‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 23 sur 251 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ni<*n,;! placé a la lûto de ses armées pour faire une invasion dans le pays des Éthiopiens.

Cependant, au milieu de ces honneurs, Moïse n'oubliait ni sa naissance qui lui avait été révélée, ni son peuple. L'oppression pesait toujours sur les Heureux, et son cœur s'en indignait. Dans une de ses courses, ayant aperçu un Egyptien qui maltraitait un Israélite, il le frappa, le tua, et cacha dans le sable son cadavre. Le lendemain, il trouva deux Hébreux qui se querellaient. « Pourquoi, dil-il au plus fort, frappez-vous votre frère? — Qui vous a établi sur nous prince et juge? répliqua l'agresseur. Est-ce que vous voulez me tuer comme vous tuâtes hier un Égyptien?" Moïse croyait que l'aventure était restée secrète, il s'effraya, et, apprenant que le Pharaon voulait le punir, il s'enfuit au pays de Madian. Il avait alors 40 ans.

Vers la fin d'une de ses journées de voyage, il reposait près d'un puits du désert, qniirul vinrent au môme endroit les sept filles d'un prêtre de Madian nommé Jéthro. Elles avaient déjà rempli les canaux pour abreuver les troupeaux de leur père, quand des bergers, survenant, voulurent les chasser. Moïse prit leur défense, et lit boire leurs brebis. Pour cette action, il fut accueilli avec joie dans la maison de Jéthro, et, n'ayant plus espoir de retourner en Egypte, il résolut de se User en ces lieux. Jéthro lui donna en mariage sa fille Séphora, une des sœurs qu'il avait délivrés à la fontaine. Il en eut deux fils : Gersam el Éliézer.

Quarante années s'écoulèrent ainsi. Le roi d'Égypte était mort, mais l'oppression durait toujours. L'idolâtrie, dit Bossuet, couvrait alors la terre. « Tout était Dieu, excepté Dieu même, et le monde que Dieu avait fait pour manifester sa puissance semblait être devenu un temple d'idoles. Le genre humain s'était é^aré jusqu'à adorer ses passions et

ses vices Ainsi, la première des vérités, celle que le

monde proche, celle dont l'impression est la plus pqissanle, était la plus éloignée de la vue des hommes. La tradition qui la conservait dans leurs esprits, quoique chire. encore et assez présente, si on y tût été attentif , était prête à s'évanouir. Des fables prodigieuses et aussi pleines d'impiété que

d'extravagance prenaient sa place. Le moment était venu où la vérité, mal gardée dans la mémoire des hommes, ne pouvait plus se conserver sans être écrite ; et Dieu ayant résolu d'ailleurs de former son peuple a la vertu par des lois plus expresses et en plus grand nombre, il résolut en même temps de les donner par écrit. Moïse fut appelé à cet ouvrage. »

En conduisant les troupeaux de son beau-père, Moïse vint un jour jusqu'au mont Horeb dans le désert de Sinaï; là il entendit sortir d'un buisson ardent que la flamme ne consumait point, la voix d'un ange du Seigneur, qui lui dit : « Les cris des enfants d'Israël sont venus vers moi, et j'ai vu l'oppression dont les Égyptiens les accablent. Je l'enverrai vers le Pharaon, et tu feras sortir d'Égypte les enfants d'Israël. — Mais, Seigneur! quand j'aurai dit : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous, s'ils me demandent : Quel est son nom? que leur répondraï-je? ■ La voix répondit : • Je suis celui gai suis! Tu diras aux enfants d'Israël: Celui qui m'a envoyé vers vous est l'Éternel, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Ils ne me croiront pas, reprit Moïse; ils diront : Dieu ne t'es pas «pparu. « Deux prodiges opérés par le Seigneur : la verge de Moïse changée en serpent, et sa main, subitement engourdie et glacée, puis redevenue souple et animée, lui montrèrent comment il triompherait de l'incrédulité par des miracles. Cependant il redoutait encore son manque d'éloquence. Mais, - qui a donné la bouche à l'homme, dit l'Éternel, qui a fait le muet et le sourd, le voyant et l'aveugle, si ce n'est moi? Va donc et j'ouvrirai ta bouche, et je t'enseignerai ce que tu devras dire. " Moïse priait encore qu'un autre fût envoyé à sa place : ■ N'as-tu pas ton frère Aaron , le fils de Lévi ? tu le trouveras sur ta route, il parlera pour toi au peuple; il sera ta> voix, tu seras sa pensée en ce qui regarde l'Éternel. >■

De retour chez Jéthro, Moïse ne songea plus qu'au départ : la voix divine lui apprit que les parents de l'Égyptien

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