‹ Histoire RomaineChapitre 17 sur 73 · EMPIRE, {de J.-C · texte numérisé non relu

EMPIRE, {de J.-C

leur conduite avec prudence, avaient reconnu Galba. Titus même était parti d’Asie dans l'intention de venir demandér ses ordres; mais il apprit ea Grèce la mort de l’empereur, et revint sur ses pas. Les généraux jugèrent convenable de faire prêter serment à Othon par leurs légions, mais elles ekéirent avec une froideur qui prouvait leur: mécontentement.

Les armées de Dalmatie, de Pannonie et de Mosie se déclarèrent plus franchement ; elles se disposaient à marcher au secours d'Othon, qui aurait probablement triomphé

s’il eût attendn ce renfort. C'était l'avis. de ses généraux, Suétone, Celsus et Gallus, hommes expérimentés, dont le courage. égalait la prudence ; mais Licinius, préfet du prétoire et favori d’Othon, l’empêcha de suivre leurs sages con-" seils. N’écoutant que son impatience, et brûlant d’arrêter la marche des vitelliens déjà entrés en Italie, Othon laissa le gouvernement de Rome au consul Titien, son frère, et à Flavius Sabinus, préfet de la capitale et frère de Vespasien. Il harangua le sénat avec modération, sans se permettre aucune inj ure contre son rival, rejoignit son armée, et rencontra près des Alpes celle de son ennemi.

Cette armée était séparée en deux corps; Céeinna en commandait un, et Valens l’autre. Vitellius restait dans la Gaule, attendant des renforts de Germanie et de Bretagne. Valens ressemblait à Antoine par son audace, par son ambition sans bornes, par sa licence sans frein. Cécinna, son égal en bravoure, le surpassaït en éloquence : il éblouissait la multitude par son feste, et se faisait haïr des grands par sa fierté.

Au moment pù l'Italie, en proie au pillage de ces deux armées, attendait leur choc avec effroi, chacun se rappelait les cruelles dissensions de César et de Pompée, d’Antoine et d’Octave, et les jours funestes de Pharsale et d’Actium.

Dans les detx armées on entendait le mème cri : « Rome « et l'empire! » et les deux partis n’étaient animés que de la même passion, celle de s'enrichir et de commander.

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Othon montrait en publié beaucoup de ccnfiance et de fermeté; mais, entré dans sa tente, il étaït troublé par des songes, et plus probablement par dés remords; car, dans l’obscurité dé la nuit, il croyait voir l’ombre de Galba l’accablant de reproches et l’arrachant de son lit.

Cécinna, trop pressé de vaincre seul, fut repoussé dans deux combats. Craigniant que Valens ne vint lui enlever Thonneur de cette guerre , il se décida à tenter de nonvean le sort, et perdit, près de Crémone, une troisième bataille, Valens vint enfin se réunir à lui, et tous deux se décidèrent à risquer une affaire générale.

L'armée d’Othon était campée à Bébriac, entre Crémone et Vérone. L'empereur pressait le combat. En vain Suétone et Celsus lui représentèrent qu’il devait tirer la guerre en longueur ; que les troupes ennemies, dépourvues de vivres, commençaient à déserter, et qu’il fallait au moins, avant de combattre, attendre l’arrivée des légions de Pannonie, de Mésie et de Dflmatie ; les courtisans soutenaient au contraire qu’il était urgent de terminer les malheurs publics, de soulager les peuples, et que le parti légitime devait plus se fier à la justice de sa cause et à la faveur des dieux qu'au secours des provinces. |

Othon, las de la guerre, se rangea de leur avis, et déclara

qu’il préférait le danger d’une prompte ruine à la prolongafon de ses inquiétudes. La bataille fut résolue; et, eontre l'avis des généraux, on décida qu'Othon ne serait pas présent au combat, afin qu’en cas de revers on ne. se trouvât pas sans ressources. Il se retira à Brixellum, près de Rhège. De ce moment sa cause fut perdue ; son absence découragea les troupes ; et les généraux, mécontents, mal obéis et gênés par les ordres qu’on leur envoyait de loin, n’eurent plus, pour ainsi dire, que le titre du commandement.

Quelques historiens rapportent que les deux armées, prètes à en venir aux mains, s’arrétèrent et furent quelques moments tentées de déposer leurs armes, et de laisser au sénât la décision du sort de l’empire. Tacite ne croit pas

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