‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 240 sur 251 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

ei laissaient aux indigènes leurs lois, leurs coutumes, leur administration nationale 1 .

nëvolte dea zélateurs; Antlpas.

Auguste avait chargé P. Sulpicius Quïrinus, sénateur romain et proconsul de Syrie, de faire un recensement en Judée; il devait, en cas de nécessité, demander aide à Coponius, qu'on envoya à la tête d'un corps de cavalerie pour administrer la nouvelle province (an 7 de J. C). Les Juifs n'opposèrent d'abord aucune résistance, bien qu'un recensement leur parût l'annonce de nouveaux impôts; mais un pharisien nommé Sadoc, et un homme de Gamala, appelé Judas, excitèrent le peuple à la révolte, disant que ce dénombrement était une preuve manifeste qu'on les voulait réduire en servitude. Lès lors, ce ne fut plus que meurtres et que brigandages dans cette malheureuse contrée. On pillait indifféremment amis et ennemis , sous prétexte de défendre la liberté publique , et la fureur des séditieux était telle que la famine ne put mettre un terme a leurs excès; le plus grand mal fut encore que Judas et Sadoc établirent une quatrième secte qui devait un jour causer la ruine de Jérusalem. Nous avons déjà parlé des esséniens, des saducéens et des pharisiens; la nouvelle secte, appelée les zélateurs, partageait toutes les opinions des pharisiens, mais soutenait en outre qu'il n'y a que Dieu seul qu'on doive reconnaître pour seigneur et pour roi. Les sectaires de ce parti professaient un amour si ardent de la liberté qu'ils souffraient tous les tourments plutôt que de donner à quelqu'un le nom de seigneur et de maître.

Quirinus parvint cependant à achever le dénombrement ; la paix régna de nouveau, et fut maintenue par les procurateurs dont l'autorité relevait du gouverneur de Syrie ; Ponce Pilate fut le sixième de kua magistrats; il entra en charge la onzième année du règne de Tibère.

t. Ponce Pilato consentit même à renvoyer de Jérusalem les enseignes des soldats qui j étalent en garnison, par respect pour les lois Juives, qui Inscrivaient toute espèce d'images. Ins., B. J„ o, <*.

LA DESTRUCTION DU TEHPLE

Neuf ans après mourut Philippe, frère d'Antipas et d'Archélaùs , prince doux et ami du repus , qui se fit aimer de aes sujets. Comme il n'avait point d'enfants, Tibère réunit ses Etats à la Syrie.

Antipas, le seul qui restât des trois successeurs d'Hérode le Grand, avait su se maintenir dans la faveur de Tibère; et en l'honneur de ce prince il fit bâtir une ville importante, qu'il appela Tibériade. Antipas avait choisi pour sa situa lion le plus fertile terroir de la Galilée, sur les bords du lac de Génézareth et non loin des sources thermales d'Emmaiïs; aussi quand ce prince répudia sa première femme pour épouser sa nièce Hérodiade , fille d'Aristobule , il eut recours a la protection de Tibère contre son beau-père Arétas , roi des Arabes, qui déjà l'avait vaincu dans un premier combat. Vilellius, gouverneur de Syrie, reçut l'ordre de marcher contre les Arabes et de lui envoyer leur chef mort ou vif : mais Tibère mourut sur ces entrefaites, et Vitellius, ennemi d'Hérode, négligea d'exéculer les volontés d'un maître qui n'était plus.

Agrippa ml de» Joli* 3 J- 1 1 dp. M. l\%

Depuis longtemps déjà vivait a Rome Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand et fils d'Aristobule. Il avait su s'insinuer dans l'esprit d'Antonia, femme de Drusus et mère de Germanicus et de Claude, qui depuis fui empereur. Aussi, pour reconnaître les faveurs dont il était redevable à celle princesse, il s'attacha à son petit-fils Caius, surnommé Caligula, que tout lo monde aimait et honorait par respect pour la mémoire de Germanicus, son père. Cette affection paraissait véritable , car Agrippa saisissait toutes les occasions de servir les intérêts de Caîus ; un jour, il alla jusqu'à lui dire, en parlant de Tibère : » Ne verrai-jo jamais venir le moment où ce vieillard s'en ira dans l'autre monde et vous laissera ie maître de celui-ci '. que toute la terre serait heureuse ! que j'aurais de part à ce bonheur ! Ces paroles furent rapportées a l'empereur, et Agrippa, jeté dans les fers, attendit ainsi le jour où ses vœux seraient réalisés. Mais aussitôt que

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