‹ Histoire romaineChapitre 54 sur 136 · S L ROME · texte numérisé non relu

S L ROME

ORGANISATION DE LA SICILE EN PROVINCE ; EXPEDITIONS EN SARDA1GNE ET EN CORSE. — GUERRE EN 1LLYRIE (229-219); EN CISALPINE (225); EN ISTR1E (219).

Organisation de la Sicile en province; expéditions en

ttm-duiiciie et en Corse.

La première guerre punique avait coûté à Rome sept cents galères, et diminué de près de moitié sa population militaire. Mais la formation de deux nouvelles tribus, Vélina et Quirina, combla les vides de la population, et Rome se retrouva aussitôt prête pour de nouveaux travaux, La première guerre punique avait coûté à Carthage, non-seulement la Sicile, mais l'empire de la mer : c'était trop de honte et de pertes pour qu'elle s'y résignât longtemps; la paix qui venait d'être signée n'était donc qu'une trêve. Le sénat le comprit, et il employa les vingt-trois années qu'elle dura à fortifier sa position en Italie, en occupant tous les points d'où la Péninsule pouvait être menacée, la Sicile, la Corse, la Sardaigne, la Cisalpine et l'illyrie.

La Sicile fut déclarée province romaine. Lutatius en désarma tous les habitants, fit la part du domaine public, et ne rendit à deux cents villes leur territoire qu'à la condition de payer un tribut fixé chaque année parles censeurs romains, et la dîme de tous les produits du sol. Chaque année aussi un préteur fut envoyé dans la nouvelle province avec un pouvoir absolu, duquel on ne put appeler qu'après les faits accomplis. Fidèle cependant à sa maxime de ne faire jamais peser sur tous un joug égal, le sénat accorda des privilèges a quelques villes. Ainsi- Panorme, Égeste, Centoripa, Halaesa, Halicya) restèrent libres et exemptes du tribut, mais astreintes au service militaire : la petite république de Tauroménium et celle des Mamertins furent indépendantes comme l'était le royaume de Syracuse : plus tard il y eut aussi des colonies.

Les deux îles de Corse et de Sardaigne ne furent ac-

quises qu'au prix d'une odieuse trahison. A la nouvelle de la révolte des mercenaires en Afrique , ceux de Sardaigue avaient massacré leurs chefs et appelé les Romains qui menacèrent Carthage de la guerre si elle ne payait douze cents talents et ne cédait la Sardaigue ; mais alors il fallut conquérir les Sardes. Le sénat y employa huit années. La Corse partagea le sort de l'île voisine. Pour administrer les deux nouvelles provinces, le nombre des préteurs fut porté à quatre : deux, le prœtor urbanus et le prœtor peregrinus restèrent à Rome ; les deux autres furent chargés de gouverner l'un la Sicile, l'autre la Sardaigne et la Corse (227).

Guerre en Illyrle («*»-* l fl^ ; en Ctealplne ); en Istrlé

L'Adriatique était infestée de pirates illyriens. Sur les plaintes qui s'élevaient de toutes parts, le sénat envoya des ambassadeurs à la veuve de leur dernier roi , Teuta , qui gouvernait au nom de son fils Pinéus. Elle répondit en faisant égorger deux députés qui lui avaient trop fièrement parlé. Le sénat déclara aussitôt la guerre ; il envoya deux cents vaisseaux et vingt mille légionnaires avec les deux consuls (229) . Corcyre leur fut livrée par Démétrius de Pharos, chef illyrien dont les intrigues favorisèrent leurs succès. Aucune place ne put tenir devant eux; et Teuta, effrayée, accorda tout ce qu'on voulut : un tribut , la cession d'une grande partie de l'Illyrie et la promesse de ne pas mettre en mer au delà du Lissus plus de deux navires, encore seraientils désarmés (228). Les villes grecques soumises par les Illyriens, Corcyre elApollonie furent rétablies dans leur pleine indépendance. Une révolte du roi Pinéus et de Démétrius, à qui les Romains avaient donné l'île de Pharos, ne fit qu'appesantir le joug sur les Illyriens (219). Rome avait donc acquis sur le continent grec de bons ports et une province , poste avancé qui couvrit l'Italie et menaça la Macédoine.

Dans la Cisalpine, deux chefs boïens, soutenus de toute la jeunesse du pays , voulurent, en 238 , entraîner leur peuple dans une guerre contre Rome , et appelèrent quelques tribus des Alpes qu'ils lancèrent sur Ariminum. Mais les partisans de la paix l'emportèrent; les deux chefs furent massacrés, leurs auxiliaires chassés, et le calme était rétabli avant que les légions fussent arrivées sur la frontière. Les expéditions de Sardaigne et d'Illyrie n'étaient pas

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