EMPTRE. [de J.-C
gnité Valérien, et l’on motiva ce choix honorahle en disant que la conduite de cet illustre patricien était une censure vivante des mœurs du siècle.
Décius donna le titre de césar à.ses trois fils, Étruscus, Trajau et Hostilien; vains efforts pour établir une hérédité salutaire dans un pays où l’ambition des généraux, bravant toutes les lois, renversant toutes les institutions, s’opposant à toute stabilité, soumettait l'empire au malheur d’une anarchie militaire, le plus durable et le plus : funeste fléau qui puisse peser sur les nations.
L'empereur contint les Barbares par sa fermeté, rétablit l'ordre par ses règlements, rendit momentanément la force aux lois, la liberté au peuple : tous les auteurs païens le placent au rang des plus grands empereurs ; les chrétiens, au contraire, le comparaient à Néron. Le christianisme, favorable aux plébéiens, puisque ses dogmes rappelaient aux hommes leur égalité, était détesté par les prêtres des idoles, dont il menaçait le pouvoir; par les grands, dont il attaquaït les préjugés ; par tous les hommes vicieux, dont il réprimait les passions et condamnait les mœurs. Les souverains, les généraux, les magistrats, les gouverneurs de province regardaient les chrétiens comme des factieux qui voulaient opérer une révolution dans l’État, et opposer la digue.de la foi et de la vertu à la force de l’autorité : à ces motifs de haiïne contre le nouveau culte se joignirent alors des considérations personnelles qui portèrent Décius à la rigueur. Les partisans de Philippe étaient chrétiens. L'empereur, irrité contre eux, vengea sa propre querelle en ne paraissant servir que celle de sa religion et des lois.
La persécution recommencça, et fut terrible ; elle réunit toutes les cruautés qu’inspirent l’esprit de parti et le fanatisme, Partout les malheureux chrétiens se virent jetés en prison, livrés aux bêtes féroces, déchirés par des tenailles, attachés à des croix, précipités dans des chaudières d’huile bouillante : les passions politiques et religieusès étouf-