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II. LA GUERRE REPORTÉE EN SICILE

VICTOIRE DE PANOflME (251). — SIÈGE DE LILYBÉE (250); DÉFAITE DE CLAUDIUS A DRÉPANE (250-249); AMILCAR (247 ); BATAILLE DES ILES AGATES (241); TRAITÉ.

Victoire de Pn norme (t*f ).

L'Afrique était perdue, malgré une nouvelle victoire navale. Une tempête, qui détruisit sur les côtes de Sicile

deux cent soixante-dix galères romaines, ramena la guerre dans l'île (255). Les Carthaginois reprirent Agrigente.

De son côté, Rome, en trois mois, construisit deux cent vingt galères qui ravagèrent alternativement les côtes ennemies de la Sicile et de l'Afrique , mais une tempête détruisit encore au retour cent cinquante vaisseaux (253). Ces désastres répétés firent renoncer le sénat à la mer, comme il avait déjà renoncé à l'Afrique. De la ville, le découragement passa dans l'armée; la discipline aussi se relâcha, et il fallut une fois dégrader quatre cents chevaliers qui avaient refusé d'obéir au consul. Heureusement, Métellus remporta une grande victoire qui engagea Carthage à demander la paix (251). Régulus fut envoyé à Rome. Ce général avait noblement soutenu sa captivité. 11 ne voulut pas entrer dans la ville. « Je ne suis plus citoyen, » disait-il ; et quand il parla sur le cartel, il dissuada les sénateurs de l'accepter. On voulut l'apitoyer sur lui-même. «Mes jours sont comptés, dit-il : ils m'ont donné un poison lent ; » et il partit en repoussant les embrassemeuts de sa femme Marcia et de ses enfants. A son retour à Carthage, il périt, assure-t-on, d'une mort cruelle.

8lége de Lllybée (t&O); défaite de Claudia* à Drépane Ct 40} ; Amllear (t«9;$ bataille des île» JEgates («41); traité.

La victoire de Panorme mit fin aux grands chocs d'armées. Les Carthaginois concentrèrent encore une fois toutes leurs forces à Drépane et à Lilybée. Dans l'automne de l'année 250, deux consuls, quatre légions et deux cents vaisseaux de guerre bloquèrent cette dernière place, qu'elles menacèrent par d'immenses travaux. Le consul de l'an 249, Claudius, voulut aller surprendre une flotte carthaginoise dans le port de Drépane. Les présages étaient sinistres ; les poulets sacrés refusaient de manger. « Au moins qu'ils boivent, » dit le consul ; et il les fit jeter à la mer. L'armée était vaincue d'avance par cette impiété que Claudius ne sut pas réparer par d'habiles manœuvres. Quatre-vingt-treize vaisseaux furent pris ou coulés. Lecollègue de Claudius, JuniusPullus, ne fut pas plus heureux. 11 perdit huit cents vaisseaux de charge et cent cinq galères. Le sénat renonça encore une fois aux flottes, rappela Claudius et le força de nommer un dictateur; il choisit le fils d'un affranchi, Claudius Glycia, son client et son greffier. Le sénat annula ce choix dérisoire,

et une sentence du peuple punit sévèrement ce hardi contempteur des choses divines et humaines.

Carthage avait mis à la tête de ses troupes le grand Amilcar, le père d'Annibal; il les mena d'abord au pillage de l'Italie, puis ils 'empara du mont Ercté, entre Panorme et la ville d'Éryx (247). Pendant six années, toutes les Forces des deux républiques furent concentrées dans ce coin de la Sicile ; les Homains étaient à Panorme, sur le sommet du mont Eryx, dans la ville de ce nom, et devant Lylibée et Drépane. Les Carthaginois occupaient ces deux places, et Amilcar le mont Ercté. Après de longs et sanglants combats, Amilcar surprit la ville d'Éryx et se plaça entre les deux camps romains établis au pied et au sommet de cette montagne. La guerre eût pu durer ainsi de longues années encore ; mais le patriotisme romain ayant donné au sénat une nouvelle flotte, Lutatius Catulus surprit, près des îles yEgates, une flotte carthaginoise. Cette victoire rendait les Romains maîtres de la mer. Dès lors Drépane, Lylibée et Hamilcar pouvaient être affamés. Carlhage se résigna à mettre fin à cette guerre ruineuse. La paix fut signée aux conditions suivantes : Carthage n'attaquera ni Hiéron ni ses alliés ; elle abandonnera la Sicile et les îles voisines, rendra sans rançon tous les prisonniers, et payera en dix ans trois mille deux cents talents euboïques.

CONQUÊTES DE ROME ET DE CARTHAGE ENTRE LA PREMIERE ET LA SECONDE GUERRE PUNIQUE.

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