‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 183 sur 251 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

quarante-six ans a bâtir, e[ vous le relèveriez en trois jours ? > Mais il entendait parler de son corps, qui devait mourir et ressusciter le troisième jour.

Le Pharisien et lu gauiarltelne.

Il y avait un homme parmi les pharisiens nommé Nicodème, qui vint la nuit trouver Jésus et qui lui dit : « Maître, nous savons que vous êtes un docteur envoyé par Dieu, car personne ne pourrait accomplir les miracles que vous faites, si Dieu n'était pas avec lui. — En vérité, je vous le dis, répondit Jésus, nul ne verra le royaume de Dieu, s'il ne naît de nouveau. — Mais comment un homme déjà vieux peut-il naitre une seconde fois? » disait le pharisien, qui, habitué à la stricte observance des rites extérieurs, ne comprenait pas cette renaissance spirituelle, a Je vous le dis en vérité, repartit le Christ, si un homme ne renaît de l'eau et du Saint- Esprit, il ne pourra entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'esprit est esprit. »

De Jérusalem, Jésus se rendit dans le pays arrosé par le Jourdain. Le nombre de ceux qui venaient à lui fut si grand que les disciples de Jean témoignèrent à leur maître la jalousie qu'ils en ressentaient; mais Jean leur répondit : « Ce n'est pas moi qui suis le Christ; j'ai été envoyé devant lui pour préparer les voies. Le Père aime le Fils, et lui a mis toutes choses entre les mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. »

Cependant Jean-Baptiste était toujours suivi d'une grande multitude de peuple, ravie d'entendre sa parole ; et les Juifs, dit l'historien Josèphe, paraissaient disposés à entreprendre tout ce qu'il leur commanderait. Hérode Antipas en conçut de l'inquiétude, et le fit emprisonner. Jésus, craignant que les pharisiens, ses ennemis déclarés, ne portassent Pïlate à le faire arrêter sous prétexte qu'il était, comme Jean, suivi d'une foule nombreuse, se retira dans la Galilée. En traversant la Samarie, il s'arrêta aux environs d'une tite ville nommée Sichor, auprès de l'héritage donné par

Jacob à son fils Joseph. Il y avait en ce lieu un puits connu sous le nom de Puits de Jacob ; Jésus s'assit auprès, et envoya ses disciples vers la ville, pour acbeier quelque nourriture. Pendant leur absence, une femme de Sichor vint puiser de l'eau. Jésus lui ayant demandé à boire, cette femme témoigna une grande surprise, parce que les Juifs et les Samaritains n'avaient de relations entre eux que dans l'extrême nécessité. Mais Jésus, venu pour éteindre les haines nationales dans l'universelle charité, lui dit : « Si vous connaissiez celui qui vous dit : Donnez à boire, peut-être lui en auriez-vous demandé vous-même, et il vous aurait donné une eau vive. — Seigneur, vous n'avez pas de quoi puiser, et le puits est profond ; oit donc auriez-vous pris l'eau viveï Étes-vous plus grand que Jacob, notre père '.' — Quiconque boit de cette eau, répondit le Christ, a soif encore; mais l'eau que je donnerai deviendra une fontaine qui rejaillira jusque dans la vie éternelle. Le temps est venu où l'on n'adorera plus le Père seulement à Jérusalem ou sur le mont Garizim. Les vrais adorateurs que cherche le Père sont ceux qui l'adorent en esprit et en vérité. » La Samaritaine répondit : " Je sais que le Messie doit venir : lors donc qu'il sera venu, il nous annoncera toutes choses. — C'est moi, lui dit Jésus, qui suis le Messie. Sur ces entrefaites, les disciples revinrentde Sichor et pressèrent le Chrisl de manger; mais il leur dit : * J'ai une nourriture à prendre que vous ne connaissez pas; c'est d'accomplir la volonté de mon Père. «

Cependant la Samaritaine élait retournée dans la ville et racontait a tous les habitants l'entretien qu'elle avait eu avec Jésus. » Cet homme, disait-elle, est certainement un prophète, car il m'a rappelé tout ce que j'ai fait pendant ma vie. » Les gens de Sichor vinrent alors prier Jésus d'entrer dans leur ville. Il y resta deux jours, et plusieurs crurent en lui. Ils disaient : « Nous croyons, parce que nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Christ, le Sauveur du monde. »

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