CHAPITRE XXXI. — LA DESTRUCTION DU TEMPLE
trouvées dans la ville firent baisser de moitié la valeur de l'or en Syrie.
« A la fête de la naissance de Domitien , à celle de l'anniversaire de l'avènement de Vespasien à l'empire, dit M. de Chateaubriand , plusieurs milliers de Juifs périrent par le feu et les bêles , ou par la main les uns des autres comme gladiateurs. A Rome, Titus et son père triomphèrent de la Judée. Jean et Simon , chefs des Juifs de Jérusalem, marchaient enchaînés derrière le char. Des médailles, frappées en mémoire de cet événement , représentent une femme enveloppée d'un manteau , assise au pied d'un palmier, la tête appuyée sur sa main, avec cette inscription : lu Judée
<• Les Juifs furent dispersés. Témoins vivants de la Parole vivante, ils subsistèrent, miracle perpétuel, au milieu des nations. Étrangers partout , esclaves dans leur propre pays , ils virent tomber ce temple dont il ne reste pas pierre sur pierre. Une partie de leur population enchaînée vint élever à Rome cet autre monument où devaient mourir les chn'i.ion.';. Le ciseau sculpta sur un arc de triomphe qu'on admire encore les ornements qui brillaient aux pompes de Salomon , et dont, sans ce hasard, nous ignorerions la forme. L'orgueil d'un prince romain et le talent d'un artiste grec ne se doutaient guère qu'ils fournissaient une preuve de plus de la grandeur de la nation vaincue et de ses mystérieuses destinées. Tout devait servir, gloire et ruine , à rendre éternelle la mémoire du peuple que Moïse forma et qui vit naître Jésus-Christ. »
ïin nB l'histoibe saimie.
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cepté pour la géographie et pour les derniers temp6 , qui ne fût tiré exclusivement.de la Bible. Ce canon des livres sacrés de l'Eglise catholique se compose d'une série d'ouvrages composés à diverses époques. Il est divisé en deux parties : l'Ancien et le Nouveau Testament.
On appelle Ancien Testament les ouvrages qui ont été écrits avant la naissance de Jésus - Christ , et qui comprennent, outre la loi et l'histoire des Juifs, les livres des prophètes et divers traités de morale. Le Nouveau Testament contient certains livres écrits depuis la mort de Jésus-Christ par ses apôtres et leurs disciples. Tous les livres de l'Ancien Testament ont été composés en langue hébraïque, tous ceux du Nouveau l'ont été en grec , excepté l'Évangile de saint Matthieu et l'épître aux Hébreux qu'on croit avoir été écrits en langue syro-chaldéenne , et peu de temps après traduits en grec.
Les ouvrages de l'Ancien Testament sont au nombre de trente-neuf.
OnvftiCES histohiques : !e Pentateuque ou Thorah, c'est-adire la loi , contenant la Genèse ou récit de la création du monde; V Exode, c'est-à-dire ]a sortie d'Ëgypte; le Lévitique, qui renferme les règlements relatifs au culte, dont le soin était confié aux lévites; les Nombres, où se trouve le dénombrement du peuple; le Deutéronome, ou récapitulation de la loi mosaïque. La rédaction du Penlaleuque est attribuée a Moïse, mais on accorde que ces livres renferment des interpolations d'un âge postérieur, et pour expliquer certaines difficultés du premier livre, on a dû admettre que Moïse avait réuni dans la Genèse des traditions antérieures',
chanlÉs ■ rond de
B accorde qu'il rai au point de vuo
il : ;ir,rii'T!s pii Tondront
Ht aller su ultor Lcn-
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sans chercher toujours à les fondre les unes dans les autres pour en former un seul tout.
Le Livre de Josué, ou l'histoire de la conquête de la terre promise, est attribué au successeur de Moïse, mais renferme des iloci.imcnls Je diverses époques.
Le Livre des Juges est un recueil composé probablement au temps des premiers rois, et dans lequel sont réunies, mais non de manière il former un récit suivi et toujours égal, les traditions relalives aus juges d'Israël.
Les deux Livres de Snwvfil, qui, réunis aux deux Livres des liois, contiennent l'histoire du peuple hébreu depuis la naissance de Samuel jusqu'à l'exil de Bahylone, sont un résumé de récits plus complets qui ont péri, comme les annales des rois de Juda et d'Israël, et les histoires particulières de quelques règnes souvent citées dans les Livres des Sois. Quelques critiques reculent jusqu'au temps du roi Joachim la rédaction de ce recueil.
Les deux Livres des Paralipomènes ou Chroniques sont une sorte d'appendice aux Livres des liais. On en attribue communément la rédaction a Esdras.
Le Livre d'Esdras raconte l'histoire de la délivrance des Juifs après la captivité de Babylone ; celui de Néhémie fait suite au précédent.
Le Livre de Ruth est attribué à Samuel, celui de Tobie , dont la rédaction ne remonte peut-être pas à plus de deu\ cents ans avant Jésus-Christ, celui de Judith, dont on ignore la date, l'auteur et jusqu'il la langue, le Livre d'Estker, dont l'auteur est également inconnu, celui de Job el les deux Livres des Maccabées portent à dix-sept le nombre des ouvrages de l'Ancien Testament, oppeirs historiques.
Les livres Prophétiques sont au nombre de seize. Ce sont ceux des quatre grands prophètes et des douze petits que nous avons déjà nommés (p. 117, n. 1). Les critiques n'ont attaqué que le Livre de Jouas et les derniers chapitres d'Isaie (de xl à Lxfi).
genkn, Kfuuui, prtf.,- [le Write, Eitdtiluag ia das Aile leslnnicnl, g 150 el auiï.; Slaelielin, K'isttsi-h,: Vutt-nurhangrii ùl/rr de* Ptatatiuci,, IS13; Tucb, lir.,:imcnt«r «Ut ilir Cenfsil, IS3S.
Al'i'EKDICK.
Deux livres sont rangés parmi les ouvrages Ltkiquee : les Lamentations de Jèrémie et les Psaumes. Ceux-ci n'appartiennent pas tous à David, mais a des auteurs d'époques différentes. Soixante -douze seulement portent son uom. Quelques-uns de ces chante de douleur datent de la captivité même. Celui qui est au numéro ir. a pour titre Prière de Moïse. D'autres portent le nom d'Asaph, de Héman , d'Éthan, des Gla de Coré.
Les ouvrages Moraux sont les Proverbes de Salomon dont une partie (depuis le chapitre x\v; fut recueillie el mise en ordre au temps d'Ezéehias. La tradition attribuait aussi à Salomon VEccIêniasle, bien que celle sagesse sceptique révèle un écrivain probablement postérieur. Dans le Cantique, des Cantiques , l'Église a reconnu un sens mystique que les traducteurs grecs de la version des Septante, et avant eux les docteurs de la synagogue, cherchaient déjà à faire prévaloir.
dent pas moins que ce livre, pris dans un sens littéral , ne soit aussi un gracier.* cl) an t. d'bvméuée. Du reste, les Juifs , fort approuvés en ceci par Origène et saint Jérôme, n'en permettaient pas là lecture avant l'âge do trente ans. Salomon fut aussi regardé longtemps comme l'auteur du Livre de In Sagesse ; mais on ne peut en faire remonter la rédaction h plus d'un siècle avant notre ère. l'Kcrlrsiastiqve est trèsprobablement de Jésus , fils de Sirach ; son petits-fils le traduisit en grec la trente-huitième année du règne de Ptolémée Évergète.
Le Nouveau Testament, beaucoup plus court que l'Ancien, comprend cinq Olvilagi:? uiSTorjQCrs : les quatre Evangiles de 3aint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, avec les Actes des ApiUrfs ; quatorze épilres de saint Paul, et sept épitres canoniques de différents disciples ; enfin \'A}70catyj.se de saint Jean.
Il y a de la Bible deux versions canoniques, l'une en grec, celle des Septante, dont nous avons parlé dans la préface, l'autre eu latin, celle que fil saint Jérôme à la fin du iV siècle, et dont le concile de Trente a réuni et consacré les diverses parties sous le nom de Vvigatc. Quant aux traduc-
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(ions françaises, la plus répandue est celle de Sacy. Sans doute la langue des solitaires dé Port-Royal semble se prêter mieux que la notre à parler de ces choses des anciens jours. Mais la Bible n'est pas seulement un ouvrage de morale et de piété, c'est aussi un grand livre de poésie, et ses images s'effacent, ses vives couleurs s'éteignent sous la plume du pi eus traducteur '.
Dans le cours de notre ouvrage, nous avons suivi pas à pas les livres historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament; nous avons aussi cité un grand nombre de passages tirés des psaumes et des prophètes. Nous voudrions ici placer encore quelques extraits de ces livres qui n'ont pu trouver place dans l'histoire , et faire pour la poésie gnomique des Hébreux, c'est-à-dire pour leurs livres de morale, ce que nous avons fait pour leur littérature historique et lyrique.
" 0 mon âme, bénis le Seigneur ! Jéhovah ! mon Dieu, que tu es grand !
" Tu es revêtu de lumière, et tu as étendu les cieux comme ton manteau ; tu marches sur les nues ; tu voles sur l'aile des vents.
<■ Tu as affermi la terre sur ses fondements, et elle ne vacillera point jusqu'à la consommation des siècles.
■ Comme d'un vêlement lu l'as entourée des eaux. La mer couvrait les collines ; à ta voix, au bruit de ton tonnerre, elle s'est enfuie.
- Tu as parlé, et les montagnes se sont élevées, les plaines se sont étendues, les flots ont trouvé une barrière qu'ils ne franchiront plus.
" C'est toi qui fais jaillir les sources des vallées et les eaus qui ruissellent sur les flancs des montagnes, afin que les bêtes des champs boivent et que les chevaux sauvages se désaltèrent.
« Les airs se sont peuplés des oiseaux du ciel, et du haut des rochers descendent leurs chants joyeux.
I. Dane ces dernière» années, M. Cahen a entrepris une traduction nouvelle du leitc hébreu qu'il a reproduit en «gard de la venion française.
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" Le monde entier se Bourrit des œuvres de ta main : les troupeaux, de l'herbe des champs; l'homme, du grain que tu fais germer, du vin dont tu réjouis son cœur.
■■ Tu nourris les arbres de la forêt et les cèdres du Liban que tu as plantés, et les petits oiseaux viennent nicher dans leurs branches.
» La lune sait quand elle doit paraître, le soleil ou il doit se coucher.
<■ Tu as fait la nuit, pendant laquelle les bêtes fauves se répandent, pendant laquelle les lionceaux rugissent en cherchant la proie que tu leur prépares.
- Mais le soleil se lève et ils rentrent dans leurs tanières ; l'homme sort alors et travaille tout le jour.
« Que tes œuvres, ô Seigneur, sont magnifiques, combien tu as tout ordonné avec sagesse ! Tu as répandu la vie sur la terre entière '.
* La mer est immense; cependant les reptiles y fourmillent avec les poissons grands et petits; là tes navires passent; et au milieu de ses flots le dragon se joue.
« Toutes les créatures attendent de toi leur nourriture : lu leur donnes, elles ramassent; tu ouvres la main, elles sont rassasiées.
- Que tu détournes ta face, et elles tombent dans la confusion ; que lu retires ton souffle, et elles retournent en poussière. '
■ Mais tu envoies ton Esprit , et la vie renaît , et la face de la terre est renouvelée.
■ Les cieux racontent la gloire de Jéhovah et le firmament révèle l'œuvre de ses mains; le jour le dit au jour, la nuit l'annonce à la nuit.
« Les langues diffèrent ; mais quel peuple ne comprend pas cette grande voix de la création ?
« Sur toute la terre, et jusqu'aux extrémités du monde, ses paroles sont entendues.
> Jéhovah a dressé sa tente dans le soleil ; et comme le nouvel époux sort de la chambre nuptiale, l'astre s'avance
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radieux ; comme le héros suit sa route triomphale , il accomplit sa course joyeuse et fière.
a II part de l'extrémité du ciel et il va jusqu'à l'extrémité opposée. Qui peut échapper à ses rayons brûlants '? «
« 0 Seigneur, votre science est merveilleuse, jamais
je ne pourrai y atteindre.
« Où irais-je pour me dérober à votre esprit, où irais-je pour fuir loin de votre face î
« Si je monte au ciel, vous y Êtes; si je descends aux enfers, vous y êtes encore.
« Si dès le malin j'ouvre mes ailes et fuis aux extrémités de la mer, c'est votre main qui me conduit, c'est votre droile qui me soutient.
« Je me suis dit : Peut-être les ténèbres me cacheroni. Mais la nuit même devient lumineuse, car pour vous les ténèbres n'ont point d'obscurité, pour vous la nuit est aussi claire que le jour'.
» Dieu est sayu, fort et puissant; qui a osé lui résister, même parmi les plus vaillants?
« 11 ébranle les montagnes ; du souffle de sa colère, il les disperse, et elles ne s'en aperçoivent pas.
« 11 soulève la terre de ses fondements , et les colonnes du monde sont ébranlées.
« Il parle au soleil, et le soleil ne se lève point, et les étoiles restent comme scellées dans leurs demeures célestes.
. Seul il étend les cieux, seul il marche sur les vagues
« Les Pléiades et l'étoile du soir, l'Ourse et les astres qui brillent dans les profondeurs du midi, c'est lui qui les a faits.
« Ses œuvres sont grandes et incommensurables, pleines de gloire et de merveilles; qui pourrait les compter?
(. Psaume xvnt, 1-7. Sur le même sujet, To;ei le rècil de lu Genèse. lianes t et 2 de ce volume, /mie, cfjsip. m., el surtout le jnagnillquo tableau de la création durn le Livrr de /ni, ci-dessus, P- 3, > ï.Piaumc ciiiïiu, «-12.
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as
- Les vents sont les messagers du Très-Haut, les
éclairs sont ses serviteurs el les nuages forment son char',
■ Le ciel est le trône de Dieu, la terre est son marchepied *. »
ii Devant lui tout l'univers n'est pas plus que le grain de sable qui fait pencher la balance , que la goutte de rosée qui tombe au matin sur l'herbe des champs'. -
' Le Seigneur règne, il est dans Sion; il plane au-dessus de tous les peuples *. »
« Jéhovah est dans l'assemblée des dieux", il rend au milieu d'eux ses arrêts.
» 0 juges ! jusques à quand vos jugements seront-ils iu-
» Faites droit au pupille et au pauvre , à l'humble et a l'opprimé.
« Sauvez le faible, délivres le mendiant de la main du pécheur.
« Mais ils n'entendent ni ne comprennent; ils marchent dans les ténèbres; voilà pourquoi notre terre chancelle sur ses fondements.
• Je vous ai dit : Vous êtes des dieux , vous êtes les fds du Très-Haut.
« Mais comme tous les autres hommes vous mourrez. » Lève-toi, Seigneur, et juge les nations, car la terre est ton héritage'.
• Dieu a fait l'oreille qui entend et l'œil qui voit 1 .
■ Celui qui a formé l'oreille n'enlendra-l-il pas? Celui qui a fait l'œil ne verra-t-il pas 8 ? ■>
I. Cf. Job, chip, is, m, xxti, le painins cxlvu, et ci deuil!, p. 3u.
6. Le poêle veut dire lus princes du piï6, tuminc h luile uu ;js,raine le
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l.'amsur et 1» crainte de nlcu.
« Souviens-toi de ton Créateur pendant les jours de
la jeunesse, avant que viennent ces temps de tristesse, et ces années dont tu diras : Voici des jours qui ne me plaisent poinl.
« Avant que le soleil et la lumière, la lune et les étoiles s'obscurcissent ; avant que les nuées reviennent dès que la pluie sera passée ;
■ Quand on se lèvera de terreur au chant de l'oiseau , et que toutes los filles de l'harmonie se tairont humiliées ;
» Quand on craindra par les chemins et qu'on regardera en haut avec terreur;
* Quand l'amande desséchée deviendra une fleur brillante, le câprier un arbre au large ombrage, la sauterelle une grasse
n Car alors l'homme marchera vers sa demeure éternelle ; alors la poussière rentrera en la terre d'où elle avait été tirée, et l'esprit retournera a Dieu qui l'avait donné'. »
« Vous connaître, û Seigneur, c'est la parfaite justice ;
comprendre votre puissance, c'est le premier pas vers l'immortalité". »
« Maudit soit celui qui met en l'homme son espérance et qui s'appuie sur un bras de chair , tandis que son cœur s'éloigne de son Dieu.
» Celui-là est semblable k la bruyère des landes sauvages.
« Jamais il ne voit venir sur lui les bénédictions du ciel ; et il habite , comme au désert, en une terre aride, où nul ne demeure.
- Mais heureux celui qui se fie au Seigneur, celui dont léhovab est l'espérance; ainsi qu'un arbre fécond planté au bord des eaux , ses racines se nourrissent d'une sève généreuse.