III
350 HisTOimi ROHÀiNi:.
et, le casque en tête, souyent le bras ntt, elle barftngnalt d'une vois ferme et retentissante. Elle allait à cheval plus qu'en voiture ; sévère au besoin , prudente , économe , on louait sa chasteté, sa sobriété, quoiqu'elle pût vaincre à boire les Arméniens et les Perses quand elle les avait à sa table. Elle parlait également bien le syriaque, le grec, l'égyptien , et connaissait assez bien l'histoire de l'Orient pour en composer un abrégé; le latin lui était moins familier. Elle avait auprès d'elle, comme maître de littérature grecque, le sophiste Longin, dont elle fit bientôt son principal conseiller.
Cette indépendance supérieure dans une femme sembla piquer l'indolence de Gallien ; une armée fut envoyée contre Zénobie , sous prétexte de venger enfin Yalérien ; mais l'armée essuya une défaite complète. Zénobie resta maîtresse de l'Orient; sa sœur Zabba S qui partageait avec elle les soins de la royauté, bâtit une ville du nom de Z^obie sur les bords de l'Euphrate, pour ôter aux Perses le passage du fleuve, et deux ans après fit la conquête de l'Egypte. Peut-être l'empereur eût-il marché lui-même contre la formidable impératrice ; mais les Goths , repoussés de l'Asie par Odenath, ayant traversé l'Euxin, et remonté le Danube, descendirent par la Tfarace et la Macédoine jusqu'en Grèce ; là, iiidement battus par la valeur de l'orateur Dexippe, qui avait animé les Athéniens, ils tournèrent bride et se jetèrent toujours pillant sur l'Illyrie. La mollesse de Gallien n'y tint plus : il s'arracha de ses plaisirs menacés de si près, tomba sur les Goths avec fureur, détacha de leur invasion les Hérules , en accordant pour la première fois le consulat à un Barbare, à leur chef Naulobatus, força ainsi les autres à la retraite, et se retourna tout d'un trait sur Aureolus* Celui-ci, qui jusque-là lui avait servi à tenir
* Vopisc., Jurel.y »S : « Sabam MkHaiti. *i
GÀLLIEN. 551
en échec les usurpateurs de Gaule , voulait profiter de son éloignement pour s'emparer de Fltalie. Il arriva assez tôt pour l'assiéger dans Milan. Il le réduisit aux abois , lors- Iju'un conseil secret des généraux résolut la perte de tous deux. On choisit pour empereur Claude, occupé alors à la poursuite des Goths , et , quelque temps après , on tua Gallien dans le tumulte d'une fausse alerte (268). Les soldats laissèrent tuer également ses frères et ses fils, et firent ensuite grand bruit de la mort d'un prince « utile, néces- €t saire, disaient-ils, brave et expéditif. » On leur distribua vingt pièces d'or par tète; à ce prix ils changèrent d'avis, et approuvèrent qu'on déclarât GaUien tyran dans les fastes publics *.
> Treb. Poil., GalL^ 4» ^t >3, i4» Trig» iyr.f i5, i6, 17, a8, 3o , ii^ Claud., 11; Yopiac., ^uiie<.,a5; ZO0., i; Oros., 7-29; huhnkemuSf Fila Longin,, lo; Saiot-Blartiii , Biog, untv., Otlenath,