DOMITIEN
{An de Rome 834-848. — De Jésus-Christ 82-96.)
Gouvernement de Domitien. — Conquète de l'Écosse par Agricola. — Discours de Galgacus, roi d'Écosse, à ses soldats. — Discours d’Agricola à ses soldats. — Bataille entre les Romains et les Bretons. — Défaite des Bretons. — La Bretagne réduite en province romaine. — Honteux triomphe de Domitien. — Disgrâce et mort d’Agricola. — Irruption des Sarmates et des Scythes en Italie. — Paix'eutre eux et Rome. — Tyranuie de Domitien.— Fermeté d’Apollonius de Tyane. — Révoite et mort de Lucius Antonius —"Cruauté puérile de Domitien. — Persécution exercée envers les chrétiens par Domitien. — Sa conduite effrayante avec le sénat. — Prédiction et mort de l’astrologue Asclétérion. — Hommes célèbres à cette époque : -Jésèphe, Épictète, Martial, Junéval, Silius Italicus et Stace. — Mort de Domitien.
Domitien, aussi fourbe que Tibère, aussi cruel que Néron, se vit forcé de contraindre ses penchants et de masquer son affreux caractère, en montant sur un trône resplendissant encore des vertus de son père et de son frère. Il n’osa pas démentir, dans les premiers instants, leurs maximes et leurs principes que tout l'empire respectait, et 1l parut même vouloir les imiter. On le vit, dans les commencements, diminuer les impôts, refuser les legs qu'on lui offrait, affecter de l’horreur pour l’effusion du sang, défendre même de sacrifier des animaux. Il rétablit les bibliothèques consumées par le feu, éleva de superbes édifices, creusa près du Tibre un grand lac, célébra les jeux séculaires, et satisfit avec magnificence la passion des Romains pour les spectacles et pour les combats de gladiateurs.
agé EMPIRÉ. ‘td J,-C, 84-96.)
Il varia les jeux publics, . fit disputer à de jeunes filles, dans le cirque, le prix de la eourse, et sembla vouloir en- - couraget les lettres en établissant des conférences où les orateurs les plus distingués disputaient sur des sujets donnés en grec et en latin. Il veilla sévèrement au maintien de la justice, bannit les délateurs, et proscrivit l'usage barbare de mutiler les enfants, comme en Asie, pour remplir les palais d’eunuques.
Domitien réprima l’abus des satires et des libelles, et, flétrissant” les courtisanes ‘qui, depuis Néron, affichaient un luxe insolent, il les priva du droit d’hériter, et leur défendit de se montrer en char et en litière. IL adoucit les peines portées contre les vestales qui enfreignaient leurs vœux, et ne leur fit subir la mort qu’en cas de récidive.
Croyant trouver un moyen de préserver Rome des disettes ...
fréquentes auxquelles elle était exposée, pour encourager la culture du blé, il ordonna d’arracher en Italie une grande partie des vignes; mais cet ordre, contraire aux coutumes et aux droits de propriété, éprouva une vive résistance qui le força d’ÿ renoncer.
Un seul des actes de son administration put alors faire pressentir ce qu'on avait à craindre de lui; il bannit de Rome les philosophes et les savants : le vice et le crime sont bien près de leur triomphe, lorsqu'ils obtiennent l'éloignement de la vertu et l'exil de la vérité. - -
Sous le règne de Domitien les armes d’Agricola étendirent la puissance romaine jusqu’à l'extrémité septentrionale de l'Europe. Il conquit la Calédonie (Écosse), dernier asile de la liberté. Le roi qui gouvernait ces peuples belliqueux, Galgacus, défendit son indépendance avec courage, et ne succomba pas sans gloire. Ayant rassemblé l'élite des braves de son pays, il leur parla, dit Tacite, en ces termes : « Lorsque {8 considère les causes de la guerre «et la nécessité qui nous y contraint, mon courage s'ac: « croit, et l'accord de nos sentiments me persuade que ce « jour va rendre à la Bretagne sa liberté. Seuls nous n'a-
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« vons point encore éprouvé la servitude; au delà de notre « patrie il n'existe plus de terre : la mer même, dominée « par la flotte romaine, ne nous ouvre aucun asile : ainsi “le combat et les armes, qui. sont l'espoir de Éhpmneur, « deviennent aujourd’hui la sûreté des làches.
. « Dans les autres bataïlles, livrées avec différents succès « par les Bretons, ils comptaient sur nos secours, et « voyaient ici une retraite assurée. Nous sommes le peu- « ple le plus belliqueux de la Bretagne; aucune nation
” «esclave n’avoisine nos rivages; la vue des tyrans n’a ja-
« mais souillé nos regards.
« La situation isolée de notre pays nous a puissamment «défendus jusqu’à ce jour. L'imagination grandit cè « qu’elle ne connait pas, et l'ennemi a longtemps respecté « les dernières bornes du monde; mais enfin le sanctuaire « de la liberté britannique est ouvert : au dehors on ne « voit d’un côté que des flots et des rochers, et de l’autre « les Romains, dont vous vous flatteriez en vain de dés- «-armer l’orgueil par une ohéissance modeste. Ces rava- « geurs du monde cherchent ensore des proies sur les « mers lorsque la terre ne suffit plus à leur cupidité. Rien « n'échappe à leurs mains avides; la richesse tente leur « avarice, la pauvreté leur ambitiou ; les trésors de lO- « rient et de l'Occident ne les ont pas râssasiés y c’est le « seul peuple qui poursuive l’opulence et la misère avec « la même ardeur, Piller, massacrer, voilà leur domina- « tion; changer un pays en désert, voilà leur paix.
« Nos enfants, nos proches, tous ceux que la nature «-nous fait chérir, sont enlevés. par eux, enrôlés et trainés « en servitude. Si nos femmes et nos sœurs évitent leurs « violences comme ennemis, sous le nom d'amis et d'hôtes « ils les outragent; ils épuisent nos fortunes pour grossir «leurs trésors, nos grains pour se nourrir, nos corps et « nos bras pour dessécher leurs marais, pour fortifier « leurs camps; les châtiments et les injures, voilà notre « salaire.
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« Les hommes nés dans la servitude sont vendus une « seule-fois et nourris par leurs maîtres. La Brétagne paye . «et alimente chaque jour les siens; et comme dans une « maison, parmi les serviteurs, les derniers venus sont le « jouet des autres, ainsi, dans cette foule de peuples an- « ciennement asservis, c’est nous, comme les plus nou- ‘« veaux, qu'on maltraîte et qu’on insulte. Nous ne possé- « dons point de terres fertiles, de mines opulentes, de « ports superbes, qu'on puisse nous faire cultiver, exploi- « ter, entretenir; nous n'avons que de la vertu et de l'au- « dace, qualités offensantes pour les dominateurs.
«La profondeur et le mystère même de nos retraites «leur inspirent d'autant plus de soupçons que nous y « trouvons plus de sûreté. Ainsi, puisque vous n'avez au- « cun espoir de grâce, armez-vous d’un courage également « nécessaire aux hommes qui désirent la gloire et à ceux « qui ne cherchent que leur salut.
«On a-bien vu les Brigantes, sous-les ordres d’une « femme, parvenir. à incendier une colonie romaine, à « forcer un camp. Ils auraient même totalement secoué le « joug; s’ils ne s'étaient pas endormis dans la prospérité; « et nous, guerriers jusqu’à présent indomptés, nous qui . «jouissons encore de nos forces entières et de notre anti- « que liberté, nous ne montrerions pas à la première atta- « que quels hommes produit la Calédonie !.
: « Ne croyez pas. que les Romains portent autant de eou-
« rage dans la guerre que d’intempérance dans la paix. .« Ce sont nos dissensions et nos discordes qui les ont il- « lustrés. Ils fondent leur gloire sur les fautes de leurs en- « nemis; leur armée, mélange monstrueux de toutes les « nations, se grossit par le succès, mais se-foudra aux pre- « miers revers. Car vous ne croirez pas sans doute que les « Gaulois, les. Germains, et, à notre honte, cette foule de « Bretons qui vendent leur sang, servent par affection « des maîtres étrangers, dont ils ont été plus longtemps «les ennemis que les esclaves. Les périls, la terreur for-
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« ment seuls leurs faibles liens : éloignez-les, dès que la « crainte cessera, on verra la haine éclater.
« Nous avons pour nous tout ce qui excite à la victoire ; « les femmes des Romains ne sont pas là pour enflañnmer « leur courage, ni leurs pères pour leur reprocher la fuite. «La plupart de ces soldats sont sans patrie, ou en ont de « différentes. Îls sont peu nembreux; frappés de terreur, « ils pénètrent dans un pays inconnu : leurs regards he «s’y portent que sur des ôbjets nouveaux pour eux, sur «un ciel brumeux, sur une mer orageuse, sur de sombres « forêts qui les épouvantent. Les dieux nous les livrent en « quelque sorte enfermés et enchaînés.
« Ne vous laissez point eéffrayer par un vain appareil, « par l’écJat de l’or et de l'argent, qui ne peuvent ni les dé- « fendre ni nous blesser : nous trouverons dans l’armée $ ennemie des bras à nous; les Bretons reconnaîtront leur « cause dans la nôtre; les Gaulois se souviendront de leur « ancienne liberté; les Germains s’éloigneront d'eux, « comme on a vu récemment les Usipiens les abandonner. « Après la victoire. point d'obstacles ! Vous ne rencontre- « rez que des fortesses sans garnisons, des colonies de a vétérans infirmes, des cités faibles et divisées, des sujets « irrités obéissant mal à d’injustes maîtres.
« Ici, vous voyez un général et une armée; là, des tri- « buts, des travaux, des ‘châtiments. Vous allez, sur ce « champ de-bataille même, vous condamner. à ces maux « pour toujours, ou vous en venger. Marchez done, et « dans le combat songez à vos aïeux et à vos descen- « dants. »
Les Barbares l'écoutaient avec transport ; une Re tion unanime fut leur réponse. [ls coururent avec enthousiasme au combat.
Agricole, voyant briller leurs armes, contint quelque temps avec peine l’ardeur des légions, qu'il voulait exciter par ce retard. Les haranguant avec autant.de dignité que d'énergie, il leur rappela leurs dangers, leurs succès,
338 OO EMPIRE. [de d.-C, 82-96.] huit ans de travaux, de batailles et de victoires. « Vous « avez enfin, leur dit-il, franchi les limites où s'étaient «arrêtés nos pères ; ce n’est plus par la rernomméé, c’est «par nos yeux que nous eonnaissons les limites du « mondé, nous avons à la fois découvert et conquis la Bre- « tagne.
« Dans nos marches longues et pénibles, lorsque vous « franchissiez tant de fleuves, de marais et de montagnes, « je vous entendais crier dans votre impatience : Quand .« pourronsenous joindre et combattre l'ennemi? Le voilà « devant vous ; le champ estouvért À votre courage : tout « Vous appartient si vous ‘êtes vainqueurs ; vous petdez « tout si vous vous laissez vaincre.
« J'ai toujours pensé qu'il n'y avait de sûreté dans le e fuite ni pour le chef ni pour le soldat. I vaut mieux « mourir avec gloire que vivre avec honte. Aujourd’huie « la bravoure seule peut conserver la vie et l'honneur. « Songez, d’ailleurs, qu’il serait encore glorieux de térmi- « nèr sa carrière aux bornes du monde.
‘« Ces ennemis que vous allez combattre ne vous sont a pas inconnus; l’année derniére ils vous attaquërent ;
« une seule légion les mit en fuite par ses cris. Ils n’exis- «tent encore que.parce qu’ils sont les plus timides des : « Bretons ; tandis qu’ils fuyaient, les braves ont péri.
« Achevez un demi-siècle dé succès par uné journée de « gloire, et prouvez à Rome que jamais elle n'a dû aftri- « buer À l’armée la prolongation de la guerre et dé l'es- « poir des rebelles. »
L’ardeur et la joie brillaient sur le front des Romains ; ‘ils prennent leurs armes et s’élancent hors du camp. Agticola porta en avant huit mille auxiliaires, plaça trois mille chevaux sur les ailes, et laissa les légions devant les retranchements. Il désirait que sa victoire coûtât peu de sang aux Romains, ou voulait trouver une tessource en cas de défaite.
Une foule iinombrable dé Brétons occupaiént la plaine
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et les hauteurs qui la couronnaient. Supérieurs en nombre aux Romains, ils les débordaient. Agricola étendit sa ligne, et, pour animer les troupes par son exemple, il renvoya son cheval et comhattit à pied.
Tant qu'on se battit de loin, les Bretons, plus habiles à lancer les traits, eurent l'avantage. Agricola les chargèa avec cinq cohortes, dont les glaives courts et les boucliers pointus déconcertèrent l'ennemi, qui ne leur opposait que de longs sabres sans pointes et des pavois étroits. La cavalerie ‘bretonne, mêlée aux chars armés de faux, attaqua en flanc l'armée romaine : celle-ci tint ferme : les chevaux, épouvantés par les piques, poftèrent le désordre dans les rangs ennemis: Toute la masse des Barbares descendit | alors des montagnes pour envelopper les Romains. Agricola, qui avait prévu ce mouvement, envoya sur eux une réserve de quatre divisions de cavalerie qui les enfoniça, et qui, tournant ensuite l’armée ennemie, la prit à dos. Le chaïnp de bataille ne fut plus alors qu'un champ de déroute et de carnage : les Barbares tentèrent de se rallier dans les bois ; mais Agricola, contenant l’ardeur de ses troupes victorieuses, poursuivit avec ordre les vaintus, et leur ôta tout espoir de renouveler le combat. La nuit et ‘la lassitude mirent fin à la poursuite et au carnage. L'erinemi perdit vingt mille hommes.
Le jour suivant, un silence profond, les collinés désertes, et le feu des villages embrasés prouvèrenit que la victoire était complète, et que les Barbares dispersés n’avaient plüs conservé d’espérance. Ces infortunés se sauvèrent de caverne eh caverne, brülèrent leurs maisons, et tuèrent leurs femmes et leurs enfants. Telle fut l'issue de leur dérnier effort en fayeur de la liberté.
Après cette victoire, la flotte découvrit au nord de l'Écosse les Orcades et l'Islande : elle en fit la conquête, et l’on était alors si peu avancé dans la science de la géographie, que ce fut par cette expédition qu'on acquit, pour la prémière fois, la certitude que la Bretagne était urie
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île. Elle fut ainsi entièrement conquise et réduite en province romaine par Agricola, cent trente-huit ans après la descente de Jules César. On attachait tant d'importance à la possession de cette province et à sa force, que jamais les empereurs n’en Jaissérent les gouverneurs à la nomination du sénat.
Domitien, dont les vices commençaient à se montrer sans retenue, venait de faire en Germanie contre les Cattes une campagne qui ne fut signalée par aucun combat décisif, Ce prince, ambitieux de tout genre de gloire, et ne possédant aucune des vertus qui la donnent, se fit décerner un vain triomphe pour des victoires imaginaires. Son char était précédé d’esclaves achetés pour représenter des prisonniers. La relation qu’Agricola lui envoya de sa conquête, quoique modeste, excita sa jalousie. S’ efforçant vainement de la dissimuler, il ne put donner aucun signe d'affection à ce grand homme, et ne lui montra que de l'estime. Après lui avoir accordé à regret des statues et les ornements triomphaux, il le rappela sous prétexte de l'envoyer en Syrie. Sallustius Lucullus le remplaça dans son gouvernement, et jouit du prix de ses travaux.
Lorsque Agricola revint à Rome, il reçut l’ordre de n’y rentrer que de nuit. Le froid accueil de l’empereur le décida à finir ses jours dans la retraite. Quelques années après, il mourut ; on soupçonna Domitien de l'avoir empoisonné. Pendant sa maladie, ce prince l’envoyait visiter fréquemment par ses affranchis et par ses médecins ; tant il était impatient d'apprendre la nouvelle de la mort d’un grand homme qu’il serait peut-être parvenu à faire oublier, si Tacite et Dion ne nous avaient conservé la mémoire de ses vertus et de ses exploits. ‘La gloire des grande capitaines ne doit sa durée qu’à la gloire des grands écrivains : Tacite seul nous à fait connaître le conquérant de l’Angleterre.
Agricola, pour assurer le repos de sa famille, légua en mourant une partie de ses biens à l’empereur, qui reçut
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ce don comme une preuve d'estime. « Sa vanité, dit Ta: « cite, ignorait qu’un bon père n’appelle à sa succession « qu’un mauvais prince. »
À cette époque, les Sarmates et les Scythes firent une irruption dans l’empire : ils massacrèrent une légion et son général. Il fallut de longs efforts pour les chasser. Décébale, roi des Daces, déclara la guerre aux Romains, défit l’armée du consulaire Oppius Sabinus, ainsi que celle de Cornélius Faustus, commandant des gardes prétoriennes, et répandit la terreur dans toute l'Italie, qu'il menaçait d’envahir. Les légions campées sur les bords du Danube avaient été les unes détruites, les autres enveloppées. On vit Rome, pour la première fois, abdiquant sa grandeur , employer pour se défendre l'or au lieu du fer, obtenir à prix d’ argent la retraite des Barbares, et acheter honteusement la paix. Domitien ne rougit pas de se faire décerner, pour cette désastreuse capitulation, le triomphe et le surnom de Germanique.
Puéril dans sa vanité, comme il voulait qu'on dit qu'il avait été plus souvent consul qu'aucun autre Romain, il se fit nommer dix-sept fois à cette dignité. Il ne-gardait le consulat que quatre mois, et n’en remplit Jinas les fonctions.
Dès qu’il se crut affermi sur le trône, cessant de jouer la vertu, il laissa un libre cours à ses honteuses passions, à ses vices odieux, ne leur imposa plus de frein, et parut même les porter jusqu’au délire. Il défendit de lui ériger d’autres statues que des statues d’or et d'argent, et voulut qu’on l’appelât seigneur et dieu.
Sa cruauté égalait son orgueil ; il se plaisait à voir les tourments des condamnés, à entendre leurs cris, et comptait avec volupté leurs larmes et leurs soupirs. Sa tyrannie peupla Rome d’espions et de délateurs, vermine qui pullule sous les mauvais princes, et qui crée des coupables pour gagner un salaire. Leurs rapports mensongers firent périr les plus illustres sénateurs : Céréalis, Orphitus, Gla-