CHAPITRE VII
lecture publique de la lui.
Une imposante cérémonie eutlieu après cette double victoire : suivant l'ordre de Mciïsr, Josik'î éluva sur le mont ÉbaL une colonne sur laquelle il écrivit la loi et un autel de pierres non taillées, oii l'on offrit des holocaustes et les victimes de salut. Puis le peuple, composé de tous les enfants d'Israël, des anciens, des juges, des scribes et des étrangers, se divisa en deux corps qui couvrirent les deux collines d'Ébal et de Garnira ; l'arche, portée par les lévites, fut placée au milieu. Après avoir béni le peuple, Josué lut lou3 les articles de la loi, et répéta les bénédictions et les malédictions prononcées par Moïse, se condamnant lui-même d'avance s'il devenait infidèle ; le peuple entier répondait ; « Qu'il en soit
De toutes les paroles du législateur, pas une ne fut omise : hommes et femmes, enfants et étrangers, tous les entendirent. Déjà, quelque temps avant le passage du fleuve, Moïse avait lui-même présenté aux douze tribus le résumé de ses lois. Pour l'inculquer davantage dans l'esprit et la mémoire des Hébreux, il avait voulu que son successeur, après l'entrée dans la terre promise, renouvelât solennellement cette lecture publique. Les impiétés et la corruption de Chanaan, au milieu desquelles le peuple élu entrait, devaient être sans force devant cette loi simple et sublime, connue de tous et pratiquée avec ferveur.
Cependant les rois de Chanaan, parmi lesquels se trouvaient celui des Amorrhéens et Adonibéiec, roi de Jérusalem, réunirent leurs forces contre Israël, (.es Cabaonites
Les chefs d'Israël crurent voir les iimbaïsadei
r le temps, a paya
fort éloigné, et n'hésitèrent pas à promettre avec serment
IOSUÉ.
l'amitié qu'on leur demandait; mais au bout de trois jours
des soldats, se contenta de réduire les Gabaonites en servitude ; ils furent condamnés à couper le bois et à porter l'eau aux lieux oii s'arrêtait l'arche du Seigneur.
Peu de temps après, Adonibézec, frappé d'épouvante, envoya dire à Ëlim , roi de Hébron, à Phidon, roi de Jérimoth . à Jephté , roi de Lachis , et a Dabin , roi d'Odollam : ■ Voila que Gabaon , une^des plus grandes villes, a fait défection ; venez , montez vers moi , et tous ensemble nous attaquerons ces traîtres. ■ Les cinq rois ligués marchèrent, en effet, contre ce peuple; mais Josué vint de Galgala le détendre. Il surprit, par une marche de nuit, les Chananéens ; il les rejeta en désordre sur la route qui monte vers Oromin et les tailla en pièces jusqu'à Azéca et Macéda. Un effroyable orage qui lançait d'énormes grêlons, tua encore grand nombre de fuyards. Pour achever la victoire, Josué fit prolonger le jour. « Soleil, arrête-toi surGabaon ! lune, n'avance point sur la vallée d'Aialon. » Et la lune et le soleil s'arrêtèrent jusqu'à ce que le Seigneur se fût vengé de ses ennemis. De cotte redoutable armée , rien ne resta. Ses cinq chefs,
auiquels il commanda de mettre le pied sur la gorge de ces rois , et il ne les fit mourir qu'après ce cruel affront qui devait montrer au peuple sa puissance.
Macéda, Lebna, Lachis, Hébron, Odollam, Dabir, furent prises, et les habitants exterminés. Èlam ,roi de Gazer, périt avec tous les siens en voulant secourir Lachis. Naged , Asedûth succombèrent, et tout le pays du sud de Chanaan depuis Cadès-Barné jusqu'à Gaza et do Gozom à Gabaon, fut impitoyablement dévasté.
Cependant Jabin , roi d'Azor, la plus puissante des cités du pays de Chanaan , avait réuni dans uneligue nouvelle les