CHAPITRE XV
• Mais la quatrième bête était terrible et merveilleuse, extraordinaire ment forte, avec des dents de fer; elle mangeait, brisait, puis foulait aux pieds ce qui restait.
« Elle avait dix cornes ; et comme je les considérais, du milieu d'elles il s'en éleva une autre plus petite, et trois des dis cornes furent arrachées. Mais voici que des yeux, comme des yeux d'homme, parurent sur cette petite corne, et une bouche qui profitai! d<: ^niiiili;s paroles.
« Je regardais, et voilà que des trônes s'élevèrent. L'Ancien des jours s'y assit. Sou vêtement était aussi blanc que la neige, sa chevelure ressemblait à la laine la plus pure, son trône était de flammes, ci les roues de son trône un feu dévorant.
« De sa face sortait un fleuve enflammé : mille fois mille serviteurs le servaient, et dix mille fois dix mille se tenaient auprès de lui. Le jugement commença, et les livres furent ouverts.
« Je regardais a cause des fières paroles que prononçait cette corne , quand la tute fut tuée et son corps jeté
« Je vis aussi que la puissance des autres bêtes leur avait été ôlée, et que la durée de leur vie avait été marquée jusqu'à un temps et un temps.
« Je considérais ces choses, et tout à coup je vis venir, avec les nuées du ciel, comme le Fils de l'Homme; il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours, et la puissance, la gloire, la royauté lui furent données. Tous les peuples, toutes les tribus, toutes les langues le serviront; son pouvoir sera éternel, et il ne passera pas.
« La troisième année du règne du roi Balthazar j'eus une vision, lorsque j'étais au château de Suie, qui est au pays d'Élam.
Je levais les yeux et je vis un bélier qui se tenait au-dessus d'Ubal : il avait deux cornes, l'une plus haute que l'autre; et celle qui était plus haute croissait encore. De ses cornes il frappait contre la mer, contre l'Aquilon et le Midi, et toutes les bêtes fuyaient.
■ Je cherchais à comprendre, quand un bouc vint da l'Qç-
LA CAPTIVITE.
cident; il allait, maïs sans loucher la terre, et il avait une corne entre les deux yeui.
» Il courut sur le bélier que j'avais vu, avec une impétueuse furie; il le frappa, il brisa ses cornes, sans que celuici pût résister. Et, l'ayant jeté à terre, il le foulait aux pieds; personne ne pouvait le délivrer de sa fureur.
« Le bouc devint immensément grand, mais sa corne se rompit, et au-dessous il s'en forma quatre autres, vers les quatre vents du ciel. »
Par ces images Daniel annonçait les révolutions qui allaient ébranler l'Asie 1 . Autour de lui, en effet, le monde l: i :nl'l;iit, les Perses sorlis de leurs montagnes renversaient l'empire des Mi;ili!s ; Sardes était prise et Crésus prisonnier. Déjà l'innombrable armée du nouveau conquérant cernait Bàbylone; mais, confiant dans la force de ses murailles, Ballhazar se riait des vains efforts de son ennemi et oubliait dans les festins les ennuis d'un long siège. Un jour que, avec les grands de sa cour et ioulcs ses femmes, il célébrait une orgie el buvait dans les vases sacrés de Jérusalem, en louant ses dieux d'or et d'argent, d'airain et de fer, de bois et de pierre, tout à coup on vit paraître des doigts et comme la main d'un homme qui écrivait sur la muraille; à cette
). nies rçnalre : l ci L 1 1 ; l x ili'.iïiuiriu les qualre grands empires des Clialdécris, ries l'erst's, di-s Givc et îles Rumsiniv VW.t ieurs ciirmiierilnleurs siihsli- MtOI à l'empire des Homaios celui des Séleucidcs et des Lagides. Les Pères
qui s'élevaient de la léle du bouc. » Villcnave, article Daniel, dans la Bù>- -.uj.'kb uiiiveriillc. — Vojci, doua VOraison funèbre du prince de Coudé, l'adniiiiibli' [.iirii[)hr:isi! i|u« liusiufl a faile lie »; [lasiag.:. — 11 ianl ft|:cmlanl orissl renvoyer, pur rii'.Lci-.ii'cLaliim i.W= V i---:\;i,i les, aui li-arani criliinies de Kiclilinrn (intn-.duclii-ii h l'.in,u-n Tcttunimt); ÙV l.n.iiir.s (CnmmeMaire sar Aoû), el surtout de Knobel (Dir Aqabtimui dsr ilebratr wlUttn&z Surgisiellt, 1617, 2 vol. in-a).