DIDIUS JULIANUS
(An de Rome 945-946, — De Jésus-Christ 193-194.)
Révolte du peuple. — Le trôge est mis à l’encan. — Élection de Didius Julianus, — Mépris public peur lui. — Le peuple proclame Pescemnius Niger enrpereur. — Prétenfions de Septime Sévère à l'empire .— L'armée le proclame empereur.— Adoption d’Albin par Sévère. — Vains efforts de Juliauus. — Sa condamnation et sa mort.
ll n'existait plus de lois ni de gouvernement, puisque l’épée donnait et Ôtait ke sceptre. Dès que le bruit de ce crime se répandit dans Rome, le peuple indigné prit les armes, accourut en foule, mais arriva trop tard pour sauver et même pour venger le prince. Les meurtriers étaient déjà rentrés dans le camp que les prétorièns fortifiaient avec diligence, comme, sils eussent été en présence de l’ennemi.
Ce fut alors qu’on put connaître à quel point les rs teurs, les patriciens, les chevaliers, étaient dégradés et amollis, Loin d’oser seconder la colère du peuple, d’attaquer les rébelles , et même de les dissoudre par un décret, les
- uns se retranchèrent dans leurs maisons, les autres s’enfui-
rent à la campagne : Mars n’était plus le dieu de Rome : l'intérêt et la peur seuls le remplaçaient.
Les cohortes prétoriennes, qu’agitaient le remords et la crainte, voyant deux jours écoulés sans qu’on les attäquât, se rassurèrent et parvinrent à un tel degré d’insolence, que, du haut des remparts de leur camp, elles firent crier à haute voix : « Sil’on prétend à l'empire, c’est ici qu’il « faut s’adresser : il appartiendra à celui qui nous que le « plus. »
Le honte et le haut prix de cette odieuse chhire- ie taient tous les concurrents. Deux hommes seuls se préséntèrent sans rougir à ce misérable encan. L’un était Sulpicien, consulaire, préfet de Rome, et beau-père de Pertinax; l’autre Didius Julianus, consulaire, habile jurisconsuke,