‹ Histoire romaineChapitre 66 sur 136 · GUERRE CONTRE PHILIPPE ET CONTRE ANTIOCHUS · texte numérisé non relu

GUERRE CONTRE PHILIPPE ET CONTRE ANTIOCHUS

crooorinthe. En retournant triompher à Rome, il y portait cet utile protectorat de la Grèce que tous les successeur» d'Alexandre s'étaient disputé sans le pouvoir saisir (195).

Antlocliu» en Grèce; combat dett Thermopyle» (f SI ).

Ce désintéressement affecté était une habile réponse à la coalition qu'Annibal travaillait à former. Ce grand homme, rentré dans Carthage, y commençait des réformes qui devaient régénérer sa patrie : il renversa la tyrannique oligarchie qui s'était formée à la fin de la guerre, remit Tordre dans les finances et réorganisa l'armée en même temps que, par de secrets messages, il pressait Antiochus d'attaquer, tandis que Philippe résistait encore , que les Grecs hésitaient , que les Cisalpins et les Espagnols étaient soulevés. Cynoseépha* les renversa ces espérances, et bientôt trois ambassadeurs romains vinrent à Carthage demander sa tête. Depuis longtemps il s'y attendait, et une galère seorètement préparée le porta en Syrie (195). Antiochus, enhardi par les succès des premières années de son règne , ne revendiquait pas moins que tout l'héritage de Séleucus-Nicator, l'Asie occidentale , la Thrace, môme la Macédoine, et quand le sénat le rappelait à la prudence, « Je ne me mêle point de ce que vous faites en Italie, répondait-il; ne vous occupez pas de ce que je fais en Asie. >» L'arrivée d'Annibal décida la guerre. Ce grand homme offrait de recommencer, avec onze mille hommes et cent vaisseaux, sa seconde guerre punique ; mais Antiochus, aveuglé par ses courtisans, repoussa ses conseils pour écouter les magnifiques promesses de l'Étolien Thoas.

Dopuis longtemps les Éloliens se vantaient d'avoir ouvert la Grècoaux Romains; à les croire, ils avaient seuls vaincu à Cynoscéphales. Mal récompensés de ces services, ils cherchèrent à 6e payer de lours mains. A un même jour, sans déclaration de guerre, ils essayèrent de surprendre Chalcis, Dométriade et Lacédémone. Us espéraient pouvoir de là braver Rome impunément. Chalcis les repoussa, mais Démctriade fut prise. A Sparte, ils se présentèrent comme amis , égorgèrent Nabis, mais s'oublièrent au pillage de la ville, et laissèrent à Philopœmen le temps d'accourir et de les envelopper. Le général achéen réunit Sparte délivrée à la ligue. Il n'y avait plus alors qu'à se jeter dans les bras d'Antiochus. Ils l'appelèrent en Grèce. Mais le roi de Syrie débarqua à Déxnétriade (septembre 192) avec dix mille hommes seulement.

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Au lieu de gagner Philippe, il l'irrita, et ne vit accourir autour de lui qu'un petit nombre d'alliés. Tout l'hiver qu'il perdit à célébrer à Chalcis un nouvel hymen, donna le temps au sénat d'achever ses préparatifs. Aux ides de mai , l'armée de Brindes passa l'Adriatique avec le consul Acilius Glabrion. Celle d'Apollonie, qui s'était déjà réunie à Philippe avant l'hiver, avait repris plusieurs villes thessaliennes et débloqué Larisse. Acilius acheva de réduire la ïhessalie , et s'avança jusqu'aux Thermopyles, où Antiochus espéra défendre le passage avec ses dix mille hommes. Mais Caton, alors lieutenant d' Acilius, après avoir été consul, surprit deux mille Étoliens postés sur le Callidrome pour défendre le sentier d'Éphialtes ; et, à la vue des cohortes romaines descendant l'OEta, Antiochus, qui avait arrêté Acilius devant ses ligues, dans le dé61é, s'enfuit à Élatée, puis à Chalcis, et de là àÉphèse. La bataille des Thermopyles coûta aux Romains cent cinquante hommes (juillet 191 ).

Bataille de Magnétrie (1 M) ; eoumb*lon de» Galatea («S»).

A Éphèse, Antiochus avait retrouvé sa sécurité ; Annibal seul s'étonnait que les Romains ne fussent pas encore arrivés. Pour leur fermer la route, le roi augmenta les fortifications de Sestos et de Lysimachie. Mais Livius, par une victoire sur l'amiral syrien Polyxénidas, saisit, du premier coup, l'empire dans la mer Égée. Si les Rhodiens furent vaincus à Samos, si Livius échoua dans ses tentatives sur Éphèse et Patara, les premiers réparèrent leur défaite dans une bataille où Annibal ne put triompher de l'impéritie du courtisan Apollonius; et le successeur de Livius détruisit, près de Myonèse, la flotte syrienne. Bientôt les légions arrivèrent sous la conduite du consul Lucius Scipion et de son frère l'Africain, qui s'était offert à lui servir de lieutenant. Elles traversaient alors la Macédoine, après s'être débarrassées des Étoliens par une trêve de six mois. Lysimachie aurait pu arrêter l'armée, Antiochus l'évacua, et le passage de l'Hel les pont s' effectua sans obstacle. Ce fut le 5 octobre 190, près de Magnésie du Sipyle , que les deux armées se rencontrèrent. Trente mille Romains allaient combattre quatre-vingt-deux mille asiatiques. On dit que cinquantedeux mille Syriens furent tués ou pris, et que le consul perdit seulement trois cent cinquante hommes. 11 ne restait plus qu'à traiter ; les conditions furent dures. Le sénat interdit

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