‹ Histoire romaineChapitre 31 sur 136 · CONSTITUTION DE ROME SOUS LES BOIS · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE ROME SOUS LES BOIS

Collèges wacerdotauv et culte.

Tout ce que nous venons de rappeler était, dans la tradition, l'œuvre du premier roi, c'est-à-dire des temps anciens. A Romulus revenait donc l'honneur d'avoir donné les lois politiques et civiles ; Numa était regardé comme le fondateur de la religion. Ici encore il n'y eut que des emprunts faits aux peuples voisins ; et si l'on acceptait toutes les traditions relatives à ce prince, il faudrait, comme pour Romulus , admettre qu'il régularisa un état de choses déjà ancien. Rome n'eut point de caste sacerdotale, bien qu'elle ait eu des collèges de prêtres , distincts du reste du peuple, parce que les chefs de chaque maison étaient eux-mêmes les prêtres de la famille (culte des Lares et des dieux Pénates) , et aue les curions, au nom des curies, comme le roi au nom de l'État , accomplissaient les sacrifices publics. Les vestales seules , gardiennes du feu sacré , étaient vouées à l'autel ; encore pouvaient-elles après trente années de fonctions rentrer dans la vie civile. Si les prêtres ne composaient pas un ordre à part , les citoyens investis des fonctions sacerdotales formaient, comme prêtres, des collèges particuliers, tout en restant, comme sénateurs ou magistrats, membres actifs de la société. Aussi la religion fuk-elle, comme ses ministres, toujours liée à la politique.

Ces collèges étaient au nombre de huit : les deux Fiamines, les prêtres des Célères, les quatre Augures, les uatre Vestales, les Curions, les douze Saliens ou prêtres e Mars, les vingt Féciaux, qui présidaient à tous les actes internationaux, et les quatre Pontifes, qui, libres de tout contrôle et ne rendant compte ni au sénat , ni au peuple , veillaient , sous la présidence du grand Pontife , au maintien des lois et des institutions religieuses , fixaient le calendrier, les jours fastes ou néfastes, et écrivaient les annales : c'était le plus respecté des huit collèges. Le culte domestique de certaines familles faisait aussi partie du culte public de la cité j comme les Lupercales, fêtes de Pan , destructeur des loups, dont les génies Fabia et Quintilia avaient le sacerdoce héréditaire; les sacrifices en l'honneur d'Hercule , qui devaient être accomplis par les Pinariens et les Potitiens. Les Palilia, fêtes en l'honneur de Paies, la déesse des pasteurs , et les Ambawalia, sorte de rogations païennes célé-

CHAPITliE 111.

brées par les frères Arvales, rappelaient les mœurs des premiers Romains.

11 serait sans intérêt de s'arrêter aux innombrables détails d'un culte qui s'éloignait à peine de ce fétichisme , qui a été d^illeurs la religion de tous les vieux peuples agriculteurs: le Quiris sabin (Mars représenté par une lance), le Jupiter Lapis , les dieux ou déesses des jachères, du sarclement , de l'engrais , de la rouille , de la meule et du four, de la peur et de la fièvre , etc., ne sont guère au-dessus des êtres bons ou malfaisants qu'adorent les peuples encore dans la grossièreté de la vie barbare. Nommons encore Janus , l'arbitre des combats, Saturne, la déification de l'agriculture, et le dieu Terme , gardien des limites et des propriétés.

Page 1