CHAPITRE X
faites à David ; mais il perdit un temps précieux, et, malgré le conseil d'Achitopet, il ne poursuivit pas, son père, alors qu'il eût pu l'accabler. Quand il franchit enfin le Jourdain il était trop tard, David avait eu le temps de réunir une nombreuse armée. La bataille se donna dans la foret d'Éphraim. Vingt mille hommes des troupes d'Absalon restèrent surla place ; lui-même il fuyait sur sa mule lorsqu'en passant sous un chêne touffu , sa longue chevelure s'embarrassa dans les branches et il resta suspendu entre le ciel et la terre. Joab, averti par un soldat, accourut aussitôt, et, malgré l'expresse défense du roi , il le perça de trois dards ; dix écuyers de sa suite l'achevèrent.
En apprenant la mort du rebelle qu'il ne pouvait s'empficher d'aimer, David fondit en larmes, et on l'entendit répéter sans cesse : « Mon fils, mon fils, que ne puïs-je donner ma vie pour la tienne ! » A l'exemple de son roi , le peuple pleura sur cette victoire changée en deuil, et les troupes rentrèrent dans Mahanaïm en silence, comme après une défaite. Mais ies durs reproches de l'impérieux Joab forcèrent David h cacher sa douleur et a s'occuper des soins du gouvernement.
Dtrnfèrea (innée* de naili.
Tout Israël s'était de nouveau rangé sous ses lois, quand, aux bords du Jourdain, une querelle s'éleva entre Israël et Juda qui se disputaient l'honneur de faire passer le fleuve au Toi. Séba, fils de Bochri, de la tribu de Benjamin, sonna de la trompette et s'écria : - Nous n'attendons rien du fils d'isaï ; à les tentes , Israël , * et tout Israël le suivit. David se hâta de rentrer dans Jérusalem, et envoya aussitôt des troupes contre Séba pour étouffer celte dangereuse révolte dans laquelle se montrait déjà cette jalousie fatale de Juda et des autres tribus. Les habitants de la ville où Séba s'était retiré jetèrent sa tête par-dessus les murailles ; Joab leva aussitôt le siège et vint annoncer au roi la mort du rebelle et la paix d'Israël.
DAVID
D'aulres guerres attendaient David. Les Philistins avaient repris les armes, et quatre fois il fallut marcher contre eux; mais Israël sortit victorieux de cette latte contre son éternel ennemi. Le roi -prophète célébra ainsi son dernier triomphe:
« Le Seigneur est ma forteresse ; le Seigneur est le rocher où ma puissance est assise. II me défend , il nie sauve de tous mes ennemis.
« Les frayeurs de !a mort m'oTit saisi, le torrent des iniquités a coulé vers moi. Hais j'ai crié au Seigneur ; il a entendu ma voix, et la terre s'est troublée, le ciel a chancelé sur sa fcase.
« Il est descendu ; les chérubins le portaient ; il volait sur l'aile des vents.
« Ses flèches sont parties et ils se sont dissipés; l'éclair a brillé, et ils sont tombés frappés d'épouvante.
* Au souffle de sa colère, la mer entr'ouverte a laissé von ses abîmes, le monde a montré ses fondements.
■ Sa main m'a retiré du courant des grandes eaux, sa main m'a enlevé du milieu de mes ennemis.
« Car il sauvera les faibles , il bumiliera les superbes. » Seigneur, vous êtes ma lumière ; Seigneur, vous éclairez nos ténèbres.
■ Avec vous, je suis prit au combat ; avec vous , je franchirai les murailles.
« Qui est fort , si ce n'est le Seigneur ? C'est lui , le puissant, qui amis dans mon bras la force des arcs d'airain, et dans mes pieds la vitesse des cerfs.
« Mes ennemis crieront, mais le Seigneur ne les entendra pas.
« Je les ai broyés comme la poussière des seittiene, 'je les ei foulés aux pieds comme la boue des rues.
- Béni soit le Seigneur, le Dieu du salut. »
T)es pensées d'orgueil s'élevèrent alors dans le cœur du ■roi, vainqueur des rebelles et des ennemis du dehors. Il osa, ■sans l'ordre exprès du Seigneur, faire !e dénombrement d'Israël. H se trouva cinq n:nl mille hommes en état de combattre dans Juda, et huit cent mille .dans des -autres >ki-