‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 221 sur 251 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

la Phrygie el de la Pamphylie, de l'Egypte et de la partie de la Libye voisine de Cirène, de Crète, de Rome et de l'Arabie, les entendaient parler chacun en leur langue des merveilles de Dieu. Ils s'étonnaient et se disaient : « Que veut dire ceci ?" D'autres s'en moquaient. Alors Pierre , se présentant avec les onze apôtres , éleva la voix et dit : « Juifs , et vous tous qui demeurez dans Jérusalem, écoutez mes paroles :

<c Voici que la prédiction du prophète Joël est accomplie. Dans les derniers temps , dit le Seigneur , je répandrai de mon esprit sur toute chair ; en ces jours-là , mes serviteurs et mes servantes prophétiseront : je ferai paraître des signes dans le ciel et des prodiges sur la terre, et quiconque invoquera mon nom sera sauvé.

« Israélites, ajouta-t-il, écoutez encore ces paroles : Vous savez que Jésus de Nazareth était un homme que Dieu a rendu célèbre, au milieu de vous , par les merveilles et les miracles qu'il lui a fait faire sous vos yeux. Vous l'avez crucifié, cependant, et vousl'avcz livré auxmains des méchants; mais Dieu l'a ressuscité et a mis fin pour lui aux douleurs de l'enfer, où il était impossible qu'il fût retenu. Élevé au ciel , il a reçu l'accomplissement de la promesse que Dieu lui avait faite d'envoyer son esprit sur nous; vous le voyez maintenant. •

Premières Conversion».

« Frère, s'écria le peuple, que faut-il donc que nous fassions ? — Faites pénitence; que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ , et vous recevrez le don du Saint- Esprit. » Ce jour-la, trois mille hommes se joignirent aux disciples de Jésus ; car tous les esprits étaient frappés de crainte et d'admiration. Un grand nombre vendaient leurs biens et les distribuaient aux pauvres pour vivre eux-mêmes en commun , rompant ensemble le pain et passant le jour dans la prière.

A quelque temps de là , Pierre et Jean se rendaient au lemple pour assister à la prière de la neuvième heure. Ils aperçurent à la porte un mendiant boiteux dès sa naissance. Pierre lui dit ; « Regarde-nous ; je ne possède ni or ni ar-

LES ÀPuTRES.

gent, mais ce que j'ai, je le le donne. Lève-loi , au nom de Jésus de Nazareth , et marche. Aussitôt le boiteux se leva , ses pieds s'affermirent, et il entra avec eux dans le temple pour louer le Seigneur. Le peuple s'étonnait ; mais Pierre dit : " Israélites , pourquoi vous étonner et nous regarder comme si notre puissance et notre vertu avaient fait marcher ce boiteux? Vous avez repoussé le saint et le juste ; vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce d'un meurtrier, et vous avez fait mourir l'auteur de la vie; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts ; c'est par lui que ce boiteux a été guéri ; c'est à cause de notre foi en son nom que cette puissance nous a été donnée. Faites donc pénitence, et converti ss es- vous, afin que vos péchés soient effacés. »

Les paroles de l'apôtre faisaient une vive impression sur la foule. Pour en arrêter l'effet, les prêtres, le capitaine des gardes du temple et les saducéens , qui ne pouvaient souffrir qu'on enseignât la résurrection, firent saisir Pierre et Jean et les conduisirent en prison. Cependant cinq mille hommes professèrent qu'ils croyaient aux paroles de l'apôtre. Le lendemain , les chefs du peuple , les anciens et les scribes s'assemblèrent dans Jérusalem avec Anne le grand prêtre et tous ceux de la race sacerdotale. On fit venir les apôtres : "Par quelle puissance, leur dirent-ils, ou au nom de qui avez-vous fait cette action ï » Pierre répondit : » Princes et anciens du peuple , écoutez : Puisque aujourd'hui l'on nous demande raison du bien que nous avons fait a un homme perclus , et de la manière dont il a été guéri , nous vous déclarons , â vous tous et à tout le peuple d'Israël , que c'est par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié , mais que Dieu a ressuscité d'entre les morts ; il n'y a point de salut avec un autre; nul autre sous le ciel n'a été donné aux hommes pour les sau-

Les juges s'étonnèrent de la fermeté de ces hommes , sortis du commun du peuple ; et ne pouvant nier l'évidence du miracle qui venait d'être fait, ils voulurent du moins en étouffer le bruit. On défendit aux deux apôtres de parler en quelque manière que ce fût et d'enseigner au nom de

Page 1