CHAPITRE XXIX
s'écria-t-il , parce que j'espère une autre vie et la résurrection des morts , on veut me condamner. » A ces mots les saducéens , qui n'admettent ni résurrection , ni ange , ni esprit, se déclarèrent contre Paul, les pharisiens prirent sa défense et l'assemblée se trouva divisée. Le tumulte augmentait; le tribun craignit alors que Paul ne fût mis en pièces , et le ramena dans la forteresse. Le lendemain , le neveu de son prisonnier l'avertit que quarante Juifs avaient fait vœu de ne manger ni boire avant d'avoir tué Paul, et qu'ils se disposaient à l'assassiner quand on le ramènerait au conseil. Le iribun craignit qu'on ne l'accusât plus tard d'avoir reçu de l'argent des Juifs ; et pour soustraire l'apBtre au danger il le fit conduire sous nombreuse escorte à Félix , gouverneur romain résidant à Césarée.
Cinq jours après , le grand prêtre Ananie se rendit dans cette ville avec quelques sénateurs et un orateur, nommé Tertulle , pour accuser Paul devant Félix. « Nous avons, dit Tertulle, trouvé cet homme une peste publique qui met dans tout l'univers la division et le trouble parmi les Juifs, et qui se nomme le chef de la secte séditieuse des nazaréens. 11 tentait de profaner le temple , nous l'avons saisi pour le juger suivant nos lois; mais le tribun Lysias, nous l'ayant violemment arraché, a ordonné que nous comparaîtrions devant vous. Vous pouvez en interrogeant !e prisonnier reconnaître toutes les choses dont nous l'accusons. ■> Sur l'invitation du gouverneur, Paul réponditalors ; « J'étais, après plusieurs années , revenu à Jérusalem pour faire des aumônes îi ma nation, pour apporter mes offrandes et mes vœux , je ne disputais avec personne , je n'ameutais pas le peuple, quand certains Juifs d'Asie m'ont vu me purilier dans le temple , sans bruit et presque seul : ce sont eux qui devraient comparaître devant vous et m'accuser s'ils avaient quelque chose contre moi. Mais que ceux-ci même déclarent s'ils m'ont trouvé coupable lorsque j'ai comparu devant leur assemblée, à moins qu'ils ne m'accusent de cette parole que j'ai dite hautement : C'est a cause de la résurrection des morts que vous voulez me condamner aujourd'hui. • Félix , ne sachant quel jugement prononcer , ordonna que pour dé-
LES APÔTRES
cider l'affaire on attendrait l'arrivée du tribun. Cependant il fit retenir Paul en prison : il espérait en recevoir de l'argent, et le faisait venir souvent afin de s'entretenir avec lui. Deux, ans se passèrent ainsi. Félix eut alors pour successeur Porcius Festus , et , voulant plaire aux Juifs , il laissa Paul en prison.