CHAPITRE LXIII
L^EMFIRV AFFERMI A L^ORIBNT, A L^OCCIDENT ET AU MIDI. — RfiFOKHE DU StNAT ET DE LA JUSTICE.
Tous ces règlements faits , il se rendit en Gaule dans rintenlion de porter la guerre dans nie de Bretagne, mais des soins plus pressants le retinrent (27). La Gaule avait besoin d'une administration régulière ; il la divisa en quatre parties ou gouvernements : la Narbonnaise, TAquitaine, la Lyonnaise et la Belgique. Messala venait de subjuguer les Àciuitains révoltés. Pour opérer également la triple division de rsspagne, iî iloillut des combats. L'indépendance des Cantabres et des Astures devenait menaçante. Deux généraux les attaquèrent ; Agrippa et Auguste vinrent eux-mêmes prendre part à cette rude expédition. Les deux peuples , pendant deux ans (26-25) , opposèrent une résistance opini&tre dans leurs villes et sur leurs montagnes. Us cédèrent enfin à la supériorité des forces romaines. La fondation de deux colonies ( Emerita Augusta et Oesarea Augusla ) fut la récompense des vétérans ; une troisième (Augusta Pra^toria) comprima en Cisalpine les S:ilassi\s
ÔfiS nsTonc iobaise.
(2>) , qni érit^rmt , par la ppiie d^ ce imitoire H pir ne ninçoQ considéraM<? , la punit iuQ de leur faible révolte.
L*ainbitioa d'un seul homme parât plus à craindiT en È^'pie. Salvi'liênus, oubliant ce qu''il devait à OcUve, avait conspiré contre lui an moment du traité de Bnmdnsium, et, par jugem<'nt du sénat, il avait subi la peine ca- I»iiale. Cet exemple n'avertit pas Com. GaUus, élevé, comme lui , de la plus basse condition à la plus briUanle fortune. Ce vaniteux chevalier dressait dans toate sa province ses propres statues, et pariait étoordiment contre son bienfiiiteur; il fut aussitôt révoqué; mais, sur une accusation de rapines, le sénat le condamna, et il se tua luimême (25). L*Orient demeura tranquille; la mort du roi Amyntas Gt passer une partie de son royaume, la Galatîe et la Lycaonie, au rang de province, tandis que la Pamphylie fut rendue, comme alliée, à ses anciennes lois.
Auguste refusa modestement le triomphe décerné pour ses nouveaux succès. Son retour (24) n>n eut pas moins d*éclat. Il avait été continué dans le consulat pendant son absence; on lui donna le droit de porter, le premier jour de Tannée, la couronne et la toge triomphales; on confirma tous ses actes par serment, et on lui accorda une dispense générale des lois. Il trouva le temple de Janus fermé une seconde fois, le portique de Neptune et le Panthéon achevés par les soins d'Agrippa; ce fut ce favori qu'il chargea d'ordonner les fêtes pour le mariage, qui eut li^ alors, de Julie et de Marcellus, fils d'Octavie. On tua trois cents ours dans une chasse, autant d'animaux de la Libye; un chevalier et une matrone, d'un rang distingué, dansèrent en public ; Horace , avec les anciens héix)s de Rome , chanta la grandeur naissante du jeune Marcellus, et l'astre de Jules, et Auguste, le second de Jupiter, en lui prédisant des triomphes sur les Parthes, les Sôres et les Indiens *.
* Dion, 53, de 7ihii ; Suëc. , ^ug , a t , 63, 6ri ;VeU., «-47 ; Flor., 4- 1 1 ; App. ,
ÀUGUSTB. 389
Cette prospérité inoale devait s'accroître encore; toutetofois, cette môme année et la suivante y jetèrent les premières ombres. Les Gantabres et les Astures s'étaient soulevés aussitôt après le départ du vainqueur, et le ravage de leur pays ne les dompta pas encore pour toiyours. Mais les armes romaines échouèrent d'un autre côté. Le quatrième préfet d'Egypte, JEWxxs Gallus, entreprit imprudemment une expédition contre les Arabes. Il pénétra jusqu'à Atblula (Mérab?), car il ne rencontra pas d'ennemis; mais les déserts^ le soleil et une eau malsaine, fbrent bien plus funestes aux légions , qui se consumèrent de fatigues et de maladies , et les Barbares n'eurent pas de peine à les chasser.
Dans Rome , une inquiétude surpassa bientôt ce revers. Le chef, auquel semblait tenir le repos de l'État, tomba malade; on craignit pour sa vie; lui-même, comme s'attendant à mourir, remit à Pison, collègue de son onzième consulat , un écrit qui contenait les forces et les revenus do Tempire , et Agrippa reçut son anneau. Il guérit, cependant, par les breuvages et les bains froids qu'essaya son médecin Antonius Musa (23). Dès qu'il put rassembler chez lui les magistrats et les sénateurs, il leur lut son testamentt V^^^ montrer qu'il ne s'était point désigné de successeur^ et l'on s'étonna qu'il n'eût pas même songé à Marcellus, son neveu et son gendre. Il semblait n'avoir consulté que le bien public, dans la préférence désintéressée qu'il avait marquée pour Agrippa; mais il ne sut pas la soutenir, ni résister au mécontentement jaloux de Marcellus. Le favori, justement estimé des Romains, fut disgracié sous l'apparence honorable d'un commandement en Syrie , et se retira dans Mitylène. Il n'y demeura pas
Guerres étEspa^ne; TibuU., Eleg,^ 1-8, 4-i ; Àmm. Marc., 17-3 ; Hor., Orf. 1-11,99; Oro8.^ 6-99 ; TîUcmoDt , Bistoire de$ empereurs,
390 msToni moiiaihi.
longtemps : M arcellus , malade à son tour, moamt avant la fm de cette année, malgré les soins de Musa. Les larmes d'une mère, et les vers touchants de Virgile, sont fes seuls témoignages des espérances que pouvait donner ce jeune homme , enlevé si rapidem^t à un si grand avenir*.
!1 parait qu'Auguste avait renouvelé encore celte Ibis la feinte proposition d'abdiquer; on n'accepta pas davantage. Au fait, il n'y aurait eu sûreté ni pour lui , ni pour la république; il attesta seulement ce dernier motif dans un édit : « Qu'il me soit donc donné d'asseoir la république « saine et sauve sur sa base , et de recueillir le fruit qœ « je cherche , celui d'être appelé l'auteur de sa meilleuie «i situation, et d'emporter, en mourant, l'espérance que h c république demeurera sur ces fondements que j'aurai « posés. » Il se démit du moins du consulat, avec des louanges universelles, et surtout de ce qu'il se substituait Sestius, l'ami de Brutus. Cette modération continue lui valut des avantages bien plus précieux que ce qu'il quittait : on lui conféra, pour la vie, la puissance tribunitienne. Je droit de proposer dans le sénat ce qu'il voudrait, même sans être consul, et la puissance proconsulaire, qu'il garderait partout, jusque dans l'intérieur de la ville. Qui aurait osé blâmer de telles concessions? La fortune de Rome se relevait avec son empereur , et il en vint à point une des plus glorieuses marques qu'on pût désirer. Le quinzième Arsacide , Phraate IV, avait vu s'élever contre lui Tiridate (25) ; mais ce compétiteur vaincu , se réfugiant auprès d'Auguste, il commença de craindre et envoya une ambassade. Le sénat fut consulté («), et, sur son avis,
» Dion, 53 , de «9 à 33 ; Suét, jiug., 66, 81 ; Vell., 2-4« ; Sënèq., 0»*©*. à Marcia^ 3 ; Virg. , JSneid., 6-36o et «uir. :
Heu! mtaerande puer, si qua fata aspera rampas, Tu Marceilutem; manibua data lUia plenis.
AUGUSTB. 394
Auguste ne rendit point Tiridate , mais le flls du roi parthe, sous la condition de recouvrer les drapeaux de Grassus et les prisonniers romains ^
Aussi, une épidémie et une famine affligeant la cité (22), le x>euplc 8*écria que ces maux arrivent parce que Auguste n^est plus consul : on veut qu'Auguste soit dictateur; on menace de mettre le feu à la curie, si le sénat n*en fàïx aussitôt le décret; on court, on apporte les vingt-quatre faisceaux, on proclame Auguste dictateur et préfet des vivres. Il se passa alors une scène assez bizarre : ce chef suprême, fléchissant un genou, et découvrant ses épaules et sa poitrine , demanda comme une grâce qu^on ne lui donnât point, malgré lui, la dictature. Évidemment son refus était sincère. Plus on reçoit, plus on dépend; jamais Tinconstance populaire ne passe plus facilement à Fenvie que de Venthousiasme, et puisque le peuple prenait si bien le change, il valait bien mieux lui laisser croire qu'il n*avait pas tout donné, ou, du moins, que son empereur ne voulait pas tout prendre. La préfecture des vivres n'avait point de danger; Auguste Taccepla et décida qu'on choisirait chaque année , pour le seconder dans cette charge , deux anciens préteurs. 11 redisa également la censure perpétuelle et nomma deux censeurs, Plancus et ^m. Paulus. Leur tribunal s'écroula sous eux comme ils y montaient; ils n'entrèrent en charge que pour la forme, et, quand ils en eussent été plus dignes par leur caractère, Auguste n'etkt pas moins exercé de fait les fonctions censoriales. Il fit seul des règlements sur les festins, sur les diverses réunions, qui devaient toutes être présidées par des préteurs •.
■ Saét., jivS'* *8 1 ^^^ * S3-3«, 33 ; à contnlior mut Ict Parihe», Vaiibnt , JwiperntM Anaddarum eî jtcktgmmUmrum, • Dion, 64-1, * i Siiél., ilHf ., 5», $7, 34; Vell., M»-
odS msTonu iomacie.
La doaœar de César DTavait point apaisé ses enraeniis, ks impitoyables précautions d*Octave n^avaioit pcûnt alnlti tous les siens ; Tun accepta la dictature, Tautre refusa, ci Ton conspira contre tous deux. Mais la modeste dissioBlation d'Octave assurait davantage sa position et dooniit moins de prise à une ambition rivale. Un obscur complot fut une troisième fois tenté sans plus de succès; Ifurena et Cépion découverts subirent la sentence conune crimineb (le majesté, sur Taccusation du jeune Tibère (22). Cet événement occupa bien moins Fattention publique, que Factivité du fils de Livie, alors âgé de dix-neuf ans, qui, en qualité de questeur, soutenait les sollicitations de quelques alliés, dirigeait ce procès , suppléait par de prudeotes mesures à rinsuffîsance des approvisionnements, et forçait tous les riches d'Italie à tirer de Vergasiulum les voyageurs enlevés et les miliciens réfractaires. Un mouvement de guerre aux deux extrémités fut à peine sensible. En E^gne les Cantabres et les Astures se firent encore écraser; en Egypte, la Candace d'Ethiopie avec une armée s'avança jusqu'à Éléphantine : Petronius, préfet, repoussa l'invasion dans le pays ennemi jusqu'à Napata, y mit des garnisons, et, par une seconde campagne, obligea la Candace à traiter. Auguste se disposait à passer en Orient, avant la fin de cette guerre , mais pour d'autres motifs. A peine était-il parti, qu'il se fit quelques troubles aux élections consulaires : pour maintenir l'ordre pendant son absence, il nomma Agrippa préfet de Rome et le maria môme à Julie, d'après le conseil de Mécène, qui lui disait : « Tu as rendu Agrippa si grand qu'il faut en faire ton gendre ou le tuer *.» Ce voyage eut l'cfTet attendu; pendant que l'empereur y prononçait diverses décisions sur les villes et les provinces,
• Dion, 54, de 3 k 6 ; Suët., Jttg., 19, 66, Tih., 8 ; Sénâq., De cUm,, 1-9 ; Vcll, t-47, 48, 49 ; Fior.^ 4-ia ; Macrob., a-i ii
iraate , redoutant une guerre, lui renvoya les prisonniers les drapeaux romains (21). Les Arméniens, demandant grane en place de son frère Artabaze, Tibère fut chargé établir le nouveau roi sur le trône. Auguste revint enlite à Samos , où se présentèrent de nombreuses amba»ides, parmi lesquelles des Scythes, desSarmates, des Se- >s et des Indiens (20) , avec des présents de chaque pays. omme il avait refusé le consulat pour Tannée suivante, entius Satuminus, seul consul, exerça cette charge avec .ne fermeté des anciens temps. Il découvrit et punit les ^ublicains en reprenant pour le trésor les sommes détournées. Dans les comices d'élection, il repoussa de la quesure les candidats indignes, et, voyant qu'ils persistaient, il es menaça de la vindicte consulaire, s'ils descendaient au []hamp de Mars. Quand il s'agit de lui donner un collègue, m Egnatius Rufus se présenta : cet homme avait plu au peuple dans son édilité, en employant ses propres esclaves à éteindre les incendies, et par là il avait aussitôt obtenu la préture ; pour cette raison peut-être, ou à cause de ses vices et de ses crimes , il lui fut signifié par le consul de quitter ses prétentions , et, sur son refus, Sentius jura que ce candidat fût-il élu , il ne le proclamerait pas. La brigue devint assez inquiétante pour que le sénat donnât une garde à Sentius. On envoya promptement une députation à Auguste, qui, pour toute réponse, nomma lui-même consul un des députés, et le trouble cessa.
Pour ce service et pour tout ce qu'il avait fait dans son voyage, on décréta beaucoup d'honneurs, dont il ne voulut pas, excepté un temple à la Fortune de retour et des Atigustales, fêtes anniversaires de son arrivée (19). Mais il ne refusa pas la préfecture des moeurs pour cinq ans, et la puissance consulaire pour sa vie; en sorte qu'il eut toujours désormais douze licteurs, et qu'il siégea sur la chaire curule entre les deux consuls. On ajouta un droit général
5d4 HBToni
de législation; cm appela ses lois augustes : les Toulaiant même s'obliger par sennent à les obsenrer; 3 ks en dispensa. Cette attention constante à s^absteair des astioctions extérieures, en augm^tant les prérogatives, s'étendait à toute la ikmille impériale : Tibère n^eat i^ cbose que les insignes de la préture, et son frère Drusosk droit de solliciter les charges cinq ans avant Page ptesat Au contraire les honneurs étaient généreusement ace»^ à des particuliers; plus de trente généraux , dans ce pfemier temps de Fempire, obtinrent les honneurs du tncopbe, etim plus grand nombre les omem^its triomphan. Balbus triompha cette m^e année pour une expédilKio contre les Garamantes*.
Agrippa était alors en Espagne depuis deux ans, Tamenant non sans peine contre les opiniâtres montagnards tes plus vieux soldats rebutés de ces fatigues interminables;]] ôta cette fois aux Cantabres Tenvie de se révolter. Il nV dressa point au sénat le rapport de cette campagne et de si victoire; trop pénétrant pour ne pas connaître les secrvts du pouvoir, et plus intéressé que jamais à le soutenir, 0 imita la modération d*Auguste en refusant le triomphe qu* Auguste lui décernait. Depuis cet exemple, TambitioD avertie n'osa plus y prétendre; trois ans après Silius, Nerva et Asinius Gallus, lieutenants impériaux à titre de proconsuls, purent jouir encore de cette antique gloire; mais ils furent les derniers*.
> Dion, 54, de 7 à 13; Sa<lt., jhtg., ai, 38; Flor., 4-19; Velln r^j, 48; Vîrg., Georg.j 1-509, a-170, 4-^(>0i 3-3o :
Addam urbes Asis domitas , puUumque Niphatem Fidentemque fugà Partlium versiaque saçillt».
ARneid.f 6-794 :
Sap«r et Garamantaset Indos
Proferec imperinm.
* Hor., Oi., i-ii, «-4.8, 3-5,6, 10, 4-1, t3, i4, A^»f., 1-13, t. iS. La
Déjà Agrippa avait « de son mariage avec Julie , un fils , iius (SO); bientôt il en naquit un second, Lucius (18). int de liens attachaient le favori à Tempereur, que celui-ci issocia x>our cinq ans à la puissance tribunitienne, et Einnée suivante il adopta ses deux petits-fils, qui s'appcarent désormais G. César, L. César. Il n'avait pas osé jusu^alors réformer entièrement le sénat, beaucoup trop nomreux et mal composé. Il se sentait maintenant assez aiferai , et Tagitation élective qui avait troublé Rome en son ibsence Tavertissait de ne pas laisser reparaître les intrigues ambitieuses et populaires. Il jugea prudent , pour cette éforme, de porter une cuirasse et une épée sous sa toge , )récaution qu'il prit d'ailleurs souvent pendant son gou- /ernemcnl, quand il venait au sénat; de plus il se fit assister d'Agrippa et de dix amis les plus braves de Tordre sénatorial. D choisit d'abord trente sénateurs, qui durent choisir ensuite, hors de leurs parents, chacun cinq candidats, entre lesquels le sort désignerait un sénateur; les trente élus devaient répéter à leur tour la même opération, jusqu'à ce que le nombre de trois cents fût rempli. Auguste Veut désiré du moins , ne dissimulant pas « qu'il serait beau « de trouver trois cents hommes vraiment dignes de sié- « ger. » Mais la chose se fit mal, la plupart ne pouvant supporter une si grande exclusion; il souffirit donc que six cents sénateurs fussent nonunés.
n entendit même des réclamations vives et des mots hardis. Antistius Labéon, ayant osé mettre le nom de Lepidus sur sa liste, il lui demanda d'un ton menaçant, « s'il n'y en avait pas de plus dignes. Chacun à son avis , répondit Labéon ; ne puis-je pas faire sénateur un homme que
partie conaenrëe des marbres CapiColÎDS , o« fitttes triompliaiu , s arrête à BAlbiu; U partie restituée nientiouue encore ces deux lriompluieurS| qui a« puainenl pas tenir à U famille d'Ausiute.
kjczxr à l'ezz^^r^^z ZD/t jar> > sr^ikVtire, qui se v^ ▼emeos soccea^^ooec: , le n^ae Laî^cc dit : « Ta: Tabfr;>-je de dormir, î^ m'acq^u'/iCnis mai de mm ctar^ti D'autres 5"ii>ii;::iairtrt de ptrlre leur ran^; Auguste cptc: tra»p..î€iiM[it CCS piainvs et p?rmit seuî^finent à qw^w*^ uns de (r^rUr le laticiaTe. Egnatiiis et qoeKjiies autres o.csçnrmat^ et forent lirrts au supî»lice. Auguste, daisU suite, ne fit plus lui-m^fue q-j'uue fois le reocBsemars sh aus après celoi-eî. Aux autxvs époques, il coofitait ce sec à des triomTîrs DC»mmés exprès.
A ces deux di^rK^mbrements particuliers appartiecDer: des lois et des mesures diverses , qui Daissaient du pcKiTrc œnsorial : interdiction des charge pendant cinq ans pf^' ceux qui aTaieot employé la tNigue; am^ades cootre iecèlibal, avec permission à tous, bormis aux sénateurs, d'épouser des affranchies; récompenses pour les citoyens mariés et les pères de famille; établissement définitif de b préfecture uiiiaine; un cens fixé pour radmi<sîon aux charges et au sénat ; cérémonie de Tencens et des libations prescrite aux sénateurs avant chaque assemblée; les séances réduites à deux par mois , et désormais sans pubiicatioa des actes; nulle autre fonction à remplir l€S jours de scoaf; Fabsence passible d*une amende, et si beaucoup s^ab&^ntaicntà la fois, on tirerait au sort, un sur cinq, lequel paierait; en septembre et octobre, un pelit nombre de sénateurs seulement seraient désignés par le sort pour dresser les décrets au besoin *.
Comme la sécurité de la vie civile dépend, en grande partie, de la régularité de la justice, Auguste eut soin d'y
' INoo, 64, de la à it et 3o, 55-3; Sën^., Arc/em., 1-9; Saéi., j4uy.,S\, 85, 37, 64, 55, 3a, 33, 34, 30; Tac, Ann., 6-11. Fojrn rioscrtplioo d'AirtjtCf MoHumenlum ancyranum , dao« l'édilion de StiétoDe p;«r Gnevius.
AIGUSTE. 597
pourvoir aussi, en retranchant plus de trente jours aux jeux honoraires pour les rendre aux tribunaux et à Texpcdit ion des procès; en ajoutant une quatrième décurie de juges intérieurs, appelés ducénaires, qui prononceraient sur les causes minimes ; en ne confiant pas les fonctions judiciaires à qui n'aurait pas atteint trente ans; en n'accordant aux juges qu'une seule année de congé à tour de rôle. Mais quand l'influence politique des anciens chevaliers ne l'eût pas suffisamment averti , la confusion des rangs par rcffct inévitable d'une révolution démocratique étant une des choses lt»s plus favorables à l'illimitation du pouvoir, Auguste se garda bien de rétablir un ordre judiciaire , de former des hommes de loi une classe spéciale. 11 était même trop pénétrant pour ne pas tirer avantage de la science du droit; les édits prétoriens continuèi'ent comme autrefois, mais selon ses instructions secrètes. De la sorte il changea la jurisprudence sans qu'on s'en aperçût, la tournant aux idées nouvelles qu'il voulait introduire. Il entrait dans son plan de maintenir l'autorité des jurisconsultes ; il ordonna donc que les juges se conformeraient aux décisions {respoma) des juristes; mais il désigna lui-même ceux dont les décisions devaient être suivies dans les tribunaux. Il se faisait ainsi tout ensemble l'arbitre du droit, et attachait à jamais les légistes au pouvoir , dont ils devinrent les instruments et les flatteurs par conununauté d'intérêts ^
* Sttët.j Aug., 3a ; Schœil, UUér. rom,y t. u, p. a3o.