CHAPITRE III
qu'il avait tué n'étaient plus, et aussitôt il partit accompagne" de sa femme et de ses deux fils qu'il laissa bientôt pour se rendre seul au mont Horeb, où, suivant la promesse de Dieu, il rencontra son frère Aaron. Ils se rendirent ensemble en Egypte, et là réunirent les anciens de la nation. Aaron leur redit les ordres donnés par le Seigneur à Moïse, et prouva leur mission par des miracles. Le peuple comprit que Dieu avait enfin jeté un regard favorable sur les enfants d'Israël, et tous se prosternèrent et adorèrent-
i.i-h dti plaies dVittjpic
Moïse et son frère se présentèrent alors devant le Pharaon avec ces paroles : « Voici ce que dit le Dieu d'Israël : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie au désert. » Le roi répondit : « Je ne connais pas votre Dieu, et je ne laisserai point partir Israël. Pourquoi dé tournez- vous ce peuple de ses travaux? » Et appelant ses intendants, il leur dit : <■ Ces hommes n'ont pas de quoi s'occuper, c'est pourquoi ils crient et se disent : Allons sacrifier a notre Dieu. Qu'on les accable de travaux, pour qu'ils ne se repaissent plus de paroles de mensonges. »
Le peuple reprocha alors a MeïB£ d'avoir attiré sur lui la colère du roi, et Moïse s'adressant à Dieu : « Pourquoi, Suiveur, affligez-vous votre peuple 1 ! pourquoi m'avez-vous envoyé? — Bientôt tu verras, répbndi) l'Éternel, Pharaon forcé, par une main puissant, ùc délivrer lui-même les Hébreux; j'étendrai mon bras sur l'Egypte, et vous saurez que c'est moi l'Eternel, moi votre Dieu, qui vous fais sortir de la servitude pour vous conduire dans la terre que j'ai promise a Abraham, à Isaac et à Jjicob.
Cependant le Pharaon s'ohslinait dans son refus et il fallut des miracles Ombles pour briser son orgueil et sa confiance. D'abord Aaron étendit sa baguette sur le fleuve, et les eaux du ÎSil furent cliaum-rs ,, n sa n^. Ensuite il menaça le roi de couvrir ['Eg;ple de grenouilles, et il en sortit une quantité innombrable des e;iux devenues fétides.
Ces fléaux, que les magiciens d'Egypte avaient d'ailleurs
su reproduire, restant inutiles, Aaron frappa de sa baguette la poussière de la terre, et elle se changea en myriades de moucherons qui se jetèrent sur les hommes et sur les animaux. Le lendemain, des nuées d'insectes remplirent l'air el dévorèrent les récoltes; la terre de Gessen, où habitait Israël, fut seule épargnée par le fléau. Le Pharaon parut vaincu, et il dit à Moïse : « Allez sacrifier à votre Dieu, mais faites-le sans sortir d'Egypte. — Nous ne le pouvons, répondit celui-ci, car ce sont les abominations de l'Egypte que nous sacrifierons au Seigneur, et si votre peuple nous voyait immoler ses dieux, il nous lapiderait. — Partes donc, mais n'allez pas loin dans le désert, et priez pour moi votre Dieu. - Moïse pria et ie fléau disparut. Mais- le cœur du roi s'endurcit et il retira sa promesse.
Alors une mortalité terrible se déclara parmi les bêtes de somme et les troupeaux des Égyptiens, tandis que le bétail des Israélites était épargné. Moïse encore prît en ses mains de la poussière de fournaise, et, en présence du rai, il la jeta vers le ciel. Elle retomba sur toute l'Egypte; et par tout le pays des u|uères couvrirent aussitôt les hommes et les animaux.
Tout cela fut vain encore. Le fléau de la grêle fut annoncé, et, le lendemain! quand Moïse eut levé sa main vers les cieux, un orage terrible éclata qui brisa les arbres et dstruisit les incultes, sans qu'un seul grêlon tombât sur la terre de Gessen. Puis des nuées de sauterelles, poussées par le souffle impétueux d'un vent d'orient, s'abattirent sur l"Egypt( , el dévorèrent l'herbe de la terre et les fruits des arbres que la grêle n'avait pas atteints. A cetle calamité succédèrent, durant trois jours, des ténèbres si épaisses qu'elles étaient palpables.
Cette fois le Pharaon permit aux Hébreux de partir , mais il voulut garder leurs troupeaux. Moite ne se résigna point à manquer d'holocaustes dans ie désert : alors la folle obstination du roi reprit le dessus, et il chassa le prophète avec îles paroles de mort. « Je frapperai encore d'une plaie ce roi insensé, dit l'Eternel à son serviteur, mais ce sera ia deruière. Commande à ton peuple que chacun, homme et femme,