II
venu d'accomplir les projets de César. Les Parlhes étaient divisés. Plusieurs d'entre eux, réfugiés près d'Antoine , lui contaient que leur nouveau roi Phraate avait tué son père et ses vingt-neuf frères. Lie roi d'Arménie, ouvrant le passage par ses montagnes, dispensait les Romains de traverser les plaines si^|tales à Crassus. L£i cavalerie légère d'Anpénie^^nait se joindre auj; irrésistibles escadrons des Gaulois et des Espagnols ^ qu'emi?aenait Antoine; mais . il fallait se hâter. Les Parthes se (}jispersaîent pendant l'hiver , et ne paraissaient point en campagne. On devaitVouvçr Phraate désarmé en l'attaquant au commencement de cette saison *. Antoine se souvenait, d'ailleurs, que la célérité avait été le principal moyen du grand César. Il laissa dqnc sous l'esnorte de deux légions les. ii]a.çhines de guerre qui le retardaient, pénétra rapidement dans le pays ennemi , et vint mettre le siège devant Praapsa (ou Phraata).
Le siège traînait en longueur, fjjiu te de machines; elles avaient été interceptées par les Parthes avec les deux légions. Antoine avait beaucoup de peine à nourrir sa cavalerie : le roi d'Arménie emmena la sienne,, découragé ou gagné par les Parthes. Dèslors il n'y avait plus de succès à espérer. Phraate profita de ce moment et traita avec Antoine. Le roi
* Plut. , in Anton. — ' Ibid.
barbare lili prohiit une retraité sûA y et pelidaht cette retraite de vingt-sept jours, il lui livra dix-hùit combats. Plus habile qiie Crassus, Antoine' prit le chemin des montagnes, et découragea les Partbes par les charges vigoureuses de sa cavalerie gauloise. Au milieu dé ces attaques continuelles, et ide touà les maux que pouvait endurer une armée dahs uii pays nu ^ sans vivres, sans chemin, coupé d'âpres rochers et de grands fleuves , le Romain s'écria plusieurs fois : G Dix mille ! La retraite d'Antoine né fut guère moins glorieuse que celle de Xénôphon. Il y fit admirer son humanité autant que soh courage ^ Parvenus aux bordsd'tine rivière, au-delà de laquelle ils ne voulaient plus le poursuivrez les Parthes., débandant leurs arcs, exhortèrérities ïtôinains à passer paisiblement y et leur e^tprîûièrent leur admiration^. Antoine avait perdil vingt-qualré ihîlle hommes. Il en perdit ëncôte huit mille pat' Une marche forcée qiie rien n« motivait,' sinon son impatience de revoir Cléopàtre.
- Lé seul roi d'Arniétiiê était la cause du mauvais succès d'Antoine. Celui-ci trouva moyen de s'èmparér en trahison de l' Arménien et de son royaume! Maître des fortes position» de FArmeiiie, il merfaçâit de bien près les Parthes.. Mais avant de les atta^ quer, il retôurina encore en Égyptef, où il touïait
Plat. 9 in Anton, — * Ibid.
montrer son captif ^ et triompher dans sa Rome orientale.
Cette adoption solennelle des vaincus , qui révoltait les Macédoniens contre Alexandre^ n'indisposa pas moins les Romains contre Antoine. Ce fut avec étonnement et une sorte d'horreur , qu'ils le virent siéger près de son Isis, sous les attributs d'Osiris. Il avait fait dresser sur un tribunal d'argent deux trônes d'or, un pour lui, l'autre pour Cléôpatreet Césarion qu'il déclara fils de César. « 11 donna ensuite le titre de rois des rois aux enfans qu'il avait eus de cette reine. Alexandre eut pour partage l'Arpoénie^t la Médie et le royaume des Parthes, qtt'Antoine espérait conquérir, Ptolémç^., son second fils, eu^ la Phénicie , la» Syrie et la Cilicie. Il les présenta tous les deux au peuple, li'ainé était vêtu d'une robe médique, et portait sur la tète 1^ tiare et le bonnet pointu, qu'on appelle cidaris.^ orneincns des î:ois Mèdes et Arméniens. Ptolfmée avait un long manteau , des pantoiiôes et un bonnet entouré d'un diadème, costume ^es successeurs d'Alexandre. Pepuis ce jour, Clçopàtre ne parut plus ?n public que vêtue de la rob^ consacrée à Isis, et donna 3e$ audiences fiu peuple sous le nom de la nouvelle Isis ^ . »
Ce fut pour Octave un beau et populaire sujet de
* Plut. , in Anton,
guerre. Sa cause devint celle de Rome. Toutefois^ pour rendre Antoine plus odieux encore, il envoya Octavie en Grèce avec des présens d'armes, d'argent, de chevaux. Elle fit demander à son mari où il vou^ lait qu'elle lui amenât tout cela ^ . Antoine lui or^ donna de rester en Grèce , et plus tard de quitter sa maison de Rome. On la vit avec compassion emmener avec ses enfans ceux qu'Antoine avait eus de Fulvie. Ainsi les vertus de la sœur servaient la politique du frère.
Octave accuse alors Antoine dans le sénat d'avoir démembré l'Empire et introduit Césarion dans la famille de César. Il arrache aux vestales le testament qu'Antoine avait déposé entre leurs mains*, Tou-^ vre et le lit au sénat. En même temps , il faisait courir le bruit qu'Antoine voulait donner Rome à Cléopâtre, que les soldats romains portaient déjà le chiffre de la reine sur leurs boucliers'^. Les prin* dpaux témoins contre Antoine étaient un Calvisius^ un Plancus, homme consulaire, qui avait long*^ temps amusé Antoine de ses bduffonneries ; il s'était fait honneur dans les orgies d'Alexandrie, pour avoir joué avec beaucoup de naturel le dieu poisson Glaucus , avec un costume vert de mer et une queue
' Id.» ibidem.
• Suel. , jduff. , c. 'i7.
' Dio.f tib. L, 5.
pendante *. Reprenant sa place au sénat ^ il y accusason maître ; il le représenta suivant à pied la litière de Cléopâtrç, avec ses eunuques; s'interrompant sur son tribunal ^ au milieu des rois et des tétrar-* ques, pourlire les jolies tablettes d'amour en mstal et en cornaline, que lui envoyait la reine; un autre jour, descendant de son tribunal, et laissant tout seul l'illustre Furnius qui plaidait devant lui , pour se joindre au cortège de la reine qui passait sur la place et soutenant sa litière comme un esclave. On soupçonnait Calvisius et Plancus d'avoir forgé une bonne partie de ces accusations ^.
Elles étaient soutenues par Octave, qui voulut dans cette affaire n'agir qu'au nom du sénat. Toute^ fois les motifs de guerre étaient bien faibles en réalité. Si la guerre se faisait pour l'intérêt de Rome, qu'importait le divorce d'Octavie, et l'introduction de Césarion dans la famille Julia? Si elle était entreprise pour vefigerles torts d'Antoine envers Octave, le don fait par le premier à la reine d'Egypte était aussi légitime que toute cession analogue faite par Octave d'une des provinces qui composaient son partage. Les consuls en jugèrent ainsi, et passèrent tous deux du côté d'Antoine. Le sénat, dominé par Octave , ôta à son rival la puissance triumviyale, et déclara la guerre à la reine d'Egypte. {< Cq.
■ Velleius Pat. , U , c. 83..
' PluV f Antanii viiq.
n'est pas Antoine, disait Octave, que nous auron$ à combattre ; les breuvages de Cléopâtre lui ont ôté la raison ; nos adversaires seroiat l'eunuque Mardion, un Pothin, une Charmion, une Iras, coiffeuse de Cléopâtre ^ . »
Octave n'était pourtant pas si rassuré qu'il le disait. Antoine avait deux cent mille hommes de pied, douze mille cavaliers, huit cents vaisseaux, dont deux cents étaient fournis par Cléopâtre. Le roi de Pont, ceux des Arabes, des Juifs, des Calâtes, des Mèdes, lui avaient envoyé des secours 5 ceux de Cilicie, de Cappadoce, de Paphlagonie, de Comagène^ de Thrace, étaient venus en personne soutenir la cause commune du monde barbare. Une armée de Gètes était en marche. On a blâmé les délais d'Antoine, et son long séjour à Samos avec Cléopâtre. Mais je ne sais s'il fallait moins de temps pour réunir tant de troupes diverses du fond de l'Asie jusqu'à l'Adriatique. Octave, dont les forces étaient moins dispersées, fut prêt le premier, passa la mer avec deux cent cinquante vaisseaux, et débarqua près d'Actium une armée d'environ cent mille hommes.
Cléopâtre voulait qu'on lui dût la victoire ; elle insista pour que l'on combattit sur mei^. On se souvenait d'ailleurs que Pompée, que Brutus, avaient
* Id. , ibidem.
péri pour avoir remis leur fortune au hasard d'un combat de tçrre , au lieu de profiter de leur supériorité maritime. La flotte battue^ les légioQS res^ taieot, et rien n'était perdu ; mais les légions une fois détruites, à quoi servait la flotte? Ces légions renfermaient sans doute encore quelques^ns des vétérans qui avaient échappé à la glorieuse et meuiv trière retraite de la haute Asie, mais elles n'avaient pu se recruter dsma las pays belliqueux de VOggh dent, Antoine avait prêté des vaisseaux à Octave, selon leurs conventions , mais Octave n'avait point envoyé de troupes à Antoine ^ .
Les vaisseaux d'Antoine étaient hauts et massifs) ceux d'Octave légers et rapides. Cependant la su-» périorité des manœuvres n'était pas toujours un avantage décisif dans les batailles navales de l'anti-p quité. Duillius avait battu les vaisseaux de Carthage, César ceux des Vénètes, Agrippa ceux de Sextiis, m les immobilisant avec des mains de fer. Antoine avait peu de rameurs pour une si grande flotte. Mais il comptait sur vingt mille vétérans^ qu'il fit monter sur ses navires , et qui d'en haut pou* vaient combattre av/sc avantage. Ses vaisseaux ne craignaient pas d'être frappés , même aux flancs ^ ; les qperonS des galères d'Octave se brisaient contre cf s gros navires construits de fortes pcuitres
' Appian. , IV. — * Plut. , Anton,
cerclées de fers GbiKsun d'eux était une citadelle qu'il fallait assiéger.
Le combat était douteux (et il se prolongea plu- , sieurs heures encore)^ lorsqu'on voit tout à coup soixante vaisseaux de Géopàtre traverser à toutes voiles les lignes d'Antoine et cingler vers le Pélo* ponèse* La reine avait voulu monter un de ses vaisseaux; mais elle ne put soutenir la vu6 de cette horrible m^ée. On peut soupçonner encore que cette femme perfide désespéra de la fortune d'An* toine^ et se hata^ par une défection précipitée, de mériter la clémence, peut-être l'amour du vainqueur. Elle croyait que son destin était de régner sur le maître du monde , quel qu'il fût , qu'il s'appelât César, Antoine ou Octave.
Antoine ne soutint pas ce coup. Il parut saisi d'un vertige, comme Pompée à Pharsale. Il suivit Cléopàtre. Innocente, il voulait la défendre; la flotte du vainqueur pouvait arriver aussitôt qu'elle dans Alexandrie : coupable , il voulait la punir , Tempes cher de se donner à Octave, et mourir avec elle. Peut-être encore Antoine la suivit par un instinct aveugle, et sans songer à rien de tout cela. Peutêtre pensait-il risquer peu par cette retraite, il croyait à la fidélité de son armée de terre. Il fut frappé d'étoi^nement , quand il sut qu'au bout de huit jours , elle s'était livrée à Octave , et elle ne l'eût pas fait , si elle eût su qu'Antoine avait laissé
à Canidius l'ordre de la mener eh* Asie par la Macédoine K
Antoine^ il faut le dire , avait quelque sujet de prétendre à rattachement et à la fidélité des siens. Tous ceux qui le quittèrent ne se plaignaient point de lui ^ mais de Cléopàtre. Au moment de la bataille , son vieil ami Domitius l'ayant abandonné , Antoine lui renvoya généreusement ses serviteurs , ses esclaves, tout ce qui était à lui *. Domitius en mourut de remords. Après Actium , les rois abandonnèrent Antoine ; les gladiateurs lui restèrent fidèles. Ceux qu'il faisait mourir à Cyzique, entreprirent de traverser toute l'Asie mineure , la Syrie, la Phénicie , le désert , pour aller en Egypte se faire tuer pour leur maître '.
La grande affaire d'Octave n'était pas de poursuivre son rival , mais de licencier , de disperser , de contenir cette prodigieuse armée dont il se trouvait chef par la soumission des légions d'Antoine. Il fallut, pour apaiser les vétérans, qu'il mit à l'encan ses propres biens et ceux de ses amis.
Cependant Antoine , abandonné de quatre légions qui lui restaient dans la Cyrénaïque, se livra à un farouçfhe désespoir. Ses amis, sa puissance, l'avaient abandonné; l'amour même, cet
' Plut , Âni. — • Ibid. ibid. — • Ibid. ibid. -
amour fatal , lui manquait dans son dernier jour. Retiré près d'Alexandrie dans la. Tour de Timon le misanthrope qa^ il s'était construite, il y attendait la mort. Mais l'égyptienne craignait le caprice d'un désespoir solitaire ; elle trouva moyen de ressaisir son captif, et pendant qu'elle envoyait à César la couronne et le sceptre d'or % elle enivrait l'infortuné de voluptés funèbres,, ou le berçait de vains songes. Ce n'était plus le temps de la vie inimita* ble; elle avait imaginé à la place une société des inséparables dans la mort. Les nuits se passaient en festins ; le jour/ elle essayait des poisons divers sur des esclaves , assistait à leur agonie , pour savoir s'il n'existait pas une mort voluptueuse ^. Antoine s'endormait dans cette douce pensée que Cléopâtre voulait mourir avec lui. Quelquefois, elle relevait son espoir, et faisait des préparatifs pour passer en Espagne , et y renouveler la guerre ; ou bien encore, elle ramassait son or , ses pierreries , ordonnait qu'on traînât ses vaisseaux par-dessus l'isthme , de la Méditerranée dans la mer Rouge ; elle voulait fuir avec son Antoine dans les îles heureuses de l'Océan, et vers les rivages embaumés des Indes.
Dès que César approcha de l'Egypte, la reine lui livra Péluse, la clef du pays. Elle avait reçu de lui
■ Dio, , LI, 6, p 637.
* Pip. , L| , 4 1 . -^ Plat. , Anton. , sub fin.
des messages amoureux * , elle croyait te^ir encore celui-ci. Il ne s'agissait plus que de se débarrasser d'Antoine. Le malheureux s'obstinait à avoir confiance en elle. Le jour même où César parut devant la ville ^ il se battit en lion aux portes d'Alexandrie^ et^ rentrant dans la ville ^ il embrassa Cléopâtre tout armé^ et lui présenta ses meilleurs soldats. Le lendemain y sa cavalerie le trahit ; son infanterie fut écrasée ; en même temps il aperçut la flotte égyptienne qui s'unissait à celte de€ésar. Cléopâtre avait eu soin d'ôter à Antoine ce dernier asile, Elle-même^ craignant enfin sa vengeance^ se cacha avec ses trésors dans un tombeau fortifié qu'elle s'était construit. Quand ^ Antoine se retira dans Alexandrie^ on lui dit que Cléopâtre s'était donné la mort : Je mourrai donc, ditnil; et il appela un esclave qu'il réservait depuis long-temps pour ce dernier moment. L'esclave leva l'épée , mais au lieu de frapper son maître , il se perça luimême; Antoine rougit^ et l'imita. On lui apprit alors que Cléopâtre vivait encore ; il ordonna qu'on le portât près d'elle ^ voulant du moins mourir dans ses bras. Mais elle crsugnait trop pour ouvrir la porte; avec l'aide de ses femmes^ elle le guinda jusqu'à une fenêtre ^ d'où elles le redescendirent dans le mausolée . Il expira en la con solant .
' Dio., U, 8, p. 6S8,
Par la même fenêtre^ entrèrent les soldats de César; ils arrivèrent à point nommé pour arrêter le bras de la reine qui faisait mine de se percer d'un poignard qu'elle portait toujours à sa ceinture. Au fond 9 éUe tenait à la vie ; elle comptait essayer suâr le jeune Octave les grâces d'uae beUe douleur et la coquetterie du désespoir î tout cela échoua coa*tre la froide réserve du politique, .
Alors ^ eUe Tcmlut sérieusement mourir : elle js'abstint d'alimens. Odtave souhaitait la conduire vivante à Rome > et triompher en elle de tout rorieat; il l'intimida par la menace barbare de faire tuer ses enfans^ si elle mourait « Toutefois lliorrible image du triomphe^ la crainte d'être traîùée la diaîne au col^ sous les outrages de la populace de Kome^ l'emportèrent enfin. Un jour on la trouva morte au milieu des ses femmes expi«rantes : elle était couchée sur un lit d'or^ le dia<déme au front ^ et parée ^ comme pour une fâtq^ de ses vétemens royaux
De quelle mort avait péri Cléopatre? on ne Fa hmt su jamais ^ . Le bruit courut qu'elle s^'était fait apporter un aspic cadié dans un panier de belles fi|[ues ; et lorsqu'elle vit le reptile libérateur sortir de la. fraîche verdure . sa pçtît^ tête hideuse , eUe aurait dit : Te voilà donc ! . . . , César adopta cette
' Plût. , in Anton, vite.
droyftnce populaîre \ et l'on Tit à son triomphe une statue de Cléepâtre le bras entouré d'un aspic.
Le mythe oriental du serpent que nous trouvons déjà dans les plus vieilles traditions de l'Asie^ repa^ rait ainsi à soli dernier âge ^ et là veille du jour où elle va se transformer par le diristianisrae*. Le serpent tentateur ^ qui , tout bas ^ siffle la pensée du mal au cœur d'Adam*^ qui nage et rampe et glisse et coule inaperçu^ n'eicprime que tropinen la puissance ïnàgûiétique de la nature sur l'homme^ cette invincible fascinatii>n qu'elle exeroe sur lui dana l'Orient- Et c^te dangereuse Eve par laquelle il nuus trouble^ c'est encore le serpent. Pour l'A*rabe.du désert^ pour l'habitant de l'aride Judée^ le fleuve fécondant de l'Egypte est un serpdnt dardé tous les ans. des monts inconnus du Paradis. Moïse ne guérit Israël de son adultère idolâtrie^ qu'en lui faisant boire la c^adre du.serpent d'airain. L'aspic .qui tue et délivre Cléopàtre^ ferme la longue domination du vieux dragon oriental. Ce monde sen-^ stiel^ ce monde de la câbàir^ meurt pour ressusciter plus pur dans le christianisme ^ dans le mahc^sié^ tis^^^ tjui se partageront l'Europe et l'Asie. C'était Une b^e et mystérieuse figure que l'impef^ptible serpeiit de. Géopàtre^ .suivant le triomj^e
Les considérations suivantes sont la préparation et le commencement de la seconde partie de mon Histoire. L^Histoire de TEmpire s'ouvre par Vèw chrétienne.
dX3ètave, le triomphe de l'OccideRt sur FOrient. •L'Orient avait jiit par la voix de Cléopàtre : Je dicterai mes lois dahs le Capitole ^ ; il fallait aupar ravant qu'il conquît l'Oceidjent par la puissance des idées. Antoine et Cléopàtre rejparésentèrent dans leur uniqn le futur hymen de la barbarie de l'Occident et de la civilisation orientale; Mais le trône d'or d'Alexandrie n'était pas nne place digme pour ce divin mystère. C'était dans la poudre sanglante du Colisée qii'il devait s'accomplir > eWre la bl^n*: die robe du catéchumèoe chrétien et la chaste nu-*
dilié djd captif barbare.
La veille diu jour où Antoine devait périr dans Alexandrie y on entendit dans le silence de la nuit ^ikie harmonie de mille iniStrumèns^ mêlée de vois; ooi]^ases > . de dansés de satyres et. d'une clameur d*Eyoë • on eût dit ufie trojipé de; bacchantes qwî^ après avoir mené grand bruit dans la ville ^ . passait; âii^câmlp de César. Tout le monda pensa que c'était BacchuS; le dieu d'Antoine^ le: dieu d'Alexandre 61 d'Alexandrie^ qui l'abandonnait sans retour ^ et se livrait liii-mêmé au vainqueur. Et, en effet, les temps étaient finis. Le dieu effréné du naturalisme antique, l'aveugle Éleuthère^, le furieux libérateur,
• Dîo , 1. 422 , p. 607 : TïjvIî hy^^ t^v pytfflïjv, hizolt ri ôft- ' Sar ridentité de fiaechns, d'Oftim ctde Séiaqpiipo^, . la dissertation
le rédempteui; sanguinaire de l'ancien , son Christ impur ^ avait mené son dernier chœur ^ consommé sa dernière orgie. L'humanité allsât soulever sa tête de l'ivresse^ et jeter en rougissant le thyrse et la couronne de fleurs. Le vieil Olympe avait vécu âge de dieux; il se mourait^ selon la prophétie étrusque et la menace du Prométhée d'Ësciiyle.
Il fallut toutefois trois siècles pour que le dieu de la nature fût dompté par le dieu de l'àm^e; le tigfre ne se laissa pas enchaîner sans se venger par de cruelles morsures | des torrens de sang coulèrent^ et les âmes souffraient encore au-^ctans* 'S^poep^ d'incertitude, de doute et d'aHgoi€f$é n^orteHe î Qui eût pensé qu'elle dût revenir un jour ?...... Ce second âge du nK>nde, commencé* avec l'Empire, il y a tantôt deux milte ans, on dirait qu'il s^^en va lÉnir. Ah!i »'it en est ainsi , vienne donc vite le itoiiième,, et puisse Dieu nous tenir moins- loQù^-^^temps suspendus e^tre le monde qui finit ^ et cchii qui n'a pas commencé !
^ H. Gttignaut ( Sémph et son origine , à kb fin du tom. V 4a Taeite de M. Burnouf. ) — Plut. De Isid, etOsir. : BgîiTtov^ U t4v Offi^tv zii TavTô ffvvà^stv tw Aiovuo"» , tw t« Oo-îpiSi tov SàpaTrcv» Le développement de ces deux dernières pages se trouvera dans mon histoire de PEmpire. ' Ici la fin ne peut être la mort , mais une simple transformation. Ceux qui ont lu mon Intruduction à l'Histoire universeile , mpn Discoyxs sur ^t'cot ou mon Histoire fie Frarue , ne se méprendront pas sur ma pensée.
FIN DU fOmSL SEGONl>«
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