CHAPITRE XXIII
mais il les renvoya en condamnant leur hypocrisie et leur attachement superstitieux a de vaines observances, pendant qu'ils négligeaient les principaux devoirs de la loi. » Isaïe, dit-il, a bien prophétisé de vous : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »
Des hommes se croyant justes selon la loi avaient grande confiance en eux-mêmes et méprisaient les autres. Jésus leur proposa cette parabole :
Un pharisien et un publicain montèrent au temple pour
Le pharisien se tenant debout priait ainsi en lui-même : ■i Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont voleurs, injustes et adultères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine, je donne la dime de tout ce que je possède. "
Le publicain au contraire n'osait pas même laver les yeux au ciel, mais il frappait sa poitrine en disant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur. ■
Je vous déclare que celui-ci s'en alla chez lui justifié et non pas l'autre; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé.
iréreiBlté de l'humilité.
Jésus entra un jour dans la maison d'un pharisien pour y prendre son repas, et remarquant que les conviés prenaient les premières places, il leur dit ;
. Quand vous serez invités à des noces, ne vous mettez pas a la première place, de peur qu'il ne se trouve quelqu'un parmi les conviés plus considérable que vous, et que celui qui vous aura invités tous deux ne vienne vous dire : Cédez la place à celui-ci; et qu'alors vous n'ayez la honte d'être mis a la dernière place.
« Mais lorsque vous serez invité, allez vous mettre à la dernière place, afin que celui qui vous a invité vous dise
SUITE DU MINISTÈRE PUBLIC DE JÉSUS. 331 quand il viendra : Mon ami, montez plus haut. Alors vous serez comblé d'honneur devant ceux qui seront à table avec vous. » Et Jésus répéta encore ce précepte de l'humilité : ■ Quiconque s'élève sera abaissé, quiconque s'abaisse sera élevé. »
Il disait aussi à celui qui l'avait invité : « Lorsque vous donnez à dîner, n'invitez ni vos amis, ni vos frères, ni vos parents, ni vos voisins, qui sont riches, de peur qu'ils ne vous invitent aussi à leur tour et que ce soit là votre récompense.
• Mais invitez les pauvres, les estropies, les boiteux et les aveugles, et vous serez heureux de ce qu'ils n'auront pas le moyen de vous le rendre, car vous en recevrez !a récompense a la résurrection des justes. »
De la Galilée, Jésus se rendit sur les confins de Tyr et de Sidon. Une femme phénicienne ou chananéenne vint le supplier de rendre la santé à sa fille. Jésus ne répondit pas. Mais comme elle continuait à crier vers lui, et que ses apôtres le priaient d'exaucer sa demande, il répondit : « Je ne suis envoyé que vers les brebis égarées du troupeau d'Israël. " Cette femme le suivit cependant jusque dans sa maison, et le supplia en disant : « Seigneur, venez a mon secours. — Il n'est pas juste, lut dit Jésus, de donner aux chiens le pain des enfants. — Vous dites vrai, répliquât-elle, mais au moins les petits chiens mangent les miettes tombées de la table de leurs maîtres. « Jésus, pour récompenser sa foi, lui promit qu'il serait fait selon son désir.
Puis il continua sa marche, répandant les miracles sur ses pas. Il rendait la vue aux. aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, et guérissait les malades : une seconde fois il opéra le prodige de la multiplication des pains ; quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, furent rassasiés avec sept pains et quelques petits poissons ; et de ce qu'ils laissèrent on remplit encore sept paniers.