‹ Histoire romaine (volume 5)Chapitre 8 sur 23 · II · texte numérisé non relu

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Ar du du sïdïe el Mais dans l'intérieur même du territoire étrusque, on remarque

l'Étrurie

un contraste frappa ul entre le développement artistique du Nord et celui du Sud. C'est l'Élrurie du Sud, et principalement les districts de Caere, de Tarquinii, de Voici, qui possèdent les trésors de peintures murales, de décorations de temples, d'orfèvrerie et de poteries peintes : l'Étrurie du Nord reste, sous ce rapport, bien en arrière, et Ton n'a, en particulier, découvert aucune tombe peinte au nord de Chiusi. Les villes méridionales d'Étrurie, Veii, Caere, Tarquinii sont celles que la tradition romaine considérait comme les berceaux et les métropoles de l'art étrusque; la ville septentrionale de Volaterrae, qui possédait, parmi les cités étrusques, le plus vaste territoire, est, de toutes, la plus étrangère à l'art. Si l'Élrurie méridionale était livrée à une demi-civilisation grecque, le Nord était dénué de toute civilisation. Les causes de ce contraste remarquable pourront être recherchées soit dans la nationalité fort mélangée d'éléments étrangers des Étrusques du Sud, soit dans l'influence plus ou moins puissante de la civilisation grecque, qui se fit sentir à Caere plus que partout ailleurs. Quant au fait lui-même, il est incontestable. La soumission de la portion méridionale de l'Élrurie par les Romains ne devait s'en accomplir que plus rapidement, et la romanisalion, bientôt en pleine voie, de celte contrée devait être fatale à l'art étrusque. Ce que l'Élrurie du Nord, livrée à elle-même, sut faire dans le domaine de l'art, se voit dans les monnaies de cuivre qui appartiennent essentiellement à celle contrée, caractérede Si nous tournons nos regards de l'Élrurie vers le Lalium, nous

l'art Jaiin. °

ne voyons pas qu'aucun art nouveau y ait pris naissance : il était réservé à une époque bien postérieure de la civilisation de tirer de l'application du système cintré une nouvelle architecture, différente de celle des Grecs, et en harmonie avec cette architecture, une sculpture et une peinture nouvelles. L'art latin n'est nulle part original, etilest souvent médiocre, mais l'appropriation rapide et pleine de tact du bien étranger est encore un don élevé du sentiment artistique. L'art latin ne s'est que rarement laissé aller à la barbarie,

et dans ses meilleurs monuments il est complètement au niveau de la technique grecque. On ue peut certainement pas contester qu'au moins dans ses premiers progrès, l'art latin ait été tributaire de Kart étrusque, certainement plus ancien. Varron a pu affirmer à bon droit que jusqu'au temps où des artistes grecs firent des statues d'argile pour le temple de Cérès, les temples romains avaient été exclusivement décorés par des artistes étrusques; mais que l'art latin soit surtout redevable à l'influence grecque, c'est ce qui est clair par soi-même et prouvé par ces œuvres sculpturales elles-mêmes et par les monnaies latines et romaines. L'emploi du métal travaillé en Étrurie, exclusivement pour les miroirs de toilette, et dans le Latium, exclusivement pour les cassettes de toilette, prouve la diversité des influences qui s'exercèrent dans les deux contrées. Il ne parait pas que ce soit à Rome que l'art latin ait été d'abord florissant : les as et les deniers romains sont trèsinférieurs, pour le fini et le goût du travail aux monnaies de cuivre et aux rares pièces d'argent du Latium, et les chefs-d'œuvre de la peinture et du dessin appartiennent surtout à Préneste, à Lauuvium, à Ardée. Ceci tient surtout au sentiment positif et utilitaire qui prévalut d'abord, comme nous l'avons dit, dans la république romaine, et qui ne doit pas s'être développé dans le reste du Latium avec la même intensité. Mais dans le cours du v e siècle, et surtout dans la seconde moitié de ce siècle , l'art romain se développa. Ce fut l'époque à laquelle commença la construction des voûtes et des routes, dans laquelle se produisirent des œuvres d'art comme la Louve du Capitole, dans laquelle un homme remarquable, appartenantà une ancienne gens romaine, prit le pinceau pour décorer un temple nouvellement bâti, et reçut, à cause de cela, le surnom honorifique de « Pictor » (peintre). Ce n'est point l'effet du hasard : toute grande époque englobe tous les hommes qui y appartiennent, et la gravité des mœurs romaines, la force de la politique de Rome se montrent également dans l'essor que prit la cité de Rome comme maîtresse de la péninsule, ou pour mieux dire

l'Italie unie politiquement pour la première fois, et l'élan de l'art latin et surtout de Part romain, de même que la décadence de l'art étrusque révèle la décadence morale et politique de la nation. L'airain et le marbre conservent l'empreinte ineffaçable de la domination puissante que le Latium fit peser sur les nations plus faibles.

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