‹ Histoire romaineChapitre 26 sur 136 · PREMIÈRES POPULATIONS DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRES POPULATIONS DE L'ITALIE

dépendance1. Une fois fermement établie dans l'Étrurie , les Khasénas étendirent peu à peu, au nord et au sud, leurs conquêtes. Les Ombriens, dépouillés de la Vilombrie, perdirent en outre les trois cents villages qu'ils possédaient sur les bords du Pô : attaqués encore dans rOllombrie par les Rhasénas, à l'ouest, et au sud par les Sabins , ils furent refoulés jusque sur les bords de lVEsis, et cessèrent dès lors de former une nation redoutable; cependant Ravenne leur resta , ainsi que quelques cantons isolés près de la mer et du Pô. Pour conserver leurs conquêtes dans les plaines du Pô, les douze cités étrusques y construisirent chacune une ville , et un lien fédératif unit entre elles ces douze colonies, comme Tétaient déjà leurs métropoles2.

A une énoque postérieure, huit cents ans environ avant notre ère, les Étrusques s'établirent encore dans la Campante, à Nola, Vulturnum (Capoue) , Atella et Acerrae. Maîtres alors de toutes les petites îles qui s'étendent le long de sa côte occidentale , établis même en Corse et en Sardaigne, ils devinrent le peuple le plus commerçant et le plus industrieux des bords de la Méditerranée. Rivaux heureux des Grecs et des Carthaginois , ils accumulèrent entre leurs mains d'im~ menses richesses, mais il en sortit pour eux la corruption et la faiblesse d'une civilisation prématurée.

L'an 754 avant notre ère, l'Italie n'avait pas encore reçu ses dernières colonies. Si le centre de la presqu'île était occupé par les peuples qui devaient en rester définitivement les maîtres , les Gaulois , auxquels était réservée la vallée du Pô8, les Grecs, dont les nombreux établissements allaient faire donuer au sud de l'Italie le nom de Grande-Grèce , n'étaient pas encore arrivés4. Quant aux peuples depuis longtemps établis dans la Péninsule, ils ne forment alors qu'un mélange confus de peuplades vivant à l'écart et sans union entre elles, c'est-à-dire sans puissance. 11 convient cependant de faire une exception pour la nation étrusque. Nul peuple n'avait alors en Italie des possessions aussi éten-

1 A l'est, Arretium, Cortona, Clutium , Perusia , Vohinii; à l'ouest, Volaterra, Vetulonium , Busellœ; au sud de la forêt eiminieiine, Faleru, Veii , Cœre , Tarouinii.

• Les principales étaient Melpum, Brixia, Verona, Mantua, Adria. Bononia, Mutina, Parma.

» Vers 587 les Insubres fondent Milan,

et dans l'espace de soixante-six ans les Cénomans s'établissent à Brixia et à Vérone; les Anamans à Plaisance, les Boiëtis ii Boiionia, les Lingons à l'enihouchurc du Pô, et les Sérions le long de l'Adriatique jusqu'à l'ittsis.

* Vers 720, Synaiïs; 710, Crotonc ; 707,Tai ente ; G83, Locres ; 668, Rhégium, Êlée; 446,Thurium.

dues, ni une civilisation aussi avancée. Il ne faut donc pas s'étonner s'il exerça sur Rome naissante une aussi grande influence ; si une partie de la religion , des coutumes et des arts de la cité nouvelle furent empruntés à l'Étrurie; si plusieurs fois même elle subit l'ascendant politique de quelques chefs étrusques. Mais ce grand peuple , qui dominait depuis les Alpes jusqu'au Vésuve, n'échappait pas lui-même à ce morcellement qui semble le caractère nécessaire de toutes les sociétés italiennes. Descendu des montagnes de la Rhétie , où il était sans doute divisé en autant de tribus qu'il habitait de vallées , ce peuple avait conservé cette division dans ses nouveaux établissements ; seulement ce n'étaient plus des tribus , mais des villes confédérées. Chaque cité avait son roi (lars ou lucumon) , chef d'une aristocratie puissante qui réunissait les privilèges des castes égyptiennes des guerriers et des prêtres, et faisait de la religion , de la science et de l'autorité politique son patrimoine héréditaire.

En résumé, dans l'Italie supérieure, des Ligures, des Ombriens , des Étrusques , des Vénètes ; dans le nord de la partie péninsulaire, des Étrusques encore et des Ombriens ; dans l'Opique , le long de la mer tyrrhénienne , du Tibre au Silarus , la foule des tribus ausoniennes avec les Étrusques des bords du Vulturne ; dans les Apennins, les peuples sabelliens mélangés d' Ausones, et, sur les bords del'Adriatique, des LiburnesetdesPélasges; enfin, autour du vaste golfe auquel Tarente donna plus tard son nom , les restes des tribus pélasgiques ou illyriennes, dont de nombreux débris se retrouvaient sur tous les points de la Péninsule.

C'était donc partout différence d'origine , et par suite différence de mœurs et de langage , fractionnement, au sein d'un même peuple, en tribus rivales, et par conséquent partout aussi faiblesse et guerres intestines. Que , maintenant, au milieu de ces peuplades rendues étrangères les unes aux autres par un long isolement, on place un petit peuple qui s'est fait de la guerre une nécessité , de l'exercice des armes une habitude , de la discipline militaire une

quête , triomphe successivement de toutes ces tribus, qui , attaquées les unes après les autres, s'apercevront trop tard que la ruine de Tune était la menace et 1 annonce de la ruine prochaine de l'autre.

vertu , et l'on comprendra que

la con

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