‹ Histoire romaineChapitre 3 sur 136 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lorsque de cette Grèce, si pleine de vie, de lumière et de beauté, vous passez dans le monde romain, froid, silencieux et sévère, l'horizon d'abord se rétrécit, le ciel parait plus sombre, l'imagination s'éteint et la pensée s'arrête. C'est que la Grèce garda longtemps les élans, la passion et les enthousiasmes de la jeunesse, tandis que Rome eut, dès ses premières années, la maturité sérieuse, mais forte, de l'âge de la réflexion et du dévouement calculé. Au lieu de l'art, vous trouvez aux bords du Tibre la politique, au lieu de la pensée, l'action, au lieu d'individualités brillantes, une discipline austère ; mais aussi à l'anarchie , à la faiblesse sociale succèdent l'ordre et la grandeur publique. Pendant bien longtemps la gloire à Rome n'a pas de nom ; elle peut y dire, elle aussi, je m'appelle légion.

Si donc l'artiste et le philosophe s'éloignent, le jurisconsulte , l'homme d'État et l'historien demeurent à regarder croître cette grande chose qui commence au pied du mont Palatin, dans un berceau d'enfant, et qui devient un univers.

Et cette fortune arrive sans secousse , sans coups soudains et imprévus. Grâce au plus habile mélange de prudence et d'audace, d'ambition active et de constance infatigable, tout se développe avec la régularité d'une déduction logique ou l'enchaînement nécessaire des lois naturelles ;

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