CHAPITRE X
bus 1 . Mais aussitôt le prophète Gad vint au nom de l'Éternel lui ordonner de choisir entre trois fléaux, ou une famine de sept ans, ou une guerre de trois mois, ou une peste de trois jours. • Il vaut mieux, répondit David, tomber entre les mains d'un Dieu plein de miséricorde qu'entre celles des hommes , ■ et il préféra la peste , qui fit périr soixante t-X dix mille Israélites. A la vue d'un désastre aussi grand, David s'écria : ■> Seigneur, seul j'ai péché, épargnez ce peuple innocent et que votre main s'appesantisse sur moi et ma famille. ■ Le Seigneur, apaisé par son humble prière, lui ordonna d'élever un autel", et des holocaustes firent cesser le fléau.
David avançait en âge, lorsqu'un dernier chagrin vint troubler ses vieux jours. Adonias, l'ainé de ses enfants, aspirait ouvertement au trône avec l'appui de Joab et celui d'Abiathar, le souverain sacrificateur: mais Salomon, le second fils de Bethsabée, était marqué d'en haut pour succéder au trône d'Israël ; aussi David, averti de la conspiration , ordonna de !e sacrer en présence du peuple , dont les acclamations unanimes apprirent à Adonias qu'il ne lui restait qu'a implorer le pardon de sa folle tentative.
Cependant David sentait arriver sa fin prochaine. Une plainte douce et triste s'échappa de ses lèvres mourantes.
« Seigneur, écoulez ma prière !
• Mes jours se sont évanouis comme la fumée que le vent tfissïpe , je suis comme l'herbe des champs que le soleil a fanée.
. Le pélican vit dans la solitude, l'oiseau des nuits habite les ruines ; ainsi qu'eux j'ai vieilli dans la tristesse.
1. Cela suppose une populalinn d'au moins G millions d'arocs. Joséphe parle rie 101 villes ou bourgades dans la seule Galilée; Dion affirme que sous Adrien on détruisit dans la Palestine BS5 bourgs. Durant le siège de Jérusalem par Tilus, Jérusalem seule renfermait, suivant Tacili-, iioijouo Snita. Dans celle même guerre, 1300O0 Juifs périrenl, au dire de Jeaéphe. Entourée de
lions. Nollo race d'ailleurs ne fui plus féconde; la loi elles mœurs y favori- ■aient plus que pBrlout ailleurs rsccroissenicul de la population. Aliimélech «ail 70 frères, Abésan flO enfanta, Abdon 40 111a et 30 pelil -filai «° pourrait
DAVID
« Mon pain était la cendre et j'ai bu mes larmes, parce qu'après m' avoir élève , Scijjnuur, vous m'avez brisé.
« Mes jours ont passé comme l'ombre; je me dessèche comme l'herbe flétrie; mais vous, Seigneur, vous régnez éternellement
* Vous aurez pitié de Sion , car le temps viendra d'avoir pour elle miséricorde.
■ Du haut de votre sainte montagne, vous regarderez sur la terre, vous entendrez les gémissements des captifs et vous briserez leurs chaînes, pourqu'ils annoncent dans Sion le nom du Seigneur, pour qu'ils chantent ses louanges dans Jérusalem , ou les rois et les nations réunis serviront Jéhovah.
■ Avant que ceci arrive, mes forces seront évanouies, mes jours seront usés '. Pourquoi te diraïs-je : 0 mon Dieu, ne m'enlevez pas ainsi du milieu de ma route ! Vos années ' seules se renouvellent de génération en génération.
■ Au commencement des choses vous créâtes te monde, les cieux sont l'œuvre de vos mains.
« Mais les cieux eux-mêmes périront. Ils vieillissent ; un jour vous les roulerez comme un manteau vieilli et inutile, et des cieux nouveaux paraîtront.
« Vous seul êtes toujours semblable à vous-même , et vos années sont sans fin.
■ Les enfants de tes serviteurs aussi vivront et tu garderas lenr race pour l'éternité. •
Ses dernières paroles furent un chant d'espérance. Déjà se formait l'idée d'un avenir meilleur, d'une prospérité plus grande.
« Voici les dernières paroles de David, de David, cet homme fidèle que Dieu suscita pour en faire son Christ, ce chantre glorieux des cantiques d'Israël :
« L'esprit de Dieu parle en moi, sa voix est sur me lèvres.
« Un prince juste, un roi dans la crainte de Dieu se lèvera comme l'aube matinale ; il se lèvera comme le soleil du
I . C'csi nmerpréiation de Uerder d'iprèi la texte hébreu ; les Soptinlc sont ici totl obicurs.