‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 245 sur 251 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

qu'à cinq cents qui périrent ainsi ; d'autres furent renvoyés, dans la place, avec, les mains coupées. Au lieu de se laisser abattre par ce spectacle terrible, les défenseurs de Jérusalem y puisèrent une nouvelle audace. Dans une sorlîe , ils se firent jour jusqu'aux ouvrages des Romains, et les détruisirent par la sape et la mine. 11 fallut que Titus , pour prévenir de semblables tentatives, fit construire une muraille de cinq mille pas de circuit et flanquée de trois forts. Malgré les progrès de la famine, qui atteignait lus soldais eux-mêmes , aucun chef ne parlait de se rendre. Cependant on avait vu une femme manger son propre enfant! Titus, attristé de tant de maux, redoubla d'efforts pour presser la fin de ce siège horrible.

Déjà maître de la partie du temple appelée la Cour des Gentils, il fil agir le bélier et la sape pour forcer les dernières défenses. Mais telle était la solidité de ces constructions qu'elles résistèrent à tous les coups des machines. Alors il Si mettre le feu aux portes, et l'incendie dura pendant un jour et une nuit. Mais Titus lui-même ordonna de l'éteindre, afin d'épargner au moins le Saint des saints,

firent une nouvelle sortie, et ne furent repoussés qu'avec peine. On les croyait désespérés a dégoûtés de ces inutiles tentatives, quand on les vil se jeter avec fureur sur les Romaine occupés h éteindre le feu des galeries extérieures. Dans le trouble et la confusion produits par cette attaque inopinée, un légionnaire, sans l'ordre d'aucun officier, et poussé, dit Josèphe , comme par une inspiration divine, jeta une pièce de bois enlLiinuiéc dans une dea salles qui entouraient le sanctuaire. Le feu gagna aussitôt de tous cûtés, et les Juifs, ne songeant plus qu'à périr, se précipitèrent a travers les flammes et les épées des Romains, qui les repoussaient et attisaient l'incendie.

Ainsi fut brillé le second temple de Jérusalem, le 10 août de l'an 70 do J. C, anniversaire du jour où le premier temple

LA DESTRUCTION DU TEMPLE

avait été brûlé par Nabuzardan , général do ÎNabuchodonosorTC, l'an 085 avan! noire ère. Maîtresse de l'emplace-

el proclama son général iwjiemtor. Plusieurs des prêtres juifs vinrent alors se rendre à discrétion et implorer la clémence du vainqueur. Titus , qui leur atiribuait la résistance obstinée de leurs concitoyens et qui redoutait encore leur fanatisme, répondit que le temps de la clémence était passé, qu'il aurait pu pardonner aux lévites en considération du temple, mais que, cet édifice n'existant plus, ils devaient périr, ce qui fut exécuté.

La conqufite.de Jérusalem n'était pas encore terminée; une

Titus leur offrit Ta vie sauve, s'ils^oulaient livrer la forteresse et mettre bas les armes. Les Juifs s'y refusèrent sous prétexte qu'ils étaient liés par le serment qu'ils avaient fait de nejamais se rendre. Ils demandaient la permission de se retirer où ils voudraient avec leurs familles. Titus refusa d'accéder il ces conditions et déclara qu'il n'y aurait plus de grâce pour personne. Aussitôt il fit détruire la partie de la vilie qu'il occupait depuis plusieurs mois , et construisit de nouvelles machines [!Oi.;r réduire celle oui tenait encore. Infidèle a ses menaces, il ne cessait de recevoir à merci les malheureux qui parvenaient à échapper à leurs propres soldats. Cependant, dès que les béliers commencèrent à ébranler les murailles , les Juifs , enfin épouvantés, abandonnèrent la défense pour se réfugier dans les souterrains, et les Romains pénétrèrent dans la ville haute sans éprouver de résistance. Ils passèrent au fil de l'épée tout ce qui se rencontra sur leur passage et mirent le feu aux maisons. Ce dernier incendie, qui eut lieu le S septembre, consomma la ruine de Jérusalem.

Dans cetteguerre, plus d'un million trois cent mille Juifs, dont sis cent mille dans Jérusalem , avaient péri sous le fer de l'ennemi ou dans les horreurs de la famine; quatrevingt-dix-sept mille furent vendus. La ville fut renversée de fond en comble, le temple livré au* llammes et le reste des habitants dispersé ou réduit en captivité. Les dépouilles

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