‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 133 sur 251 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

vue l'esprit du roi fut saisi d'un grand trouble ; son visage changea de couleur et tout son corps trembla. II fit venir les devins; mais aucun ne put lire ni interpréter l'écriture mystérieuse. Balthazar était épouvanté, ainsi que tous les grands de sa cour, quand la reine se souvint du nom de Daniel et de ses prédictions; on l'amena, et le roi lui promit de le vêtir de pourpre, de lui donner un collier d'or et le troisième rang dans l'empire, s'il pouvait lire les mots tracés sur la muraille et les interpréter. Daniel dit à Balthazar : « Tu t'es élevé contre le dominateur du ciel, tu as fait apporter les vases de sa maison sainte et tu as bu dedans, toi, tes femmes, tes concubines et les grands de ta cour; vous avez loué en même temps vos dieux qui ne voient point, qui n'entendent point, qui ne sentent point, etvous n'avez pas rendu gloire a l'Éternel qui tient dans sa main vos âmes et tous lea moments de votre vie; aussi a-t-il envoyé cette main, et voici ce qui est écrit : Mané, Tkéeel, Pharès. — Mané, Dieu a compte 1 les jours de ton règne, il en a marqué la fin ; Tkéeel, tu as été mis dans la balance et tu as été trouvé trop L'i-ror ; Pharès, ton royaume a été divisé, et il a été donné auv MMes et aux Perses. <• Daniel, malgré ces paroles terribles, fut vêtu de pourpre par l'ordre du roi : on lui mit un collier d'or autour du cou, et l'on publia qu'il était la troisième personne de l'empire.

La même nuit les menaces du prophète s'accomplirent. L'Euphrate traversait la ville ; Cyrus réussit à en détourner les eaux et lit entrer son armée dans Babylone par le lit du fleuve desséché. Balthazar fut tué, et une partie des habitants égorgés.

Le nouveau maître de l'empire chaldéen, frappé de la haute sagesse de Daniel, lui conserva ses titres, ses honneurs, et le nomma l'un des trois ministres établis au-dessus de tous les satrapes de ses États. Le livre de Daniel raconte que les grands du royaume, jaloux de la faveur qui s'attachait à un captif, résolurentde le perdre. D'après leurs conseils, mais sans connaître leurs intentions, Cyrus rendit un édit royal qui défendait, pendant trente jours, sous peine d'être jeté aux lions, d'adresser aucune prière à un homme;

LA. CAPTIVITÉ

ou a Dieu, hormis au roi seul; malgré l'élit, chaque jour Daniel adorait l'Éternel, les yeux tournés vers Jérusalem. Il fut dénoncé; en vain le roi voulut le sauver, il demeura inébranlable, et le prince l'abandonna à ses accusateurs, qui le firent jeter dans la fosse aux lions; mais le lendemain, des le point du jour, il s'y rendit lui-même, et d'une vois triste et entrecoupée de soupirs il disait : « Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu que tu sers sans cesse t'aura-t-il délivré de la gueule des lions? ■ La vois du prophète répondit à la sienne, et Cyrus, transporté de joie, commanda qu'on le retirât de la fosse aux lions, où il fit jeter à sa place ceux qui l'avaient accusé, avec leurs femmes et leurs

Dès lors rien ne s'opposa plus à la faveur de ce prince pour Daniel, et c'est à sa puissante sollicitation qu'on attribue l'édît célèbre qui mit fin aux soixante-dix années de la captivité.

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