‹ Histoire romaineChapitre 65 sur 136 · GUERRE CONTRE PHILIPPE ET CONTRE ANTIOCUL'S · texte numérisé non relu

GUERRE CONTRE PHILIPPE ET CONTRE ANTIOCUL'S

Macédoine. Tout d'une voix, les centuries la repoussèrent. On avait assez de gloire et de combats, on voulait du repos et la paix. Les sénateurs, disait le tribun Bœbius, veulent éterniser la guerre pour éterniser leur dictature. Mais le consul rappela le traité d'Annibal , les quatre mille Macédoniens envoyés à Zama, et les attaques de Philippe contre les villes libres de Grèce et d'Asie ; en ce moment il assiégeait Athènes. Athènes sera une nouvelle Sagonte, et Philippe, un autre Annibal. Le peuple céda. Philippe s'était allié avec Antiochus et Prusias pour dépouiller de ses possessions de Thrace et d'Asie le roi d'Égypte Ptolémée Épiphanes, que défendaient Rhodes et Attale de Pergame. En Grèce, Sparte sous Nabis , Athènes , les Étoliens qui occupaient les Tbermopyles , étaient ses ennemis déclarés , et ses excès ne lui avaient laissé que de tièdes amis. Sulpicius, chargé de le combattre , n'emmena que deux légions. Ce fut par la Dassarétie qu'il attaqua. Dans ces montagnes , la phalange macédonienne était inutile, et bien que Philippe eût réuni jusqu'à vingt-quatre mille hommes, il fut successivement chassé de toutes ses positions ; et Sulpicius se trouva , au bout de quelques mois, au cœur de la Macédoine. Mais l'hiver approchait; il revint à Apollonie. Pendant Tété, une flotte avait chassé des Cyclades les garnisons de Philippe, pris Orée et pillé les côtes de la Macédoine (200). Le nouveau consul Villius trouva l'armée mutinée et passa la campagne à rétablir la discipline (199). Encouragé par cette inaction , le roi prit l'offensive et vint occuper sur les deux rives de l'Aoûs, près d'Antigonie , une position inexpugnable. Le peuple, pressé de finir cette guerre , éleva au consulat T. Q. Flamininus, malgré son âge et bien qu'il n'eût encore exercé que la questure , mais sa réputation avait devancé ses services. Pendant quarante jours, Flamininus resta en face du camp inattaquable des Macédoniens. Un chef épirote, Charops, le tira de cette dangereuse inaction. Conduits par un pâtre, quatre mille Romains arrivèrent, après trois jours de marche, sur des hauteurs qui dominaient le camp royal. Leurs cris, leur vive attaque, à laquelle répondit celle de Flamininus , épouvantèrent les Macédoniens; ils prirent la fuite et ne s'arrêtèrent que dans la Thessalie. Les Etoliens aussitôt s'y jetèrent à leur suite. Les Romains y pénétrèrent par le défilé de Gomphi. Philippe s'était déjà retiré dans la vallée de Tempé, après avoir

brûlé les villes ouvertes. Cette conduite indigna les populations. Aussi plusieurs places ouvrirent leurs portes aux Romains, et Flamininus était arrivé déjà sur les bords du Pénée , quand la courageuse résistance d'Atrax arrêta sa marche victorieuse (198).

Cynocéphale* ( l »f ) 5 proclamation de 1* liberté grecque ( 1 M))

Mabls

Au lieu d'aller perdre l'hiver commo ses prédécesseurs dans des quartiers autour d'Apollonie , Flamininus hiverna dans la Grèce centrale, d'où il attira les Béotiens ot les Achéens dans son alliance. Au retour du printemps il alla chercher le roi jusqu'à Phôres, en Thessalie, à la tête de vingt-six mille hommes, dont huit mille étaient Grecs. Phi- . lippe, qui depuis vingt ans usait ses forces dans de folles entreprises, ne put réunir vingt-cinq mille soldats qu'en enrôlant jusqu'à des enfants de seize ans. La bataille se livra en juin 197, dans la plaine de Cynoscéphales. Philippe, qui n'avait plus d'armée , demanda à traiter. 11 rappela ses garnisons des villes et des îles de Grèce et d'Asie qu'elles occu» paient encore, laissa libres les Thessaliens, livra sa flotte moins cinq vaisseaux de transport, licencia son armée moins cinq cents hommes, paya cinq cents talents, en promit cinquante comme tribut annuel pendant dix ans, s'engagea à ne faire aucune guerre sans l'assentiment du sénat, et donna des otages, parmi lesquels les Romains firent comprendre son jeune fils Démétrius.

Durant la célébration des jeux isthmiques , auxquels la Grèce entière était accourue, un héraut imposa toup à coup silence, et promulgua le décret suivant : « Le sénat romain et T. Quinctius, vainqueur du roi Philippe, rendent leurs franchises, leurs lois et l'immunité de garnisons et d'impôts aux Corinthiens, aux Phocidiens, aux Locricns, à l'île d Eubée et aux peuples de Thessalie. Tous les Grecs d'Europe et d'Asie sont libres. » Une joie insensée éclata à ces paroles. Deux fois l'assemblée se fit répéter le décret, et Flamininus faillit périr éloutfé sous les fleurs et les couronnes (196). Mais, avant de quitter la Grèce , il enleva à Nabis Argos et Gythium, pour que Sparte ne fût pas trop puissante dans le Péloponèse , refusant toutefois de l'accabler pour que les Achéens ne prissent pas sa place. La Macédoine et Sparte abaissées, il évacua sans crainte Chalcis, Démétriade et l'A-

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