rms nne attafar siir OMT et sar Urre. fl or4&:DaD-ia la tc:1> m rsccBeK jy4jf¥T, («arDe qu'il ne savait pas si sfs gens n*aiiraienl pas If lfriil»-fljain de n««Tfaui itjiiîres, et s'il y smit linrij^tne. Ce fut un rvcît pof ulaire qu'au icni*^ de H noilrt lU- la sil*'ncî«'use aîU-nte d'un «it-mier évèïvniienl, oo tulrtii!jl tr/ul-à-CTHjp un clK/ur d'bûnnc»nie mèKv de cris et de rhanto jovf'ux, c^^mme aux f'-tes de Baccbus. On eût dit une daasf' de laîyn'S menant une orgie à STrand bruit, qui kVh allait toujours i»lus retentissante vers le camp d*Oct;tve. On en conclut qu'Antoine était abandonné de son «lieu. Au point du jour, son armée étant mise en bataille, s<*s galères, sortirs du port pour combattre, se rangerait avec les galères ennemies; sa cavalerie s'en alla également, sr)n infanterie fut défaite. H entra en criant que Cléopàtre Tavait trahi , et il était vrai. Tout cela s'exécutait par les ordres de cette femme , et elle réservait encore à son aveugle passion une autre perfidie *.
A mesure que le vainqueur s'était avancé surAlexandrie, il lui avait envoyé des émissaires pour la rassurer. Elle pré- Huma le Sfuluire , comme elle avait fait son rival. Par précaution, plusieurs jours avant le combat, elle avait transporté ses plus précieux trésors dans le magnifique édifice quVlle avait élevé d'avance pour son tombeau : une provision d'étoupes et de lorclies y était préparée contre toute surprise. Elle courut s'y renfermer pour éviter la première coiéro d'Antoine, ou plutôt elle le connaissait trop bien.
* Plur, Ant., 8s, 83; DioD, Si-g, lo.
MORT D'aUTOIIIB 8T DE CLftOPATRE. 369
Assurée qu'il ne voudrait pas lui survivre, elle lui fit dire qa*eile ne vivait plus. Ce fut le coup fatal pour le misérable; le désespoir le saisit, il se perça de son épée; et, telle était sa faiblesse , qu'un nouveau serviteur de Gléopâtre venant lui apprendre qu'elle était en vie et qu'elle voulait le voir, tout baigné dans son sang, il supplia instanunent qu'on le portât près d'elle. Comme l'entrée du tombeau était solidomenl fermée, Gléopâtre parut à la fenêtre, d'où elle lança des cbaines et des cordes, et aida ses fenmies à hisser jusqu'à elle, avec de pénibles eiforts, le moribond, qui essayait encore de lui tendre les bras. Elle lui prodigua les soins les plus empressés. Comment n'aurait-elle pas retrouvé quelque pitié à cette vue? Il expira en s'efforçant de la consoler, en lui donnant des conseils pour obtenir une paix honorable d'Octave *.
Dès ce moment , Octave et Cléopâtre jouèrent mutuellement de finesse. Il voulait lui inspirer la confiance pour ne point perdre ses trésors et pour la montrer elle-même captive aux Romains. De son côté, elle voulait mourir libre, si elle ne pouvait le gagner. A la faveur d'une négociation, un ofiicier s'introduisit dans le tombeau et y mit des gardes; elle se vit ôler son poignard. On n'épargna point )(*8 promesses pour la rassurer ; elle y parut croire. Le vainqueur vint ensuite. Cléopâtre, dans cette entrevue, sentit que tous ses artifices s'émoussaient contre cette froide ambition. Le nisé politique ne réussit pas mieux à la tromper : après avoir rendu les devoirs funèbres à Antoine, elle se lit servir un splendide repas, comme résignée à son sort. Un paysan se présenta avec un panier de figues : les gard<'s le laissèrent entrer; Cléopâtre alors écrivit une lettre, puis éloigna ses gens et ne garda que Cliarmion et Inus. Quand Octave eut reçu la lettre où elle lui demandait d e-
I Plut., Ant.f 83, «4, 85 ; Dion, 5i -lo.
ire enterrée auprès d'Antoine , il eawopL en toale hâte poor empâcher son dessein, 8*il était possible encore. On la titMnva sans Yîe, couchée sur un lit d*or avec ses Tètements de reine. On remarqua sur un de ses bras une légère mor» sure : on pensa que c^était celle d'un aspic, el que le psp nier de figues avait servi à cacher un de ces reptiles. Les PtylUi lurent vainranenl appelés pour sucer le venin de la blessure. Ifss était déjà morte aussi, et peu après Charmion expira (30). CléopAtre avait trente«euf ans. Dans le triomphe qui fut bientôt célébré à Rome , après cette guerre finie, on la représenta par une statue, lelnras cafitoaréd'an aspic *.
•niit..^ii«.,(Ut6 à 94f Flmrw, Hi; DîMi.fi. 4«ii« i4:«K«« ^ÛKwf iiwmç Âfar^aXfit irf odivt>xfl. » VelL , a-46 : • IUaiA aipiilc, mona giu... spirilnm reddidic. » Sa6t,,Jmg., 17 : « PsyQos adoiorit, qai ▼«MouBi M Tirut MtafenBl , q«od periitH monn aspidii pmabunr. » t^y. •ur l«t P$yllê»t PUm, 7-a, B«a5| Ceb., \n. S, « Looûn, 9, t. 91S :
. . . . . . . . .àt ti qvis pmia dtama
Fatâ mbit , tuoc timc mayicae miraoala gantit, Payllorumque ini^eos et rapti pugna ▼eneni , etc.
Gatte ptapbde aFricaina , qui croyait avoir le loerat mtgiqiM do |»érir lei bleaaures Teoimeuaet , a loiijoun eu des «ucceateura en Egypte | il y • eoroie de ces Pt/I/es, charlaïaiu populaires, qui prétendent se jouer des scorpioaa et eti gnîrir les piq&rea au moyen de certainaa pratiquas : Cliampollloti jeune, dans aon Ttiyage , s'amuaait quelquefois à les embarrasser en les oUigeani de quitter leurs ceintures , où il» tenaient caché un scorpion auquel iU avaient coupé le dard.
Hor., Od., t'U :
Daret ut catenis
Patale monstrum. Qii« generasltts Perire quisrens , nec muliebriier.
Ausa et jaeentem visers regîam Vultu sersno , fortis et aspcras
Traetare serpentes , nt atrum
Clorpore eombiberet vfnennni*
Propert.,5-9 :
FuQÎsii tamen in limidi vaga flumlna Nili;
<GYPTB GOKQLISB. 571
Octave, en entrant dans Alexandrie, avait pardonné aux babitanta à cause du philosophe Areus, leur concitoyen , qu'il avait à ses côtés « À cause de la beauté de la ville , et surtout en Thonneur d'Alexandre. Il visita même le tombeau du conquérant et y déposa des fleurs avec une couronne d'or. Gomme on lui demandait s'il voulait voir les Ptoiémées: « J'ai voulu voir un roi, dit-il, non des morts< » Il fit tuer Cc'esarion et un fils d'Antoine et de Fulvie ; tous les autres enfants d'Antoine furent épargnés; Octavie ensuite les prit et les éleva comme les siens. Elle maria la jeune Gléop&tre à Juba, dernier reste des princes numides, qui brilla surtout par ^n esprit. Le jeune Antoine, second fils de Fulvie, ne fut pas moins bien traité; il épousa une des filles nées du premier mariage d'Octavie avec Marcellus'.
L'Egypte était conquise. Octave en fit une province; il en régla le tribut, en acciiit la fertilité, destinée à la nourriture de Rome, en faisant dégager les canaux du Nil, depuis longtemps négligés. La richesse du pays, la légèreté de ses habitants, exigeaient des précautions pour garder une si précieuse conquête. Aussi Alexandrie n'eut point de curie municipale; nul Égyptienne put être admis au sénat, et un simple chevalier, sous le titre inférieur de préfet, devait gouverner l'Egypte: Cornélius (ïallus fut le premier. Octave revint par la Syrie et la Grèce; il eut l'insigne bonheur de voir rechercher son alliance par Phraaie. D se fit donner de Fargent et un fils de ce prince, comme otage, pour ne point soutenir Tiridale, qui prétendait au trône. Il commença la fondation de la ville de Nicopolis sur le promcMitoire d'Actium , en mémoire de sa victoire.
Accepcre lun! Romula vincla maniiii.
brdccUid spccUvi saacris «dmorsa coliibris.
■ riui , .</»/., 89 et 95i Dion , Si-i5, iG, i;i Sucl., Jt4g., 18, 17.
572 BISTOUK nOÊUdKE.
La fortune le favorisait partout : ses lieutenants répcimèrent oq soumirent plusieurs peuples remnanls. Statà. Taorns, lesCantabres, les Vaooéens et les Astures; Imb. Gallus, les Trévîres; Cannas, les Morins et les SuèTt^; llessala, les Aquitains , contre lesquels le poète Tibullr St ses premières armes. Gmssus combattit avec le même sueces les Daces et les Bastames, tua de sa main un roi e&nemi , et conquit la Mœsie.
Un seul homme entreprit de renverser toute cette prospérité. Le jeune L^pidus, neveu de Brutus, avait formé ie projet d'assassiner Octave à son retour. Mais Mécène goovemait la ville sous le titre de préfet; ce confident, aussi dévoué, aussi cher à Octave qu* Agrippa, reçut moins d*lxnneurs ; car toujours content du rang de chevalier, « malgré Fantiquité de sa race, » et ne pouvant ambitionner moins, il ne désira jamais davantage. Délicieusement indolent, il savait au besoin prévoir, agir, s'arracher au sommeil des nuits; et, dis que les affaires ne Texigeaienl plus, il s'abandonnait plus qu'une femme au repos et à la mollesse. 11 avait observé dans la tranquillité d'une profonde dissimulation los desseins de l'imprudent conspirateur. Avec une merveilleuse célérité, sans aucun trouble, il étouffa ce complot précipité et le danger d'une nouvelle gueiTe civile par le supplice du jeune Lepidus. On emprisonna la mère du conspirateur, qui était sœur de Brutus. Au retour d'Oclavi», le vieux Lepidus , venant solliciter pour sa femme , se vil plus d'une fois repoussé par les licteurs de son ancien collègue *.
» Dion, 5i-i eC de 17 à «7 ; Flor., 4-«» i Tibullc, 4-1 ; Suét., Any., 18 , 19 ; Sën^q., De clem.^ i -9; Vcll., a-46 ; Tac, Jmn,, i-5g ,6-11; Hor. , ptusim ; nutiliui NumaL, Itiner.^s. 299:
nie Umcn ï^pi<lu« pejor, civilibus armis Oui jcisit 8Qcii» impi.i liclla Iribiis.
DOMINATION d'octave. 373
Le sénat se tenait prêt depuis longtemps à recevoir convenablement le vainqueur, augmentant les décrets et les honneurs pour lui , à mesure que de nouveaux succès étaient annoncés. Le jour de la naissance d'Octave devint une fôle ; le jour où Ton avait appris la victoire d'Aclium , une autre fête. Le jour de la naissance d'Antoine fut dtVclarô néfaste, et on abolit tout ce qui lui avait été accordé. Quant on sut qu'il était mort, on vota au jeune César des couronnes, un triomphe sur TÉgyptc : on appela heureux \e iour où Alexandrie avait été prise , et Ton en fit une ère nouvelle qui commencerait désormais Tannée chez les égyptiens. Octave fut gratifié cette fois du pouvoir tribunitien , et du droit de rendre la justice à ceux qui l'invoqueraient , dans l'intérieur du Pomœrium , et jusqu'à un mille au dehors. Tous les ministres du culte mettraient son nom dans toutes les prières, et des libations lui seraient offertes dans tous les festins. Son cinquième consulat commencé (29), tous ses actes furent confirmés avec serment. Après ses lettres reçues touchant son traité avec le Partho, son nom entra dans les hymnes avec ceux des dieux. Il devait ceindre une couronne triomphale dans toutes les assemblées : on lui donna le droit de nommer autant d(3 X^onlifes qu'il voudrait. Toute la ville irait à sa rencontre. Le décret qui parut lui plaire davantage fut celui qui fermait le temple de Janus, ce qu'on n'avait vu qu'une fois depuis Numa. Les succès d'Oclave étaient la paix du monde. Il revint au milieu de l'été : l'abondance revenait avec lui. Les trésors de l'Égyple lui permettaient de refuser les couronnes d'or offertes par les villes : il courut tant d'argent dans Rome, que l'intérêt se réduisit au quart, et que
loftidinA paci moliri Icritus ausus
Trittibus excepit congriia fala rcit.
Ouartus Cx<arro dnm tuU irrepere reQDO
lucesti pcrujiii solvil aUuIterii.